Vernis & Sécateur

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jeudi, février 5 2009

En vrac (encore)

Rouillan reste en prison

La nouvelle est tombée : après avoir mis fin à son régime de semi-liberté l'année dernière, la justice reste cohérente dans sa logique liberticide (puisque Rouillan a été renvoyé au trou pour une petite phrase qu'il a dit) et a décidé de rejeter sa demande de libération conditionnelle.

Je ne sais pas quoi dire que je n'ai pas exprimé auparavant, mais je n'en pense pas moins.

Pétitions

Trois pétitions différentes que vous pouvez signer dès maintenant :

Lesbians on Ecstasy

J'ai découvert hier un super clip de Lesbians on Ecstasy, groupe électronique de Montréal. J'avais déjà écouté un ou deux morceaux du groupe avant et j'avais moyennement accroché, mais celui là, je suis super fan, alors je fais partager :


Lesbians on Ecstasy - Sedition

mercredi, mars 28 2007

Non à la répression des militants anti-expulsions

Très récemment on a un peu parlé du cas de la directrice d'école mise en garde à vue. Ce n'est malheureusement pas le seul cas de répression de personnes s'interposant à une expulsion ou une arrestation.

Il y a maintenant quelques mois à l'aéroport de Marseille, deux centaines de personnes empêchaient l'expulsion d'un sans-papier. La police a donc décidé de contre-attaquer en assignant en justice des militants du Réseau Éducation Sans Frontières, dont Florimond Guimard, très investi dans cette lutte, pour, soi-disant «violence en réunion avec arme par destination». Le procès aura lieu le 20 avril 2007 au tribunal d'Aix-en-provence, et une manifestation est d'ores et déjà prévu le matin à 10h.

En attendant et en plus, il est possible de signer une pétition en ligne, dont je recopie le texte ci-dessous (vous noterez comment j'aime bien copier les articles de RESF :p).

Pétition : LA SOLIDARITE NE DOIT PAS DEVENIR UN DELIT !

Arrêt des poursuites contre les militants de RESF et Florimond Guimard.

Depuis plusieurs mois, des actions en solidarité avec les Sans Papiers se font jour : manifestations, parrainages citoyens, accompagnements en préfecture, pétitions, présence dans les tribunaux, débats publics, hébergements d’urgence…

Ces actes sont le reflet d’une prise de conscience dans l’opinion face à une politique liberticide menée par le gouvernement. Ils portent en eux-mêmes les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et constituent une défense des droits de l’Homme : droit de vivre en famille, droit à la scolarité, droit à la sécurité, droit à la santé…

Au lieu de traiter le problème sur le fond, le gouvernement choisit de criminaliser ces actions citoyennes.

Le 11 novembre 2006, près de 200 personnes, militants syndicaux, associatifs, politiques, des élus républicains, des membres du Resf13, des citoyens… manifestent de manière déterminée mais non violente à l’aéroport de Marseille- Provence contre l’expulsion d’un père de famille de deux enfants scolarisés à Marseille et la mettent en échec.

Plus d’un mois après ces évènements, Florimond Guimard, professeur des écoles à Marseille, militant syndical et associatif, était placé en garde à vue et devra comparaître le 20 Avril à 14h devant le Tribunal Correctionnel d’Aix en Provence (40 Bd Carnot) pour « violence en réunion avec arme par destination ».

Pourtant aucun blessé n’a été déploré ce jour, si ce n’est 1 jour d’ITT concernant un policier dont le pouce aurait heurté une barrière et quelques éraflures côté manifestants. Florimond Guimard a par ailleurs suivi à distance la voiture de police qui emmenait le père de famille à expulser.

Voilà ce que sont les « violences en réunion et avec arme » (la voiture !) dans ce dossier, faits passibles de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.

Florimond Guimard n’est pas un délinquant adepte des violences. C’est un militant syndical, particulièrement investi dans le RESF13, et un pédagogue dont le travail est reconnu.

Nous demandons l’arrêt immédiat des poursuites contre ce militant des droits de l’homme et contre tout militant de RESF.

Nous serons présents le vendredi 20 avril 2007 au Tribunal d’Aix en Provence et appelons tous les citoyens indignés par cette criminalisation de l’action militante à nous y rejoindre. MANIFESTATION 10H à la ROTONDE d’Aix en Provence (Place du Général De Gaulle, en bas du cours Mirabeau)

mardi, mars 20 2007

Une victoire

Histoire de donner quelques nouvelles de Sedat dont j'avais parlé vendredi et qui risquait d'être expulsé malgré les risques avérés d'aller en prison dans son pays, je me permets de copier/coller un communiqué de RESF, en espérant qu'ils ne m'en voudront pas pour cette atteinte au copyright :)

SEDAT LIBERE : LA JUSTICE, ENFIN Condamnation implicite des méthodes de la Préfecture des Bouches du Rhône et du Ministre de l’Intérieur

Communiqué RESF 13

Lundi 19 mars 20h00

Le cauchemar de Sedat TASTAN, jeune kurde de 19 ans, commencé le 28 février prend fin aujourd’hui.

