Rangers & Bas résille

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jeudi, juin 17 2010

Relations avec ma grosseur

Voilà quelques réflexions en vrac sur la façon dont le fait que je sois grosse interagit avec d'autres aspects de ma vie, notamment le fait d'être une meuf, d'être gouine, d'être trans, etc. Ça n'a pas pour but d'énoncer des généralités, juste de dire comment, moi, je le vis...

Grosseur et... fringues

C'est peut-être parce que je suis une fashion-victim, mais je crois que c'est le truc qui me fait le plus chier en étant grosse : l'incapacité de trouver des fringues qui :

  1. sont à ma taille ;
  2. me plaisent.

Ça m'arrive hyper souvent de tomber sur des fringues que je kifferais trop d'avoir et 95 fois sur cent elles ne sont pas disponibles à ma taille, et c'est hyper frustrant.

Bien sûr, il y a des rayons grande taille, mais bizarrement on ne retrouve plus les fringues aussi sexy ou mignonnes que dans les autres rayons, mais plutôt des jupes longues dont le but avouer est d'«amincir», des tee-shirts amples qui «cachent les formes», etc. Et même si j'aime aussi les jupes longues et les trucs larges, ça me fait super chier de voir que mon choix est limité parce que les fabriquants de fringues estiment que je ne suis pas censée montrer mon corps.

Accessoirement, comme ça m'arrive aussi pas mal de fois d'aller regarder les fringues dans les rayons «homme», je ne peux pas m'empêcher de remarquer que chez les mecs il n'y a pas tout à fait le même clivage que chez les nanas. Je n'irais pas prétendre que pour les mecs qui sont gros c'est hyper facile de trouver des fringues sympas, mais j'ai tout de même l'impression que globalement le type de fringues qu'on voit dans le rayon «grande tailles» masculin reste à peu près le même genre de fringues qu'on va retrouver dans les autres rayons masculins et qu'il n'y a pas la même espèce de dichotomie «pour filles sexables/pour moches» qu'au rayon féminin.

Grosseur et... bouffe

Il y a un truc avec lequel j'ai un peu du mal dans certaines revendications de «fat acceptance» et tout ça, c'est les discous qui disent grosso-modo : «on peut être gros·se tout en mangeant de manière saine et en étant en bonne santé».

Ce n'est pas que je sois en désaccord avec cette phrase, je pense que c'est vrai, le truc qui me gêne c'est que du coup je ressens un peu en clivage entre «bon·ne·s gros·se·s dont ce n'est pas la faute» et «mauvais·es gros·se·s qui l'ont bien cherché à se bâfrer».

Parce qu'en fait, il faut être honnête, perso, je suis quand même une super adepte de la junk food, j'aime bien les pâtisseries et le sucré, ça m'arrive souvent de me prendre des kebabs, bref l'alimentation équilibrée et moi ça fait clairement deux. Et en fait c'est pas quelque chose dont je pense que je devrais avoir particulièrement honte et qui ferait que ma grosseur serait moins acceptable que celle d'une personne qui mange équilibré, végétarien, etc.

Grosseur et... pornographie

Je crois que, globalement, j'ai du mal avec le porno, y compris ses incarnations «queers», «lesbiens» et tout ça.

Et j'aimerais bien me dire que c'est juste parce que je n'aime pas le porno, que ce n'est pas fait pour moi, et voilà (même si déjà ça dans certains milieux je trouve que ce n'est pas évident à dire).

Sauf que je ne suis pas sûre que ce soit juste parce que ce n'est pas mon truc, mais aussi parce que c'est présenté comme un truc vaguement «empowerant» (je parle d'un certain porno alternatif, hein, pas du porno industriel hétéro) où on est censée, pour une fois, être représentée.

Sauf que bon, en tant que gouine trans et grosse, ben j'ai quand même du mal à ne pas me dire que pour pouvoir vraiment être représentée, il faudrait que je sois vachement plus cisgenre et beaucoup plus mince...

