Vernis & Sécateur

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jeudi, juin 23 2011

Quelques exemples de lesbophobie

Des fois, on se fait traiter de «sale gouine» et c'est clair, net et indiscutable que c'est de la lesbophobie[1]. Cependant, bien souvent, ça s'exprime de façon plus subtile, et plein de comportements qui sont en fait lesbophobes ne vont pas être considérés comme tels. Ce dont j'avais envie dans cet article, ce n'était pas de viser l'exhaustivité, mais juste de montrer quelques exemples de lesbophobie «ordinaire», parce qu'autant il est de bon ton de glisser «lesbophobie» ou que «les lesbiennes sont particulièrement opprimées» dans un tract, autant je trouve ça rare qu'on discute vraiment d'en quoi ça consiste.

  • Quand un gars te drague en te demandant «non, mais vraiment, si t'as jamais essayé de coucher avec un mec, comment tu peux savoir que t'aimeras pas ?», c'est de la lesbophobie.
  • Quand des gens parlent «des homos» pour parler uniquement des gays, c'est aussi de la lesbophobie.
  • Quand des féministes parlent «des meufs» pour parler uniquement des hétérosexuelles, c'est aussi de la lesbophobie.
  • Quand on te demande «mais pourquoi tu veux ressembler à un garçon ?» quand t'es butch et que tu veux juste ressembler à une butch, c'est aussi de la lesbophobie.
  • Quand on te dit «non, mais elle elle ressemble à une hétérosexuelle quand même !» en parlant d'une fem qui ressemble juste à une fem, c'est aussi de la lesbophobie.
  • Quand on reproche bizarrement toujours aux gouines d'être trop méchantes, trop agressives, trop violentes, c'est aussi de la lesbophobie.
  • Quand un gars t'explique «mais moi aussi je suis lesbienne, je suis attiré par les femmes» ou prétend être un «homme lesbien», c'est aussi de la lesbophobie.
  • Quand une nana hétérosexuelle qui n'a des relations qu'avec des mecs se présente comme «simili lesbienne» ou «lesbienne politiquement», c'est aussi de la lesbophobie.
  • Quand tu tiens la main à ta copine et qu'un gars vient se coller entre vous, c'est aussi de la lesbophobie.
  • Quand une nana vient te proposer de lui rouler des pelles pour exciter son mec, c'est aussi de la lesbophobie.
  • Quand on te demande «mais du coup, pourquoi transitionner ?» quand t'es une meuf trans qui annonce qu'elle est lesbienne, c'est aussi de la lesbophobie.
  • Quand un mec t'explique que deux meufs qui baisent ensemble, ça l'excite, c'est aussi de la lesbophobie.
  • Quand on t'explique que les butchs et les fems cherchent à «imiter le couple hétérosexuel» (alors que toute personne sensée sait que c'est l'inverse), c'est aussi de la lesbophobie.
  • Quand des féministes hétéras en quête de respectabilité cherchent absolument à ne pas être associées aux sales lesbiennes, c'est aussi de la lesbophobie ; et quand des lesbiennes en quête d'intégration cherchent absolument à se dissocier des sales camionneuses, c'est toujours de la lesbophobie.
  • Quand on te reproche de «baiser comme un mec» parce que t'aimes bien les godes, c'est aussi de la lesbophobie.
  • Quand on t'explique que les lesbiennes ont la vie vachement plus facile que les gays, c'est aussi de la lesbophobie.

Notes

[1] Et encore, même là, pas toujours pour tout le monde...

mercredi, juin 15 2011

True Blood

Hier, l'Assemblée nationale a voté contre le mariage pour les homos.

Hier, c'était aussi la jourmée mondiale du don du sang[1], l'occasion de rappeler que les gays sont toujours exclus du don du sang. Pour être exacte, la formulation qu'on peut voir dans le questionnaire du don du sang est :

Si vous avez eu des relations sexuelles entre hommes.

Ce qui est à mon avis intéressant de noter, et qui prouve bien qu'il s'agit de discrimination et pas juste de «prise en compte de risques blabla taux de prévalence bla», c'est que contrairement au fait d'avoir :

  • Changé de partenaire sexuel(le),
  • Eu plus d’un(e) partenaire sexuel(le),
  • Eu une relation sexuelle avec un(e) partenaire occasionnel(le)
  • Eu une infection sexuellement transmissible (IST) dont la syphilis.

qui est gênant «uniquement» si c'est dans les quatre derniers mois, le fait d'avoir une une relation sexuelle «entre hommes» semble être rédhibitoire à vie, carrément.

