Vernis & Sécateur

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mardi, janvier 24 2012

Merci maman

Je crois qu'il y a un truc qui me soule un peu avec certains invididus dans le milieu trans (pas que, d'accord, mais pour le coup j'ai moins l'impression de retrouver ça chez les gouines[1] par exemple, à part chez les hippies vegan[2] qui bouffent que bio et qui sont en phase avec la nature, mais qui ne s'approchent en général pas trop de moi parce que l'odeur de ma clope les fait fuire), c'est le côté «straight-edge prosélyte».

Bon, OK, peut-être que «straight-edge prosélyte» ce n'est pas très clair, alors disons autrement : paternaliste de la santé.

Du genre :

  • «Ah, mais tu prends de l'androcur ? Mais il faut pas tu sais, c'est vraiment pas bon, en plus ça peut causer des dépressions.»
  • Ou encore «quoi t'es pas allée faire un bilan sanguin depuis 2 ans ? Mais il faut en faire tous les six mois, tu es une dangereuse suicidaire ou quoi ?» (ça doit être à cause de la dépression liée à l'androcur, tiens)
  • Et pour finir, celle à laquelle j'ai l'impression que j'ai le plus souvent droit depuis un an et quelques : «oh mon Dieu, mais tu fumes tout en prenant des hormones ?» (C'est juste parce que j'ai pas trouvé un moyen simple de fumer directement les hormones, cela dit)

Je veux dire, je veux bien que les gens prennent soin de leur santé, ça me va, mais ce n'est pas la peine de vous soucier de la mienne. Vraiment. Surtout quand on se connaît à peine et que peut-être que la seule chose qu'on a en commun dans la vie, c'est notre traitement hormonal.

Du coup, dans cet océan de reproches et de «manger bouger/fumer tue/buvez avec modération» ça m'a quand même fait super plaisir, aux dernières vacances de Noël, alors que j'étais en train de fumer une clope en compagnie de ma maman, et tandis que je sombrais moi-même dans la culpabilité «pauvre de moi, je n'ai pas un esprit sain dans un corps sain» en lui disant «il faudra que j'essaie d'arrêter de fumer, il paraît qu'avec les hormones c'est pas terrible», qu'elle me réponde spontanément : «bah, moi, tu sais, j'ai pris la pilule pendant vingt ans en fumant à côté, et je suis toujours en vie».

Post-Scriptum: bon, en fait je me rends compte que ce que je dis dans ma parenthèse, ce n'est pas vrai. Autant je suis dans des milieux où (à part quelques boulets), les gens ne me font généralement pas trop de commentaires sur ma santé par rapport à ce que je fais/bois/fume/mange, autant il y a plein de gens avec qui je ne parle jamais de trucs de santé qui, dès qu'ils me voient prendre un Coca Light, se sentent obligés de venir me dire que c'est pas bien le light et tout ça, comme si le fait de boire un truc Light était un message à la face du monde : «je veux prendre soin de ma santé et entendre votre avis dessus, vite, dites moi ce que vous pensez/avez lu de l'aspartame».

Notes

[1] Je parle des gouines, hein, pas des femmes qui aiment les femmes, où pour le coup j'ai pas l'impression que ce soit pareil.

[2] (Post-)Post-scriptum: ok, j'admets, ça n'a pas grand-chose à voir avec le fait d'être vegan, et d'ailleurs les gens qui vont me gonfler parce que eux/elles ont une alimentation saine et que je suis pas assez grande pour comprendre que dans «junk-food» il y a «junk» peuvent aussi être sur un mode «tu devrais tuer ton poulet toi-même et faire du fromage de chèvre plutôt que manger des toastinettes» (même si ce genre de remarque est plus rare en milieu urbain).

mardi, février 22 2011

Mes personnages ont une mauvaise influence sur moi (partie 2)

(Encore un billet narcissique, désolée, mais c'est moins cher de bloguer que d'aller chez un psy)

Si la première partie de cette réflexion parlait pas mal d'Alys et de comment écrire avec un tel personnage m'avait aidée à envisager puis à assumer une transition, cette seconde partie sera plus centrée sur la butchitude, par le biais d'un autre de mes personnages : Lev.

Bon, après je ne sais pas si ça mérite vraiment un billet, vu que pour voir comment Lev a une mauvaise influence sur moi, il suffit de regarder son blog, mais j'avais envie de détailler un peu quand même.

À la base, Lev ne devait vraiment pas être un personnage principal, c'était juste une sorte de gouine connasse transphobe à l'allure de nazie qu'Alys était supposée croiser, et j'avais juste prévu une sorte de «mini-nouvelle» pas très sérieuse avec elle.

