Vernis & Sécateur

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Tag - manifestation

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lundi, mai 31 2010

Manif de nuit de Lille : bilan perso...

Voilà, samedi dernier s'est tenue la manif de nuit dont je vous avais déjà parlé sur ce blog à deux reprises.

Alors on est parties à une petite centaine de meufs, direction le vieux Lille, derrière la banderole "Marchons la nuit pour ne plus jamais nous faire marcher dessus". On avait plein de jolies pancartes avec des slogans sympas :

  • la nuit nous appartient !
  • dans "non" c'est quoi que tu comprends pas?
  • pourquoi les couples hétéros cherchent-ils à imiter les couples butch-fem ?
  • le féminisme n'a jamais tué personne, on s'y met quand ?
  • riot, not diet
  • XX ? XY ? Je suis une fille XXL !
  • Mère si je veux, mère comme je veux !
  • Nique ton père le patriarche
  • Exotique toi-même !
  • lesbienne radicale contre l'ordre morale
  • Etc. etc.

Ambiance super sympa malgré le temps un peu pourri. Quelques réactions pourries de connards machos sur notre chemin mais une façon de répondre vachement collective et «enpouvoirante» comme on dit, puisqu'on leur répondait en général à grand coups de slogans bien sentis. On notera d'ailleurs que le macho de base ne trouve le courage d'attaquer les méchantes féministes que dans une des conditions suivantes :

  • être accompagné d'au moins quatre de ses pairs
  • être dans une voiture
  • être depuis sa fenêtre du deuxième étage

Donc bref c'était hyper cool, avec à la fois un côté se réapproprier la nuit, se rendre compte que youhou les connards on pouvait les envoyer chier et qu'on avait pas à fermer nos geules et tout ça.

Sauf qu'au bout de trois rues, en arrivant à Rihour, des flics nous ont encerclées et empêchées de continuer plus loin. On est restées bloquées une bonne demi heure sous la pluie battante, ce qui était moyennement sympa. On a aussi eu droit aux reflexions sexistes/lesbophobes/transphobes de la police nationale (police patriarcale, rappelons-le). Finalement on a fini par se disperser non sans avoir gueulé quelques slogans en retour, dont notamment (quand on a vu débarquer une demi-douzaine de camions de flics) : «moins de camions, plus de camionneuses», qui n'a pas vraiment plu aux messieurs en uniforme qui apparemment n'aime pas les camionneuses (ce qui prouve, s'il le fallait encore, que le policier de base, en plus d'être au service de l'hétéropatriarcapitalisme, n'a pas de goût).

Donc voilà, c'était bien parti mais du coup ça a été très court à cause de nos «amis» de la police....qui nous ont en plus empêchées de repartir avec nos belles pancartes, qu'on a dû poser sur la place et les laisser livrées seules face à la pluie battante qui les dissolvait lentement. Snif...

Heureusement on s'est ensuite retrouvées pour une after qui était super cool et il y a quand même des chances (enfin j'espère) qu'on remette ça dans pas trop longtemps et qu'on refera vite des pancartes encore plus belles... et rebelles.

jeudi, mai 27 2010

En vrac : Rassemblement contre une agressions lesbophobe à Paris / Tract de la manif de nuit à Lille

Juste un petit billet pour passer quelques news.

Rassemblement contre une agression lesbophobe à Paris

Suite à l'agression de deux lesbiennes le samedi 23 mai devant le canal de l'Ourcq, il y a un appel aux lesbiennes à venir se rassembler pour un pique-nique solidaire, pour se réapproprier l'espace le samedi 29 mai entre 18h30 et 21h00 devant le restaurant «O KAY Café» au bord du canal.

Pour plus d'informations, voir par exemple ici.

Tract de la manif de nuit à Lille

Et si vous êtes plutôt à Lille ce samedi 29 mai (et si vous êtes une lesbienne, une meuf, une gouine ou en tout cas une quelquechose), il y a la manifestation de nuit qui partira à 21h devant l'opéra, et dont j'avais copié/collé le tract dans le billet précédent.

Tract qui est dorénavant disponible dans un format vachement plus joli sous forme de beau 4 pages, ce que je ne pouvais m'empêcher de vous faire partager.

mardi, mars 2 2010

«La Femme» n'existe pas, reprenez votre journée, rendez-nous nos vies (manifestion 8 mars à Lille)

Pourquoi le 8 Mars ?

Nous en avions marre de voir le 8 mars célébré comme la journée de "La Femme", cette "Femme" n’existe pas. Nous avons décidé de manifester ce jour-là pour nous réapproprier cette journée, la re-politiser et porter nos revendications en dehors des soupes médiatique, institutionnelle et commerciale habituelles.