Bref, voilà, les gays peuvent toujours pas donner leur sang, on peut le lire dans la presse (enfin, sur Internet, la presse papier c'est plus chiant de faire les copier/coller) :

Alors bon, voilà, oui, je pense que dans la situation actuelle les dispositions de l'Établissement Français du Sang sont discriminatoires, oui je pense que c'est bien d'en parler, mais quand même, il y a une question qui me trotte dans la tête à chaque fois que je lis ce genre d'articles.

L'exclusion du don du sang ne concerne a priori «que» les hommes gays (si t'es lesbienne ou trans t'as des chances de te faire virer par un médecin réac, mais c'est pas prévu dans le cadre et il est complétement en tort). Du coup je me demandais : si y'avait une mesure qui concernait que les lesbiennes, est-ce que tous ces médias seraient aussi prompts à parler en général «des homos», «des personnes homosexuelles» ? Certes, grammaticalement l'expression «les homosexuels» peut aussi bien signifier «les hommes homosexuels» que «les hommes et les femmes homosexuel-le-s». C'est la beauté d'avoir une grammaire sexiste. Sauf que du coup, ça donne un peu l'impression que les questions qui concernent uniquement les gays deviennent les questions des gays et des lesbiennes ; ce qui en soit ne serait pas très gênant si ça allait dans les deux sens, mais le fait que les questions spécifiquement gays deviennent «les questions homos» et que les questions spécifiquement lesbiennes restent «les questions lesbiennes», je crois que ça ne me va pas.

Bon et sinon, pour justifier un peu le titre et parce que malgré le bémol précédent je pense que c'est important d'être solidaire des copains pédés là-dessus, une petite image :

eric.png

Notes

[1] Eh ouais, le titre est juste racoleur : en fait c'est un billet sur un truc chiant, et pas sur la série True Blood. Mais promis, je ferai aussi un billet sur cette série un de ces quatre.

dimanche, octobre 17 2010

En vrac

Violences et BDSM

Un article sur le blog collectif Feministe.us parle en gros des violences (abuse) dans le milieu BDSM et comment lutter contre, en anglais. J'avoue que j'ai un peu survolé mais je trouve ça intéressant comme discussion et qu'elle permet de sortir du débat «le BDSM c'est forcément de la violence en soi» versus «chez les BDSM on est que des bisounours avec respect du consentement».

Études en anglais

Existrans

Samedi 23 octobre, à 14h, à Paris, au métro Barbès aura lieu l'Existrans, la marche des trans et des interesexuéEs. Communiqués et revendications sont disponibles sur le site.

Mouvement des lesbiennes, lesbiennes en mouvement

Et sinon toujours le 23 octobre, mais aussi le 24, et toujours à Paris, il y aura aussi le colloque «Mouvement des lesbiennes, lesbiennes en mouvement» organisé par la Coordination Lesbienne de France.

Le mot de la fin

Enfin, parce que des fois je me dis que sur Internet, il ne faut jamais lire les commentaires sur les journaux en ligne, mais que des fois il y en a du lourd qui devient finalement drôle, je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager la prose d'un connard du web à propos des lesbiennes :

Ce que je vois c'est les lesbiennes sont souvent des chieuses revendicatives de n'importe quoi là où les homos hommes se posent moins de question existentielles sans intérêts... Dans un bar gay, t'es accueilli comme quelqu'un qui veut boire un coup, dans un bar lesbien, tu te sens un peu efféminé face aux clones de membres de la waffen SS en goguette qui te matent comme si t'étais bon pour la casserole...

Je concluerai donc sur une citation d'Etna, un personnage du jeu vidéo Disgaea (on a les références qu'on peut) :

Ahhh... The whining of a sore loser. It's music to my ears.

mardi, septembre 14 2010

De la lesbophobie des mots-clés

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a eu des petits changements sur Google dernièrement, avec une fonctionnalité très «Hype 2.0» qui fait qu'au fur et à mesure qu'on tape la phrase qu'on recherche, ben les résultats commencent à s'afficher, sans avoir à appuyer sur la touche «entrée».

Enfin, pas tout le temps.

Ainsi, comme des médias LGBT l'ont relevé, cela ne s'applique pas à certains contenus jugés pornographiques ou injurieux, où, là, rien ne s'affichera tant qu'on appuyera pas sur «entrée».

