Vernis & Sécateur

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vendredi, octobre 29 2010

Devinettes...

1

Je suis un blog politique où, pour humilier un adversaire politique (ou plutôt un «allié» trop mou), j'utilise les mots «gros enculé», tout en précisant «je ne suis pas homophobe».

Dans mes commentaires apparaissent des réactions telles que :

où va se nicher le perversité ! il y a des mecs qui se déguisent en femme pour se prendre un grand coup de ****... et il y en a qui se déguisent en syndicaliste par amour pour l'oligarchie... enculé c'est une insulte homophobe ? et si tu dis "chien", c'est zoophobe ? et jaune ? c'est xanthophobe ?

ou encore

'enculé c'est une insulte homophobe ?'

Non. Même pas de dire gros PD de temps en temps, ce qui est juste une façon inconsciente de réaffirmer sa propre hétéro sexualité.

La tolérance à tout crin étant à l'inverse, le comble d'un narcissisme qui pousse ceux qui en sont affectés, à finir par mépriser tout le monde.

Je suis je suis je suis...

  1. un blog de droite dure, style François De Souche ?
  2. un blog de militant anticapitaliste ?

2

Je suis un syndicat troublé par la présence d'un petit cortège transpédégouine devant moi, dont certaines personnes envoient des regards méchants quands certains de mes militants gueulent «Sarko, on t'encule».

Je commence d'abord par signifier aux militantEs transpédégouines qu'ils ne sont pas à leur place dans le cortège, puis j'envoie deux militants faire passer la banderole de tête devant.

Parmi ceux-ci en figure un qui a agressé des nanas féministes à coup d'insultes sexistes et homophobes, en justifiant que c'était parce qu'elles avaient organisé une manif féministe avant et que du coup forcément ça créait des tensions.

Après quoi je fais virilement passer mes troupes et ma camionnette devant histoire que l'ordre soit conservé et constate avec satisfaction que les militantEs transpédégouines ont laissé tomber et sont alléEs se réfugier derrière les partis politiques mous.

Je suis je suis je suis...

  1. la CGT dans les années 70 ?
  2. la CNT en 2010 ?

lundi, octobre 4 2010

Nos artistes ont du talent

Je ne pensais pas au départ relayer l'information sur ce blog, vu qu'il y a des chances pour que, si vous avez une connexion Internet, vous n'ayez pas pu passer à côté, mais bon voilà : il y a un groupe de rap qui s'appelle Sexion d'assaut dont les propos homophobes ont récemment été découverts et (légitimement) dénoncés, et qui du coup a vu quelques-uns de ses concerts annulés à cause de ça.

Ce que je trouve drôle, là-dedans, c'est la complainte ressortie par un certain nombre de personnes, pour en gros expliquer que c'est le rap, dans son ensemble et sans nuance, qui est sexiste et homophobe, avec l'idée du coup que c'est un problème bien spécifique au rap et qu'on ne retrouverait pas ailleurs.

La preuve, pendant ce temps, il y avait «salle comble à Bègles pour le retour sur scène de Bertrand Cantat», ce «grand artiste».

Mais ouais, les connards qui font de la musique, ça doit vraiment être spécifique au rap...

samedi, septembre 25 2010

L'auto-défense préventive, ça a du bon

La nuit (et le jour aussi, d'ailleurs, mais un peu moins), quand je me déplace, j'ai toujours mon baladeur qui me fout de la musique assez fort et pas toujours très fine dans les oreilles. Et du coup, je n'entends pas forcément les gens quand ils me parlent, ce qui est parfois le but, notez bien.

La question c'est donc : comment sait-on quand un mec dit des trucs relous, quand on ne peut pas entendre ce qu'il dit ?


Tout à l'heure (ou plutôt il y a quelques mois, maintenant, parce que ce billet est passé dans le warp temporel des «billets en attente» entretemps), en fin d'après-midi, je discutais avec une copine du fait que depuis mon agression de jeudi dernier (pareil donc, jeudi d'il y a trois mois, en fait), j'étais vachement sur la défensive et que j'avais un peu l'impression que des fois j'étais prête à insulter un mec ou à me défendre physiquement alors qu'il voulait juste me demander une clope.

Et après on s'était mises à déconner ensemble sur le fait que ce n'était au final pas très grave, puisque même si le gars n'était pas relou sur le moment, il y avait quand même de bonnes chances qu'il ait eu des comportements sexistes, lesbophobes ou transphobes dans sa vie.

Et du coup, juste alors que je rentrais chez moi, avec donc de la musique assez forte dans les oreilles, un type attire mon attention en voulant visiblement me parler. Et là, je suis super sur la défensive, mais en enlevant mes écouteurs je réalise alors que tout ce qu'il veut, c'est une clope.

Je m'en veux un peu de l'avoir immédiatement catalogué comme connard relou et lui explique gentiment que non, je fume pas. Il part alors et me dit bonne soirée et je me dis que, bon voilà je n'avais pas de quoi stresser, finalement.

Et puis ensuite, après avoir fait trois pas, le gars commence à me reparler et se met à me gonfle avant de me demander «une gâterie» (non sérieux c'est ce qu'il a dit, moi non plus je pensais pas qu'il y avait des gens assez ploucs pour brancher quelqu'un en employant ce terme) et évidemment de se montrer assez insistant et pénible.

Du coup je me dis que quand même, c'est assez fou, j'ai l'impression que je m'attends souvent au pire venant des mecs que je ne connais pas, et que malgré ça ils arrivent quand même à encore me décevoir.


Voilà, donc pour revenir à la question «comment sait-on quand un mec dit des trucs relous, quand on ne peut pas entendre ce qu'il dit ?», j'ai l'impression que passé une certaine heure, la réponse est tout simplement «ses lèvres bougent».

lundi, septembre 20 2010

Le mot du jour : Salope

Dans la série Le mot du jour (alias «Comment faire un billet à peu de frais en copiant/collant des définitions»), j'avais envie de changer un peu du vocabulaire LGBT (enfin, surtout L et T, faut bien reconnaître) pour parler d'un mot plus courant que «cis», «shemale» et autre «butch» : salope. Et ses dérivés.