Après 20 jours au centre de rétention de Marseille, 10 jours de grève de la faim, 3 tentatives d’expulsion par avion avec violences policières avérées et une nuit en prison à Meaux (78), Sedat ressort libre ce lundi 19 mars du Tribunal de Bobigny.

L’acharnement et les violences que lui ont fait subir la préfecture des Bouches du Rhône et ses policiers zélés n’auront pas réussi à venir à bout de la résistance physique et mentale de Sedat ni de la solidarité active de tous les soutiens que le RESF, aussi bien à Marseille qu’en Ile de France, a su mobiliser.

Le tribunal correctionnel de Bobigny, où comparaissait Sedat TASTAN ce lundi 19 mars a logiquement ajourné le procès de Sedat au 10 septembre 2007. La procureur, censée poursuivre Sedat pour « refus d’embarquement » a elle-même laisser entendre qu’il n’avait rien à faire ici en ne s’opposant pas à l’ajournement du procès. C’est un désaveu des méthodes et de l’entêtement de la préfecture des Bouches du Rhône.

L’avocate de Sedat, Maître Terrel a elle axé sa plaidoirie sur les risques avérés qu’encourait Sedat si il était expulsé vers la Turquie (prison), sur l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme (droit à la vie privée et familiale), les garanties de représentation devant la justice qu’apportait Sedat…

Au regard de la législation fluctuante (réformes du Ceseda, circulaires de régularisation…), Maître Terrel a demandé d’ajourner le procès d’un an pour permettre à Sedat de régulariser sa situation administrative et de mieux préparer ce procès difficile et douloureux.

Cette demande a été entendu par le juge qui a ajourné la procédure d’environ 6 mois.

Derrière cette décision juste, c’est évidemment le courage de Sedat et la mobilisation citoyenne qui sont récompensés.

Les nouveaux éléments de ce dossier doivent maintenant permettre la régularisation de Sedat le plus rapidement.

Le retour de Sedat sera fêté comme il se doit à Marseille, c’est prévu. Pour les autres la lutte continue.

M. Sarkozy, la Résistance n’est pas morte.

En hommage à Lucie Aubrac.

RESF13

Il n'y a pas à dire, c'est le genre de nouvelle qui fait plaisir.

lundi, mars 19 2007

Mourir pour Sarkozy

Un article de Libération cite notamment une jeune militante UMP qui dit «Je suis prête à mourir pour Nicolas».

Je ne pense pas que Elanchelvan Rajendram ait jamais eu envie de mourir pour Nicolas, mais en tout cas, il est mort par sa faute. Expulsé au Sri Lanka en août 2005, il est mort sous les balles des militaires fin février. Ce n'est certes pas Sarkozy qui a appuyé sur la détente ; mais avec sa politique de faire du chiffre sur les expulsions en méprisant les conditions humaines des sans-papiers, réduisant le droit d'asile à peau de chagrin, le ministère de l'Intérieur est complice de cet acte barbare, tout comme de l'emprisonnement d'un demandeur d'asile au Tchad.

La France de Nicolas, je n'ai pas encore spécialement prévu de la quitter, mais ce qui est sûr, c'est que je ne l'aime pas.

vendredi, mars 16 2007

Feeling (a bit) useful

Jeudi soir, 19h, réunion publique LCR de ma section (ou cellule selon le genre qu'on veut se donner). Une quarantaine de personnes sont venues, le débat est intéressant et porte sur des points variés (économiques, impérialisme, LGBT, etc.). Bref, soirée sympa, d'autant qu'on vient d'apprendre qu'on a réussi à réunir les 500 sésames et donc qu'Olivier Besancenot pourra être candidat à la présidentielle.

Le lendemain, enfin après deux heures de sommeil, réveil à 4h pour aller à l'aéroport de Marignane soutenir Sedat, un sans-papier kurde qui va être expulsé, une première tentative ayant déjà eu lieu deux jours plus tôt. Il risque la prison en Turquie, et s'est mis en grève de la faim, mais ça ne perturbe pas la police, déterminée à le faire expulser. À cinq heures (le vol étant prévu à 6h50), malgré l'horaire très matinal, une cinquantaines de militants du Réseau Éducation Sans Frontières sont présents, informent les passagers et scandent des slogans. Après une heure de «suspens» et d'angoisse vécue depuis le hall de l'aéroport en essayant d'apercevoir ce qui se passe aux abords de l'avion, on finit par apprendre que grâce à certains passagers, Sedat n'embarquera pas cette fois-ci. Victoire donc, même si rien ne permet de dire que la police n'essaiera pas à nouveau de l'expulser d'ici quelques jours voire quelques heures.

Bref, je suis complètement crevée, mais, pour une fois, même si dans les deux évènements l'effet de ma présence est tout à fait anecdotique, j'ai l'impression de me sentir un tout petit peu utile, et ça fait du bien.

(Mise à jour dimanche 18 mars : une nouvelle tentative d'expulsion a eu lieu hier, et a une troisième fois échoué. Espérons que ce sera la dernière)