Rangers & Bas résille

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dimanche, avril 5 2009

Paix et barres de fer

C'est Sarkozy qui l'a dit, à propos des manifestations anti-OTAN :

C'est quand même invraisemblable d'aller manifester pour la paix dans le monde et commencer par se servir de haches et de barres de fer

Et là on pourrait être tentée de se dire «ben oui, quand même, c'est vrai que la barre de fer, comme symbole de paix, c'est pas franchement l'idéal».

Mais dans ce cas, il faudra m'expliquer un truc.

Est-ce que Sarkozy, dans ce cas, ne devrait pas pousser sa logique jusqu'au bout, et considérer que par conséquent, le mot «gardien de la paix» devrait être passablement antinomique avec ça :

Mais je suppose que c'est juste que je ne suis pas assez douée en doublepensée, et que c'est parfaitement logique de dire en même temps:

Un manifestant qui prétend défendre la paix et a une barre de fer, c'est une honte, il faut le punir avec la plus extrême sévérité

et

Un policier qui prétend défendre la paix à coup de barre de fertonfa, de flashball, de lacrymo est un authentique gardien de la paix, quelqu'un qu'il faut respecter et admirer

Bizarre, comment la violence du dominé est toujours beaucoup plus condamnée que la violence du dominant, qui n'est d'ailleurs jamais une authentique violence, mais simplement une façon de «garder la paix».

mardi, novembre 27 2007

Manifestation étudiante

Aujourd'hui à Marseille, il y avait une manifestation étudiante et lycéenne. En fait dans le titre j'ai mis «manifestation étudiante», mais c'est quand même surtout des lycéen/ne/s, venu/e/s en masse.

On doit être entre un bon millier, je dirais. Je ne sais pas trop compter. Beaucoup de lycéen/ne/s donc, qui occultent presque les étudiant/e/s, présent/e/s mais pas tant que ça. Une banderole «Sauver la recherche» regroupe derrière elle quelques militant/e/s plus âgé/e/s, mais ils ne sont quand même pas très nombreux.

Le service d'ordre étudiant est bien organisé et veille à ce qu'il n'y ait pas de soucis (en tout cas jusqu'à ce que j'ai bifurqué au métro, c'est peut-être parti en live après).

À un moment, deux camarades de Sud-étudiants discutent d'un type à l'allure patibulaire qui a ramassé une barre de fer et joue avec. C'est, expliquent-ils, un gars de la BAC. Ils le reconnaissent : ils avaient déjà eu affaire à lui. On discute, je regarde ce type, et là d'un coup le flash : je n'en suis pas tout à fait sûre, mais il me semble l'avoir déjà croisée.

Pas dans une manif, mais au bistro. Le copain du frère d'une copine. Un type effectivement flic et visiblement space qui se vantaient de ses exploits sans qu'on sache trop s'il était mythomane ou pas. Personnellement, j'espère.

Déjà là il m'avait mise mal à l'aise, mais dans une manif je n'ai vraiment pas envie qu'il me reconnaisse. Je tourne la tête pour éviter qu'il voit mon visage et me lance dans le mini-cortège de la Jeunesse Communiste en vaincant brièvement mon agoraphobie latente.

Je suis une lâche, mais j'assume pleinement.

jeudi, octobre 11 2007

Elle est belle la France...

Un enfant sans-papiers de 7 ans arrêté à l'école à Montauban par des policiers menteurs ; à Paris, des parents arrêtés en se rendant à la convocation d'un Conseiller Principal d'Éducation... ou plutôt d'un flic qui s'était fait passer pour lui.

J'imagine qu'on pourrait dire beaucoup là-dessus, mais «pays de merde», je crois que ça résume bien.

vendredi, mai 11 2007

Une petite chanson toujours d'actualité

C'est drôle comme les paroles de certaines «vieilles» chansons sont toujours vraies, presque au mot près (je ne crois pas que «les Krivine, les Johsua» n'aient été arrêtés dernièrement, mais à part ça...) :

Puisque la provocation celle qu’on a pas dénoncée ce fut de nous envoyer en réponse à nos questions vos hommes bien lunettés bien casqués, bien boucliés bien grenadés, bien soldés nous nous sommes mis à crier

A bas l'Etat policier a bas l'Etat policier a bas l'Etat policier

Parce que vous avez posté dans les cafés, dans les gares vos hommes aux allures bizarres pour ficher, pour arrêter les Krivine, les Joshua au nom de je n’sais qu’elle loi et beaucoup d’autres encore nous avons crié plus fort

A bas l’Etat policier...

