Vernis & Sécateur

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mercredi, janvier 25 2012

Appel à documents sur l'irréversibilité du Traitement Hormonal de Substitution

Une camarade transsexuelle, Kelly Carjack, qui demandait son changement de prénom à l'État-civil (qui la reconnait toujours sous son prénom de naissance, Brandon) ainsi qu'une rectification de la mention du sexe s'est vue débouter de ses demandes par le tribunal de grande instance de Lille parce qu'elle n'avait pas subi d'opérations chirurgicales, et parce que le traitement homonal de substitution (estrogènes+anti-androgènes) ainsi que l'épilation au laser ne présentaient pas un caractère «irréversible».

Elle a fait appel de cette décision et recherche pour nourrir son dossier des documents (articles scientifiques, rapports d'autorités médicales, etc) démontrant les aspects irréversibles de ces traitements hormonaux.

Si vous avez connaissance de tels documents, ou de passages spécifiques dans des documents «faisant autorité», ce serait super chouette si vous pouviez les envoyer à l'adresse <cassidyke at reveries point info>, ou alors dans les commentaires de ce billet.

(Oui, je sais, il y a Google, mais entre les documents de 150 pages, les articles scientifiques pas toujours disponibles gratuitement, ce n'est pas toujours évident.)

dimanche, novembre 20 2011

Journée du souvenir trans

Aujourd'hui, c'est le 20 novembre, journée du souvenir trans (Trans Day Of Remembrance en anglais), pour se rappeler de toutes les personnes trans assassinnées.

Pas le courage de faire un vrai billet cette année, alors juste une petite image :

tdor2011-small.png

Et, plus sérieusement, un morceau d'un texte que j'avais écrit il y a maintenant trois ans ; je l'écrirais peut-être un peu différemment maintenant, mais vu que maintenant tout de suite je suis un peu trop blasée pour écrire, c'est mieux que rien.


Les meurtres des personnes trans' ne sont pas des évènements isolés, mais sont révélateurs de l'omniprésence de la transphobie. Alors qu'une étude aux USA montre que les trans' ont 18 fois plus de chances que la moyenne de se faire assassiner, les peines obtenus pour les meurtriers sont souvent légères : ainsi le 14 août 2008, au Royaume-Uni, le meurtrier présumé de Kellie Telesford était acquitté après que la défense soit parvenue à jeter le discrédit sur la victime ; le 23 août, aux États-Unis, le meurtrier d'Alexis King obtenait des circonstances atténuantes ; un an plus tôt, dans le même état, le meurtre d'Erica Keel, heurtée à quatre reprises par la voiture de son assassin, était considéré comme un accident, tandis qu'au Portugal en 2006 les meurtriers de Gilberta Salce avaient été condamnées à des peines légères de 11 à 13 mois.

S'il ne s'agit que d'exemples, ces jugements affirment que les trans' n'ont pas les même droits que les autres être humains, qu'assassiner une personne parce qu'elle est trans' n'est pas un crime de haine mais une circonstance atténuante. La défense place le blâme sur les victimes, qui «se font passer pour ce qu'elles ne sont pas» et l'ont forcément un peu cherché. La majorité des médias va également dans ce sens, s'acharnant à utiser les prénoms et le genre assignés à la naissance pour parler des personnes trans', légitimant ainsi la défense des meurtriers.

Mais le vecteur principal de transphobie vient encore des états eux-mêmes, qui, en plus de ne pas reconnaître la transphobie comme une discrimination, rendent généralement extrêmement difficile le changement d'état-civil, requiérant, pour changer la mention du sexe, des opérations chirurgicales de «réassignation sexuelle»ou, comme en Belgique, la stérilisation. En plus de mettre des bâtons dans les roues des trans', ce refus de changer l'état-civil peut avoir des conséquences catastrophiques, en risquant de les «outer» dans un milieu transphobe ; un autre exemple dramatique où l'état est directement complice des violences transphobes est la situation dans les prisons, où les femmes trans' sont enfermées avec des hommes, en faisant des cibles privilégiées d'humiliations, de violences et de viols.

La médecine n'est pas en reste puisque, la transsexualité étant considérée comme une maladie mentale, l'accès pour les trans' aux hormones ou à la chirurgie dépend du bon vouloir des psychiatres et des médecins, tandis que les trans' subissent également des discriminations dans les accès aux soins.

