Vernis & Sécateur

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dimanche, novembre 20 2011

Journée du souvenir trans

Aujourd'hui, c'est le 20 novembre, journée du souvenir trans (Trans Day Of Remembrance en anglais), pour se rappeler de toutes les personnes trans assassinnées.

Pas le courage de faire un vrai billet cette année, alors juste une petite image :

tdor2011-small.png

Et, plus sérieusement, un morceau d'un texte que j'avais écrit il y a maintenant trois ans ; je l'écrirais peut-être un peu différemment maintenant, mais vu que maintenant tout de suite je suis un peu trop blasée pour écrire, c'est mieux que rien.


Les meurtres des personnes trans' ne sont pas des évènements isolés, mais sont révélateurs de l'omniprésence de la transphobie. Alors qu'une étude aux USA montre que les trans' ont 18 fois plus de chances que la moyenne de se faire assassiner, les peines obtenus pour les meurtriers sont souvent légères : ainsi le 14 août 2008, au Royaume-Uni, le meurtrier présumé de Kellie Telesford était acquitté après que la défense soit parvenue à jeter le discrédit sur la victime ; le 23 août, aux États-Unis, le meurtrier d'Alexis King obtenait des circonstances atténuantes ; un an plus tôt, dans le même état, le meurtre d'Erica Keel, heurtée à quatre reprises par la voiture de son assassin, était considéré comme un accident, tandis qu'au Portugal en 2006 les meurtriers de Gilberta Salce avaient été condamnées à des peines légères de 11 à 13 mois.

S'il ne s'agit que d'exemples, ces jugements affirment que les trans' n'ont pas les même droits que les autres être humains, qu'assassiner une personne parce qu'elle est trans' n'est pas un crime de haine mais une circonstance atténuante. La défense place le blâme sur les victimes, qui «se font passer pour ce qu'elles ne sont pas» et l'ont forcément un peu cherché. La majorité des médias va également dans ce sens, s'acharnant à utiser les prénoms et le genre assignés à la naissance pour parler des personnes trans', légitimant ainsi la défense des meurtriers.

Mais le vecteur principal de transphobie vient encore des états eux-mêmes, qui, en plus de ne pas reconnaître la transphobie comme une discrimination, rendent généralement extrêmement difficile le changement d'état-civil, requiérant, pour changer la mention du sexe, des opérations chirurgicales de «réassignation sexuelle»ou, comme en Belgique, la stérilisation. En plus de mettre des bâtons dans les roues des trans', ce refus de changer l'état-civil peut avoir des conséquences catastrophiques, en risquant de les «outer» dans un milieu transphobe ; un autre exemple dramatique où l'état est directement complice des violences transphobes est la situation dans les prisons, où les femmes trans' sont enfermées avec des hommes, en faisant des cibles privilégiées d'humiliations, de violences et de viols.

La médecine n'est pas en reste puisque, la transsexualité étant considérée comme une maladie mentale, l'accès pour les trans' aux hormones ou à la chirurgie dépend du bon vouloir des psychiatres et des médecins, tandis que les trans' subissent également des discriminations dans les accès aux soins.

Les trans' sont aussi des victimes particulières du capitalisme puisque, discriminé-e-s à l'embauche, ils et elles sont souvent dans des situations précaires. Un nombre important de femmes trans' doit ainsi recourir à la prostitution, ce qui les expose encore plus particulièrement aux risques de violence.

Même dans les espaces progressistes et de soutien, la transphobie est parfois présente : par exemple, si les femmes trans' subissent, autant que les autres femmes, le sexisme et la misogynie, les espaces réservés aux femmes (qu'il s'agisse d'espaces militants ou de centres d'accueil ou d'écoute pour des femmes ayant subi des violences) leur sont parfois fermés, les placant dans des situations de vulnérabilité accrue et les privant d'un soutien vital.

Pourtant, même les violences spécifiques aux trans' ne concernent pas qu'eux et elles : donner des circonstances atténuantes à un meurtrier parce que sa victime l'a «trompé» sur son «vrai sexe» ou parce qu'elle avait «une force d'homme» lui permettant de se défendre, c'est aussi légitimer les argumentations patriarcales rendant responsables les victimes de violences et de viols ; permettre à des psychiatres de donner ou pas leur feu vert en fonction de l'«adéquation» au genre désiré, c'est légitimer les normes de genre pour tout le monde ; exclure une trans' d'un espace non-mixte parce qu'elle a un pénis, c'est légitimer le fait de réduire les femmes à leurs organes génitaux ; refuser aux trans' l'accès à des traitements hormonaux ou chirurgicaux, ou au contraire leur en imposer pour obtenir un changement d'état-civil, c'est attaquer le droit de tou-te-s à disposer de son corps.