Mais ce n’était pas assez pour venir à bout de nous dans les facs à la rentrée vous frappez un nouveau coup face aux barbouzes, aux sportifs face à ce dispositif nous crions assis par terre Des Beaux-Arts jusqu’à Nanterre

A bas l’Etat policier...

Vous êtes reconnaissables vous les flics du monde entier les mêmes imperméables la même mentalité mais nous sommes de Paris de Prague et de Mexico et de Berlin à Tokyo des millions à vous crier

A bas l’Etat policier...

jeudi, avril 19 2007

La police nous protège, mais qui nous protège de la police ?

(En fait, c'est surtout un billet pour tester l'inclusion de vidéos, mais tant qu'à faire...)

jeudi, avril 5 2007

Sarko est trop trop fort

Là, j'avoue, je suis sur le cul. On apprend dans une news AFP qu'il trouve difficile d'attaquer son bilan. Soit. Jusque là, normal : je suis pas d'accord, mais on se doute bien qu'il va pas dire «ok, mon bilan est pourri.»

Mais il ne s'arrête pas là, le bougre. «En quatre années de ministre de l'Intérieur, il n'y a pas eu une seule bavure et pas un seul scandale, alors pour quelqu'un qui n'a pas de sang-froid...» Bon. Il me semblait que tous les indicateurs de violence policière étaient plutôt dans le rouge, que la révolte des banlieues avait été causée par une poursuite par des policiers, mais il parle peut-être juste de lui et pas des policiers : lui n'a pas commis de bavure directement, et le terme de «karschër» qui a provoqué un scandale n'était pas de lui, mais d'un doppelganger. Pas de pot.

Ensuite, Sarkozy réagit à la proposition de Bayrou de débattre sur Internet. Et là il sort : «Ce n'est pas parce qu'internet est hors la loi qu'il faut être hors la loi».

Damned. Internet est hors-la-loi. J'avais bien conscience qu'avec la loi DADVSI notamment il avait entrepris de le nettoyer lui aussi au kärsher, mais quand même.

mardi, avril 3 2007

Justice équitable

Alors qu'un Malien ou un Congolais écopent de plusieurs mois de prison ferme pour avoir jeté un projectile en direction de la Police, deux policiers qui avaient tabassé un passager pendant qu'un troisième faisait le garde écopent de trois mois... avec sursis.

Sans commentaire.

mercredi, mars 28 2007

Non à la répression des militants anti-expulsions

Très récemment on a un peu parlé du cas de la directrice d'école mise en garde à vue. Ce n'est malheureusement pas le seul cas de répression de personnes s'interposant à une expulsion ou une arrestation.

Il y a maintenant quelques mois à l'aéroport de Marseille, deux centaines de personnes empêchaient l'expulsion d'un sans-papier. La police a donc décidé de contre-attaquer en assignant en justice des militants du Réseau Éducation Sans Frontières, dont Florimond Guimard, très investi dans cette lutte, pour, soi-disant «violence en réunion avec arme par destination». Le procès aura lieu le 20 avril 2007 au tribunal d'Aix-en-provence, et une manifestation est d'ores et déjà prévu le matin à 10h.

En attendant et en plus, il est possible de signer une pétition en ligne, dont je recopie le texte ci-dessous (vous noterez comment j'aime bien copier les articles de RESF :p).

Pétition : LA SOLIDARITE NE DOIT PAS DEVENIR UN DELIT !

Arrêt des poursuites contre les militants de RESF et Florimond Guimard.

Depuis plusieurs mois, des actions en solidarité avec les Sans Papiers se font jour : manifestations, parrainages citoyens, accompagnements en préfecture, pétitions, présence dans les tribunaux, débats publics, hébergements d’urgence…

Ces actes sont le reflet d’une prise de conscience dans l’opinion face à une politique liberticide menée par le gouvernement. Ils portent en eux-mêmes les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et constituent une défense des droits de l’Homme : droit de vivre en famille, droit à la scolarité, droit à la sécurité, droit à la santé…

Au lieu de traiter le problème sur le fond, le gouvernement choisit de criminaliser ces actions citoyennes.