Grosseur et... auto-défense

C'est con à dire, mais dans les rares cas où je me suis retrouvée face à de la confrontation physique (notamment au cours de l'agression que j'avais relatée récemment, mais aussi dans des cas où deux mecs voulaient m'empêcher de sortir du métro ou une autre fois où ça avait failli partir en baston avec un mec), j'ai eu l'impression qu'être grosse n'avait pas que des inconvénients, ne serait-ce que parce que quand il s'agit de passer alors que quelqu'un bloque le passage, ou encore de ne pas se casser la gueule quand quelqu'un te pousse, ben y'a l'inertie qui fait que les dizaines de kilos en trop ne sont pas forcément un point négatif.

Après ça n'a pas que des points positifs non plus, et par exemple j'aurais plus de mal à m'enfuire en courant, parce que ben voilà, je n'ai jamais été capable de courir vite et encore moins longtemps, et du coup je sais très bien que si un mec m'en veut vraiment il va me rattraper.

Cela dit, voilà, globalement j'ai l'impression que jusque là dans les agressions que j'ai vécu mes kilos en trop m'ont plutôt aidée à ne pas trop mal m'en tirer.

Par contre pour avoir participé de près ou de loin à des ateliers d'auto-défense féministes, je sais que le fait d'être grosse ne m'aide vraiment pas à me sentir bien dans ces espaces (lorsqu'il s'agit de pratique physique et pas de mises en situation verbales, en tout cas) parce que même quand c'est des potes que je connais et qui sont super cools, ben ça me renvoie à des trucs genre cours de sport où je me sentais hyper exclue.

Et je sais que j'en étais venue à me dire que ce qui me ferait le plus de bien, c'est pas ce genre d'ateliers en non-mixité meufs, ni en non-mixité gouines, ni en non-mixité trans, mais au final en non-mixité grosses.

Grosseur et... écriture

Je pense que je vais faire un billet plus détaillé sur mon rapport avec mes personnages dans l'écriture et les thèmes que j'y mets, mais je toruve quand même intéressant de noter que ma première protagoniste ouvertement trans, j'en ai eu l'idée environ 2 ans avant de démarrer une transition. De la même manière, j'ai créé ma première protagoniste lesbienne environ 4 ans avant de me considérer comme telle.

Tout ça pour dire que j'ai souvent mis dans l'écriture des choses que je n'assumais pas encore publiquement et que je n'acceptais pas encore tout à fait.

Par contre, ma première protagoniste grosse, je crois vraiment que ça date de l'année dernière avec Lev d'Enfants de Mars et de Vénus, soit environ 20 ans après avoir commencé à être grosse.

lundi, mai 31 2010

Manif de nuit de Lille : bilan perso...

Voilà, samedi dernier s'est tenue la manif de nuit dont je vous avais déjà parlé sur ce blog à deux reprises.

Alors on est parties à une petite centaine de meufs, direction le vieux Lille, derrière la banderole "Marchons la nuit pour ne plus jamais nous faire marcher dessus". On avait plein de jolies pancartes avec des slogans sympas :

  • la nuit nous appartient !
  • dans "non" c'est quoi que tu comprends pas?
  • pourquoi les couples hétéros cherchent-ils à imiter les couples butch-fem ?
  • le féminisme n'a jamais tué personne, on s'y met quand ?
  • riot, not diet
  • XX ? XY ? Je suis une fille XXL !
  • Mère si je veux, mère comme je veux !
  • Nique ton père le patriarche
  • Exotique toi-même !
  • lesbienne radicale contre l'ordre morale
  • Etc. etc.

Ambiance super sympa malgré le temps un peu pourri. Quelques réactions pourries de connards machos sur notre chemin mais une façon de répondre vachement collective et «enpouvoirante» comme on dit, puisqu'on leur répondait en général à grand coups de slogans bien sentis. On notera d'ailleurs que le macho de base ne trouve le courage d'attaquer les méchantes féministes que dans une des conditions suivantes :

  • être accompagné d'au moins quatre de ses pairs
  • être dans une voiture
  • être depuis sa fenêtre du deuxième étage

Donc bref c'était hyper cool, avec à la fois un côté se réapproprier la nuit, se rendre compte que youhou les connards on pouvait les envoyer chier et qu'on avait pas à fermer nos geules et tout ça.