Les trans' sont aussi des victimes particulières du capitalisme puisque, discriminé-e-s à l'embauche, ils et elles sont souvent dans des situations précaires. Un nombre important de femmes trans' doit ainsi recourir à la prostitution, ce qui les expose encore plus particulièrement aux risques de violence.

Même dans les espaces progressistes et de soutien, la transphobie est parfois présente : par exemple, si les femmes trans' subissent, autant que les autres femmes, le sexisme et la misogynie, les espaces réservés aux femmes (qu'il s'agisse d'espaces militants ou de centres d'accueil ou d'écoute pour des femmes ayant subi des violences) leur sont parfois fermés, les placant dans des situations de vulnérabilité accrue et les privant d'un soutien vital.

Pourtant, même les violences spécifiques aux trans' ne concernent pas qu'eux et elles : donner des circonstances atténuantes à un meurtrier parce que sa victime l'a «trompé» sur son «vrai sexe» ou parce qu'elle avait «une force d'homme» lui permettant de se défendre, c'est aussi légitimer les argumentations patriarcales rendant responsables les victimes de violences et de viols ; permettre à des psychiatres de donner ou pas leur feu vert en fonction de l'«adéquation» au genre désiré, c'est légitimer les normes de genre pour tout le monde ; exclure une trans' d'un espace non-mixte parce qu'elle a un pénis, c'est légitimer le fait de réduire les femmes à leurs organes génitaux ; refuser aux trans' l'accès à des traitements hormonaux ou chirurgicaux, ou au contraire leur en imposer pour obtenir un changement d'état-civil, c'est attaquer le droit de tou-te-s à disposer de son corps.

La haine des trans' ne nait pas de rien ; elle est le fruit du système patriarcal qui impose à tout le monde, en fonction d'un détail anatomique, un genre rigide qui doit déterminer toute notre vie : rose ou bleu, jupe ou pantalon, attirée par les hommes ou attiré par les femmes, opprimée ou privilégié. La lutte pour la libération des trans', comme celle des homosexuel-le-s ou des intersexes, n'est par conséquent pas dissociable du combat féministe et doit être pleinement prise en compte dans le combat pour un monde sans oppressions.

vendredi, novembre 11 2011

Le non-binarisme me rend malade

Quand j'ai découvert les questions trans, et les différents mots pour parler de ça, le mot «transgenre» me parlait plus que «transsexuel·le», qui me semblait plus médical, plus «binaire», tout ça. C'était aussi le moment où je découvrais le queer, que je trouvais trop bien, le «non-binarisme», qui me parlait vachement, etc.

Aujourd'hui, j'ai pas spécialement envie de faire mon autocritique, mais en tout cas le moins qu'on puisse dire est que j'ai changé d'avis. Parce que, ouais, le terme «transsexuel·le» a une origine médical. Certes, et c'est bien pour ça que je lui préfère le mot plus simple «trans». Sauf qu'au moins, si le mot «transsexuel·le» a des défauts, il au moins l'avantage d'avoir un sens. Ce qui n'est pas vraiment le cas du mot «transgenre», qui peut être utilisé pour tellement de choses qu'il ne veut plus rien dire. D'ailleurs, c'est un peu ce qui est revendiqué : on veut pas faire de «hiérarchie», il n'y a pas besoin de «différencier», c'est un terme «parapluie» pour regrouper tout le monde.

Si on est queer, on peut voir dans cet usage une volonté de «non-binarisme», de «déconstruction». Sinon, on peut trouver que ça ressemble quand même un peu à notre bon vieil universalisme républicain.

Un peu de terminologie

Bon, il faut être honnête : dans la galaxie trans-pouet-pouet, il n'y a pas vraiment consensus sur les sens à donner à chaque mot. Personnellement, je suis assez d'accord avec les définitions données sur Un bruit de grelot, que je ne citerai pas (c'est bon, vous êtes capables de cliquer sur un lien) mais où «transsexuel·le» désigne le fait d'être d'un genre différent de celui assigné à la naissance, tandis que «transgenre» désigne le fait d'avoir une expression de genre qui n'est pas conforme aux critères du genre dans lequel on vit. À l'inverse, «cissexuel·le» désigne le fait de ne pas être «transsexuel·le» (donc être du même genre que celui assigné à la naissance) et «cisgenre» désigne le fait de ne pas être «transgenre» (donc d'avoir une expression de genre correspondant à peu près à la norme du genre dans lequel on vit).

