Rangers & Bas résille

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Tag - militantisme

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jeudi, mars 6 2008

Municipales

La campagne pour les municipales (ou en tout cas leur premier tour) touche maintenant à sa fin. Je n'ai pas écrit beaucoup de billets là-dessus, peut-être parce que j'ai eu moins le temps de militer ou de «bloguer» que je ne l'aurais voulu.

Bref.

Donc pour rappel je suis candidat(e) à Marseille sur les listes «Marseille contre-attaque à gauche». À noter que la situation du point de vue du genre est assez fun vu que j'apparais sous le prénom qui est sur ma carte d'identité mais avec ma profession au féminin[1]. Donc dans l'absolu niveau visibilité LGBT on peut difficilement faire mieux ; dommage qu'il est probable que 99,9% des gens verront ça comme une erreur d'impression.

Je vais pas détailler le programme des ces listes unitaires (qui regroupent du point de vue des organisations la LCR, les Alternatifs, des Collectifs antilibéraux, Les motivé-e-s, Ballon rouge, alterekolos) que vous trouverez sur le blog en lien et qui se résume très très sommairement à :

  • défense de l'emploi
  • logements sociaux
  • amélioration des transports publics et gratuité
  • remunicipalisation de l'eau
  • service public de la petite enfance
  • droit à la santé
  • réseau de structures socio-culturelles auto-gérées
  • refus de l'incinérateur, tri selectif

Personnellement je trouve ce genre de campagne (les municipales, mais c'est valable aussi pour les régionales) super frustrante, parce que du coup comme la municipalité n'a pas un énorme pouvoir on est vachement limité. Bien sûr on essaie toujours de parler des enjeux plus généraux mais ce n'est pas évident.

L'autre truc qui me gêne aussi, c'est l'impression d'être «cadencé» uniquement par les campagnes électorales : présidentielles, législatives, municipales, et ensuite (l'année prochaine) il y a aura les européennes et les régionales... Et le pire c'est de voir tous ces militants (moins à l'extrême-gauche, évidemment) qui ne s'activent qu'à ces moments là.

Ajouté au fait que j'ai de plus en plus de mal avec le principe même des élections telles qu'organisées actuellement et qu'il y a en plus la non-reconnaissance de mon identité par l'état... ben disons qu'il a vraiment fallu que je me motive pour finir sur ces listes ^ ^

Cela dit je dois bien reconnaître que les campagnes électorales sont une occasion de toucher des gens qui ne s'interessent pas forcément à la politique à d'autres moments...

Bref, pour moi les élections c'est un peu comme le dentiste : j'ai bien conscience qu'il faut y aller, mais c'est quand même pas franchement un moment de grand plaisir ^ ^

Notes

[1] D'ailleurs je tiens à remercier la tête de liste que j'ai embêtée pour que ça puisse se faire :o)

mardi, janvier 29 2008

Les amis dont on pourrait se passer

L'autre jour, j'étais à un débat militant qui interrogeait la distinction hommes/femmes et le sexisme. Très bien.

Un des types présents (ou plusieurs, mais je me souviens d'un en particulier) a fait toute une diatribre sur les trans', disant que c'était bien, que c'était révolutionnaire, subversif, tout ça.

C'était plutôt long pour finalement dire relativement peu, mais ça c'est un autre problème, même si ça vaudrait le coup de faire un billet sur la façon dont certains militants s'écoutent parler et monopolisent la discussion.

Bref donc, les trans' c'est génial.

Sauf que.

Sauf que balancer que les trans' c'est bien et qu'il faut les soutenir en continuant à dire que «c'est une femme qui se prend pour un homme» (en parlant d'un ftm), ça le fait moyen.

Attention, hein, je suis pour le droit à l'erreur.

Moi-même, ça m'arrive de dire des conneries, de sortir des termes qui peuvent être xxxphobes ou je ne sais quoi.