Et puis très rapidement je me suis rendue compte que ça me faisait vachement plus triper d'écrire avec le point de vue de Lev que celui d'Alys, parce que certes c'est un peu une connasse transphobe à l'allure de nazie, mais qu'elle a quand même trop la classe. Du coup, Lev est devenue une gouine connasse transphobe mélangée à Hellboy, et c'est là que je me suis rendue compte que j'avais rêvé d'écrire ça toute ma vie.

D'un point de vue «écriture», à la fois parce que la narration à la première personne de manière très «orale» s'est révélée marcher beaucoup mieux pour ce que je voulais faire, et aussi parce que dans les essais précédents de romans que j'avais essayé d'écrire avec Alys, il n'y avait pas du tout cette dynamique entre les deux personnages et que du coup c'était chiant. Par ailleurs, Lev étant une grosse bourrine, ça permettait d'introduire des scènes d'action de façon beaucoup plus fun en assumant un côté «série B» et, bon, voilà, faut l'avouer, j'arrive plus à me motiver pour écrire un truc comme ça.

D'un point de vue «identitaire», ce qui est drôle c'est qu'au départ Lev était vraiment le personnage auquel je ne m'identifiais pas du tout, et que je m'y suis attachée super vite et et que très rapidement j'ai commencé à me dire «ben ouais, en fait moi aussi je pourrais être un peu comme ça» sur l'identité de butch. Après je ne pense pas que ce soit l'écriture d'un roman à lui seul qui m'a permise de construire une identité butch, ça a été aussi plein de rencontres, des lectures, des discussions, etc., mais au final je pense que le fait de pouvoir se projeter dans un personnage aide à pouvoir se construire dans un truc qu'on vit pas encore actuellement[1].

(Bon, après on me fera remarquer que je n'étais pas obligée de finir transphobe pour autant, mais c'est un autre débat. Pis merde, j'ai des ami·e·s trans, alors faites pas chier.)

Un autre aspect que j'ai trouvé vachement «powerful» en écrivant le personnage de Lev, c'est que c'était la première fois que je me permettais de mettre comme héroïne d'une histoire une meuf qui est ouvertement grosse, et c'est là bizarrement que j'ai réalisé que toutes les meufs classes à qui j'avais pu m'identifier (ou simplement faire «ouaaah elle est trop classe») dans la fiction avaient toujours, au final, été relativement minces, et que c'est quelque chose que j'avais reproduit dans l'essentiel de mes textes.

Bref, tout ça pour dire qu'écrire de la fiction m'a permise de pouvoir construire ou d'assumer certains aspects de mon identité ; malgré le titre de ces deux billets, je ne pense pas vraiment que «mes personnages ont une mauvaise influence sur moi», mais que pouvoir écrire m'a permis de combler en partie le manque de visibilité de ce genre de personnages dans les «médias» classiques quand je cherchais des personnes à qui m'identifier.

Voilà, et sinon autant j'ai pu, deux ans après, assumer mon côté butch alors que je n'osais pas le faire à l'époque, autant je voudrais rappeler qu'une des autres caractéristiques fondatrices que j'ai «investies» dans Lev parce que je n'arrivais pas à l'assumer socialement, c'est un peu qu'elle a une Harley, et du coup s'il y avait des modestes donatrices pour que je puisse aussi vivre mon identité de motarde plutôt que la fantasmer, ce serait chouette.

(Et sinon, vu qu'on parle de Lev, j'en profite pour dire que le dernier épisode d'Enfants de Mars et de Vénus a maintenant été mis en linge

Notes

[1] Évidemment il y a aussi eu des changements dans l'autre sens, comme le fait que Lev soit quand même moins transphobe et beauf que dans sa première version, qu'elle n'est plus habillée en nazie tout le temps, et qu'elle se met même du vernis sur les ongles, mais bon, c'est un billet «mes personnages ont une mauvaise influence sur moi» pas «si, si, rassurez-vous, en tant qu'autrice j'arrive encore à avoir une vague influence sur mes personnages».

mardi, octobre 19 2010

Aujourd'hui...

Aujourd'hui, j'ai envie de casser le nez à ceux pour qui «gay» et «LGBT» sont interchangeables, histoire de voir s'ils sont encore capables d'ignorer les gouines malgré la douleur physique.

J'ai envie de broyer les couilles de ces prétendus militants anars et de gauche qui sont des connards sexistes et homophobes et à cause de qui je ne me sens plus «safe» pour aller en manif toute seule.

J'ai envie d'arracher la langue aux connards qui m'agressent dans la rue à chaque fois que je sors et à cause de qui, parfois, je ne sors plus, ou en faisant gaffe sur ma façon de m'habiller, ou par par où je vais passer.

Et au final je ne fais rien à part me détruire lentement, et c'est eux qui gagnent.

Comme tous les jours.

mardi, septembre 14 2010

New new blog

Bon voilà, finalement j'ai décidé de continuer ce blog, parce que je suis, au final, un peu accro à ça et qu'autant continuer ici plutôt qu'ailleurs.