Salope, ça vient à l'origine du mot «sale», «malpropre», comme on peut l'apprendre sur le Wiktionnaire :

L’origine du mot « salope » reste incertaine. Même s’il apparaît clairement que le mot fut employé, dès le début du XVIIe siècle, pour désigner des personnes sales et malpropres, l’origine étymologique du mot est plus trouble.

La première trace écrite du mot remonte à 1607, sous la forme de salouppe, adjectif désignant l’extrême saleté, dans un texte tiré des Œuvres satyriques de Charles-Timoléon de Sigogne 1 :

Or, laissons paistre ceste trouppe de poux, Garnison du pauvre salouppe, En ce vieux haillon de pourpoint.

Il serait probablement composé de la juxtaposition des mots sale et hoppe, forme lorraine de huppe. La huppe ayant en effet la réputation d’être un oiseau sale, du fait de la forte odeur se dégageant de son nid, cet oiseau est dans la langue française synonyme de saleté, comme en témoigne le proverbe « sale comme une huppe », qui donne en lorrain « sale comme une hoppe ».

Étymologiquement parlant, salope n’est pas le féminin de salaud, mais c’est ce dernier, autrefois orthographié sous la forme de salop, qui serait une réfection masculine de salope (c’est-à-dire une modification de forme linguistique guidée par l’usage). En effet, salaude (qui ne s’emploie plus aujourd’hui) apparaît, en tant qu’adjectif, au XIIIe siècle, pour désigner une personne très sale 2, mais le substantif salaud, sous sa forme masculine, n’apparaît pas avant la fin du XIXe siècle 3.

Ce qu'il est intéressant de noter, c'est que la saleté n'a pas vraiment le même sens selon qu'on soit de genre masculin ou féminin.

Salope

Ainsi, la définition actuelle du mot salope est :

1. (Vulgaire) (Péjoratif) Femme de mauvaise vie, dévergondée, débauchée.

2. (Vulgaire) (Péjoratif) Femme méprisable, garce sans scrupules, aux mœurs corrompues et prête à tout pour réussir, avec, en général, une connotation sexuelle.

3. (Par extension) (Vulgaire) (Injurieux) Femme coupable de traîtrise. S’emploie également pour insulter violemment un homme ou pour décrire un individu ne respectant aucune loi ou aucun code.

Salaud et salopard

À l'inverse, salaud, qui est plus ou moins considérée comme la forme masculine de salope, a un sens un peu différent :

1.(Désuet) Celui, celle qui est sale.

2. (Vulgaire) (Injurieux) (Par extension) Personne sans morale, méprisable.

Ainsi, on notera que pour l'homme la saleté n'est pas trop précisée, tandis que pour la femme, il est clair que la saleté a une connotation sexuelle, liée à la «mauvaise vie» ou à la «débauche». Alors que l'amoralité du mot «salaud» n'est pas spécifiée, et donc pas spécialement sexuelle, c'est forcément le cas pour la «salope».

Cela dit, rassurons-nous : il est possible de traiter un homme de «salope». Pas vraiment dans une optique queer ou d'égalité des sexes, mais plutôt de l'insulter en le considérant comme une femme, mon Dieu, quelle horreur.

Un autre mot masculin partageant la même étymologie est salopard, qui là encore n'est pas spécialement connoté sexuellement.

(Familier) Salaud, homme abject, vil, sans scrupules.

Il y a par exemple 12-salopards-aff.jpgun film de guerre qui s'appelle «Les douze salopards». Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que si un film intitulé «Les douze salopes» existe, il n'est pas vraiment dans le même genre et que les protagonistes seraient un peu plus sexualisées.

Réappropriation

Bref, je pense que rien qu'aux définitions on peut voir que «salope» est un mot éminemment sexiste et qui vise spécifiquement les femmes, en particulier celles qui sont «de mauvaise vie». (Être de mauvaise vie, pour un mec utilisant le mot «salope», voulant généralement soit dire «coucher avec d'autres personnes», soit «refuser de coucher avec lui».)

Comme un certain nombre d'autres insultes (pédés, gouines, etc.), «salope» est aussi un mot qui a été réapproprié (pour faire genre plus littéraire, on parlera plutôt d'antiparastase). Notamment par des nanas revendiquant ce terme et refusant par exemple la stigmatisation porté aux femmes n'ayant pas la «bonne vie sexuelle». Évidemment je ne vois pas grand-chose à redire là-dessus (même si personnellement j'aurais un peu de mal, mais bon c'est surtout parce que ça colle mal avec mon côté prude et victorienne).

Par contre, le truc qui m'avait fait vraiment bizarre en arrivant dans le milieu «ailegébété» (oui, dit comme ça, ça fait genre j'ai pris un avion et ai débarqué dans un nouveau pays, ce qui n'est pas tout à fait le cas non plus), c'était de voir à quel point c'était aussi repris par des gays. Le truc qui me mettait mal à l'aise, c'était que, même s'il y avait des exceptions, la plupart des gays qui l'utilisaient n'étaient jamais stigmatisés comme femme et n'avaient jamais été stigmatisés comme femme, et que ben du coup forcément c'est plus fun de se (ré)approprier une insulte sexiste quand on le subit pas vraiment, le sexisme...

Cela dit peut-être qu'en fait c'est très légitime et que c'est juste que je n'y comprends rien parce que je ne suis ni gay ni pédé, hein...

jeudi, juin 10 2010

Le courage des connards de rue (suite)

Un petit billet un peu à chaud que je vais peut-être regretter de poster, mais bon... (MàJ: maintenant en fait un petit billet un peu moins à chaud et écrit avec un style un peu moins pourri.)

Je me suis faite agresser physiquement tout à l'heure par environ huit connards qui se trouvaient sans doute par un pur un hasard être tous des mecs.