Quoi ?

Nos revendications et notre lutte dans le tract accompagnant l’article. Ce tract est le fruit d’une rédaction collective d’individuEs féministes et non le tract unitaire. Vous pouvez le télécharger, l’imprimer, le diffuser...

Qui sommes-nous ?

Des individuEs isoléEs ou organisÉes au sein de collectifs, groupes politiques, associations ou syndicats.

Pour qui ?

Pour toutes les personnes qui luttent contre ce système patriarcal, raciste, capitaliste, classiste, binaire et hétéronormé.

Où et quand ?

La manifestation aura lieu le lundi 8 mars. Rendez-vous est donné à partir de 18h Place de la République à Lille. Nous bougerons ensuite pour une petite ballade revendicative et bruyante dans les rues du centre-ville.

Manifestation à l’appel de (par ordre alphabétique) :

Chez Violette, Flamands Roses, GDALE-CGA, Idées à Coudre, Solidaires 59/62, Sud Education 59/62, Sud Etudiant-e Lille, UL CNT de Lille

Tract de la manifestation :

« LA FEMME » n’existe pas !

Nous sommes diverses, multiples et mouvantes.

Nous sommes femmes, lesbiennes, gouines, trans, féministes…

Nous sommes bisexuelles, hétérosexuelles, autosexuelles, asexuelles, homosexuelles…

Nous sommes précaires, pauvres, salariées, ouvrières, étudiantes, chômeuses, femmes au foyer, mères célibataires, organisées ou isolées…

Nous sommes noires, blanches, métisses, asiatiques, arabes, latinas, berbères…

Nous sommes grosses, maigres, fortes, minces, rondes, poilues, rasées, plates ou à gros seins…

Nous sommes jeunes, vieilles, avec handicap ou pas pour l’instant…

Reprenez votre journée, rendez-nous nos vies !

Aujourd’hui, c’est le 8 mars, la journée dite de « La Femme » ; demain, on sera le 9, et alors ? Rien n’aura changé. Nous ne voulons pas de vos fleurs alors que nous prenons des claques au quotidien. Nous ne sommes pas « La Femme » aimante, souriante et docile qui devrait être heureuse qu’on lui consacre une journée par an. Cette journée se référait au départ à des luttes de femmes pour leurs droits. Elle a été instrumentalisée pour nous enfermer, canaliser nos révoltes et porter nos revendications un seul jour dans l’année.

***

Marre de tout le travail gratuit qu’on fournit ! Marre de notre précarisation ! Pour l’égalité sociale et salariale !

  • Parce que le rôle maternel qui nous est imposé sert d’excuse pour nous éloigner de la vie sociale, politique et culturelle
  • Parce qu’on attend de nous qu’on console, qu’on cajole, qu’on panse les plaies des enfants, des amis, des parents, des partenaires et que ce travail n’est pas reconnu
  • Parce qu’on se fade toujours l’essentiel du travail domestique
  • Parce que même à travail égal, nous n’avons pas un salaire égal et que certains postes nous restent inaccessibles
  • Parce que le travail le plus précaire, c’est souvent pour notre poire surtout quand on n’est pas blanche (travail ingrat, travail invisible, contrats de merde, temps partiel imposé…)

Marre du contrôle de nos corps et de nos vies ! Marre de l’utilisation de nos corps pour vendre des chips ! Nous voulons que nos corps nous appartiennent enfin !

  • Parce que nos corps ne nous appartiennent toujours pas
  • Parce que le droit à l’avortement est constamment remis en cause et de plus en plus limité
  • Parce que ce sont toujours les médecins qui décident de ce qui nous convient le mieux (choix de la contraception, grossesse…)
  • Parce que le psychiatre reste une étape imposée lorsque des personnes trans veulent accéder à des traitements ou à un changement légal d’identité
  • Parce qu’on nous impose le modèle hétérosexuel et que toute autre sexualité est diabolisée
  • Parce que nous préférons vivre plutôt que d’attendre le prince charmant, et parce que des fois, nous préférons les princesses
  • Parce que les canons de beauté qu’on nous impose (pubs, journaux, films, télé…) sont fixés par et pour les hommes

Marre de se prendre des claques dans la gueule (au propre comme au figuré) ! Marre d’être de la chair à viol ! Pour l’autonomie et l’organisation de nos résistances !

