Vernis & Sécateur

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Tag - police partout justice nulle part

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lundi, mai 31 2010

Manif de nuit de Lille : bilan perso...

Voilà, samedi dernier s'est tenue la manif de nuit dont je vous avais déjà parlé sur ce blog à deux reprises.

Alors on est parties à une petite centaine de meufs, direction le vieux Lille, derrière la banderole "Marchons la nuit pour ne plus jamais nous faire marcher dessus". On avait plein de jolies pancartes avec des slogans sympas :

  • la nuit nous appartient !
  • dans "non" c'est quoi que tu comprends pas?
  • pourquoi les couples hétéros cherchent-ils à imiter les couples butch-fem ?
  • le féminisme n'a jamais tué personne, on s'y met quand ?
  • riot, not diet
  • XX ? XY ? Je suis une fille XXL !
  • Mère si je veux, mère comme je veux !
  • Nique ton père le patriarche
  • Exotique toi-même !
  • lesbienne radicale contre l'ordre morale
  • Etc. etc.

Ambiance super sympa malgré le temps un peu pourri. Quelques réactions pourries de connards machos sur notre chemin mais une façon de répondre vachement collective et «enpouvoirante» comme on dit, puisqu'on leur répondait en général à grand coups de slogans bien sentis. On notera d'ailleurs que le macho de base ne trouve le courage d'attaquer les méchantes féministes que dans une des conditions suivantes :

  • être accompagné d'au moins quatre de ses pairs
  • être dans une voiture
  • être depuis sa fenêtre du deuxième étage

Donc bref c'était hyper cool, avec à la fois un côté se réapproprier la nuit, se rendre compte que youhou les connards on pouvait les envoyer chier et qu'on avait pas à fermer nos geules et tout ça.

Sauf qu'au bout de trois rues, en arrivant à Rihour, des flics nous ont encerclées et empêchées de continuer plus loin. On est restées bloquées une bonne demi heure sous la pluie battante, ce qui était moyennement sympa. On a aussi eu droit aux reflexions sexistes/lesbophobes/transphobes de la police nationale (police patriarcale, rappelons-le). Finalement on a fini par se disperser non sans avoir gueulé quelques slogans en retour, dont notamment (quand on a vu débarquer une demi-douzaine de camions de flics) : «moins de camions, plus de camionneuses», qui n'a pas vraiment plu aux messieurs en uniforme qui apparemment n'aime pas les camionneuses (ce qui prouve, s'il le fallait encore, que le policier de base, en plus d'être au service de l'hétéropatriarcapitalisme, n'a pas de goût).

Donc voilà, c'était bien parti mais du coup ça a été très court à cause de nos «amis» de la police....qui nous ont en plus empêchées de repartir avec nos belles pancartes, qu'on a dû poser sur la place et les laisser livrées seules face à la pluie battante qui les dissolvait lentement. Snif...

Heureusement on s'est ensuite retrouvées pour une after qui était super cool et il y a quand même des chances (enfin j'espère) qu'on remette ça dans pas trop longtemps et qu'on refera vite des pancartes encore plus belles... et rebelles.

jeudi, décembre 4 2008

Liberté d'expression, il faut le dire vite

La suspension de la semi-liberté de Jean-Marc Rouillan vient d'être confirmée en appel. Ce n'est pas forcément une décision très surprenante, mais ça n'en fait pas moins chier.

Je trouve ça quand même ironique, qu'on renvoie un type en détention parce qu'il a osé insinuer qu'il ne crachait pas sur tout ce qu'il avait pu faire, alors que, quelques semaines plus tôt, un type comme Vanneste était être «blanchi» de ses accusations d'homophobie au nom... de la liberté d'expression.

Bien entendu, il fallait comprendre : la liberté pour le dominant d'exprimer son mépris pour les dominé-e-s, la liberté d'expression de celui qui est du côté du manche, la liberté d'expression de l'oppresseur pour dénigrer l'opprimé-e, et jamais l'inverse.

Et pendant ce temps, deux autres personnent restent, elles aussi, en taule, Julien Coupat et Yldune, les terroristes des caténaires, sur des preuves assez fumeuses. Mais il est vrai qu'ils ont édité un bouquin anarchiste, alors...

Liberté d'expression hein ? En tout cas lorsqu'il s'agit de les considérer comme des terroristes ; pas, manifestement, lorsqu'il s'agit de les défendre, comme l'ont démontré les arrestations et perquisitions menées contre un comité de soutien belge aux arrêtés du 11 novembre.

Alors évidemment, ça met en colère, mais je vais éviter de le dire trop fort, pas envie de finir au poste.

Et merci de ne pas laisser de traîner de copies de ce billet près des voies ferrées.