Ça a d'abord commencé par des insultes verbales alors que je rentrais chez moi en passant par l'avenue du peuble belge ; j'avais croisé un groupe de jeunes mecs, autour de huit, dont l'un d'eux a cru fort intelligent de me lancer au passage «oh, tu prends combien».

Alors certes, c'est une rue où il y a du tapin mais estimant que :

  • les putes tapinaient rarement en se déplaçant à allure relativement rapide et avec un sac à dos ;
  • quand bien même, on peut parler de manière polie aux prostituées ;
  • le sourire goguenard et le déplacement en bande ne faisait pas croire à une proposition de sexe tarifée mais plus un truc du genre «aha, les nanas on peut les traiter de pute de manière fort subtile, c'est trop drôle et ça prouve qu'on est des mecs virils» ;

je me suis retournée vers lui et lui ai rétorqué que, pour eux il n'y aurait pas moyen et qu'ils n'auraient pas assez, n'ayant pas tellement plus de répartie sur le coup.

Ils se sont alors mis à m'insulter : «connasse», «pute» aussi je crois (visiblement c'est le summum de l'insulte), et j'ai répliqué en les traitant de connards, ce qui n'était toujours pas la preuve d'une grande répartie, mais on fait avec ce qu'on a.

Un des types a alors demandé quelque chose comme «c'est un travelo ?» à ses camarades, tandis qu'un autre s'approchait de moi et jouait au gars viril dans la façon de s'avancer menaçante, tout en demandant «oh tu veux quoi» en prenant une voix grave. Je lui ai répondu que ça me soulait qu'on agresse les nanas et que ça me gonflait les mecs qui faisait chier avec leur testo de merde. Après en vrai je suis pas d'accord pour dire «c'est la faute de la testo», et je trouve ça un peu essentialiste et facile puisque ça donne des excuses aux mecs, mais sur le coup c'est ce qui m'est venu.

Un autre gars s'est alors approché de moi et m'a traité de pédé - peut-être était-ce le même qui demandait à ses potes si j'étais un «travelo», je ne sais pas trop. J'ai répondu en le traitant je crois de «connard», avec peut-être un «va chier», je ne sais pas trop, et c'est là qu'il m'a craché dessus.

Et là, j'ai fait ce qui était absolument intolérable et, vu sa tête, absolument inimiginable. J'ai répliqué en pratiquant le même mode de communication, c'est-à-dire en lui crachant aussi dessus à mon tour, parce qu'il n'y a pas de raison.

Là, étonnamment, j'ai réalisé qu'autant une meuf qui se faisait cracher dessus était censée rester impassible ou au pire s'éloigner d'un pas vif, autant l'inverse était absolument intolérable et méritait sanction. Le type m'a alors foncé dessus et m'a donné un coup de pied un peu au dessus du genou, dans un geste qui était, je dois dire, assez impressionnant - avec un bond et tout - quoique assez peu efficace.

J'ai essayé de me défendre en sortant un objet contondant de mon sac à main (eh oui, même les sacs à mains roses avec des petits dessins rigolos peuvent contenir des objets contondants), ce qui a fait reculer le bonhomme, pendant qu'un de ses copains me cognait dans la tempe sans que je ne pût le voir venir - sans doute un coup de poing.

Le coup sur la tempe m'a assommée un peu et je crois que j'ai titubé, à moins que mon manque d'équilibre n'ait été dû aux coups que les acolytes du bonhomme me donnaient dans le dos (et c'est là que j'étais contente d'avoir mon sac à dos, et surtout de ne pas avoir mis de trucs fragiles dedans).

J'ai, à ce moment là, rangé mes lunettes dans mon sac à main parce que je sentais que ça allait mal se finir et que c'est cher les lunettes et que vu comme je suis myope je suis mal barrée pour vivre en attendant de faire refaire les verres.

Je me suis encore pris quelques coups pendant que les voitures passaient avenue du peuble belge. Aucune ne s'est arrêtée.

Finalement, les types se sont mis à se barrer. Je les ai suivis un peu en sortant un téléphone pour essayer d'appeler le 112 (ou éventuellement leur cogner dessus à mon tour, j'avoue que ça m'a traversé l'esprit), mais ils couraient plus vite que moi et je me voyais mal continuer l'opération sans mes lunettes (oui, je suis vraiment myope).

Finalement je suis rentrée chez moi sans savoir trop quoi faire (porter plainte pour me taper la transphobie des policiers en plus de la transphobie, du sexisme, et de l'homophobie de ces connards ?), envisageant l'achat d'une bombe lacrymo.

Heureusement, je vais bien, mes lunettes aussi, j'ai donc pu faire ma redescente d'adrénaline en bouffant de la junk food et en regardant un épisode d'une série télé quelconque.

(Et sinon, parce que la pub éhontée ce n'est jamais déplacé, même sur un sujet comme ça, dans ce que j'écris, il y a aussi des fois où certes c'est un peu de la fiction mais où on peut voir de la gouine latter du connard de manière autrement plus convaincante que dans mes compte-rendus d'agressions : c'est sur Enfants de Mars et de Vénus.)

mercredi, avril 21 2010

Les trans renforcent les normes de genre, #2 : les trans sont des caricatures de masculinité/féminité

(Note : c'est un billet qui était en attente depuis beaucoup beaucoup de temps, et du coup même s'il y aurait encore des choses à revoir et que je trouve que c'est un peu nawak, je le publie quand même, parce que j'en ai marre de le voir traîner.)

Dans les épisodes précédents :

Pour continuer dans la série «la transphobie dans les milieux féministes et queer pourtant hyper trop trans-friendly, cools et subversifs», je voudrais parler aujourd'hui de l'expression de genre des trans, toujours passée sous l'oeil scrutateur des personnes cisgenres, parce que suspectes d'être soit «trop maculine» (pour les garçons), soit «trop féminine» (pour les filles).

La féministe transphobe Julie Bindel le résume bien :

Imagine a world inhabited just by transsexuals. It would look like the set of Grease.

Imaginez un monde habité uniquement par des transsexuel·le·s. Ça ressemblerait au plateau de Grease.