On peut donc être à la fois cissexuel·le et transgenre, ou à l'inverse transsexuel·le et cisgenre, voire être très insipide et cumuler cissexuel·le et cisgenre.

Voilà, ça c'est les définitions qui seraient reconnues dans un monde idéal. Cela dit, comme on n'est pas vraiment dans le monde idéal, le sens de ces mots n'est pas toujours aussi bien défini, et s'il y a à peu près consensus pour le mot «transsexuel·le» (à part quelques crétin·e·s qui pensent que la différence transsexuel·le/transgenre est une question d'opération), le moins qu'on puisse dire est que le mot «transgenre» est devenu un terme «parapluie» qui peut désigner à peu près tout et n'importe quoi (et si vraiment on rentre pas dedans, il suffit de mettre un peu de rouge à lèvres ou une moustache postiche pour le devenir).

Comme cet élargissement du terme ne suffisait pas à ce qu'il ne veuille plus rien dire, certaines personnes pensent qu'il faut viser encore plus large, et parler non plus de «trans» (ça veut encore dire quelque chose, c'est chiant) mais de «trans*». Non, n'allez pas cherchez la note de bas de page, l'astérisque est compris dans le nom (et, non, c'est pas des personnes trans qui se prennent pour Asterix), histoire de signifier que ça inclut un peu tous les mots qui commencent par trans[1] : transgenre, transidentitaire[2], transsexuel·le, transformiste, tra(ns)vesti, transfuge, transylvanien·ne, translucide, transport·eur·rice, transistor, etc.

(Néo?)-essentialisme

Les autres sigles à la mode étant Ft* et Mt*, pour Female-to-N'importe-Quoi ou Male-to-N'importe-quoi. Une grande avancée censée être «non-binaire» et «déconstruire le genre», qui, quand on y réfléchit trois secondes, revient surtout à ne définir des personnes que par... leur genre assigné à la naissance. Mais non, c'est pas essentialiste, c'est queer, on t'a dit. Du coup, hop, tou·te·s les Mt* dans la même catégorie, que ce soit les mecs qui vivent à 99,9% du temps en tant que mec mais mettent une jupe de temps en temps, ou les meufs qui, ben, vivent tout le temps en tant que meufs ; hop, tou·te·s les Ft* idem, de la nana qui s'habille parfois de façon vaguement androgyne au gars, qui vit à temps plein en mec.

Moi, je crois que je suis une Matérialiste qui Trouve ça Foireux.

Invisibilisation trans

Par ailleurs, ce qui est bien dans l'élargissement du mot trans*, c'est que du coup, tout le monde peut être «un peu trans», c'est cool, c'est hype, youpi. Du coup, ça permet que les personnes qui sont vraiment trans, et pour qui c'est pas un truc fun qu'on peut enlever quand on rentre de soirées LGBT, sont complétement invisibilisées. Ça permet aussi d'avoir plein de cis qui parlent au nom des trans parce qu'ils sont «un peu trans» ou «trop transgenres, tu vois», ou «bio-trans», etc.

Dissimulation des privilèges

Un autre avantage d'avoir plein de termes qui veulent rien dire, mais aussi de brandir une posture «non-binariste», c'est que ça permet de dissimuler pas mal de ses privilèges, et du coup d'invisibiliser des oppressions :

Privilège masculin

Le privilège masculin, d'abord. Parce que le côté «ouais, tu vois, moi je suis trop non-binaire», ça permet de dire qu'on ne se définit pas comme mec, parce que c'est binaire et réac ; et du coup, de dire qu'on ne bénéficie pas de privilèges de mecs, y compris quand on est identifié par tout le monde comme un gars et qu'on bénéficie de privilèges grâce à ça.