Avec quelques modifications :

Nouveau nouveau nom

Parce que j'avais envie de changement, et parce que je trouve que ça correspondait plus trop à mon moi intérieur, on arrête avec les rangers et les bas résille. Maintenant, c'est Vernis & Sécateurs, ce qui n'a absolument rien à voir.

Nouvelle nouvelle déco

Histoire de coller avec le théme, et dans l'optique de «marre d'avoir toujours la même chose», j'ai aussi refait la peinture. On notera que j'ai quand même réussi à ne pas coller de fond d'écran camouflage, j'ai fait un effort.

Nouveau nouveau moi

Puisqu'une des choses qui m'embêtait c'était que j'utilisais mon Vrai Nom et que j'avais un peu peur par rapport à ma vie privée[1], j'ai décidé assez logiquement d'arrêter. Donc voilà, maintenant c'est Butch Cassidyke.

Vieux vieux contenu

Bon en fait bizarrement c'est surtout le contenu que j'avais envie de changer, et je me rends compte que ça risque de ne pas changer plus que ça, vu que j'ai toujours envie de parler de féminisme mais aussi de trucs frivoles, complétement pas liés, ou de n'importe quoi.

Cela dit, en ce ce qui concerne les textes de fictions que j'écris, je voudrais dans la mesure du possible les mettre ailleurs, histoire de cloisonner un peu entre les trucs que j'assume (plus ou moins) en public et sous mon vrai nom et ce que je n'ai pas trop envie que Google ressorte quand on me cherche.

Bref, on me fera remarquer, «plus les choses changent et plus elles restent les mêmes», mais bon, je crois que j'avais besoin de ça pour me remotiver un peu.

Notes

[1] En fait j'aime bien quand des gens viennent me dire «ah c'est toi qui fais ce blog ?» dans les milieux féministes et LGBTI, mais à un entretien d'embauche ou devant d'autres choses c'est pas toujours aussi évident à assumer

mardi, août 24 2010

Le divorce des rangers et des bas résille

Bon, ça fait un peu gros mot dit comme ça, parce que ça sous entendrait qu'il y aurait eu mariage, et mariage, beurk.

Mais bon voilà, en fait en ce moment je me pose pas mal de questions sur le futur de ce blog (et le mien, accessoirement, mais passons) et je ne suis vraiment pas sûre d'avoir envie de continuer comme ça.

Je veux dire, comme dirait mon mentor George Marchais, le bilan que j'en fais est plutôt globalement positif : ça fait un peu plus de trois ans et demi que j'ai commencé ce blog (sous le titre «Red is Undead», à l'époque), et honnêtement, c'est rare que je tienne aussi longtemps sans laisser tomber un projet personnel. Y'a eu un certain nombre de billets, et un certain nombre de gens pour lire, et un certain nombre de remarques positives, et ça c'est plutôt cool.

Bon alors pourquoi je râle ? En dehors du fait que je sois jamais contente, évidemment ?

Parce que j'ai l'impression que ça me bloque dans ce que je ne veux plus être, mais peut-être parce que c'est parce que je ne veux plus être celle que je suis

Parce que j'en ai marre d'entendre ou de voir des gens dire «oh, c'est le blog d'une trans» alors que je ne me reconnais plus dans cette identité (ça marche aussi quand ça parle pas de blog, d'ailleurs, ou quand des militants estiment qu'ils ont le droit de m'outer parce qu'ils/elles sont L, G, B et/ou T)...

Parce que j'en ai marre de lutter sur ces questions, en fait, et que je préfère laisser tomber plutôt que me faire du mal.

Parce que j'en ai marre que des gens que je ne connais pas pensent me connaître parce qu'ils lisent mon blog.

Parce que si j'avais le courage, je ferais bien des changements plus radicaux dans ma vie, mais que je n'en ai pas, alors faut bien changer ce qu'on ose changer, en l'occurrence un pauvre blog, ce qui est assez pathétique, j'en ai conscience,

Donc voilà, je n'ai plus trop envie de continuer comme ça avec ce blog.

Après, je ne sais pas trop ce que je vais en faire exactement, peut-être me limiter à poster des trucs liés à la fiction vu que j'aimerais bien me mettre à essayer d'écrire un peu plus sérieusement et du coup recentrer là-dessus. Ou peut-être filer les clés à quelqu'une d'autre, je ne sais pas. À voir.

En tout cas, ne vous étonnez pas trop de ne pas voir de mises à jour dans les prochains jours.


