Jean-Marc rouillan a donc vu son régime de semi-liberté supprimé à cause d'une interview dans l'express. La décision n'est pas motivée.
Ce qui est reproché à Rouillan, c'est d'avoir osé critiquer la mesure qui l'empêchait de s'exprimer sur les actes passés d'Action Directe, et d'avoir dit que s'il crachait sur tout ce qu'ils avaient fait, il pourrait s'exprimer (de là pour des médias à conclure qu'il ne regrettait rien).
Je suis personnellement vraiment attristée que Rouillan retourne en prison, après y avoir passé plus de 20 ans, pour des actes commis dans une situation qui était sans doute bien différente que celle qu'on vit maintenant. Mais au-delà, je trouve vraiment hypocrite le système consistant à libérer une personne uniquement si elle prétend regretter et se repentir. Car c'est ça, au fond, qu'on reproche à Rouillan : ne pas avoir expier ses pêchés, ou, au moins, avoir fait semblant.
Et puis, je suis en désaccord avec les méthodes qu'avait Action Directe, mais j'aurais aimé qu'il soit possible d'en discuter avec ses membres, d'en tirer un bilan critique, sans moralisme, sans jugement, pour comprendre.
Et par ailleurs, je suis vraiment inquiète qu'on puisse renvoyer un homme en prison uniquement à cause d'une interprétation hasardeuse d'une interview. Certes, aujourd'hui, ce sont les prisonniers qu'on baillonne...
Mais demain ?