À toi, qui balances devant des gens que je ne connais pas que «je suis trans» ;
À toi, qui m'appelles «la trans» devant d'autres gens que je ne connais pas ;
À toi, qui sors quand je suis pas là devant des meufs à qui j'ai jamais dit que j'étais pas «cis», que si je n'ose pas trop parler dans le groupe de meufs, c'est parce que je suis trans ;
À toi, qui expliques à un journaliste ou en étudiant en quête de chair fraiche que je suis trans et que je vais pouvoir répondre à ses questions ;
À toi, qui ne comprends pas pourquoi, après que tu m'ais outée, j'ai envie de te péter les dents pour pouvoir être sûre que tu ne recommences pas :
MAIS MERDE, FERMEZ VOS GUEULES !
Parce que ce n'est pas vous à qui on va, bizarrement, se mettre à dire parfois «il» au lieu d'«elle», alors que ça n'arrivait pas avant ;
Parce que ce n'est pas à vous qu'on va demander «est-ce que t'es opérée ?» ou votre prénom de naissance ;
Parce que ce n'est pas vous qui allez vous faire jeter d'un espace hyper important pour vous ;
Parce que ce n'est pas vous qui vous demanderez «merde, je passe mal, ou c'est un connard qu'a cafté ?»
Parce que ce n'est pas à vous de dévoiler ce que je considère être de ma vie privée ;
Parce qu'en ce moment je me considère pas «trans» et que c'est pas à vous de me nommer ;
Parce que quand je parle d'un truc intime, ça veut pas dire que vous pouvez le répéter ;
Parce que ça me rend incapable de vous faire la moindre confiance et que j'ose plus rien vous raconter ;
Parce que, ouais, je peux être complétement «out» sur le fait que je suis gouine et pas vouloir que n'importe qui sache dans quel genre je suis née ;
Bref, ne m'outez plus, sinon ça va chier.