(Mise à jour d'un peu plus tard pour clarifier ce que je veux dire :)

En fait, je pense qu'il y a trois choses un peu distinctes qui font que j'ai envie de changement et que j'ai écrit ce billet :

  1. j'ai un peu l'impression de tourner en rond et notamment concernant les sujets liés aux transidentités : je fais un billet sur un truc, et je me dis «ah ouais faudrait aussi dire ça» alors un autre billet, etcaetera, etcaetera. Je pense pas que ce soit inintéressant, ni spécialement que j'ai fait le tour du sujet , mais j'ai envie de passer un peu à autre chose.
  2. j'ai de moins en moins envie de publier des trucs un peu «intimes» sur moi alors que c'est associé à mon vrai nom (en tout cas avec mon diminutif-de-prénom, et mon nom complet est facilement retrouvable). J'ai pris comme exemple le fait d'être perçue ou outée comme trans mais il n'y a pas que ça, en fait, et même si ça n'a jamais posé de souci grave, ben je préférerais éviter que ça arrive.
  3. c'est un peu lié au point précédent, mais du coup je trouve un peu compliqué de mélanger des textes de fictions certes militants mais quand même relativement consensuels, et écrits sous mon vrai nom, avec des textes engagés limités à un public plus ciblé.

Donc, voilà, pour l'instant ce blog est plus ou moins en pause (sauf éventuellement pour faire du copier/coller d'infos) et devrait changer un peu (et sans doute ne plus s'appeler Rangers & Bas résille), mais sans doute pas disparaître.

mercredi, août 11 2010

Mes personnages ont une mauvaise influence sur moi (partie 1)

J'avais un peu envie de reparler de choses plus lié à l'écriture sur ce blog, vu que j'ai moins pris le temps d'y mettre des (extraits de) nouvelles depuis le lancement d'Enfants de Mars et de Vénus. J'avais notamment envie d'aborder le sujet de mon rapport à mes personnages, à la fois de manière générale, et aussi en particulier en prenant quelques personnages en exemple.

D'abord, je pense qu'il y a un postulat qui me semble partagé par beaucoup de gens, c'est que la plupart des auteur·e·s mettent une part d'eux·elles même dans leurs personnages ; parfois de manière directe et évidente, et parfois de manière plus détournée (par exemple avec un personnage qui peut être l'antithèse de l'auteur·e mais qui de fait reflète aussi ce qu'est l'auteur·e).

Évidemment, c'est un truc que je fais aussi (comme, je suppose, à peu près tou·te·s les personnes qui créent des personnages de fiction), à la fois de façon consciente et inconsciente. Et du coup, le fait de mettre des trucs de manière un peu inconsciente, sans me rendre compte que ça correspond à un truc qui m'est propre, ça fait que des fois des personnages peuvent avancer des choses bien avant que moi je n'ose le formuler.

Et du coup je trouve que dans mon cas (c'est à dire en tant que gouine trans qui écrivait des fictions avant de me rendre compte que j'étais gouine ou trans) c'est intéressant de lier ça à la thématique placard, parce que je me rends compte qu'à la fois pour ce qui est du placard gouine ou du placard trans, mes personnages étaient «out» bien plus tôt que moi.

L'exemple le plus flagrant de ça c'est sans doute Alys, qui est un personnage qui a pas mal évolué mais dont j'ai globalement eu l'idée à l'origine en 2004 et qui a pris à peu près la forme qu'on lui connaît actuellement (c'est-à-dire celle d'une transgirl blonde avec rangers (aux lacets rouges) et bas résille, avec un côté que je qualifierais de «pseudo-sorcière bourrine»), quoique avec une orthographe légèrement différente (à l'époque c'était «Alysse») début 2006.

Ce qui est intéressant, c'est qu'à cette époque là, même si je commençais à poser le mot «trans» pour parler de moi, j'étais encore complètement dans le placard et je ne pensais pas vraiment que je ferais une transition un jour.

Un an plus tard, j'avais à peu près le même look que mon personnage (en tout cas quand je le pouvais), sauf pour la couleur des cheveux et la taille XXL, et ça m'a amenée des fois à plaisanter en disant qu'elle avait eu une mauvaise influence sur moi.

Évidemment c'est plutôt que j'avais osé mettre dans de la fiction ce que je n'osais pas encore affirmer dans la vie réelle, et écrire des textes avec Alys m'a sans doute aidée à m'affirmer, ou en tout cas à imaginer que ça pouvait être possible. À un moment elle était clairement pour moi un modèle positif de meuf trans que je n'avais pas vraiment réussi à trouver ailleurs dans la fiction.

Mon seul regret, c'est que du coup je n'ai jamais osé[1] prendre pour moi le prénom que je lui avais filé, alors que je l'aimais bien. Mais bon, Ellie c'est pas si mal non plus, finalement.

Notes

[1] J'ai toujours eu peur que commencer à me faire appeler pareil qu'un personnage (important) qui figurait dans ce que j'écrivais, ne m'entraine forcément dans une sorte de confusion entre réel et réalité où je croirais vivre dans mes propres fantasmes. On peut se dire que je n'ai pas une grande confiance dans ma santé mentale, mais le pire c'est que des fois je me demande si ce n'est pas déjà le cas...

mercredi, juin 16 2010

Pour celles que ça intéresse : mes projets littéraires en cours

Voilà un billet un peu auto-centré, mais en même temps je sais qu'il y a des personnes qui sont intéressées par mes textes de fiction...