Le 11 novembre 2006, près de 200 personnes, militants syndicaux, associatifs, politiques, des élus républicains, des membres du Resf13, des citoyens… manifestent de manière déterminée mais non violente à l’aéroport de Marseille- Provence contre l’expulsion d’un père de famille de deux enfants scolarisés à Marseille et la mettent en échec.

Plus d’un mois après ces évènements, Florimond Guimard, professeur des écoles à Marseille, militant syndical et associatif, était placé en garde à vue et devra comparaître le 20 Avril à 14h devant le Tribunal Correctionnel d’Aix en Provence (40 Bd Carnot) pour « violence en réunion avec arme par destination ».

Pourtant aucun blessé n’a été déploré ce jour, si ce n’est 1 jour d’ITT concernant un policier dont le pouce aurait heurté une barrière et quelques éraflures côté manifestants. Florimond Guimard a par ailleurs suivi à distance la voiture de police qui emmenait le père de famille à expulser.

Voilà ce que sont les « violences en réunion et avec arme » (la voiture !) dans ce dossier, faits passibles de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.

Florimond Guimard n’est pas un délinquant adepte des violences. C’est un militant syndical, particulièrement investi dans le RESF13, et un pédagogue dont le travail est reconnu.

Nous demandons l’arrêt immédiat des poursuites contre ce militant des droits de l’homme et contre tout militant de RESF.

Nous serons présents le vendredi 20 avril 2007 au Tribunal d’Aix en Provence et appelons tous les citoyens indignés par cette criminalisation de l’action militante à nous y rejoindre. MANIFESTATION 10H à la ROTONDE d’Aix en Provence (Place du Général De Gaulle, en bas du cours Mirabeau)

lundi, mars 19 2007

Mourir pour Sarkozy

Un article de Libération cite notamment une jeune militante UMP qui dit «Je suis prête à mourir pour Nicolas».

Je ne pense pas que Elanchelvan Rajendram ait jamais eu envie de mourir pour Nicolas, mais en tout cas, il est mort par sa faute. Expulsé au Sri Lanka en août 2005, il est mort sous les balles des militaires fin février. Ce n'est certes pas Sarkozy qui a appuyé sur la détente ; mais avec sa politique de faire du chiffre sur les expulsions en méprisant les conditions humaines des sans-papiers, réduisant le droit d'asile à peau de chagrin, le ministère de l'Intérieur est complice de cet acte barbare, tout comme de l'emprisonnement d'un demandeur d'asile au Tchad.

La France de Nicolas, je n'ai pas encore spécialement prévu de la quitter, mais ce qui est sûr, c'est que je ne l'aime pas.

vendredi, mars 16 2007

Feeling (a bit) useful

Jeudi soir, 19h, réunion publique LCR de ma section (ou cellule selon le genre qu'on veut se donner). Une quarantaine de personnes sont venues, le débat est intéressant et porte sur des points variés (économiques, impérialisme, LGBT, etc.). Bref, soirée sympa, d'autant qu'on vient d'apprendre qu'on a réussi à réunir les 500 sésames et donc qu'Olivier Besancenot pourra être candidat à la présidentielle.

Le lendemain, enfin après deux heures de sommeil, réveil à 4h pour aller à l'aéroport de Marignane soutenir Sedat, un sans-papier kurde qui va être expulsé, une première tentative ayant déjà eu lieu deux jours plus tôt. Il risque la prison en Turquie, et s'est mis en grève de la faim, mais ça ne perturbe pas la police, déterminée à le faire expulser. À cinq heures (le vol étant prévu à 6h50), malgré l'horaire très matinal, une cinquantaines de militants du Réseau Éducation Sans Frontières sont présents, informent les passagers et scandent des slogans. Après une heure de «suspens» et d'angoisse vécue depuis le hall de l'aéroport en essayant d'apercevoir ce qui se passe aux abords de l'avion, on finit par apprendre que grâce à certains passagers, Sedat n'embarquera pas cette fois-ci. Victoire donc, même si rien ne permet de dire que la police n'essaiera pas à nouveau de l'expulser d'ici quelques jours voire quelques heures.

Bref, je suis complètement crevée, mais, pour une fois, même si dans les deux évènements l'effet de ma présence est tout à fait anecdotique, j'ai l'impression de me sentir un tout petit peu utile, et ça fait du bien.

(Mise à jour dimanche 18 mars : une nouvelle tentative d'expulsion a eu lieu hier, et a une troisième fois échoué. Espérons que ce sera la dernière)

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