  • Parce que les violences conjugales et intrafamiliales sont la première cause de mortalité des femmes en Europe
  • Parce qu’une femme est violée toutes les 10 minutes ! Et parce qu’en face, la réponse des institutions (quand elles la croient !) n’est que demande de preuves et infantilisation.
  • Parce qu’il n’est pas normal que nous ayons peur quand nous marchons seules la nuit
  • Parce que le caractère lesbophobe ou transphobe de certaines agressions est rarement reconnu
  • Parce qu’en condamnant le racolage passif, l’État accroît la répression contre les prostituées et les met encore plus en danger
  • Parce qu’en enfermant les personnes trans dans des prisons correspondant à leur sexe biologique et en leur refusant l’accès à leur traitement, l’État organise la violence contre elles (viols, agressions physiques, verbales…)
  • Parce que dans notre société binaire (masculin/féminin) et patriarcale, la domination masculine continue d’exister même dans les couples les plus sensibilisés à la question
  • Parce qu’on a beau avoir beaucoup d’humour, les remarques, invectives et blagues sexistes ne nous font toujours pas rire !

Ainsi pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, nous sommes dans la rue aujourd’hui et dans la lutte au quotidien. Nous ne souhaitons certainement pas être l’égal de l’homme ; nous voulons pouvoir nous définir par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Tant que nous ne serons pas considérées comme des individues à part entière, tant que nous serons des citoyennes de seconde zone, tant que la seule journée pour nous sera le 8 mars, nous ne lâcherons pas l’affaire ! Nous continuerons à nous mobiliser, à investir l’espace, à exiger notre place et à combattre ce système patriarcal, capitaliste, raciste, classiste, binaire et hétéronormé.

Organisation ! Résistance Féministe ! Solidarité ! Émancipation !

Reprenez votre journée, rendez-nous nos vies !

vendredi, octobre 9 2009

Existrans 2009 ce samedi

Vu que c'est, en fait, demain, je me suis dit qu'il était temps d'en parler. Vu que j'ai la flemme, je me suis dit que j'allais juste copier/coller le communiqué de l'orga de l'existrans.


À 14h au M° Jourdain : Rdv pour le départ de la marche.

À 19h au CGL : Forum inter-associatif. Adresse : M° Rambuteau / Arts et Métiers, CGL IDF, 63 rue Beaubourg, 75003

À 21h au Yono Bar : Soirée post-Existrans en présence des King's Queer et des Paris Catins. Adresse : M° Hôtel de ville, Yono Bar, 37 rue vieille du temple M° Hotel de ville


EXISTRANS, Paris, 10 octobre 2009 (Marche des Trans’, intersexué.e.s, et de celles et ceux qui les soutiennent)

BACHELOT, ENCORE DU BOULOT AVEC ET POUR LES TRANS ET LES INTERSEXUÉ.ES !

Pour sa 13ème marche qui aura lieu le samedi 10 octobre 2009 à 14h au départ du métro Jourdain, l’Existrans interpelle le Ministère de la Santé. Dans un contexte politique de réforme, les associations LGBT s’inquiètent quant à la continuité de la prise en charge et la considération des personnes Trans’ et intersexué.e.s. Mme Bachelot-Narquin, Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des sports, a annoncé le 16 mai 2009 la « déclassification de la transsexualité des affections psychiatriques de longue durée ». Nous saluons cette initiative symbolique mais nous continuons de revendiquer la dépsychiatrisation totale et effective de la transidentité à savoir l'absence du recours obligatoire au psychiatre pour démarrer une transition. Néanmoins, cela ne doit pas être synonyme d’un arrêt des remboursements pour les personnes Trans’ et intersexué.e.s.

Dans le projet de rapport du 3 avril 2009, la Haute Autorité de Santé propose une structure d’offre de soins qui préconise le « recueil des données en vue de la tenue d’un registre national ». Cette pratique évolue vers une logique de fichage qui nous est intolérable. Dans ce même projet de rapport, la HAS propose des équipes de référence multidisciplinaires ainsi qu’un réseau de soins national. Nous nous inquiétons fortement de la mise en place d’une telle structure et du pouvoir laissé aux psychiatres dans l’admission des personnes Trans’ et intersexué.e.s dans un protocole de soin qui va à l'encontre de l'article R4127-6 du code de la santé publique qui garantit à chacunE le libre choix du médecin. Nous demandons à ce que le rapport entre le médecin et l'usagerE de soin change, afin que l'usagerE de soin soit acteur.trice de son propre parcours. Nous dénonçons aussi les demandes arbitraires de triple-expertises par les tribunaux pour les changements d’état-civil. Humiliantes et traumatisantes ces expertises sont souvent vécues comme des viols physiques et psychiques. Nous réclamons de la même manière l’obtention simplifiée du changement d’état-civil sans stérilisation forcée.