Seulement, quand on ignore les remarques que font les gens sur le fait qu'utiliser ce genre de termes est pour le moins contradictoire avec son propos, là ça devient autre chose. Soit c'est qu'on est bouché, soit c'est qu'on est un faux-cul hypocrite.

Quoiqu'en fait je ne dirais pas que ce genre de militants n'est pas sincère (parce que ce n'est pas spécialement un cas isolé, j'ai eu l'occasion d'en croiser quelques autres). Je pense plutôt qu'ils pensent vraiment que c'est bien, mais un peu de loin. Quand c'est exotique.

Quand, en revanche, il faut sortir du petit cercle de discussion et cotoyer de vrais gens (et je ne suis pas persuadée que pour certains cela arrive très souvent), c'est différent. Parce qu'on ne peut pas se contenter de dire «moi, je suis pour» ou «moi, je n'ai rien contre». Ça demande un effort. Concernant les trans, l'effort c'est de considérer la personne comme un homme ou une femme, quelque soit son apparence physique ou ses organes génitaux.

Si on ne fait pas ça, tous les beaux discours, aussi radicaux soient-ils ne servent à rien. Ce qui compte au final, ce sont les actes. Et si les discours sont parfois très complexes, les actes sont infiniment simples.

Et là il n'y a pas à tergiverser : je trouve que les personnes qui me cotoient et qui, même si elles ne sont pas militantes, ni spécialement «anti-sexiste», «deconstuction de genre» ou quoi que ce soit, font l'effort de me parler dans le bon genre valent mille fois mieux que ceux qui parlent sans agir.

mardi, novembre 20 2007

Manifestation / Trans day of remembrance

Ou, deux trucs qui ont pas grand-chose à voir pour le prix d'un billet.

Trans day of remembrance

Le 20 novembre, c'est le «Trans day of remembrance». En français, la journée de mémoire transgenre, dédiée aux personnes trans' assassinées dans des crimes de haine. Les meurtres transphobes sont souvent extraordinairement barbares, tandis que les assassins expliquent régulièrement qu'ils sont en fait... les victimes, puisqu'ils ont été «trompés» sur le sexe de la personne, et sont parfois partiellement ou totalement dédouanés.

Pourtant, la transphobie n'est toujours pas reconnue dans la loi française, qui, au contraire, l'organise avec la psychiatrisation des trans' et la non-reconnaissance de leur identité de genre.

Manifestation

À Marseille, on était entre 12000 (selon la police) et 60000 (selon les syndicats), soit 42000 (selon moi) à manifester pour la défense des services publics. Il y avait plus de monde que le 18 octobre, ce qui est en partie dû au fait que les étudiants étaient plus nombreux cette fois-ci. Effectivement les facs de la région commencent à se mobiliser : si la fac d'Aix est toujours fermée administrativement, la fac de Saint-Chales est bloquée depuis hier, tandis que Luminy s'est aussi prononcée contre la loi en AG (sans pour l'instant grève ni blocage).

Bref, espérons que ça continue et que ça se renforce encore.

samedi, novembre 10 2007

Manif' contre ITER

Encore une manifestation où j'avais oubliée mon appareil photo. Oups.

Ça avait lieu à Marseille, 850 personnes selon la police, Un côté «baba cool écolo» un peu présent mais dans les limites du raisonnable. Du point de vue des forces politiques, seules les anars (FA et CNT), la LCR et un peu les Verts étaient présents.

Personnellement j'avoue que j'étais pas très convaincue par le rejet d'ITER. Je veux dire, j'aimais pas le côté peu démocratique du truc (je me rappelle qu'il y avait un débat organisé... après la décision), mais point de vue scientifique et écolo je me disais que quand même, si y'avait un moyen d'avoir du nucléaire propre ce serait cool.

Du coup histoire de me document un peu parce que j'y connaissais pas grand-chose, j'ai pris le petit argumentaire (fin, 12 pages A4, quand même) de Sortir du Nucléaire.