La haine des trans' ne nait pas de rien ; elle est le fruit du système patriarcal qui impose à tout le monde, en fonction d'un détail anatomique, un genre rigide qui doit déterminer toute notre vie : rose ou bleu, jupe ou pantalon, attirée par les hommes ou attiré par les femmes, opprimée ou privilégié. La lutte pour la libération des trans', comme celle des homosexuel-le-s ou des intersexes, n'est par conséquent pas dissociable du combat féministe et doit être pleinement prise en compte dans le combat pour un monde sans oppressions.

jeudi, novembre 19 2009

En vrac : Journée du souvenir trans / Journée contre les violences faites aux femmes / Questionnaire sur le sexisme vu par les trans / Soirée Born In Flames

(Billet mis à jour le 19 novembre)

Transgender Day of Remembrance

Vendredi prochain, c'est le 20 novembre, et c'est le onzième Transgender Day of Remembrance, Journée du souvenir trans, destinée à se remémorer les personnes trans assasinées dans le monde entier.

J'avais vu une étude comme quoi aux USA, les trans avaient autour de 18 fois plus de risques de se faire tuer que la moyenne ; dans le monde, une personne trans se fait tuer tous les trois jours (seulement avec les chiffres recensées, qui sont probablement sous-estimés).

Il y aura cette année des actions dans pas mal de villes, notamment en France. Le blog Lez Strabourgeoises les recense ici.

À Lille, Les Flamands Roses organiseront aussi quelque chose le samedi 21. Si ma mémoire est bonne, ce sera à midi au marché Sebastopol. (MàJ: je confirme que c'est bien à cet endroit là et à cette heure là.)

Journée contre les violences faites aux femmes

(MàJ: il y a maintenant une page de recensement plus approfondie sur le blog Lez Strasbourgeoises)

Et le 25 novembre, c'est la journée mondiale contre les violences faites aux femmes. L'occasion dans un certain nombre de villes, pour organiser des marches de nuit en non-mixité.

C'est ainsi le cas à Grenoble, le 25 novembre, et vous pouvez lire leur tract ici.

Et ce sera aussi le cas à Caen, avec également une manifestation nocturne le 25 novembre. (MàJ 24 novembre)

Ce sera aussi le cas en angleterre, par exemple à Londres[1]. , le 21 novembre ou à Portsmouth le 25avec un nom qui, je trouve, pète mieux en anglais : «Reclaim The Night».

C'est enfin le cas à Gand, et comme le site est en Flamand, je copie/colle un descriptif récupéré sur le blog Têtes hautes et regards droits :

“A Gand, en Belgique (Flandres), une marche de nuit (mixte) féministe contre le patriarcat aura lieu le 25 novembre, organisée par la Feministische Actie Bende (FAB), la Hexennacht.

La Hexennacht-take back the night (Nuit des Sorcières) est une manif féministe nocturne et bruyante contre les violences envers les femmes et les lesbiennes, les bi, les trans’, les gays, ça se passe le 25 novembre 2009, dès 20h à la Veerleplein de Gand !”

Màj: et à Strasbourg, un rassemblement à l'appel de La Lune.

Par contre je suis embêtée, parce que je vois rien sur Paris, alors que je croyais qu'il y avait quelque chose de prévu et que pour le coup j'espérais un peu y aller. Donc si des gens ont des infos... (MàJ: j'ai eu confirmation par une amie qu'il n'y avait rien. Too bad.)

Le sexisme vu par les trans

Une équipe de recherche américaine cherche des personnes trans (ou en tout cas ayant vécu à la fois en étant considéré·e·s dans le genre masculin et dans le genre féminin) pour remplir un questionnaire sur leur vécu du sexisme comparé dans les deux genres. Alors c'est en anglais et c'est assez long, mais j'imagine que ça peut être intéressant... (via Questioning Transphobia)

Born In Flames, troisième

Le 21 novembre, à Lille, aura lieu à partir de 18h au centre LGBT J'en Suis J'y Reste (19 rue de Condé) la troisième soirée organisée par le collectif Born In Flames.

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Au programme:

18h30 à 19h30 :Rétrospective Carole ROUSSOPOULOS (1ère partie)

Le F.H.A.R. , 1971, 21 min, "production Vidéo Out".