Exemples :

  1. tous les gars trans qui ont un super bon passing en tant que mec, sont toujours «pris» pour des mecs, ne portent jamais le moindre vêtement ou attribut féminin, sont d'ailleurs pour la plupart hétéros (mais sans forcément se définir comme tels), mais ne bénéficient trop pas de privilèges de mec grâce à ça parce qu'ils ne sont pas binaires, tu comprends ?
  2. les gars cissexuels qui se mettent du rouge à lèvres et une jupe dans les soirées LGBT, parlent au féminin quand c'est pour dire qu'ils sont «connes» ou «salopes», et par conséquent ne se définissent pas comme mec et n'ont pas les privilèges associés. Du tout.
Privilège cissexuel

Le deuxième privilège dissimulé par ce «mélange des genres» est le privilège cissexuel, c'est à dire le privilège conféré par fait de vivre dans le même genre que celui qui nous a été assigné à la naissance.

Dissimulation puisque, en considèrant qu'est trans tout le monde qui est «un peu transgenre», ça permet d'éviter de se questionner sur les privilèges qu'on peut conserver quand, certes, on a une expression de genre qui ne correspond pas à la norme, mais qu'on reste, sortons les gros mots, cissexuels.

Exemples :

  1. les personnes «FtX queer» qui restent relativement à l'aise quand iEls sont assignéEs dans le genre féminin, qui sont beaucoup mieux acceptées chez les lesbiennes que les lesbiennes transsexuelles, mais qui vont expliquer qu'il n'y a pas de transphobie quand ces dernières la dénoncent, parce qu'euxelles ont leur place tu vois
  2. les drag-queens et les travs qui ne vont pas respecter le pronom d'une meuf trans en début de transition, parce que si eux s'en foutent du genre (et ont le privilège de pouvoir le faire), pourquoi est-ce que ça lui importe, hein ?
Privilège cisgenre

Le troisième privilège dissimulé, et qui peut paraître étrange, c'est le privilège cisgenre. Autrement dit, le privilège conféré par le fait d'avoir une expression de genre correspondant (à peu près) aux normes du genre dans lequel on vit.

Ça, ça peut paraître contradictoire avec le mot transgenre, mais ai-je mentionné que c'est devenu un terme «parapluie» qui du coup ne veut plus dire grand-chose, à la fois parce que ça désigne des choses bien différentes et parce que «ne pas correspondre aux normes de genre», ça peut être interprété de façon tellement large que ça peut englober à peu près 99,9% de la planète.

Exemples :

  1. tous les gars trans de tout à l'heure qui ont toujours un super bon passing en tant que mec, sont toujours «pris» pour des mecs, ne portent toujours pas le moindre vêtement ou attribut féminin, sont encore pour la plupart hétéros (mais sans forcément se définir comme tels), mais ne sont trop pas dans les normes de genre parce qu'ils ne sont pas binaires, tu comprends ?
  2. les meufs trans qui ont eu leur changement d'état-civil, ont une apparence dans les normes d'une féminité raisonnable (ni trop ni pas assez), mais qui ont une telle posture «transgenre» et «non-binariste» qu'elles peuvent donner des leçons, y compris à une butch pour le coup pas forcément dans les normes de «féminité», mais bon, hein, le non-binarisme est un sport de combat : ce qui compte c'est d'avoir une bonne posture.

Conclusion

Bref, tout ça pour dire que cette nouvelle politique du «non-binarisme» à tout crin mais qui ne veut strictement rien dire (ou tout, c'est selon) a, à mon sens, les mêmes travers que le queer.

Cela dit, ça veut pas dire que je méprise les personnes qui sont vraiment sur une identité non-binaire, intergenre, ou transgenre (selon la définition que je trouve pertinente donnée plus haut) qui vivent en permanence des trucs sans doute super complexes (et je suis pas sûre que le fait que tout le milieu LGTeuBé devienne «non-binaire», y compris les derniers des cissexuels cisgenres à trois sesterces, aide vraiment) ; ce qui me fait caguer, c'est plus cette mode du «non-binarisme» où ça devient une espèce de posture complétement déconnectée de toute réalité, une espèce de course à la «subversivité» uniquement basée sur l'auto-proclamation.

Notes

[1] En tant que geek, je dois bien dire que le seul interêt que je trouve à ce mot est qu'il popularise les Regexp.