Sauf qu'au bout de trois rues, en arrivant à Rihour, des flics nous ont encerclées et empêchées de continuer plus loin. On est restées bloquées une bonne demi heure sous la pluie battante, ce qui était moyennement sympa. On a aussi eu droit aux reflexions sexistes/lesbophobes/transphobes de la police nationale (police patriarcale, rappelons-le). Finalement on a fini par se disperser non sans avoir gueulé quelques slogans en retour, dont notamment (quand on a vu débarquer une demi-douzaine de camions de flics) : «moins de camions, plus de camionneuses», qui n'a pas vraiment plu aux messieurs en uniforme qui apparemment n'aime pas les camionneuses (ce qui prouve, s'il le fallait encore, que le policier de base, en plus d'être au service de l'hétéropatriarcapitalisme, n'a pas de goût).

Donc voilà, c'était bien parti mais du coup ça a été très court à cause de nos «amis» de la police....qui nous ont en plus empêchées de repartir avec nos belles pancartes, qu'on a dû poser sur la place et les laisser livrées seules face à la pluie battante qui les dissolvait lentement. Snif...

Heureusement on s'est ensuite retrouvées pour une after qui était super cool et il y a quand même des chances (enfin j'espère) qu'on remette ça dans pas trop longtemps et qu'on refera vite des pancartes encore plus belles... et rebelles.

dimanche, mai 9 2010

Manif féministe de nuit à Lille le 29 mai

Youpi, voici le tract pour la manif féministe de nuit qui aura lieu à Lille le 29 mai que je ne peux m'empêcher de vous copier/coller (un tract au format Word est aussi disponible sur le site d'Indymedia)


MANIF DE NUIT FEMINISTE NON-MIXTE FEMMES, LESBIENNES, GOUINES, BISEXUELLES, ASEXUELLES, HETEROSEXUELLES, PANSEXUELLES (QUE NOUS SOYONS TRANS OU CISGENRES)

RENDEZ-VOUS LE SAMEDI 29 MAI 2010 A 21H DEVANT L’OPERA DE LILLE

Nous sommes diverses, multiples et mouvantes.

Nous sommes des féministes, femmes, lesbiennes, gouines, et/ou transgirls …

Nous sommes bisexuelles, hétérosexuelles, autosexuelles, asexuelles, homosexuelles…

Nous sommes précaires, pauvres, salariées, sans-papières, ouvrières, étudiantes, chômeuses, femmes au foyer, travailleuses du sexe, mères célibataires, organisées ou isolées…

Nous sommes noires, blanches, métisses, asiatiques, arabes, latinas, berbères…

Nous sommes grosses, maigres, fortes, minces, rondes, poilues, rasées, plates ou à gros seins, à cheveux longs ou crâne rasé, avec crête de punk ou raie sur le côté, avec un voile, une casquette ou un chapeau…

Nous aimons les mini-jupes et les caleçons, les baggys et les talons, les grosses godasses et les tops à paillettes…

Nous sommes jeunes, vieilles, avec handicap ou pas pour l’instant… Nous sommes féministes tant qu’il le faudra !

La nuit nous appartient !

En tant que personnes catégorisées femmes, nous sommes en permanence matraquées par des règles de conduites qui restreignent nos libertés : « Ne sors pas toute seule le soir », « Ne mets pas de mini-jupe, c’est de la provocation » ou encore « Fais-toi raccompagner par un homme ». Ces injonctions conditionnent nos agissements et ne nous donnent pas d’outils pour nous défendre. Et si on ne suit pas ces règles, on a encore plus peur, on est culpabilisées et rappelées à l’ordre.