Après moi je trouve qu'elle aurait pu aussi dire :

Imaginez un monde où toutes les lesbiennes seraient trans. Une série télé sur les lesbiennes ressemblerait à The L Word.

mais du coup ça se serait peut-être un peu plus vu que les personnes cisgenres n'avaient jamais eu besoin des trans pour être capable d'ériger des normes de genre et de rentrer dedans en partie ou en totalité.

Plus sérieusement, je pense qu'on peut répondre à cet argument (les trans sont des caricatures de masculinité/féminité, pas «quel film représente le plus ce que serait une planète trans?») de deux façons différentes :

  1. les personnes trans ne sont pas forcément plus que les autres des caricatures de leur genre ;
  2. quand bien même ce serait le cas, on vous emmerde.

Et donc du coup je vais faire deux parties distinctes.

Les personnes trans ne sont pas forcément plus que les autres des caricatures de leur genre

Le problème dans l'idée que les trans sont plus masculins/féminines que les personnes cis, c'est qu'en général il y a une sorte de deux poids, deux mesures, comme si, pour reprendre les exemples cinématographiques donnés plus haut, les personnes cisgenres avaient eu besoin de trans pour tourner Grease. De fait, quand je marche dans la rue, je trouve que je croise un paquet de mecs (a priori pas tous trans) qui sont quand même indiscutablement masculins, qu'il s'agisse de la masculinité du skinhead ou de celle du cadre en costard-cravate. De la même manière un certain nombre de nanas (certainement pas toutes trans non plus) sont aussi indubitablement féminines, qu'elles soient en mini-jupe et talon aiguille ou en tailleur et escarpin.

Je pense que la plupart des trans s'insèrent là-dedans sans détonner particulièrement ; au contraire, j'ai plutôt eu l'impression durant ma transition que les conseils de pas mal d'autres filles trans étaient de ne surtout pas en faire trop, histoire de ne surtout pas ressemble à «une pute» ou à «un travelo», ce qui, pour une fâme, est la déchéance absolue.

Par ailleurs, la féminité et la masculinité ne me semblent pas vues de la même manière : le masculin, comme dans la grammaire, est neutre, alors que le féminin est la spécificité, la différence, artificielle. Par exemple, à part dans quelques milieux féministes, j'ai rarement vu un mec se faire reprocher d'être trop masculin (trop féminin, oui, pas de problème, par contre). Par contre, une fille trop féminine va facilement se le voir reprocher en se faisant traiter de pute, de salope, ou encore lorsqu'en en cas d'agression on va lui dire qu'elle l'a cherché.

Il me semble aussi que chez les filles trans (je parle que des filles parce que je sais pas si ça se passe d'une façon comparable pour les FtM).), j'ai l'impression que dans beaucoup de cas le postulat «les filles trans sont des caricatures de féminité» continue en bonne partie à fonctionner parce que c'est surtout les filles trans qui rentrent dans ce modèle qui vont être perçues comme trans[1] (par exemple si je suis habillée de manière masculine, on va me prendre soit pour un mec cis, soit pour une fille cis, mais jamais pour une travelotte). Avec l'effet pervers que si on rentre pas dans le cliché de la trans on est du coup assez invisibilisée.

Quand bien même ce serait le cas, on vous emmerde

Cela dit, je ne vais pas développer le premier argument plus que ça, parce qu'en fait, finalement, je trouve qu'on (c'est-à-dire, on va dire, les militant·e·s trans et trans-friendly) le fait assez, et qu'au final on en arrive parfois un peu à reprendre la logique comme quoi ce serait extrêmement mal d'être féminine ou masculin, et que bien sûr il y a des trans «binaires» qui sont un peu bêtes et rentrent dans ce jeu, mais nous, quand même, on vaut mieux que ça.

Et franchement, ça me gonfle aussi.

Parce que je me rends compte qu'à cause de cette espèce de «contre-norme», je me suis vachement censurée, à me dire qu'il fallait pas que je sois trop féminine pour pas faire «cliché» [2], à me dire que c'était très mal de porter des jupes pendant un mois de suite sans alterner avec des pantalons, et tout ça.

Bref.

Ce qui me gonfle avec tout ça, c'est d'une part que finalement ça revient à ériger des contre-normes qui ne sont pas moins absurdes que les normes dominantes, et d'autre part l'impression que son «féminisme» est jugé en fonction de sa tenue vestimentaire.

Ce qui est idiot : je ne suis pas moins féministe si je mets une mini-jupe et du maquillage «de fille» que si je mets un treillis et que je me dessine des faux poils pour me kinguer (surtout que pour les deux j'utilise le même maquillage..). Pourtant, et j'admets que j'ai vachement intériorisé ça, je trouve qu'on reproduit dans certains milieux le truc de considérer que c'est super plus subversif d'oser affirmer une forme de masculinité qu'une forme de féminité (en tout cas quand on est une fille, j'imagine que pour les mecs ça se pose pas de la même manière).

Je pense qu'il y a de ma part aussi une intériorisation de la transphobie, une nécessité de vouloir montrer que je suis pas comme la trans typique, que je suis «acceptable» dans les milieux féministes et queer où on ne brille pas toujours par notre visibilité. Et de fait j'ai l'impression d'être parfois mieux accueillie quand je suis catégorisée «gouine qui n'a pas peur de mettre des fringues masculines» que comme «transgirl» (même si les gens savent que je suis trans, là n'est pas la question).

Et par ailleurs là où c'est compliqué c'est que je ne fais pas ça que pour être bien perçue, et qu'il y a une sincérité dans le fait que j'aime porter des fringues catégorisées comme masculines ; mais d'un autre côté ça m'emmerde d'avoir dans certains cadres l'impression d'être mieux acceptée parce que je peux être vue comme «pas comme ces autres transgirls hyper-féminines» et de me dire que j'ai vachement eu tendance à reprendre ça.