La santé des personnes Trans’ n'est jamais prise en compte : nous exigeons des études épidémiologiques en particulier sur la prévalence du VIH-Sida, ainsi que des campagnes de prévention ciblées.

Par ailleurs parce que beaucoup de Trans’ sont travailleur.se.s du sexe et que l'arsenal répressif mis en place par la Loi sur la Sécurité Intérieure remet en cause leur sécurité et leur accès à la prévention, nous exigeons l'abrogation de cette loi.

Les urgences liées aux droits des personnes Trans’ cette année ne doivent pas faire oublier la nécessité de faire connaître et de lutter contre les problématiques des intersexué.e.s, qui peuvent rejoindre celles des Trans’ mais qui peuvent aussi être spécifiques. La puissance normalisatrice des médecins sur la vie des intersexué.e.s doit être reconnue et combattue. Notamment les opérations d’assignation qui sont fortement encouragées à la naissance par les médecins bien que n'étant pas nécessaires à la survie de l'enfant. Les intersexué.e.s et leurs familles doivent être déculpabilisé.e.s, par exemple par le biais d’un travail d’information auprès du corps médical et du grand public.

Lutter contre ces inégalités c'est également lutter contre les discriminations, la précarisation et les violences à l'encontre des personnes Trans’, intersexué.e.s et des travailleur.se.s du sexe.

Pour toutes ces raisons et pour interpeller directement le Ministère de la Santé, les personnes Trans’, intersexué.e.s et celles et ceux qui les soutiennent vous invitent à les rejoindre pour la marche de l'Existrans qui aura lieu à Paris, le 10 octobre 2009 à 14 h.

Nous exigeons :

- La dépathologisation de la transidentité et son retrait des listes internationales de maladies mentales (DSM IV et CIM 10) ;

- La dépsychiatrisation effective de la transidentité parce qu’il est intolérable que les différentes étapes de la transition restent soumises au bon vouloir des psychiatres ;

- La reconnaissance de la transphobie comme discrimination au même titre que le racisme ou l’homophobie, et par conséquent, la prise en compte de la transphobie par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) ;

- Un réel échange entre la HAS, le Ministère de la Santé, les personnes trans et les associations qui les représentent, pour que les trans, qui sont les premierEs concernéEs, soient enfin acteursRICES dans la révision du rapport sur la prise en charge de la transidentité en France ;

- La suppression du recours aux expertises médicales, humiliantes et souvent vécues comme des viols, et ce y compris pour les personnes ayant été opérées à l’étranger ;

- - Un accès facilité au changement d’état civil, sans stérilisation forcée ;

- La dissolution complète des équipes dites « officielles » ;

- Le respect de l’article R4127-6 du code de Sécurité Sociale qui garantit à chacunE le libre choix de son médecin ;

- Le remboursement à 100% des frais médicaux de transition sans condition, y compris pour les opérations effectuées à l’étranger, - L’arrêt des opérations sur les enfants dont la vie n’est pas en danger et des traitements de normalisation prescrits sans le consentement éclairé de l'enfant et/ou de l'adulte intersexué ;

- Un changement du rapport médecin/patient ;

- Une formation des médecins, notamment des chirurgiens, aux opérations chirurgicales que peuvent désirer les trans, - Une formation du personnel soignant, notamment du personnel d’accueil dans les hôpitaux, aux questions de transidentité, et cela en partenariat avec des personnes trans ;

- Des études épidémiologiques sur la santé des personnes Trans, et en particulier sur la prévalence du VIH-Sida ;

- Des campagnes de prévention contre les IST en direction des personnes trans.

L’Existrans aura également lieu dans les villes suivantes : Ankara – Barcelone – Berlin – Bilbao – Bogotá – Bruxelles – Buenos Aires – Campinas – Caracas – Mexico – La Corogne – Saint-Sébastien – Vitoria-Gasteiz – Grenade – Las Palmas de Gran Canaria – Lille – Lima – Lisbonne – Londres – Madrid – Montréal – Quito – San Francisco – Cali – Santiago du Chili – Saint-Jacques-de-Compostelle – Valence - Saragosse

Le collectif Existrans existrans(@)gmail.com http://www.existrans.org/

lundi, mars 9 2009

Compte-rendu personnel des manifestations du 7 mars

Je suis donc finalement descendue à Paris samedi dernier pour aller manifester pour la journée internationale des femmes (et pour voir des potes, aussi, accessoirement, mais je vais pas faire un billet là-dessus).