La peur entretenue de la nuit fait de l’ombre aux violences de la journée. NON, les violences n’ont pas d’heure et elles sont partout : dans les maisons, dans la rue, au travail… En effet, les femmes sont majoritairement agressées par des hommes qu’elles connaissent (conjoint, collègue, voisin, patron, oncle, père…) dans un lieu qui leur est familier. Cependant, l’espace public reste majoritairement - voire exclusivement - le territoire des hommes, d’autant plus la nuit.

Pour les personnes catégorisées comme femmes, la rue est un espace où l’on est en permanence considérées comme disponibles sexuellement ; un espace de harcèlements, de reluquages, d’attouchements sexuels, d’injures, de sifflements et de peur des agressions masculines (qu’elles soient physiques, verbales, sexuelles, psychologiques).

Pour exprimer notre force et notre parole en autonomie par rapport aux mecs, cette manifestation est organisée entre féministes, femmes, filles, lesbiennes, gouines et/ou transgirls ; celles qui en ont marre de se faire mater comme un bout de viande ou d’être considérées comme des poupées gonflables, celles qui vivent dans la rue ou y travaillent, celles qui veulent embrasser leur copine dans le bus, celles à qui on dit qu’elles se sont trompées de chiottes, celles qui sont racisées et exotisées, celles qui en ont marre des mains au cul, celles qui veulent boire un coup sans se faire draguer… Cette manifestation est pour toutes celles qui reconnaissent des petits bouts de leurs vies dans ces violences et cette oppression.

Marre du contrôle de nos corps et de nos vies ! Marre de se prendre des claques dans la gueule (au propre comme au figuré) ! Marre d’être de la chair à viol ! Nous voulons que nos corps nous appartiennent enfin !
  • Parce qu’il n’est pas normal que nous ayons peur quand nous marchons seules la nuit.
  • Parce qu’on en a marre de ne croiser que des mecs dans la rue, les gares, les métros… après 23h
  • Parce que nos corps ne nous appartiennent toujours pas
  • Parce qu’on nous impose le modèle hétérosexuel et que toute autre sexualité est diabolisée ou invisibilisée
  • Parce que les canons de beauté qu’on nous impose (pubs, journaux, films, télé…) sont fixés par et pour les hommes.
  • Parce que les violences conjugales et intrafamiliales sont la première cause de mortalité et d’invalidité des femmes en Europe
  • Parce qu’une femme est violée toutes les 10 minutes ! Et parce qu’en face, la réponse des institutions (quand elles la croient !) n’est que demande de preuves et infantilisation.
  • Parce que ras-le-bol de l’obligation d’être polies, souriantes, douces et aimables.
  • Parce qu’être sans-papières, c’est travailler pour peu ou pas de rémunération et sans la protection du droit du travail.
  • Parce que la situation de semi-clandestinité dans laquelle sont placées les femmes sans-papiers, les empêche de porter plainte en cas d’abus ou d’agressions de peur de l’expulsion et les place à la merci de dominations patriarcale, capitaliste et raciste plus accrues.
  • Parce que parfois les seules sources lumineuses dans la rue sont des pubs de femmes à poil pour vendre du carrelage.
  • Parce que les lesbiennes sont victimes de lesbophobie (agressions physiques, verbales, viols, blagues, invectives, remarques…)
  • Parce que tous les trois jours une personne trans est assassinée dans le monde.
  • Parce que la transphobie n’est même pas reconnue par la loi française
  • Parce que les personnes bi vivent avec l’injonction permanente de choisir leur camp et que la biphobie n’est pas reconnue par les institutions
  • Parce que le caractère lesbophobe ou transphobe de certaines agressions est rarement reconnu ; et que le caractère sexiste des agressions sur les femmes trans est généralement nié
  • Parce que celles qui ont choisi de ne pas avoir d’enfants vivent avec l’injonction d’en avoir, et parce que celles qui en ont vivent avec l’injonction d’être des "bonnes mères" (douces, entièrement vouées à leurs enfants, devant renoncer à la vie nocturne…)
  • Parce qu’en condamnant le racolage passif, l’État accroît la répression à l’encontre des prostituées et les met encore plus en danger
  • Parce que dans notre société binaire (masculin/féminin) et patriarcale, les dominations masculine et hétérosexiste continuent d’exister même dans les milieux « ouverts d’esprit ».
  • Parce qu’on est censées être baisables mais pas baiseuses.
  • Parce qu’on en a marre d’entendre « alors, vous êtes seules les filles ? » alors que non, on est quatre, « connard ! »
  • Parce qu’on a beau avoir beaucoup d’humour, les remarques, invectives et blagues sexistes ne nous font toujours pas rire !