Prenons un exemple concret, et tapons «féministe» sur google. Youpi, on n'a même pas à terminer le mot que Google propose de nous le compléter et de nous envoie déjà les résultats.

Maintenant, essayons une recherche plus précise, par exemple «lesbienne féministe». Là, bizarrement, on n'a plus de «complétion» ni de résultats donnés à l'avance.

Ben oui, parce que «lesbienne», c'est pornographique, hein.

Forcément.

Bizarrement, pour «gay» on n'a pas ce problème, et, magie, on a les résulats qui s'affichent avant d'avoir à appuyer sur entrée.

Évidemment, il y a d'autres mots avec les mêmes problèmes : les sites que j'ai linkés plus haut en mettent en anglais, en français «gouine» suscite le même blocage, tout comme «bisexuel», «transsexuel», «transgenre» (alors qu'en anglais, «transgender» passe...), «saphique», et sans doute un paquet d'autres.

Après on me dira que c'est pas dramatique, qu'il s'agit juste d'avoir à appuyer sur «entrée» pour voir les résultats dans un cas et pas dans l'autre...

Sauf que là où ça me paraît grave, c'est que ça se rapproche quand même doucement du filtrage sur le contenu des recherches et que je sais pas ce que ça deviendra quand on en sera au «Hype 3.0». Il y a déjà des paquets de réseaux privés (écoles, entreprises, etc.) qui sous couvert d'empêcher le contenu porno bloquent l'accès à certains sites de ressources LGBT, et du coup contribuent à l'isolement de personnes qui peuvent pas se connecter ailleurs.

Ce que je trouve particulièrement hypocrite dans le cas de Google, c'est que quand on fait une recherche sur «lesbienne» (et donc qu'on a passé le cap de la touche entrée), là où on voit le plus de liens pour le porno exotisant de merde c'est... dans les pubs que Google envoie, et pour lequel il se fait tout son fric.

Sinon apparemment y'a une espèce de pétition contre ça, même si j'avoue que je suis un peu dubitative sur les résultats, mais bon...

jeudi, mai 27 2010

En vrac : Rassemblement contre une agressions lesbophobe à Paris / Tract de la manif de nuit à Lille

Juste un petit billet pour passer quelques news.

Rassemblement contre une agression lesbophobe à Paris

Suite à l'agression de deux lesbiennes le samedi 23 mai devant le canal de l'Ourcq, il y a un appel aux lesbiennes à venir se rassembler pour un pique-nique solidaire, pour se réapproprier l'espace le samedi 29 mai entre 18h30 et 21h00 devant le restaurant «O KAY Café» au bord du canal.

Pour plus d'informations, voir par exemple ici.

Tract de la manif de nuit à Lille

Et si vous êtes plutôt à Lille ce samedi 29 mai (et si vous êtes une lesbienne, une meuf, une gouine ou en tout cas une quelquechose), il y a la manifestation de nuit qui partira à 21h devant l'opéra, et dont j'avais copié/collé le tract dans le billet précédent.

Tract qui est dorénavant disponible dans un format vachement plus joli sous forme de beau 4 pages, ce que je ne pouvais m'empêcher de vous faire partager.

lundi, décembre 14 2009

Dialogues

Ce que j'aime le plus avec le fait d'être une fille, maintenant, c'est que cela permet de rencontrer des gens charmants à des moments complètement inopinés et d'avoir des discussions super enrichissantes.

Par exemple, avant, quand j'étais considérée comme un garçon, les dialogues que j'avais dans le métro se résumaient très souvent à :

<--- Ceci est un vide symbolisant de manière très post-moderne[1] l'absence de discussion.

Alors que maintenant, en étant une fille, j'ai l'occasion d'échanger sur ma vie avec des personnes géniales. Par exemple :

— Oh, mademoiselle !

— ...

— Oh, tu suces ?

— ...

— Salope !

Ma vie en tant que garçon me conduisait aussi à marcher à pied une fois qu'il n'y avait plus de métro. Alors que maintenant, je peux profiter de l'aimable galanterie toujours désintéressée des hommes :

— Madame, vous voulez que je vous raccompagne ?

(Sentant venir le truc foireux) — Euh, non merci.

— Allez, on va faire l'amour !