Donc voilà les quelques projets en cours sur lesquels je travaille plus ou moins en ce moment...

Enfants de Mars et de Vénus

Ce roman est toujours en cours de publication sous forme de feuilleton sur le site Enfants de Mars et de Vénus, avec maintenant 13 16 épisodes de publiés et les trois quatre premiers chapitres de complets (que vous pouvez par exemple télécharger d'un coup sur cette page).

Par ailleurs le travail de réécriture/relecture (suivant les chapitres) que je fais en amont de la publication avance plutôt bien (à l'heure actuelle j'ai quatre chapitres d'avance) et je commence à croire que je vais pouvoir éliminer la plus grande partie des grosses incohérences. Du coup comme ça se passe bien, j'ai décidé de passer à deux épisodes par semaine : un le lundi, et un le jeudi (bon en pratique c'était souvent plutôt dans la nuit du lundi au mardi).

Sinon, s'il y a des gens qui connaissent un éditeur qui accepterait ce genre de bouquins et qui ne serait pas rebuté par le fait qu'il ait d'abord été publié sur Internet, je ne suis pas désinteressée...

Ignominieuses Travelottes

Bon, ce n'est plus vraiment un projet en cours, mais j'en profite pour faire le bilan et constaté qu'il y a eu une bonne centaine de téléchargements de la version PDF et une vingtaine d'exemplaires papiers de distribués à prix libre, ce qui n'est pas si mal vu le nombre de lieu de diffusion limité (c'est-à-dire, le centre LGBT de Lille).

Bref, ça m'a plutôt motivée sur l'expérience de fanzinat et je réfléchis un peu à quelle suite donner à ça.

Pas tout à fait des hommes

J'avais un peu laissé tomber ma relecture de ce roman de fantasy qui commence à dater un peu maintenant, mais j'ai finalement relancé un peu la machine et ce n'est pas impossible que j'essaie de l'auto-éditer pour que ce soit possible de le commander en version papier. En attendant vous pouvez lire le texte intégral (qui n'intègre pas encore les modifications de ma dernière relecture, mais bon...) en PDF ou en HTML.

Hell B!tches

Et enfin, un petit projet qui est pour le coup encore vraiment à l'état de conception (mais qui reprendrait un extrait de nouvelle qui avait été publié ici il y a quelques temps) et qui consisterait à une forme de série de nouvelles, basée sur le principe d'une série télé avec des épisodes plus ou moins indépendants, mettant en scène un gang de gouines surnaturelles méchantes.

Voilà, j'espère que vous n'aurez pas trouvé ce billet trop emmerdant, mais tout ça pour dire que ce n'est pas parce qu'il n'y a plus beaucoup de nouvelles publiées sur ce blog que je ne fous plus rien côté écriture...

jeudi, juin 10 2010

Le courage des connards de rue (suite)

Un petit billet un peu à chaud que je vais peut-être regretter de poster, mais bon... (MàJ: maintenant en fait un petit billet un peu moins à chaud et écrit avec un style un peu moins pourri.)

Je me suis faite agresser physiquement tout à l'heure par environ huit connards qui se trouvaient sans doute par un pur un hasard être tous des mecs.

Ça a d'abord commencé par des insultes verbales alors que je rentrais chez moi en passant par l'avenue du peuble belge ; j'avais croisé un groupe de jeunes mecs, autour de huit, dont l'un d'eux a cru fort intelligent de me lancer au passage «oh, tu prends combien».

Alors certes, c'est une rue où il y a du tapin mais estimant que :

  • les putes tapinaient rarement en se déplaçant à allure relativement rapide et avec un sac à dos ;
  • quand bien même, on peut parler de manière polie aux prostituées ;
  • le sourire goguenard et le déplacement en bande ne faisait pas croire à une proposition de sexe tarifée mais plus un truc du genre «aha, les nanas on peut les traiter de pute de manière fort subtile, c'est trop drôle et ça prouve qu'on est des mecs virils» ;

je me suis retournée vers lui et lui ai rétorqué que, pour eux il n'y aurait pas moyen et qu'ils n'auraient pas assez, n'ayant pas tellement plus de répartie sur le coup.

Ils se sont alors mis à m'insulter : «connasse», «pute» aussi je crois (visiblement c'est le summum de l'insulte), et j'ai répliqué en les traitant de connards, ce qui n'était toujours pas la preuve d'une grande répartie, mais on fait avec ce qu'on a.