[2] Non, c'est pas la section trans du bloc identitaire.

mercredi, octobre 12 2011

Festival Ô Mots des Flamands Roses, Saison 9 (Automne 2011)

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Le neuvième Festival Ô Mots, festival littéraire des genres et des sexualités organisé par les Flamands Roses, aura lieu à Lille du 20 octobre au 12 novembre 2011. Vous pouvez retrouver le programme détaillé sur le site des Flamands Roses.

Je n'ai pas réussi à copier/coller facilement l'ensemble ici sans que ça pourrisse la mise en page, désolée, mais voici au moins un récapitulatif des évènements :

  • Infokiosque
    Sur toute la durée du festival, au J'en Suis J'y Reste
  • Vente de livres auto-édités
    Sur toute la durée du festival, au J'en Suis J'y Reste
  • Exposition Sur toute la durée du festival, au J'en Suis J'y Reste
  • Apéro-concert
    Jeudi 20 octobre à 20h au J'en Suis J'y Reste
  • Femmes trans en prison
    Vendredi 21 octobre à 20h au J'en Suis J'y Reste
  • Atelier slam
    Jeudi 27 octobre de 15h à 18h au J'en Suis J'y Reste
  • Pink washing : racisme sauce LGBTF
    Vendredi 28 octobre à 19h30 au J'en Suis J'y Reste
  • Soirée «Nos Mots »
    Samedi 29 octobre à 20h30 au J'en Suis J'y Reste
  • Soirée concert et boum
    Lundi 31 octobre à 21h au Centre Culturel Libertaire
  • «Se dire lesbienne»
    Vendredi 4 novembre à 19h au J'en Suis J'y Reste
  • Le privilège cissexuel
    Samedi 5 novembre à 18h au J'en Suis J'y Reste
  • Soirée cocktail
    Samedi 5 novembre à 21h au J'en Suis J'y Reste
  • Atelier Drague entre gouines
    Dimanche 6 novembre à 15h au J'en Suis J'y Reste
  • Repas séro-solidaire
    Samedi 12 novembre à 19h au J'en Suis J'y Reste

Et en bonus, la version non-officielle et non retenue de la page de garde, parce que moi je l'aimais bien :

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lundi, octobre 10 2011

Deux événements du collectif MTF (Misandres Terroristes Féministes)

Dans le cadre du Festival Ô Mots des Flamands Roses, dont le programme devrait être disponible en ligne incessamment sous peu.

Les deux événements auront lieu au J'en Suis J'y Reste, centre LGBTQIF de Lille/Nord-Pas-de-calais, 19 rue de Condé, Lille

Femmes trans en prison

Vendredi 21 octobre à 20h au J'en Suis J'y Reste

Présentation d’une brochure publiée récemment en français, où figurent des témoignages de femmes trans incarcérées ou ayant été incarcérées, ainsi que des textes relatant et analysant la situation des femmes trans incarcérées, les liens avec la justice, les responsabilités des activistes, etc…

Projection d’un film documentaire (60min – anglais sous-titré français) analysant la situation des femmes trans incarcérées aux USA…

Soirée proposée par le collectif MTF (Misandres Terroristes Féministes).

Le privilège cissexuel

Lancement de la campagne « Start Cis Pathologization »

Samedi 5 novembre à 18h au J'en Suis J'y Reste

Le collectif MTF (Misandres Terroristes Féministes) organise une discussion sur le privilège cissexuel, en se basant notamment sur le chapitre 8 du livre Whipping Girl de Julia Serano.

Dans ce chapitre, elle s'attarde sur les privilèges cissexuels ainsi que sur les mécanismes que les personnes cissexuelles mettent en place pour justifier et maintenir leurs privilèges. L'idée est de mettre en lumière un statut opprimant (en l'occurence, le statut cis), pour l'étudier et en comprendre les fonctionnements. Ce qui permet, pour une fois, de ne pas placer les personnes transsexuelles comme objets d'étude, mais à l'inverse de mettre les personnes cissexuelles et leurs comportements sous la loupe d'une analyse matérialiste visant à questionner la norme.

Lors de cette rencontre sera présentée une nouvelle brochure reprenant ce chapitre, pour la première fois traduit en français.

dimanche, octobre 9 2011

Trailer : Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires)

(Repris de Rêveries)

Sortie prévue le 20 octobre 2011, plus d'informations dans les jours à venir.