En gros les arguments que j'en retiens :

  • ITER n'est qu'un prototype et pas un réacteur. La fusion nucléaire si par miracle elle est possible, ce sera à long terme.
  • Le coût est faramineux : 10 milliards d'euros.
  • ITER est dangereux : il y aura besoin de tritium, un gaz à risque, très toxique et dur à stocker. Qui plus est c'est utilisé par les bombes H, d'où risque de prolifération.
  • En lien avec ces histoires de bombes H, ITER servirait aussi les intérêts militaires puisque à l'heure actuelle et dans un futur proche le processus de fusion nucléarire n'est utile que dans les bombes H.
  • ITER n'est pas propre et produirait 30 000 tonnes de déchets radioactifs.
  • La Fusion n'est absolument pas une réponse à l'effet de serre : dans le meilleur des cas, ce serait fonctionnel d'ici un demi-siècle. Autant dire que le climat a le temps de se réchauffer. Même là, ça resterait une solution insuffisante car vu comme c'est compliqué ça serait reservé à quelques pays riches.

Personnellement j'avoue que c'est le dernier argument que je trouve le plus pertinent, et je suis finalement assez convaincue que le fric qui part à ITER pourrait être utilisé d'une meilleur manière.D'un autre côté on pourrait se dire qu'il il y a encore des pires façons d'investir le fric : porte-avion nucléaire par exemple. Mais on le fait aussi, donc...


Sinon, anecdote qui n'a absolument rien à voir avec l'écologie ou le nucléaire : alors que, pendant la manif', la plupart des militants, y compris ceux qui sont aussi des militants actifs LGBT, persistaient à parler de moi au masculin malgré ma jupe, mon maquillage à la truelle et mes boucles d'oreilles roses, au retour, en m'arrêtant dans une boulangerie, des djeuns au look «caillera» indécis sur ce qu'ils allaient prendre ont laissé passer «la dame». Comme quoi parfois les petits mots anodins mais qui font plaisir ne viennent pas de ceux auxquels on s'attendait....

vendredi, mars 16 2007

Feeling (a bit) useful

Jeudi soir, 19h, réunion publique LCR de ma section (ou cellule selon le genre qu'on veut se donner). Une quarantaine de personnes sont venues, le débat est intéressant et porte sur des points variés (économiques, impérialisme, LGBT, etc.). Bref, soirée sympa, d'autant qu'on vient d'apprendre qu'on a réussi à réunir les 500 sésames et donc qu'Olivier Besancenot pourra être candidat à la présidentielle.

Le lendemain, enfin après deux heures de sommeil, réveil à 4h pour aller à l'aéroport de Marignane soutenir Sedat, un sans-papier kurde qui va être expulsé, une première tentative ayant déjà eu lieu deux jours plus tôt. Il risque la prison en Turquie, et s'est mis en grève de la faim, mais ça ne perturbe pas la police, déterminée à le faire expulser. À cinq heures (le vol étant prévu à 6h50), malgré l'horaire très matinal, une cinquantaines de militants du Réseau Éducation Sans Frontières sont présents, informent les passagers et scandent des slogans. Après une heure de «suspens» et d'angoisse vécue depuis le hall de l'aéroport en essayant d'apercevoir ce qui se passe aux abords de l'avion, on finit par apprendre que grâce à certains passagers, Sedat n'embarquera pas cette fois-ci. Victoire donc, même si rien ne permet de dire que la police n'essaiera pas à nouveau de l'expulser d'ici quelques jours voire quelques heures.

Bref, je suis complètement crevée, mais, pour une fois, même si dans les deux évènements l'effet de ma présence est tout à fait anecdotique, j'ai l'impression de me sentir un tout petit peu utile, et ça fait du bien.

(Mise à jour dimanche 18 mars : une nouvelle tentative d'expulsion a eu lieu hier, et a une troisième fois échoué. Espérons que ce sera la dernière)