Bon, honnêtement, je ne suis pas fan de prison. Ni de la police des États-Unis. Ni de vengeance 30 ans après les faits. Ceci étant dit, il y a tout de même quelques questions que je me pose sur l'affaire du paaaaauvre Roman Polanski :
- Est-ce que mettre en avant le fait qu'il a eu une vie difficile, ou encore qu'il est très talentueux, que c'est «un artiste de renommée internationale» ce qui est sans doute vrai mais n'a pas grand-chose à voir avec le fait d'avoir commis un viol sur mineur, n'est pas une certaine façon de rendre acceptable un viol s'il est commis par des personnes avec un certain statut ?
- Est-ce que le fait de parler d'«affaire de moeurs» ou encore de «relation sexuelle» n'est pas une certaine façon d'atténuer les faits, c'est-à-dire un viol sur mineure ?
- Quand un ministre parle d'affaire ancienne et «qui n'a pas vraiment de sens», est-ce que ce n'est pas, là encore, une façon de nier le viol, au profit de la défense d'une personnalité «de renommée internationale» qui «fait honneur à la France» ?
- Enfin, quand l'UMP apporte son soutien à un violeur en invoquant qu'il s'agit d'une affaire ancienne, que «la rémission pour bonne conduite n’existe pas. C’est véritablement très choquant», alors que, pour des faits commis à des dates voisines (mais qui n'ont pas été reconnus, contrairement à Polanski qui a avoué), ce même parti a soutenu l'extradition de Cesare Battisti, il n'y a pas un peu du foutage de gueule ? Et est-ce que, du coup, cette indignation ne prend-elle pas une forme différente lorsqu'il s'agit du dominant ou du dominé ?
- Par conséquent, à un moment donné, est-ce qu'on a vraiment une critique de l'«Amérique qui fait peur», ou alors un soutien somme toute assez banal non seulement à un violeur, mais aussi à toute une société pro-viol ?