Pour moi ça rejoint vachement les reproches qui sont faits (à l'intérieur de nos «communautés» toujours, je m'attaque pas aux milieux ouvertements misos qui sont de toute façon, ben, misos) aux lesbiennes Fems, qui sont soit accusées d'être trop soumises à l'ordre hétéropatriacal (alors qu'en fait, ben non), perçues comme moins féministes, moins méchantes avec les mecs, etc., soit présupposées comme un peu inférieures et pas capable de faire du bricolage, plus sexualisées, prises moins au sérieux...

Et du coup tous ces discours pour dire qu'il faut pas être trop féminine, pas de manière trop vulgaire, trop suspecte, trop salope, trop pute, trop travelotte, ben ça me gave vraiment, parce qu'en fait autant c'est bien de critiquer les injonctions à la féminité, autant quand on en vient à valoriser le masculin et à dévaloriser le féminin dans nos milieux, ben je trouve que ça reproduit un tout petit peu la misogynie globale.

Et je trouve aussi qu'il y aurait vachement à discuter sur les similarités qu'il peut y avoir entre la marginalisation des Fems et des transgirls (et des Fems transgirls) dans certains milieux militants. En tout cas j'ai vraiment l'impression que les identités Fems et Butches m'ont vraiment permis de développer mon identité à moi (qui est je pense un peu Fem et aussi un peu Butch - j'aime bien le terme butch travelotte - mais en tout cas pas trop respectable ni franchement «ni trop féminine, ni trop masculine») et que ça résonne pour moi vachement avec mon parcours en tant que trans et tout ça.

Notes

[1] Et aussi parce que les nanas trop féminines risquent assez de se voir traiter de travelos, même sans être trans.

[2] Bon et aussi des fois à ne pas être trop masculine pour pouvoir «passer» un minimum, mais ça pour le coup ça mériterait un billet à part sur la difficulté d'être butch et transgirl.

dimanche, janvier 3 2010

Jeux vidéos

Comme vous l'avez peut-être remarqué, ce blog n'a pas été très mis à jour ces derniers temps, principalement à cause des fêtes de fin d'année, de passage chez mes parents, et tout ça.

J'imagine que je serais un peu censée faire un billet critique de la famille cellule d'oppression, de la symbolique de Noël infâme récupération de la fête païenne du solstice d'hiver, ou encore de l'aspect capitaliste de la chose, mais je crois que, point de vue maturité, je n'ai pas encore tout à fait dépassé le stade du «hiiiii, une occasion de claquer du fric dans des trucs futiles et de se goinfrer de bûche», alors je vais laisser ces sujets là pour les grandes personnes et je vais donc me contenter de parler de jeux vidéos.

Entre parenthèses, c'était le grand désespoir de ma maman, quand je lui ai annoncé que j'allais transitionner : elle pensait que j'allais enfin laisser tomber tout ça.

Cela dit, il faut reconnaître que j'y joue vachement moins qu'avant, aux jeux vidéos (enfin, déjà plus depuis que je n'ai plus de taf). Et que ça a pas mal changé depuis la période où j'étais une sorte de vraie «gamer».

Par exemple, maintenant, on peut vachement plus customiser qu'avant. Du coup, sur, mettons, un jeu de course, au lieu que tout le monde ait les mêmes bagnoles, on peut enfin accomplir son rêve : conduire un gros camion violet à motif panthère (d'accord, c'est peut-être pas le rêve de tout le monde). Et ça c'est classe.

Ellie_MUD_BOWL_0001.jpeg

Ce qui est encore plus classe, c'est ce qu'on peut faire dans les (enfin, certains) RPG de maintenant concernant la création du personnage : maintenant, en plus de la classique articulation sexe/classe/race (entre parenthèses, c'est quand même à ça qu'on voit comment le monde du jeu de rôle a influencé les théories féministes... euh... non ?), il est possible de choisir une myriade de trucs, comme le type de visage, la couleur des cheveux, la forme des yeux, la taille du personnage, etcaetera.

Devant cette liberté absolue, je me dis que ça me permettra de sortir un peu des personnages féminins de jeux vidéos habituels, et de me créer à la place une grosse butch.

Alors on commence par choisir le nom, et je me décide, faisant preuve de vachement de créativité, pour VonButch. Ensuite, il faut choisir la «race» et le sexe.

Et déjà là on s'aperçoit d'un certain dimorphisme, du point de vue des races : autant, chez les mecs, on a des trucs assez variés, du genre le mec humain ressemble à un humain, soit, tandis que l'androïde mec est une grosse boîte de conserve à tête de robot, la bestiole mec avec beaucoup en attaque ressemble à une sorte de mi-humain, mi-nounours, et je dois en oublier. Alors que chez les nanas, l'humaine ressemble assez logiquement à une humaine, tandis que l'androïde ressemble... à une humaine avec des petites antennes, et la bestiole qui frappe fort... à une humaine avec des oreilles bizarres.

Parce que quand même, pour les mecs on peut varier, par contre pour les nanas il faut quand même qu'elle reste à peu près attirantes et n'aient ni une grosse tête de robot, ni trop de poils, il faut pas déconner.

Bon, en même temps pour ce qui me concerne, je préfère autant avoir un personnage humain, alors je continue sans faillir dans la création de ma grosse butch.

Et là, je réalise que déjà, pour la partie «grosse», ça s'annonce mal barré : si le jeu permet de choisir sa corpulence ainsi que sa taille, la fourchette est un peu limité entre «position par défaut», «mince sans poitrine», «mince avec poitrine» et «légèrement enrobée». Bon, j'exagère un peu, mais moi je voulais une grosse butch qui soit vraiment grosse et butch, et pas juste «un peu ronde» et butch.

Je continue néanmoins et passe à la création du visage, des yeux, et tout ça qui ne me semblent pas hyper différents (chez les mecs j'ai l'impression qu'il y a des différences dans l'âge apparent et la pilosité du visage, mais pour les nanas on se contentera d'être jeune, belle, et parfaitement sans poil) et pour lesquels j'ai un peu du mal à ne pas choisir complètement au pif.