Un des types a alors demandé quelque chose comme «c'est un travelo ?» à ses camarades, tandis qu'un autre s'approchait de moi et jouait au gars viril dans la façon de s'avancer menaçante, tout en demandant «oh tu veux quoi» en prenant une voix grave. Je lui ai répondu que ça me soulait qu'on agresse les nanas et que ça me gonflait les mecs qui faisait chier avec leur testo de merde. Après en vrai je suis pas d'accord pour dire «c'est la faute de la testo», et je trouve ça un peu essentialiste et facile puisque ça donne des excuses aux mecs, mais sur le coup c'est ce qui m'est venu.

Un autre gars s'est alors approché de moi et m'a traité de pédé - peut-être était-ce le même qui demandait à ses potes si j'étais un «travelo», je ne sais pas trop. J'ai répondu en le traitant je crois de «connard», avec peut-être un «va chier», je ne sais pas trop, et c'est là qu'il m'a craché dessus.

Et là, j'ai fait ce qui était absolument intolérable et, vu sa tête, absolument inimiginable. J'ai répliqué en pratiquant le même mode de communication, c'est-à-dire en lui crachant aussi dessus à mon tour, parce qu'il n'y a pas de raison.

Là, étonnamment, j'ai réalisé qu'autant une meuf qui se faisait cracher dessus était censée rester impassible ou au pire s'éloigner d'un pas vif, autant l'inverse était absolument intolérable et méritait sanction. Le type m'a alors foncé dessus et m'a donné un coup de pied un peu au dessus du genou, dans un geste qui était, je dois dire, assez impressionnant - avec un bond et tout - quoique assez peu efficace.

J'ai essayé de me défendre en sortant un objet contondant de mon sac à main (eh oui, même les sacs à mains roses avec des petits dessins rigolos peuvent contenir des objets contondants), ce qui a fait reculer le bonhomme, pendant qu'un de ses copains me cognait dans la tempe sans que je ne pût le voir venir - sans doute un coup de poing.

Le coup sur la tempe m'a assommée un peu et je crois que j'ai titubé, à moins que mon manque d'équilibre n'ait été dû aux coups que les acolytes du bonhomme me donnaient dans le dos (et c'est là que j'étais contente d'avoir mon sac à dos, et surtout de ne pas avoir mis de trucs fragiles dedans).

J'ai, à ce moment là, rangé mes lunettes dans mon sac à main parce que je sentais que ça allait mal se finir et que c'est cher les lunettes et que vu comme je suis myope je suis mal barrée pour vivre en attendant de faire refaire les verres.

Je me suis encore pris quelques coups pendant que les voitures passaient avenue du peuble belge. Aucune ne s'est arrêtée.

Finalement, les types se sont mis à se barrer. Je les ai suivis un peu en sortant un téléphone pour essayer d'appeler le 112 (ou éventuellement leur cogner dessus à mon tour, j'avoue que ça m'a traversé l'esprit), mais ils couraient plus vite que moi et je me voyais mal continuer l'opération sans mes lunettes (oui, je suis vraiment myope).

Finalement je suis rentrée chez moi sans savoir trop quoi faire (porter plainte pour me taper la transphobie des policiers en plus de la transphobie, du sexisme, et de l'homophobie de ces connards ?), envisageant l'achat d'une bombe lacrymo.

Heureusement, je vais bien, mes lunettes aussi, j'ai donc pu faire ma redescente d'adrénaline en bouffant de la junk food et en regardant un épisode d'une série télé quelconque.

(Et sinon, parce que la pub éhontée ce n'est jamais déplacé, même sur un sujet comme ça, dans ce que j'écris, il y a aussi des fois où certes c'est un peu de la fiction mais où on peut voir de la gouine latter du connard de manière autrement plus convaincante que dans mes compte-rendus d'agressions : c'est sur Enfants de Mars et de Vénus.)

mercredi, juin 2 2010

J'ai envie de me faire siliconer

J'aime bien mes seins comme ils sont.

J'aime bien quand ils sont exposés par un décolleté, ou complètement cachés par un tee-shirt large ou une chemise de bûcheron.

J'aime bien pouvoir ne pas mettre de soutien-gorge sans en souffrir, et j'aime bien aussi mettre un soutien-gorge selon les jours, même si j'apprécierais que les vendeurs de soutien-gorge en vendent à ma taille et que je n'ai pas à faire du bricolage pour avoir à la fois le bon tour de poitrine et le bon bonnet.

J'aime bien m'amuser à les bander, même si c'est assez rare et que je suis assez nulle à le faire.

J'aime bien les deux poils juste à côté de mon aréole gauche et le grain de beauté dessus.

J'aime bien leur taille, parce que ce qui est petit est mignon.

J'aime bien leur forme, même si je la trouve un peu bizarre des fois, mais j'aime bien ce qui est bizarre.

Et j'aime bien les caresser, j'aime bien quand ils sont caressés, mordillés, léchés ou titillés.

Bref, et franchement je ne dirais pas ça de toutes les parties de mon corps, mais mes seins, je les aime bien.