Première manifestation de rue gay et lesbienne protestant contre l'homophobie et la lesbophobie en France, à Paris."A la même époque, à l’Université de Vincennes dans le cadre d’un séminaire de philosophie, des militantes et militants du F.H.A.R. sont invités à s’exprimer. Une jeune militante, Anne-Marie, faisant référence au mouvement ho... s’attaque aux «hétéroflics» puis aux «homoflics» réformistes et à la société bourgeoise qui peine à admettre une homosexualité visible et ouverte. Les phrases sonnent fort «Nous sommes une sorte de contradiction de la société bourgeoise… Les femmes sont élevées pour la procréation, les hommes pour devenir des phallocrates... Avec nous, l’héritage, c’est foutu...».

S.C.U.M., 1976, 26 min, réalisé par Carole Roussopoulos et Delphine

Seyrig, production Les Insoumises.

Le dispositif choisi pour ce film indique la place et le sens des trois personnages/ objets du film: Carole Roussopoulos dactylographe/passeuse du texte, Delphine Seyrig, lectrice de S.C.U.M. Manifesto de Valérie Solanas; le téléviseur, donneur d’images-contrepoint au texte. Le S.C.U.M. Manifesto est une véritable utopie qui opère un renversement de pouvoir pour mieux dénoncer une situation banalisée celle de la guerre permanente menée par les hommes dans le monde entier."

20h à 20h30 : micro ouvert thématique
21h à 22h30 : Rétrospective de Carole ROUSSOPOULOS (suite)

Debout!: une histoire du mouvement des femmes 1970-1980"; 1999, 1h30, production Prospective Image

" Le film a le mérite de sortir de l’oubli les féministes des années 70, qui ont été considérées par beaucoup tour à tour comme des «mal baisées», des «sorcières» ou des « ringardes ». Il s’agit ici d’une histoire, d’une vision personnelle de ce mouvement. Sans didactisme, le film revendique l’intelligence, l’humour et l’audace de ces femmes et prend acte des bouleversements, des droits obtenus, des lois arrachées mais aussi des échecs et des limites. "

22h30 : DANCE FLOOR
  • Table de presse thématique "Femmes et SIDA".
  • Points écoutes avec les émissions « Elles causent »
  • diffusion des compils CD BIF.
  • Expositions ExpulséEs et A people with memory is a rebel people ou ballades dans les fresques de la Maison des femmes et des rues de San Francisco, expositions de photographies + expo « maison ».

Notes

[1] À noter qu'il y a une discussion intéressante sur l'inclusion des femmes trans sur le site The F Word et sur le fait qu'inclure informellement ne suffit pas.

mardi, novembre 18 2008

Transgender Day Of Remembrance

Le 20 novembre aura lieu le Transgender Day Of Remembrance, ou journée de souvenir trans', qui vise à se souvenir et à visibliser les personnes trans' assassinées.

J'ai écrit un article qui a été mis en ligne sur le blog de la commission LGBTI du Nouveau Parti Anticapitaliste et je vous invite à le lire, en espérant que ce ne soit pas trop mauvais :) En particulier, j'ai essayé d'expliquer pourquoi, à mon avis, les droits des trans' sont une partie intégrante du féminisme :

Pourtant, même les violences spécifiques aux trans' ne concernent pas qu'eux et elles : donner des circonstances atténuantes à un meurtrier parce que sa victime l'a «trompé» sur son «vrai sexe» ou parce qu'elle avait «une force d'homme» lui permettant de se défendre, c'est aussi légitimer les argumentations patriarcales rendant responsables les victimes de violences et de viols ; permettre à des psychiatres de donner ou pas leur feu vert en fonction de l'«adéquation» au genre désiré, c'est légitimer les normes de genre pour tout le monde ; exclure une trans' d'un espace non-mixte parce qu'elle a un pénis, c'est légitimer le fait de réduire les femmes à leurs organes génitaux ; refuser aux trans' l'accès à des traitements hormonaux ou chirurgicaux, ou au contraire leur en imposer pour obtenir un changement d'état-civil, c'est attaquer le droit de tou-te-s à disposer de son corps.

Voilà, le reste de l'article est ici. Une liste des trans' assassiné-e-s en 2008 est consultable ici.

Sinon, il y aura aussi, le 25 novembre, la Journée internationale contre les violences faites aux femmes. Je ne sais pas si j'aurai le temps/courage de faire un billet là-dessus d'ici la semaine prochaine mais, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'à l'heure où l'assemblée nationale décrète une minute de silence pour quelqu'un qui a abattu une femme (et pas, mettons, pour cette femme), il y a encore du boulot à faire sur ce sujet.