Mais ce qui est vraiment génial, c'est qu'en plus de ces échanges certes intenses mais finalement peu approfondis, c'est parfois l'occasion d'avoir de longues discussions sur l'avancée des luttes LGBT :

— Oh, je t'avais vu, toi. C'était une soirée plutôt de pédés, d'ailleurs.

(Pédagogique) — Euh, pédé, c'est un peu une insulte, quand même.

— Mais toi, t'es un pédé, hein ?

(Là, c'est un peu l'inconvénient de la tenue pantalon/rangers/blouson en cuir, c'est que ça nuit à mon passing. Ce qui est en fait un peu un avantage parce que ça permet parfois d'éviter les «tu suces». Malheureusement, ça n'est pas efficace à 100%...)

— Euh, non, je suis gouine.

— Ça veut dire quoi ?

— Euh, lesbienne. Je suis une nana qui aime les nanas.

(Bon, en fait ça a pris plus de temps que ça, l'explication, parce que c'était entrecoupé de «non, mais faut que j'y aille, là, j'ai un métro à prendre» et de «non, mais je vais te suivre, je suis cool» «euh mais t'es pas obligé, etc. qui ne sont pas vitaux à la compréhension de la discussion)

— Et du coup t'aimes pas les mecs ?

(La question piège, où on a envie de répondre «Carrément, je veux leur extinction». Fort heureusement, ma formation de préparation aux entretiens d'embauche offerte par Pôle emploi (et qui mériterait un billet à part) m'a permis de répondre de manière plus... euh... hypocrite ?)

— Ben, non, c'est pas ça, c'est juste que je n'ai pas de relation sexuelle avec eux.

— Ouais, moi tu vois je couche avec tout le monde, je m'en fous.

— Euh, ben, moi pas.

— Mais tu veux pas que je te raccompagne quand même ?

— Euh, non.

— Tiens, prends mon numéro quand même.

— Euh, d'accord, si t'insistes... (Je compresse encore un peu la discussion, là, parce que c'était plutot genre une demi heure pour m'en débarasser)

— Mais t'es sure que tu veux pas coucher avec moi ? Je te ferai pas de mal...

Voilà, c'est quand même trop cool d'être une nana, on peut avoir l'assurance qu'un mec va pas nous faire de mal (et quand ce mec nous suit depuis un certain temps et a une attitude hyper dominante, il n'y a vraiment aucune raison de mettre sa parole en doute). Bon, le concept de «nana qui couche avec des nanas» a quand même étrangement plus de facilité à passer que celui de «nana qui ne couche pas avec des mecs», mais je suis persuadée que des mecs aussi attentionnés que ça finiront par le comprendre et que c'est juste parce que c'est quand même un peu compliqué.

Et c'est quand même mieux que de s'ennuyer en rentrant toute seule chez soi le soir, il n'y a pas à dire.

Bref, être une fille c'est vraiment trop génial, je le conseille à tout le monde.

Notes

[1] Je suis fan de ça en ce moment, au cas où vous n'auriez pas remarqué.

mardi, mars 24 2009

Je vous ressers un peu de misogynie ?

Il y a quelques mois j'avais déjà parlé d'Orelsan (dont j'étais tombée sur les paroles grâce au forum la vache Queery), qui s'était déjà illustré par ses paroles sexistes et homophobes sur un morceau intitulé «Changement» :

(...)

En boîte la CC circule, les pédés gesticulent,

(...)

Les mecs fashion sont plus pédés qu'la moyenne des phoques

(...)

Les mecs s'habillent comme des meufs et les meufs comme des chiennes

Elles kiffent les mecs effeminés comme si elles étaient lesbiennes

(...)

Cette fois-ci, comme l'ont relevé un certain nombre de blogueuses, ce charmant jeune homme a récidivé avec les paroles d'une chanson sobrement intitulée «Sale pute» qui elle est «juste» misogyne mais qui, par contre, reconnaissons-le, ne l'est pas à moitié.

Intro : Attends bouges pas j'ai un mail d'Orel j'te rappelle

Ce soir j'suis rentré du taff plus tôt que d'habitude

Je suis passé chez toi pour te faire une surprise

Quand j'suis arrivé t'étais dans ton hall avec l'autre type qui est en cours avec toi

Et je vous ai vu...