Non, si j'ai envie de les faire siliconer, ce n'est vraiment pas parce que je ne les aime pas sous leur forme actuelle, même si je les aimerais sans doute tout autant sous une forme un peu plus proéminente.

Ce que je n'aime pas, c'est cette espèce de truc méprisant que je ressens dans certains milieux trans, LGBT, féministes, queer, etc. et qui me rend aigrie.

Ce que je n'aime pas, c'est que dans plein d'endroits, le fait que je veuille me «faire opérer» du bas, c'est-à-dire avoir une vaginoplastie, est présupposé d'avance, alors que parler de vouloir me «faire opérer» du haut suscite des remarques pourries.

Ce que je n'aime pas, c'est qu'on attende de moi que j'ai des seins assez développés, mais de manière «naturelle», comme si la nature faisait partie de ma culture.

Ce que je n'aime pas, c'est qu'on attende de moi que j'ai des seins «raisonnables», c'est-à-dire pas trop petits mais pas trop gros non plus, et pas trop aformes mais pas trop ronds non plus, comme si j'étais une fille vachement «raisonnable» par ailleurs.

Ce que je n'aime pas, c'est que des personnes låchent «oh non !» lorsque je leur dis que j'ai envie d'une mammoplastie, alors qu'elles catégoriseraient (légitimement) comme transphobe la même réaction sur d'autres opérations.

Ce que je n'aime pas, c'est qu'on estime avoir le droit de raconter n'importe quoi, y compris de manière complètement misogyne, à propos des seins «refaits» d'une copine.

Ce que je n'aime pas, c'est qu'on présuppose que si j'ai envie de me faire «refaire» les seins, c'est forcément pour rentrer dans certaines normes de genre et de beauté.

Ce que je n'aime pas, c'est qu'on considère que le droit à disposer de mon corps ne doit vraiment être respecté que lorsqu'il s'agit, justement, d'en disposer de manière respectable.

Bref, ce que je n'aime pas c'est cette espèce de situation où la mammoplastie est vu comme une opération un peu honteuse, symbole de vouloir «rentrer dans les normes», d'être une caricature, etc., alors que d'autres types d'opérations sont valorisées comme trop cool et subversives.

Et franchement, ça, ça me donne vraiment envie de me faire siliconer[1].

Notes

[1] Ou pochette-de-serum-physiologiquer, si je comprends bien comment ça marche, mais ça sonne moins bien.

jeudi, avril 29 2010

Traitre à son (trans)genre

Dans la série, «je ressors des vieux posts que j'avais pas publiés», en voilà un qui date d'il y a un certain temps, à un moment où je me posais pas mal de questions sur les articulations pas toujours évidentes entre identité trans, identité gouine, identité féministe et tout ça.

À vrai dire j'hésitais un peu à le publier parce que c'est plus tout à fait le sentiment que j'ai à l'heure actuelle et que ça parle pas de certains trucs sur lesquels j'ai pu mettre le doigt depuis et qui participaient au problème (notamment l'instrumentalisation des questions trans et queer par des personnes cisgenres et straights pour dénigrer un féminisme jugé trop radical, qui mériterait un billet à part). Cela dit j'ai décidé de publier ça quand même en me disant que ça pouvait toujours être intéréssant, même si je le trouve super négatif par rapport à ce que je vis actuellement.


Ça fait pas mal de fois, sur Internet, et notamment en commentaires sur des blogs féministes anglo-saxons, que des personnes trans me sortent en réaction à un truc que j'ai dit, quelque chose dans le genre : «on voit bien que t'es cisgenre». Ou un truc comme ça.

Au départ, ça m'amusait, surtout quand c'est à cause d'un quiproquo parce que je maîtrise pas hyper bien l'anglais ou parce que j'ai pas exactement la même vision des choses sur tel ou tel sujet trans. Un peu moins quand je me rends compte après coup que c'est parce que ce que j'ai dit suinte la transphobie intériorisée.

Dans la vraie vie, j'ai moins ce coup-là, parce que d'une part je ne passe pas forcément hyper bien (et le fait de vouloir «passer» pour une meuf cisgenre, en soi, suinte sans doute aussi pas mal la transphobie intériorisée) et d'autre part parce que les personnes me connaissent en général depuis un certain temps et savent que je suis trans.

Par contre, je ne sais vraiment pas pourquoi, mais dernièrement j'ai quand même eu plusieurs fois l'impression d'un truc un peu similaire : c'est à dire qu'à défaut d'être une vraie gouine cisgenre approuvée©, je suis quand même considérée comme une bonne trans, ou qu'en tout cas j'ai tendance à vouloir me comporter comme tel.