Finalement, on passe aux cheveux, et là, on se rend compte qu'en plus de pas être «grosse», la partie «butch» de ma grosse butch ne va pas être si facile à remplir. Toutes les coupes sont vachement élaborées et vachement... ben, avec des cheveux, pour commencer. Et pas hyper butch, quoi. Après avoir galéré un moment, je me résigne à prendre le look «crête énorme qui ne tient pas sans un kilo de gel», qui a l'avantage qu'elle est la seule qui permet d'avoir une partie du crane tondue, et je passe enfin aux fringues.

Et là, c'est le drame. Parce que, ben quand même, il y a les fringues pour hommes, et les fringues pour femmes, et ce n'est absolument pas concevable qu'un personnage féminin porte des fringues pour hommes, et vice-versa. Et par «absolument pas concevable», je ne veux pas dire que les autres personnages nous regardent bizarrement, ce qui serait plutôt sympa, mais que c'est juste techniquement impossible. T'as créé un personnage de fille, tu portes des fringues de fille.

Alors, je veux pas parler au nom de toutes les butches, mais la plupart des butches que je connais, et même moi malgré mon côté pintade travelotte quand il me prend des envies de butchitude, ben c'est pas exactement toujours au rayon «femmes» qu'elles trouvent leur bonheur et elles ont au moins quelques fringues achetées en rayon mec.

Là,je raconte pas la galère pour essayer de trouver un haut pas trop décolleté, un pantalon qui ne soit ni un short, ni une jupe (les deux montrant la totale absence de poils aux pattes de mon personnage), ni un truc trop féminin, etc.

Comme quoi, on voit que même dans les univers les plus «science-fiction» ou «fantasy» censés faire appel à nos imaginations les plus débordantes, les concepteurs ont un peu de mal à penser un tout petit peu en dehors des normes de genre actuelles. Et encore, pour ce que j'en ai compris (oui, c'est le problème de passer son temps à régler sa coiffure et chercher des fringues, après 15h j'ai toujours pas compris grand chose à comment on jouait vraiment en pratique) les armures ne sont pas représentées (juste les fringues), ce qui évite d'avoir le truc classique ou, selon qu'on soit un mec ou une nana, la même armure sera représentée comme un gros truc protégeant tout le corps ou un petit bikini en côte de maille.

Après, ça n'empêche qu'honnêtement, j'aime bien ce genre de jeu, et que j'avoue passer plus de temps à essayer de trouver des nouvelles fringues ou à jouer sur le look de mon perso qu'à faire de l'expérience pour augmenter mon niveau, mais quand même, c'est un peu frustrant.

Même si au final ça donne à ma grosse butch un petit côté pédée pas complétement déplaisant.


Sinon, quand on a un vrai PC pas trop pourri ou une vraie console dernière génération, il paraît qu'avec ce genre de jeux on peut jouer sur le grand Internaitte avec plein d'autres gens, et qu'après on a plus de vraie vie.

Eh bien, il y a une étude réalisée sur des joueu·r·se·s d'Everquest qui montre que, concrètement à l'image qu'on peut en avoir, les femmes passent en moyenne plus de temps à jouer que les hommes. Par contre, bizarrement (ou pas), elles ont tendance à mentir à leurs ami·e·s et conjoint·e·s en réduisant ce nombre d'heures, parce qu'une fille qui joue beaucoup aux jeux vidéos, quand meme, c'est pas bien.


Et toujours tant que j'y suis, j'en profite pour faire un peu de pub pour le site anglophone The Iris Network, que je trouve vraiment intéressant si on s'intéresse à la fois aux jeux vidéos et aux questions féministes (et aux liens avec d'autres oppressions comme le racisme ou l'homophobie, aussi).

lundi, décembre 14 2009

Dialogues

Ce que j'aime le plus avec le fait d'être une fille, maintenant, c'est que cela permet de rencontrer des gens charmants à des moments complètement inopinés et d'avoir des discussions super enrichissantes.

Par exemple, avant, quand j'étais considérée comme un garçon, les dialogues que j'avais dans le métro se résumaient très souvent à :

<--- Ceci est un vide symbolisant de manière très post-moderne[1] l'absence de discussion.

Alors que maintenant, en étant une fille, j'ai l'occasion d'échanger sur ma vie avec des personnes géniales. Par exemple :

— Oh, mademoiselle !

— ...

— Oh, tu suces ?

— ...

— Salope !

Ma vie en tant que garçon me conduisait aussi à marcher à pied une fois qu'il n'y avait plus de métro. Alors que maintenant, je peux profiter de l'aimable galanterie toujours désintéressée des hommes :

— Madame, vous voulez que je vous raccompagne ?

(Sentant venir le truc foireux) — Euh, non merci.

— Allez, on va faire l'amour !

Mais ce qui est vraiment génial, c'est qu'en plus de ces échanges certes intenses mais finalement peu approfondis, c'est parfois l'occasion d'avoir de longues discussions sur l'avancée des luttes LGBT :

— Oh, je t'avais vu, toi. C'était une soirée plutôt de pédés, d'ailleurs.

(Pédagogique) — Euh, pédé, c'est un peu une insulte, quand même.

— Mais toi, t'es un pédé, hein ?

(Là, c'est un peu l'inconvénient de la tenue pantalon/rangers/blouson en cuir, c'est que ça nuit à mon passing. Ce qui est en fait un peu un avantage parce que ça permet parfois d'éviter les «tu suces». Malheureusement, ça n'est pas efficace à 100%...)

— Euh, non, je suis gouine.

— Ça veut dire quoi ?

— Euh, lesbienne. Je suis une nana qui aime les nanas.

(Bon, en fait ça a pris plus de temps que ça, l'explication, parce que c'était entrecoupé de «non, mais faut que j'y aille, là, j'ai un métro à prendre» et de «non, mais je vais te suivre, je suis cool» «euh mais t'es pas obligé, etc. qui ne sont pas vitaux à la compréhension de la discussion)

— Et du coup t'aimes pas les mecs ?

