Encore une manifestation où j'avais oubliée mon appareil photo. Oups.
Ça avait lieu à Marseille, 850 personnes selon la police, Un côté «baba cool écolo» un peu présent mais dans les limites du raisonnable. Du point de vue des forces politiques, seules les anars (FA et CNT), la LCR et un peu les Verts étaient présents.
Personnellement j'avoue que j'étais pas très convaincue par le rejet d'ITER. Je veux dire, j'aimais pas le côté peu démocratique du truc (je me rappelle qu'il y avait un débat organisé... après la décision), mais point de vue scientifique et écolo je me disais que quand même, si y'avait un moyen d'avoir du nucléaire propre ce serait cool.
Du coup histoire de me document un peu parce que j'y connaissais pas grand-chose, j'ai pris le petit argumentaire (fin, 12 pages A4, quand même) de Sortir du Nucléaire.
En gros les arguments que j'en retiens :
- ITER n'est qu'un prototype et pas un réacteur. La fusion nucléaire si par miracle elle est possible, ce sera à long terme.
- Le coût est faramineux : 10 milliards d'euros.
- ITER est dangereux : il y aura besoin de tritium, un gaz à risque, très toxique et dur à stocker. Qui plus est c'est utilisé par les bombes H, d'où risque de prolifération.
- En lien avec ces histoires de bombes H, ITER servirait aussi les intérêts militaires puisque à l'heure actuelle et dans un futur proche le processus de fusion nucléarire n'est utile que dans les bombes H.
- ITER n'est pas propre et produirait 30 000 tonnes de déchets radioactifs.
- La Fusion n'est absolument pas une réponse à l'effet de serre : dans le meilleur des cas, ce serait fonctionnel d'ici un demi-siècle. Autant dire que le climat a le temps de se réchauffer. Même là, ça resterait une solution insuffisante car vu comme c'est compliqué ça serait reservé à quelques pays riches.
Personnellement j'avoue que c'est le dernier argument que je trouve le plus pertinent, et je suis finalement assez convaincue que le fric qui part à ITER pourrait être utilisé d'une meilleur manière.D'un autre côté on pourrait se dire qu'il il y a encore des pires façons d'investir le fric : porte-avion nucléaire par exemple. Mais on le fait aussi, donc...
Sinon, anecdote qui n'a absolument rien à voir avec l'écologie ou le nucléaire : alors que, pendant la manif', la plupart des militants, y compris ceux qui sont aussi des militants actifs LGBT, persistaient à parler de moi au masculin malgré ma jupe, mon maquillage à la truelle et mes boucles d'oreilles roses, au retour, en m'arrêtant dans une boulangerie, des djeuns au look «caillera» indécis sur ce qu'ils allaient prendre ont laissé passer «la dame». Comme quoi parfois les petits mots anodins mais qui font plaisir ne viennent pas de ceux auxquels on s'attendait....