L'autre jour, j'étais à un débat militant qui interrogeait la distinction
hommes/femmes et le sexisme. Très bien.
Un des types présents (ou plusieurs, mais je me souviens d'un en
particulier) a fait toute une diatribre sur les trans', disant que c'était
bien, que c'était révolutionnaire, subversif, tout ça.
C'était plutôt long pour finalement dire relativement peu, mais ça c'est un
autre problème, même si ça vaudrait le coup de faire un billet sur la façon
dont certains militants s'écoutent parler et monopolisent la discussion.
Bref donc, les trans' c'est génial.
Sauf que.
Sauf que balancer que les trans' c'est bien et qu'il faut les soutenir en
continuant à dire que «c'est une femme qui se prend pour un homme» (en parlant
d'un ftm), ça le fait moyen.
Attention, hein, je suis pour le droit à l'erreur.
Moi-même, ça m'arrive de dire des conneries, de sortir des termes qui
peuvent être xxxphobes ou je ne sais quoi.
Seulement, quand on ignore les remarques que font les gens sur le fait
qu'utiliser ce genre de termes est pour le moins contradictoire avec son
propos, là ça devient autre chose. Soit c'est qu'on est bouché, soit c'est
qu'on est un faux-cul hypocrite.
Quoiqu'en fait je ne dirais pas que ce genre de militants n'est pas sincère
(parce que ce n'est pas spécialement un cas isolé, j'ai eu l'occasion d'en
croiser quelques autres). Je pense plutôt qu'ils pensent vraiment que c'est
bien, mais un peu de loin. Quand c'est exotique.
Quand, en revanche, il faut sortir du petit cercle de discussion et cotoyer
de vrais gens (et je ne suis pas persuadée que pour certains cela arrive très
souvent), c'est différent. Parce qu'on ne peut pas se contenter de dire «moi,
je suis pour» ou «moi, je n'ai rien contre». Ça demande un effort. Concernant
les trans, l'effort c'est de considérer la personne comme un homme ou une
femme, quelque soit son apparence physique ou ses organes génitaux.
Si on ne fait pas ça, tous les beaux discours, aussi radicaux soient-ils ne
servent à rien. Ce qui compte au final, ce sont les actes. Et si les discours
sont parfois très complexes, les actes sont infiniment simples.
Et là il n'y a pas à tergiverser : je trouve que les personnes qui me
cotoient et qui, même si elles ne sont pas militantes, ni spécialement
«anti-sexiste», «deconstuction de genre» ou quoi que ce soit, font l'effort de
me parler dans le bon genre valent mille fois mieux que ceux qui parlent sans
agir.