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Afin d'avancer dans son parcours transsexuel, Cassandra décide de se procurer des hormones de manière illégale, sans se douter que l'association lesbienne à laquelle elle s'adresse sert en fait de couverture à un gang de motardes surnaturelles.

Depuis sa première sortie en Harley jusqu'à sa participation à des règlements de comptes, Cassandra nous raconte son histoire. Elle parle aussi de son combat et des différents obstacles auxquels elle a dû faire face dans sa quête d'identité :

Comment obtenir des hormones et trouver un médecin compréhensif ?

Peut-on être acceptée par des lesbiennes surnaturelles lorsqu'on est une pathétique mortelle ?

Comment faire comprendre à sa mère que son fils est en fait une fille ?

Et, surtout, que faire face à une vampire bikeuse qui a envie de vous pour son quatre heures ?

mardi, septembre 6 2011

Autre question existentielle...

Si les personnes trans sont, comme on peut souvent le lire dans les trucs pseudo-féministes ou LGTeuBés, tellement plus obnubilées par leurs organes génitaux que les cis, qui eux et elles sont tellement au-dessus de tout ça[1], alors je voudrais juste savoir...

Du coup, pourquoi est-ce que je reçois autant de spam «Buy Viagra At Half Price!» ou «Best Penis Enlargement Method!» et jamais aucun «Cheap Sex Change Surgery!» ?

Notes

[1] Même si bon, juste par curiosité, j'aimerais bien voir les gens qui se disent tellement au-dessus de tout ça se réveiller un jour avec des organes génitaux différents, voir si ça les indiffère tellement. C'est un peu comme les gens qui gagnent 2000 balles par moi qui t'expliquent que «non, mais l'argent c'est pas important pour moi, je suis au-dessus de ça, moi». Ouais, bébé, on en recause quand tu seras au RSA?

mercredi, juin 22 2011

Hey, bébés, vous voudriez pas être plus révolutionnaires que nous ?

Je trouve ça amusant cette tendance qu'ont parfois des gays cis ou des lesbiennes cis à réaliser d'un coup que les personnes trans ne sont pas aussi subversivement révolutionnaires que dans leurs fantasmes et s'exclament du coup «oh, mais les trans sont des caricatures sexistes qui sont à fond dans les normes de genre».

Je veux dire, c'est vrai qu'il y a des trans sexistes qui veulent ressembler à des femmes soumises ou à des machos, tout comme il y a des trans féministes, de même qu'il n'y a pas de raison qu'il n'y ait pas des trans bourges comme des trans prolos, des trans de droite comme des trans de gauche, des trans hippies comme des trans skins, etc. Il faut de tout pour faire un monde, comme disait ma grand-mère[1].

Mais le problème, à ce petit jeu-là, c'est que si on commence à parler «des trans» en général, faut aussi parler «des gays» ou «des lesbiennes» en général, et du coup question «on correspond bien aux normes de genre», la visibilité majoritaire c'est quand même plutôt ça :

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d'un côté et ça :

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de l'autre. Et le pire dans le dernier cas, c'est qu'il y a des vraies lesbiennes du vrai monde réel pour qui c'est une digne représentante de la visibilité «butch», ce qui est tout de même intrigant.

Alors bon, le message «les trans cherchent trop à correspondre aux normes de genre alors que les gays et les lesbiennes les combattent», c'est bien beau, mais dans un monde où la visibilité gay, c'est surtout les coverboys, et où Shane fait de la visibilité butch, ben c'est quand même pas trop crédible.

Alors peut-être qu'on pourrait arrêter de parler «des trans» qui font ci ou ça (qu'il s'agisse de la version «les trans sont trop subversifs» ou «les trans sont trop conformistes») et plutôt s'interroger sur qui fabrique vraiment l'image censée représenter «les gays», «les lesbiennes», «les trans»... Peut-être qu'on réaliserait alors, pour paraphraser Karl, que la visibilité dominante est la visibilité donnée par les classes dominantes, et pas forcément celle choisie par la majorité d'un groupe donné.