Il y avait donc deux manifestations : l'une à 14h qui regroupait beaucoup d'associations et était organisée grosso-modo par le CNDF, la seconde intitulée «Féministes partout», à l'appel notamment des Panthères roses et des TumulTueuses (et d'autres groupes, évidemment).

Sur la première manif, je m'étendrai pas trop et me contenterai de dire que j'ai passé l'essentiel du temps avec le cortège anar', vu qu'une bonne partie (notamment Alternative Libertaire) partait pour l'autre manif' à 16h et que je ne savais pas trop, comme provinciale, comment y allait seule (quelques camarades du NPA y sont allés aussi, donc j'aurais pu ne pas faire ma traîtresse de parti et aller dans le cortège NPA).

Quelques slogans quand même (vus /entendus dans la manif pour les premiers, dans le cortège anar pour les derniers), pour donner le ton :

  • le féminisme n'a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours (je suis pas fan de celui-là, toujours se justifier et dire qu'on est innofensives, je préfererais «le féminisme n'a jamais tué personne, il serait peut-être temps de s'y mettre»)
  • ma fille est lesbienne, ça vous dérange ?
  • avortement, contraception, libre, gratuits, et accessibles
  • l'ivg, on s'est battus pour la gagner on se battra pour la garder
  • ni dieu, ni maître, ni ordre moral (ouais ça c'est les anars ils peuvent pas s'empêcher de la caser à chaque manif)
  • ni dieu, ni maître, ni mari, ni patron (plus original déjà)
  • fachos, cathos, machos, vous nous cassez l'clito
  • une femme sans homme, c'est comme un pays sans gouvernement : lesbianisme et anarchie (bon en fait ça y'a que moi qui ai essayé de le scander, ça a pas été repris, mais bon, je le mets quand même, nah)

Concernant la seconde manif, eh ben j'ai trouvé ça super cool au final.

Il y a d'abord eu deux actions au départ sur la statue de la république : l'une de la Barbe qui a mis des barbes sur les statues pour montrer que la république avait beau avoir des symboles féminins, elle restait commandée par des hommes ; l'autre des organisatrices de la manif, qui ont déployé un joli drapeau bleu-blanc rouge avec «République hétérosexiste, république raciste, république capitaliste».

On s'est ensuite mises en marche avec des slogans sympathique rappelant évidemment la nécessité du combat féministe mais intégrant cette-fois ci les visibilités lesbiennes et trans'. Au fur et à mesure de la manifestation des rues étaient rebaptitsées : quelques noms qui me viennent en mémoire sont «rue du travail domestique», «rue Audre Lorde», «rue de la visibilité gouine», «rue du droit des trans'», «rue du non c'est non», etc. À chaque fois une brève prise de parole expliquait le sens de la nouvelle plaque, ce qui était je trouve vachement plus intéressant qu'une manif' où on va juste d'un point A à un point B, et plus facile à digérer que les prises de paroles qui s'enchainent parfois en fin de manif'.

En tout cas voilà, mon impression c'est que ça filait la pêche et que ça rappelait que le féminisme c'est pas juste la journée de la fâme, mais d'une part que ça concerne toutes les personnes opprimées par le sexisme, et d'autre part que c'est une lutte qui se fait toute l'année.

Là encore, quelques exemples de slogans (plus ceux d'avant, qui existaient aussi) :

  • racisme, sexisme, lesbophobie et transphobie : et hop tout ça, à la poubelle
  • voilées, non voilées : solidarité ! école public, choisis pas ton public !
  • ni dieu, ni maitre, plus de maitresses
  • on est fières, on est gouines, on est moches et masculines !
  • phallus partout, jouissance nulle part
  • non c'est non
  • travail égal, fiche de paye inégal
  • travail des femmes, salaire infâme
  • culture hétéro, culture macho

mardi, février 3 2009

En vrac

Manifestation du 29 janvier

La manif de jeudi dernier était très sympa, à Lille. J'étais dans le cortège des flamands roses, qui était situé au milieu des cortèges plus ou moins anarchistes ou libertaires, et c'était plutôt cool, avec des slogans plutôt sympas qu'on entend pas en général dans ce genre de manif et qui étaient pour certains repris par les cop-a-in-e-s des autres cortèges (pas tous non plus :p).

On a bien rigolé avec les types de la BAC qui essayaient de repérer de mystérieux lanceurs de tomates sur les vitrines des banques, et qui faisaient genre «on est pas des flics, on est in-co-gni-tos» alors que tout le monde les regardait. Bon malheureusement ça a quand même un peu fritté sur la fin et il y a eu quelques arrestations.