Qu'est-ce qu'une bonne trans ? J'imagine que ça dépend, mais par exemple une nana m'avait expliqué que dans son groupe, qui est non-mixte, les filles trans pouvaient éventuellement envisagées d'être acceptées aux deux conditions suivantes qu'elle posait :

  1. passer à peu près ;
  2. ne pas trop prendre la parole, et en tout cas pas de manière affirmée (elle m'avait clairement expliqué que le fait d'avoir des bases politiques était un point négatif).

Et le verdict plus ou moins non-officiel, c'était que moi ça allait, parce que, en gros, je suis timide, je parle pas fort, et j'ai en général énormément peur de soulever des points dont j'ai peur qu'ils amènent au conflit.

Pour d'autres personnes, être une bonne trans c'est quand même pas mal lié à l'expression de genre. Et là aussi, autant je vais être surper mal vu par des psys, autant, parce que je ne suis pas trop «féminine mainstream», j'ai l'impression d'être plus acceptée dans des milieux plutôt féministes et lesbiens qu'une fille trans très féminine, ou qui a un certain type de féminité, ou plus vieille, etcaetera.

Bref, voilà, même si j'ai plein de trucs qui font que je suis loin d'être la transgirl parfaitement acceptée ni parfaitement acceptable (j'ai pas un méga passing, je suis pas opérée, etcaetera), j'ai quand même l'impression d'avoir accès à un certain degré de privilège que je n'aurais peut-être pas si j'étais plus vieille, si je parlais plus fort, etcaetera.

Accessoirement, dans la plupart des groupes non-mixtes de meufs où je mets les pieds en ce moment, ben même s'ils sont la plupart du temps super cools, en général je suis la seule fille trans. Et encore, je suis pas complètement sûre de vouloir me définir comme trans, et tout ça.

Et en fait, c'est ça qui me pose problème. Je veux dire, j'ai vraiment du mal à savoir si j'ai des questions d'identité qui me sont personnelles mais qui sont complètement légitimes, ou alors si c'est une façon d'intérioriser des trucs et de ne pas vouloir exprimer de «spécificité» trans ?

Et ce qui me fait vraiment chier, c'est quand, même dans ces espaces, sur des petits trucs pas graves, ben j'ose pas dire que ça me fait un peu chier ou que ça me renvoie des trucs pas cools, ou que j'ose pas demander des précisions sur ce que quelqu'une voulait dire, etc. Je veux dire, dans tous ces cas, c'est pas comme si je côtoyais des fachottes qui allaient me lyncher si j'avais le malheur de l'ouvrir, et y'a même des chances assez fortes pour que je sois écoutée.

Je veux dire, c'est pas des gros trucs non plus qui me plombent le karma. Juste une succession de petits actes, ou plus exactement de petits non-actes, juste des «ne pas» : ne pas oser poser explicitement la question de comment dire que les gouines trans sont inclues dans un espace non-mixte lesbiennes ; ne pas oser demander si ça le fait de prendre telle brochure en diffusion «non-mixte» parce qu'on a l'impression que le groupe qui l'a éditée était pas trop trans-friendly à la base et me convaincre que, de toute façon, j'en voulais pas vraiment ; ne pas oser dire à une copine que je vis mal le fait qu'elle explique le fait qu'une nana trans soit relou et autoritaire par le fait qu'elle soit trans et que donc c'est forcément un comportement masculin, etc.

Je veux dire, dans tous ces cas, c'est pas comme si je côtoyais des fachottes qui allaient me lyncher si j'avais le malheur de l'ouvrir, et parfois c'est elles-mêmes qui l'ouvrent, mais c'est juste que... ben, j'ai vachement de mal. Et parfois y'a juste rien et c'est juste moi qui me fait du mal toute seule à psychoter comme une conne ou à me dire que, même si j'ai beau être acceptée par les copines féministes du coin, ben, fondamentalement, je ne le mérite pas..

Et ça me fait chier autant de transphobie intériorisée, de fantasmer sur le fait que si j'arrive à passer un peu plus et si je change de ville pour trouver un boulot, je pourrais ne pas dire que je suis trans, être complètement stealth[1] et ne plus avoir à gérer ce côté là...

Et en même temps je me sens de moins en moins une identité en tant que «trans», et je vois pas pourquoi je devrais forcément m'imposer d'être hyper parfaite et de ne rien laisser passer.

Bref en ce moment j'ai l'impression que je suis partagée entre une envie de revendications trans et d'aller en profondeur sur des trucs, l'articulation avec le sexisme, la lesbophobie, d'un côté, et une forme de haine de soi et de sentiment d'illégitimité de l'autre,

C'est pas dramatique, mais ça là que je me rends compte que ça me manque vachement de ne pas avoir eu l'occasion de vraiment échanger en profondeur avec des gouines trans féministes impliquées dans les mêmes collectifs que moi et de me sentir un peu... seule, par moment.

Notes

[1] Non, ça ne veut pas dire porter du camouflage en permanence. Même si c'est aussi une tendance de mon côté obscur que je combats.

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