(La question piège, où on a envie de répondre «Carrément, je veux leur extinction». Fort heureusement, ma formation de préparation aux entretiens d'embauche offerte par Pôle emploi (et qui mériterait un billet à part) m'a permis de répondre de manière plus... euh... hypocrite ?)

— Ben, non, c'est pas ça, c'est juste que je n'ai pas de relation sexuelle avec eux.

— Ouais, moi tu vois je couche avec tout le monde, je m'en fous.

— Euh, ben, moi pas.

— Mais tu veux pas que je te raccompagne quand même ?

— Euh, non.

— Tiens, prends mon numéro quand même.

— Euh, d'accord, si t'insistes... (Je compresse encore un peu la discussion, là, parce que c'était plutot genre une demi heure pour m'en débarasser)

— Mais t'es sure que tu veux pas coucher avec moi ? Je te ferai pas de mal...

Voilà, c'est quand même trop cool d'être une nana, on peut avoir l'assurance qu'un mec va pas nous faire de mal (et quand ce mec nous suit depuis un certain temps et a une attitude hyper dominante, il n'y a vraiment aucune raison de mettre sa parole en doute). Bon, le concept de «nana qui couche avec des nanas» a quand même étrangement plus de facilité à passer que celui de «nana qui ne couche pas avec des mecs», mais je suis persuadée que des mecs aussi attentionnés que ça finiront par le comprendre et que c'est juste parce que c'est quand même un peu compliqué.

Et c'est quand même mieux que de s'ennuyer en rentrant toute seule chez soi le soir, il n'y a pas à dire.

Bref, être une fille c'est vraiment trop génial, je le conseille à tout le monde.

Notes

[1] Je suis fan de ça en ce moment, au cas où vous n'auriez pas remarqué.

mercredi, novembre 25 2009

Vices & râlements déviants - Les mecs du milieu

Voilà un petit morceau du groupe de Hip-Hop lyonnais Vices & Râlements déviants, qui parle de la façon dont, même dans les milieux alternatif, libertaire, pouet-pouet pas mal de mecs ont tendance à fermer les yeux sur des agressions sexistes, voire à se positionner carrément du côté de l'agresseur.

Comme je n'ai pas trouvé leur site web, que c'est marqué «Copyleft» sur le CD que j'ai, et que j'avais bien envie de vous faire partager cette chanson, j'ai uploadé le morceau, que vous pouvez télécharger ici et écouter juste là :

Les mecs du milieu

J’veux parler d’ces mecs du milieu

Hétéronormés à t’en crever les yeux

Qui changent en apparence leurs comportements

Font de belles phrases et acquiescent gentiment

Lèchant les bottes de leurs potes féministes

Voire même se revendiquent anti-sexistes

Mais n’ont rien changé à leur façon de penser

Ils continuent d’écraser les minorités

En prônant l’égalité

Empêchent les mécontentes de parler

De peur de perdre leur position

Qu’ils se cachent bien d’accepter

Mais ne font surtout rien pour la refuser

Courbettes par devant, coup de dents par derrière

J’désespère d’les voir changer

D’ les voir penser qu’il n’y a pas de lutte possible

Si on laisse pas tomber nos privilèges

Alors pour les féministes ya pas d’repos

Faut répondre à tous les coups dans l’dos

Pas l’temps d’respirer

Espoirs ruinés de penser que le message est passé

C’est trop beau pour être vrai

S’rendre compte que tout ça c’est du pipeau

Et que personne n’a pigé

Et que tout le monde sans piper

Feint d’comprendre, sans désapprendre

Et au final s’comporte en bon p’tits soldats du patriarcat

Refrain

On rendra chaque coup avec attention

On laissera pas casser nos revendications

Plus d’garde baissée

Plus d’mots pour excuser

Ya que l’combat

En réponse aux coups bas

On lachera rien, on t’préviens !

Au quotidien difficile d’les reconnaître

Ils agissent en bons pro-fem’ ces traîtres

Mais ils commetent des erreurs de temps en temps

Des lapsus, des phrases, des comportements

Qui te montrent qui ils sont vraiment

Ce genre de mecs totalement déconstruits

Qui font la bouffe, la vaisselle et compagnie

Mais quand il s’agit d’bricoler

Ils t’enlèvent les outils des mains

Car il paraît, ils en sont persuadés

Qu’une bite vaut mieux qu’un vagin

Sans commentaire sur leur vision binaire

Ces personnes pullulent dans notre milieu libertaire

Et ils sont nos potes, nos amants, nos frères

Alors pas facile de les faire taire.

Refrain

J’ai la beuj’ quand j’vois des amis

Après quelques verres enquillés

S’comporter en pourritures finies

Le politiquement correct s’envole

Les masques tombent dilués par l’alcool

Les vieux tics réapparaissent plus vite

Dans les vapeurs éthyliques

Et la kro révèle les ennemis

Mieux qu’le marc de café quand on l’lit

Et le relou ressurgit

Il est toujours vivant

Il ne s’est pas assagi

Il est bien présent

Demain c’est sûr, il reviendra et on l’attend

Refrain

En cas d’agression pas d’doute ils sont là

A soutenir le pote, le frère

Ou juste le mec qu’ils connaissent pas !

Parce qu’il ne fait aucun doute

Qu’les meufs ça exagère

Ça parle de viol pour faire réagir

Alors qu’en réalité c’est juste des histoires futiles pleines de banalité

« C’était pas un viol, ya pas eu d’pénétration ! »

« Ouais elle l’a cherché aussi elle l’a allumé ! »

Ça m’fout trop la haine pour pleurer

Sur ce genre de réflexions à gerber

L’ennemi est en chacun d’eux tapi à l’intérieur

Attendant son heure pour revenir

Attendant une erreur pour ressurgir

Refrain

jeudi, novembre 19 2009

En vrac : Journée du souvenir trans / Journée contre les violences faites aux femmes / Questionnaire sur le sexisme vu par les trans / Soirée Born In Flames

(Billet mis à jour le 19 novembre)

Transgender Day of Remembrance

Vendredi prochain, c'est le 20 novembre, et c'est le onzième Transgender Day of Remembrance, Journée du souvenir trans, destinée à se remémorer les personnes trans assasinées dans le monde entier.