Bref, la revendication «Plus de caresses, plus du tout de CRS !» ne semble pas encore acquise.

À part ça, mes troubles d'identité politiques ne s'arrangent pas vraiment : une copine m'a demandée de porter son drapeau noir pendant une partie de la manifestation, et ben je me sentais toute drôle.

Je sais pas si on peut aller voir un psy pour ce genre de cas, genre «bonjour je suis marxiste à la base mais j'aime porter des drapeaux anars, vous pensez que je devrais transitionner ou alors juste limiter ça aux soirées un peu chaudes ?». Mouais, c'est quand même pas gagné.

Laser

Aujourd'hui, j'ai eu droit à ma première séance de Laser pour me faire épiler ces poils en trop. Ce qui est plutôt drôle, parce que en commençant ma «transition», il y a plus de deux ans, la première chose que j'avais fait c'était demander une adresse de laser, et puis finalement j'avais dû trouver ça moins urgent (étant donné qu'il faut éviter de s'exposer au soleil, c'est pas plus mal de le faire à Lille qu'à Marseille, cela dit).

Verdict: ça fait mal. Vraiment. Il parait que la première séance est la plus dure, ben j'espère bien. Et ça pue le cochon grillé, en plus. Et c'est cher (il parait qu'on peut des fois se faire rembourser une partie si on arrive à obtenir une ALD, mais déjà que je n'ai pas réussi à déclarer mon médecin traitant, là ça va être un peu dur pour moi).

Du coup je me disais que quand même, l'aliénation de «souffrir pour être belle» et la norme qui dit qu'une nana doit pas avoir de barbe, ben je la sentais passer, et que peut-être que d'un point de vue poliitque, féministe, subversif et tout ça, j'aurais dû continuer à attendre.

Mais d'un autre côté, et j'admets que c'est sans doute de l'hétérosexisme ou du cissexisme intériorisé, avoir un visage sans poils, ça me plaît bien[1], et peut-être que ça vaut quand même le coup, finalement.

Notes

[1] Même si les favoris j'ai peur de les regretter un de ces quatres, quand même.

lundi, janvier 26 2009

En vrac, un peu plus militant

29 janvier

La population qui lit ce blog est sans doute déjà au courant, mais, le jeudi 29 janvier, il y a une grève interprofessionnelle nationale et une manifestation pour que ce ne soit pas aux travailleuses de payer la crise du capitalisme et au patronat d'empocher nos milliards.

À Lille, si je ne me trompe pas (mais c'est évidemment au moment où je rédige le billet que je ne retrouve plus de tract...), le départ de la manifestation aura lieu à 14h, Porte de Paris.

Lille

Et comme je pense rarement à relayer des infos «locales» sur ce blog, j'en profite pour signaler aux éventuelles lectrices sur Lille intéressées par les questions LGBTI qu'il y aura, comme chaque semaine, une permanence des Flamands roses de 18h30 à 20h, suivie d'une AG (au J'en suis j'y reste, centre gay et lesbien, 19 rue de Condé). Par ailleurs, le jeudi 29 janvier, le soir après la manifestation, donc, il y aura un papotage avec SOS hépatites pour discuter hépatites, modes de transmission, traitements, etc. Toujours au Centre Gay et Lesbien, 19 rue de Condé.

Radio

Par ailleurs, tant que j'en suis à parler du centre gay et lesbien de Lille et des Flamands roses, j'en profite pour faire un peu de publicité pour l'émission de radio animé par cette association, «Homosapiens», qui passe tous les dimanches de 21h à 22h sur Radio Campus Lille, 106.6 Mhz, et qu'on peut aussi écouter sur Internet en direct ou en téléchargeant les archives. Et comme je participe de temps en temps, vous aurez peut-être même le privilège exquis d'entendre ma voix, c'est pas génial ?

vendredi, octobre 10 2008

Existrans 2008

Ce samedi aura lieu la 12ème édition de l'Existrans à Paris. Comme l'année dernière, il y aura aussi des manifestations à Madrid et à Barcelone le même jour ; ainsi que, cette année, à Bruxelles, Lisbonne, Saragosse et Bilbao.

En 2009, c'est la domination mondiale.

Le slogan général de cette année est «Ni hommes, ni femmes, le binarisme nous rend malade».

Concernant Paris, je me permets de copier/coller le communiqué de presse des organisateurs :

L'EXISTRANS, marche des trans et des intersexes (1) aura lieu ce samedi 11 octobre à 14h, métro Belleville Parcours : Belleville -> Beaubou...