(Et sinon dans le genre «exotisation», mention spéciale pour Agnès Giard, qui explique dans un billet que «le sexisme, ça existe aussi chez les trans» (et l'eau mouille aussi les trans, je vais faire un billet là-dessus d'ailleurs) en disant :

On attendrait plutôt d'eux/elles une remise en cause de la dualité binaire mâle-femelle. Mais non. Au lieu de clamer (puisqu'ils/elles en sont la preuve évidente) : «Dans la nature on ne rencontre pas que deux sexes», les transgenres sont parfois les premiers à tomber dans le discours de leurs propres détracteurs: ils reproduisent en l’accentuant une vision très conformiste de la différence homme-femme.

Bref, les trans «devraient» remettre en cause le système binaire parce qu'ils et elles en sont la «preuve». Mais comme ils et elles ne se révèlent pas à la hauteur de leurs exotisateurs cisgenres, ils se contentent d'être très conformistes...

Bon, ça c'est pas super original, comme discours. Mais ce que je trouve tout de même magnifique, c'est que ce discours de «vous reproduisez une image conformiste des normes de genre» est tout de même porté par quelqu'un qui, quelque temps plus tôt, avait écrit un article sur des meufs trans en l'illustrant avec des photos de meufs trans... provenant d'un site porno destiné aux mecs hétéros (et donc, bizarrement, présentant des meufs qui correspondent aux clichés de ce qu'un mec attend d'une meuf dans du porno). C'est quand même beau d'accuser les autres de reproduire les normes de genre quand toi-même tu les enfonces dedans...)

Notes

[1] Qui précisait tout de même parfois «chacun chez soi, et les vaches seront mieux gardées», parce qu'il faut pas abuser non plus de la tolérance des braves gens.

mercredi, juin 8 2011

Évolution du taux d'estrogènes chez les femmes cis et chez les femmes trans

Chez les femmes cisgenres

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Chez les femmes trans

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Licence

Images réalisées d'après le fichier «Diagram of the menstrual cycle» disponible sur Wikipedia. Afin de respecter la licence, ces deux images sont donc distibuées sous la licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported, au cas où il vous viendrait l'étrange idée d'en faire quelque chose.

lundi, avril 25 2011

J'aurais jamais cru que t'en étais

Il y a des phrases auxquelles on a droit, parfois, du genre quelqu'un qui discute avec un gay ou une lesbienne, puis qui sort au milieu de la discussion :

«J'aurais jamais cru que t'étais homo.»

C'est souvent censé être un compliment : ça veut dire que tu corresponds pas au cliché, bravo, tu es aussi «intégrable» qu'un·e hétéro comme les autre.

Il y a aussi l'inverse, quelqu'un qui pense qu'une autre personne est homo, et qui se rend compte qu'elle est hétéro :

«Oh, je suis désolé d'avoir dit que t'étais homo.»

Dans les communautés LGBT, globalement, même s'il y a des exceptions, on se rend bien compte que c'est de la merde. Que, sous-entendu, ça pose le truc qu'être hétéro est mieux qu'être homo, que si t'es homo il faut pas que ça se voit, que c'est absolument horrible qu'on te pense homo si t'es hétéro, etc. Nos potes hétéros, on n'a pas envie, quand il se trouve qu'on les prend pour des homos, qu'ils s'offusquent parce qu'on les a insultés de la sorte, qu'ils s'empressent de présiser que, non, non, ils sont vraiment 100% hétéros.

Bref, on se rend bien compte que la logique derrière ce genre de phrase, c'est de l'homophobie.

Et pourtant, dans les même communautés, c'est toujours vu comme un super compliment de sortir à une personne trans qui te dit qu'elle l'est au milieu de la discussion :

«J'aurais jamais cru que t'étais trans.»

Et à l'inverse si on a l'outrecuidance d'avoir cru qu'une authentique personne cisgenre était trans, il est de bon ton de s'excuser platement de l'avoir pris pour un·e de ces gens-là. Et on comprend qu'elle soit vexée, cette pauvre personne, on n'irait pas penser que si elle s'offusque qu'on puisse penser qu'elle est trans, c'est qu'elle est peut-être un peu transphobe sur les bords.

Mais bon, allez faire comprendre que, ça, c'est de la merde aussi...

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