Je vous ai vu vous jeter sur l'autre il passait les mains sous ton pull pendant que tu l'embrassais

Putain j'avais envie de vous tuer j'étais choqué j' croyais que tu étais différente des autres pétasses

J'te déteste j'te hais

J'déteste les petites putes genre Paris Hilton les meufs qui sucent des queues de la taille de celle de Lexington

T'es juste bonne à te faire péter le rectum même si tu disais des trucs intelligents t'aurais l'air conne

J'te déteste j'veux que tu crèves lentement

J'veux que tu tombes enceinte et que tu perdes l'enfant

Les histoires d'amour ça commence bien ça fini mal

Avant je t'aimais maintenant j'rêve de voir imprimer de mes empreintes digitales

Tu es juste une putain d'avaleuse de sabre une sale catin

Un sale tapin tout ces mots doux c'était que du baratin

On s'tenaient par la main on s'enlassaient on s' embrassaient

On verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée

On verra comment tu suces quand j'te déboiterais la mâchoire

T'es juste une truie tu mérites ta place à l'abattoir

T'es juste un démon déguisé en femme j'veux te voir briser en larme

J'veux te voir rendre l'âme j'veux te voir retourner brûler dans les flammes

Refrain x2

Poupée je t'aimais mais tu m'as trompé

Tu m'as trompé tu l'as pompé tu es juste une sale pute

Une sale pute une sale pute une sale pute une sale pute

J'déteste les sales traînées comme Marjolaine

Les petites chiennes les chichiteuses les filles à problèmes

J'rêve de la pénétrer pour lui déchirer l'abdomen

Je t'emmènerai à l'hôtel je te ferai tourner dans ma villa romaine

Tu suces pour du liquide tu te casses à marrée basse

Pétasse tu mériterais seulement d'attraper le DAS

Le seul liquide que je t'ai donné c'est mon sperme

Si j'te casse un bras considère qu'on s'est quittés en bons termes

J't'aime j'ai la haine j'te souhaite tout les malheurs du monde

J'veux que tu sentes la chaleur d'une bombe j'veux plus jamais que tu me trompes

J'étais trop fidèle (sale pute)

J'ai les nerfs en pelote (sale pute)

J'vais te mettre en cloque (sale pute)

Et t'avorter à l'opinel

Oh mais c est de ta faute t'étais jamais là pour moi

Oh je m'en bas les couille c'était de la faute à qui

J'te collerai contre un radiateur en te chantant tostaky

J'veux que tu pleures tout les soirs quand tu t' endors parce que t'es du même acabit que la pute qu'à ouvert la boite de pandore

Refrain x2

J ai la haine j'rêve de te voir souffrir

J ai la haine j'rêve de te voir souffrir baby

J ai la haine j'rêve de te voir souffrir

J ai la haine j'rêve de te voir souffrir baby

Alors moi, ça ne se voit pas forcément sous mon look de castratrice de base, je suis assez du genre, quand c'est un truc artistique, à essayer de chercher le sens caché, de dire que si ça se trouve c'est plutôt de la dénonciation, et tout ça.

Mais là, je vois pas. Ou plutôt si : c'est présenté vaguement comme du second degré parce que l'auteur ne veut pas vraiment démolir son ex-copine au moment où il chante ça, mais qu'en fait (attention, c'est là qu'il faut voir le second degré, il faut suivre, parce que ça va se passer très vite : ) c'est une façon d'évoquer ce que ressent un pauvre mec malheureux qui découvre que sa copine le trompe, et qui du coup veut la démolir.

Bon, je le refais si vous avez raté la nuance :la défense de l'auteur (ou en tout cas de son fan-club sur les commentaires du clip youtube) c'est que ce n'est pas du premier degré parce qu'en fait le message ce n'est pas censé être que c'est normal de démolir sa copine parce qu'elle vous a «trompé», mais (attention, ahah, le second degré) simplement que c'est normal de vouloir démolir sa copine parce qu'elle vous a «trompé».

Et là, je crois qu'on est censé dire (en tout cas d'après les arguments de ses défenseurs) «aaah, ok, alors ça va, waaw, trop fort ton second degré, mec, t'es balèze» (accolade virile dans le dos).