Il y a onze ans que nous marchons, et depuis onze ans rien n'a changé. Certains pays (la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, L'Espagne, la Hollande, le Népal) ont adapté leurs législations à la transidentité. Même si ces aménagements sont loin d'être parfaits, ils témoignent d'une volonté totalement absente en France. Les réponses de la France à la question trans sont l'immobilisme, les psys transphobes, le sensationnalisme des médias, le mépris. Dans notre communauté, la majorité fait face, bénéficie d'une vie professionnelle. Mais pour les autres, pour trop d'autres, c'est la précarité et le non-emploi, un taux de VIH qui double celui des gays, le travail sexuel non choisi, les violences subies rarement prises en compte par la justice... D'un point de vue médical, légal ou éducatif, tout reste à faire.

La médecine Que ce soit le chirurgien qui opère un bébé né intersexué ou le psychiatre qui s'attribue le droit de dire si une personne est trans ou pas, le pouvoir médical nie trop souvent la parole et les droits des trans et intersexes. Seul un rapport de confiance entre le médecin-psy et les personnes concernées, qui allie information médicale donnée et prise en compte des contraintes, peut permettre d'améliorer les choses. Nous demandons le retrait du transsexualisme des manuels de psychiatrie et que le recours à un psychiatre, dans le cadre d'une transition, ne soit plus obligatoire. La personne trans, comme tout autre personne, doit avoir la liberté de consulter ou non un psychiatre . Prochainement la Haute autorité de santé (HAS) doit soumettre un projet au sujet de la prise en charge des trans au ministère de la santé. Sans avoir réalisé d'études épidémiologiques et statistiques sur les traitements hormonaux prescrits aux trans et intersexe, ou sur les interactions des antirétroviraux avec d'autres pathologies, il est difficile d'imaginer un projet sérieux et réfléchi. D'autant que le point central de ce projet prévoit des centres experts dont le fonctionnement ressemble fortement à celui des équipes actuelles. Si expertise il y a, elle n'est certainement pas entre les mains de quelques soi-disant spécialistes mais bien entre les mains des personnes trans et intersexe elles-mêmes, et l'usagerE doit avoir le mot final sur l'hormonothérapie et les opérations.

Les lois Faire correspondre son identité sur les différents papiers administratifs reste une priorité dès lors qu'on souhaite avoir une activité professionnelle. Des évolutions doivent être mises en place : la mention de genre devrait pouvoir être changée, conservée ou supprimée à la demande des personnes. Idem pour le numéro INSEE (Sécu) dont le 1er chiffre devrait pouvoir être modifié ou supprimé. La modification de l'état-civil via une procédure administrative doit être simplifiée, sans recours à des expertises extérieures et sans contraintes de délais ou de modifications corporelles spécifiques. Ces évolutions administratives ne pourront se faire que si les discriminations à l'égard des trans et des intersexes sont reconnues et combattues :

* maintien des droits parentaux pour les trans déjà parents, * arrêt des répressions à l'encontre des travailleuses et travailleurs du sexe par l'octroi de statuts et de droits ; * mise en place de dispositifs d'insertion socio-professionnelle ; * prise en compte de la spécificité trans et intersexe et des risques que ces personnes encourent dans les espaces non-mixtes : milieu carcéral, piscines, logements étudiants, etc. * intégration de la discrimination liée à l'intersexualité et la transidentié dans les critères d'asile politique, tout comme dans les divers textes de lois destinés à prévenir les discriminations (code du travail, HALDE, loi sur la presse, etc.)

L'Éducation Chaque individu construit son genre qui doit lui être personnel, malgré les normes que nous impose la société. Nous demandons la formation, en partenariat avec des associations trans, de tous les personnels médicaux, administratifs et pédagogiques aux problématiques trans et intersexes. Parce que les trans et les intersexes sont confrontés avant tout à l'incompréhension de la société à laquelle ils appartiennent, parce qu'ils sont, dans de trop nombreux cas, en échec scolaire, parce que les violences urbaines naissent de l'ignorance, nous demandons que la transsexualité soit abordée, de la même manière que l'homosexualité, dans le cadre des cours d'éducation sexuelle. Notre colère est à la mesure des discriminations dont nous souffrons.

RESISTRANS - ASB - Act Up-Paris - MAG

Des manifestations similaires auront lieu à Barcelone, Bruxelles, Madrid, Lisbonne, Corunha, Donosti, Bilbao, Gasteiz, Saragosse. ............... (1) Trans : personne (opérée ou non) vivant socialement dans un genre autre que son genre biologique. Intersexe : personne au genre biologique indéterminé à la naissance.

mardi, novembre 27 2007

Manifestation étudiante

Aujourd'hui à Marseille, il y avait une manifestation étudiante et lycéenne. En fait dans le titre j'ai mis «manifestation étudiante», mais c'est quand même surtout des lycéen/ne/s, venu/e/s en masse.