J'avais vu une étude comme quoi aux USA, les trans avaient autour de 18 fois plus de risques de se faire tuer que la moyenne ; dans le monde, une personne trans se fait tuer tous les trois jours (seulement avec les chiffres recensées, qui sont probablement sous-estimés).

Il y aura cette année des actions dans pas mal de villes, notamment en France. Le blog Lez Strabourgeoises les recense ici.

À Lille, Les Flamands Roses organiseront aussi quelque chose le samedi 21. Si ma mémoire est bonne, ce sera à midi au marché Sebastopol. (MàJ: je confirme que c'est bien à cet endroit là et à cette heure là.)

Journée contre les violences faites aux femmes

(MàJ: il y a maintenant une page de recensement plus approfondie sur le blog Lez Strasbourgeoises)

Et le 25 novembre, c'est la journée mondiale contre les violences faites aux femmes. L'occasion dans un certain nombre de villes, pour organiser des marches de nuit en non-mixité.

C'est ainsi le cas à Grenoble, le 25 novembre, et vous pouvez lire leur tract ici.

Et ce sera aussi le cas à Caen, avec également une manifestation nocturne le 25 novembre. (MàJ 24 novembre)

Ce sera aussi le cas en angleterre, par exemple à Londres[1]. , le 21 novembre ou à Portsmouth le 25avec un nom qui, je trouve, pète mieux en anglais : «Reclaim The Night».

C'est enfin le cas à Gand, et comme le site est en Flamand, je copie/colle un descriptif récupéré sur le blog Têtes hautes et regards droits :

“A Gand, en Belgique (Flandres), une marche de nuit (mixte) féministe contre le patriarcat aura lieu le 25 novembre, organisée par la Feministische Actie Bende (FAB), la Hexennacht.

La Hexennacht-take back the night (Nuit des Sorcières) est une manif féministe nocturne et bruyante contre les violences envers les femmes et les lesbiennes, les bi, les trans’, les gays, ça se passe le 25 novembre 2009, dès 20h à la Veerleplein de Gand !”

Màj: et à Strasbourg, un rassemblement à l'appel de La Lune.

Par contre je suis embêtée, parce que je vois rien sur Paris, alors que je croyais qu'il y avait quelque chose de prévu et que pour le coup j'espérais un peu y aller. Donc si des gens ont des infos... (MàJ: j'ai eu confirmation par une amie qu'il n'y avait rien. Too bad.)

Le sexisme vu par les trans

Une équipe de recherche américaine cherche des personnes trans (ou en tout cas ayant vécu à la fois en étant considéré·e·s dans le genre masculin et dans le genre féminin) pour remplir un questionnaire sur leur vécu du sexisme comparé dans les deux genres. Alors c'est en anglais et c'est assez long, mais j'imagine que ça peut être intéressant... (via Questioning Transphobia)

Born In Flames, troisième

Le 21 novembre, à Lille, aura lieu à partir de 18h au centre LGBT J'en Suis J'y Reste (19 rue de Condé) la troisième soirée organisée par le collectif Born In Flames.

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Au programme:

18h30 à 19h30 :Rétrospective Carole ROUSSOPOULOS (1ère partie)

Le F.H.A.R. , 1971, 21 min, "production Vidéo Out".

Première manifestation de rue gay et lesbienne protestant contre l'homophobie et la lesbophobie en France, à Paris."A la même époque, à l’Université de Vincennes dans le cadre d’un séminaire de philosophie, des militantes et militants du F.H.A.R. sont invités à s’exprimer. Une jeune militante, Anne-Marie, faisant référence au mouvement ho... s’attaque aux «hétéroflics» puis aux «homoflics» réformistes et à la société bourgeoise qui peine à admettre une homosexualité visible et ouverte. Les phrases sonnent fort «Nous sommes une sorte de contradiction de la société bourgeoise… Les femmes sont élevées pour la procréation, les hommes pour devenir des phallocrates... Avec nous, l’héritage, c’est foutu...».

S.C.U.M., 1976, 26 min, réalisé par Carole Roussopoulos et Delphine

Seyrig, production Les Insoumises.

Le dispositif choisi pour ce film indique la place et le sens des trois personnages/ objets du film: Carole Roussopoulos dactylographe/passeuse du texte, Delphine Seyrig, lectrice de S.C.U.M. Manifesto de Valérie Solanas; le téléviseur, donneur d’images-contrepoint au texte. Le S.C.U.M. Manifesto est une véritable utopie qui opère un renversement de pouvoir pour mieux dénoncer une situation banalisée celle de la guerre permanente menée par les hommes dans le monde entier."

20h à 20h30 : micro ouvert thématique
21h à 22h30 : Rétrospective de Carole ROUSSOPOULOS (suite)

Debout!: une histoire du mouvement des femmes 1970-1980"; 1999, 1h30, production Prospective Image

" Le film a le mérite de sortir de l’oubli les féministes des années 70, qui ont été considérées par beaucoup tour à tour comme des «mal baisées», des «sorcières» ou des « ringardes ». Il s’agit ici d’une histoire, d’une vision personnelle de ce mouvement. Sans didactisme, le film revendique l’intelligence, l’humour et l’audace de ces femmes et prend acte des bouleversements, des droits obtenus, des lois arrachées mais aussi des échecs et des limites. "

22h30 : DANCE FLOOR
  • Table de presse thématique "Femmes et SIDA".
  • Points écoutes avec les émissions « Elles causent »
  • diffusion des compils CD BIF.
  • Expositions ExpulséEs et A people with memory is a rebel people ou ballades dans les fresques de la Maison des femmes et des rues de San Francisco, expositions de photographies + expo « maison ».

Notes

[1] À noter qu'il y a une discussion intéressante sur l'inclusion des femmes trans sur le site The F Word et sur le fait qu'inclure informellement ne suffit pas.

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