Mais bon, je dois vraiment trop être une castratrice totalitaire, parce qu'en fait, je trouve toujours que c'est à vomir. Bizarre, non ?

samedi, décembre 13 2008

Sale temps pour les femmes

Je ne sais pas ce qu'il y a en ce moment, mais ça fait coup sur coup plusieurs mauvaises nouvelles :

D'abord, la censure du film «les bureaux de Dieu» par des anti-avortements (via LeZ Strasbourg) :

CENSURE ET MOUVEMENTS ANTI-CHOIX

Bonjour à toutes et à tous,

Le LEM, petite salle d'Art et Essai de Tassin, s'est vu déprogrammer le film « les Bureaux de Dieu » de Claire Simon par une association catholique car celui-ci serait « blasphématoire » et « prônant l'avortement ».

L'association catholique dirigée par le père Matteo Lo Gioco est bien connue des associations féministes puisqu'il faisait partie des organisateurs des commandos anti-IVG qui ont à plus de 100 reprises, en France, fait entrave aux droits des femmes de disposer librement de leur corps.

Le LEM est lié par une clause du bail stipulant que « le preneur exploitera la salle pour la projection de films de bonne tenue morale choisis par Chrétiens Média ou tout autre organisme qui lui serait substitué par les autorités ecclésiastiques ».

Qu'une salle paroissiale décide de son programme, soit. Mais le LEM fait partie du réseau du GRAC(1) et à ce titre est subventionnée par la Région Rhône-Alpes et la DRAC. Cette censure à cause de convictions religieuses est inadmissible.

Le MFPF du Rhône dénonce cette censure et derrière, la remise en cause d'un droit fondamental pour les femmes.

Le MFPF du Rhône apporte son soutien aux bénévoles et aux salarié-e-s qui ont dénoncé et se sont oppposé-e-s à cette censure.

Le film est reprogrammé cette semaine :

a.. Le jeudi 11 décembre 2008 à 21h00

b.. Le samedi 13 décembre 2008 à 18h30

c.. Le dimanche 14 décembre 2008 à 19h15 en présence de Claire Simon, la réalisatrice, et Françoise Laurent Présidente du MFPF et d'une représentante du MFPF du Rhône.

Cinéma Le Lem

62 avenue du 8 Mai 1945

69160 TASSIN LA DEMI LUNE

L'association catholique et le père Mattéo Lo Gioco seront présents à la séance de dimanche.

Nous vous invitons à dénoncer cette censure, à réaffirmer le droit à l'avortement et plus globalement les droits des femmes et à soutenir les bénévoles et les salarié-e-s en venant débattre avec nous le dimanche 14 décembre 2008.

En ces temps de remise en question des droits individuels et collectifs, nous devons plus que jamais être vigilent-e-s et solidaires.

Amitiés féministes

Pour le MFPF 69

Marion ATHIEL, membre du CA du MFPF du Rhône

et membre du CA Confédéral du MFPF.

(1) Groupement Régional d'Actions Cinématographiques

Malika MEHENNAOUI

MFPF 69

mfpf69m.mehennaoui@laposte.net


Ensuite, un couple de lesbiennes s'est vu, en appel, refuser le partage de l'autorité parentale sur leurs enfants . Entre ça et le «blanchiment» de Vanneste, on dirait que la justice est très sensible à l'homophobie en ce moment...


Enfin, le viol et l'homicide d'une femme à Marseille par quatre personnes, dont visiblement au moins une qu'elle connaissait, qui l'ont forcée à boire (voir articles du Post , du Point et de la Provence). Si cette nouvelle n'était pas suffisante pour nous donner envie de vomir, on pourrait se rabattre avec les commentaires en ligne puant le racisme et la misogynie. Ou encore, ce petit extrait de l'article de la Provence :

Sur le trajet, est-ce de son plein gré que la jeune femme a ingurgité une bouteille entière de vodka ? Ivre morte dès son arrivée à l'hôtel, a-t-elle vraiment accepté de se soumettre aux volontés sexuelles de ces quatre hommes ?

C'est ce qu'affirment les deux mis en cause. Mais Cécilia n'est plus là pour donner sa version. Ce soir-là, de l'aveu même des violeurs présumés, elle va alterner les pertes de connaissance. Ce qui n'empêchera pas ses quatre "partenaires" de poursuivre leurs assauts.»

où l'on pourra noter l'utilisation du terme «violeur présumé» alors qu'ils avouent au moins avoir «poursuivi leurs assauts» après qu'elle ait perdu connaissance : il faudra m'expliquer comment quelqu'un qui a perdu connaissance pourrait donner un consentement.

Certes, ce n'est qu'un «fait divers», mais qui est malheureusement révélateur des violences systémiques contre les femmes... et de la façon dont elles sont traitées.