On doit être entre un bon millier, je dirais. Je ne sais pas trop compter. Beaucoup de lycéen/ne/s donc, qui occultent presque les étudiant/e/s, présent/e/s mais pas tant que ça. Une banderole «Sauver la recherche» regroupe derrière elle quelques militant/e/s plus âgé/e/s, mais ils ne sont quand même pas très nombreux.

Le service d'ordre étudiant est bien organisé et veille à ce qu'il n'y ait pas de soucis (en tout cas jusqu'à ce que j'ai bifurqué au métro, c'est peut-être parti en live après).

À un moment, deux camarades de Sud-étudiants discutent d'un type à l'allure patibulaire qui a ramassé une barre de fer et joue avec. C'est, expliquent-ils, un gars de la BAC. Ils le reconnaissent : ils avaient déjà eu affaire à lui. On discute, je regarde ce type, et là d'un coup le flash : je n'en suis pas tout à fait sûre, mais il me semble l'avoir déjà croisée.

Pas dans une manif, mais au bistro. Le copain du frère d'une copine. Un type effectivement flic et visiblement space qui se vantaient de ses exploits sans qu'on sache trop s'il était mythomane ou pas. Personnellement, j'espère.

Déjà là il m'avait mise mal à l'aise, mais dans une manif je n'ai vraiment pas envie qu'il me reconnaisse. Je tourne la tête pour éviter qu'il voit mon visage et me lance dans le mini-cortège de la Jeunesse Communiste en vaincant brièvement mon agoraphobie latente.

Je suis une lâche, mais j'assume pleinement.

lundi, novembre 26 2007

Manifester, c'est sérieux

Pour moi, manifester, c'est quelque chose d'important parce que c'est bien souvent la seule façon de s'exprimer quand on ne possède pas de journal ou de télévision (certes, j'ai un blog, m'enfin bon).

C'est aussi quelqe chose de ludique. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne m'est pas arrivé de me faire chier dans des manifs ;mais en général, c'est quand meme quelque chose de sympa.

Et personnellement, j'aime bien quand il y a un peu d'humour, qu'on ne se prend pas forcément au sérieux. Parce qu'on peut prendre une cause au sérieux sans s'y prendre soi-même.

Cependant, la question de l'humour dans les manifs' ne provoque pas forcément autant d'unanimité. Il y a quelques années j'avais entendu parler d'une banderole humoristique d'intermittents dans le style «manif de droite» décrochée par le service d'ordre syndical, et je trouvais ça dommage.

Mais il semblerait pourtant que certains n'aient vraiment pas d'humour.

Par exemple ce petit article publié dans l'huma (via vive le feu) qui fait la morale aux militants anarchistes qui, en plus de ne pas être gentils avec les policiers venus manifestés en leur rappelant qu'ils sont en général du mauvais côté de la barricade, ont des slogans «bien peu respectueux des luttes en cours» : « La retraite, on s’en fout. On ne veut pas bosser du tout » ou encore « La retraite à vingt ans, pour baiser il faut du temps ».

Ce n'est pas le seul cas de manque d'humour manifestant. Arrêt sur images parle notamments des «barblés de Rennes II» : un dessin de barbelé destiné à limiter la zone journaliste, qui a «pris vie» dans le journal le monde. En dehors de l'aspect diffamatoire et désinformatif qu'on ne soulèvera pas ici (il y aurait d'autres cas dont il faudrait parler), il en ressort quand même que tracer des barbelés, c'est pas bien.

Mais les étudiants ne s'arrêtent pas là : ils ressortent aussi les goulags cette fois-ci dans une banderole (il me semblait avoir lu un tableau dans un autre article ? mais peu importe).

Alors je vois deux possibliités :

  • soit les étudiants sont des pires que staliniens totalitaires qui ressortent les goulags et les barbelés dès qu'ils peuvent sous une forme d'humour douteux qu'il faut condamner ;
  • soit au contraire les restrictions à la liberté n'en sont pas vraiment (le contrôle des mandats parait la base de la démocratie, et il paraît normal que des gens puissent vouloir débattre à l'abri des caméras) et du coup on peut se permettre d'avoir un peu d'humour ; auquel cas les journalistes ne font finalement que profiter de détails anodins pour avoir un prétexte pour cracher sur des mouvements qu'ils n'aiment pas.

Bizarrement, il y en a une que je trouve plus probable que l'autre...

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