Ainsi pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, nous sommes dans la rue aujourd’hui et dans la lutte au quotidien. Nous ne souhaitons pas accéder aux privilèges des hommes mais abolir tous les privilèges et les systèmes de dominations qui les entretiennent ; nous voulons pouvoir nous définir par nous-mêmes et pour nous-mêmes.

Tant que nous ne serons pas considérées comme des individues à part entière, tant que nous serons des citoyennes de seconde zone, tant que nous n’aurons pas notre place dans la rue, tant que notre accès à l’espace public sera soumis à des conditions hétérosexistes, nous ne lâcherons pas l’affaire !

Nous continuerons à nous mobiliser, à investir l’espace, à exiger notre place et à combattre ce système patriarcal, capitaliste, raciste, classiste, binaire et hétéronormé.

ORGANISATION ! RESISTANCE FEMINISTE ! SOLIDARITE ! EMANCIPATION !

Marchons la nuit, pour ne plus jamais nous faire marcher dessus !

jeudi, avril 29 2010

Traitre à son (trans)genre

Dans la série, «je ressors des vieux posts que j'avais pas publiés», en voilà un qui date d'il y a un certain temps, à un moment où je me posais pas mal de questions sur les articulations pas toujours évidentes entre identité trans, identité gouine, identité féministe et tout ça.

À vrai dire j'hésitais un peu à le publier parce que c'est plus tout à fait le sentiment que j'ai à l'heure actuelle et que ça parle pas de certains trucs sur lesquels j'ai pu mettre le doigt depuis et qui participaient au problème (notamment l'instrumentalisation des questions trans et queer par des personnes cisgenres et straights pour dénigrer un féminisme jugé trop radical, qui mériterait un billet à part). Cela dit j'ai décidé de publier ça quand même en me disant que ça pouvait toujours être intéréssant, même si je le trouve super négatif par rapport à ce que je vis actuellement.


Ça fait pas mal de fois, sur Internet, et notamment en commentaires sur des blogs féministes anglo-saxons, que des personnes trans me sortent en réaction à un truc que j'ai dit, quelque chose dans le genre : «on voit bien que t'es cisgenre». Ou un truc comme ça.

Au départ, ça m'amusait, surtout quand c'est à cause d'un quiproquo parce que je maîtrise pas hyper bien l'anglais ou parce que j'ai pas exactement la même vision des choses sur tel ou tel sujet trans. Un peu moins quand je me rends compte après coup que c'est parce que ce que j'ai dit suinte la transphobie intériorisée.

Dans la vraie vie, j'ai moins ce coup-là, parce que d'une part je ne passe pas forcément hyper bien (et le fait de vouloir «passer» pour une meuf cisgenre, en soi, suinte sans doute aussi pas mal la transphobie intériorisée) et d'autre part parce que les personnes me connaissent en général depuis un certain temps et savent que je suis trans.

Par contre, je ne sais vraiment pas pourquoi, mais dernièrement j'ai quand même eu plusieurs fois l'impression d'un truc un peu similaire : c'est à dire qu'à défaut d'être une vraie gouine cisgenre approuvée©, je suis quand même considérée comme une bonne trans, ou qu'en tout cas j'ai tendance à vouloir me comporter comme tel.

Qu'est-ce qu'une bonne trans ? J'imagine que ça dépend, mais par exemple une nana m'avait expliqué que dans son groupe, qui est non-mixte, les filles trans pouvaient éventuellement envisagées d'être acceptées aux deux conditions suivantes qu'elle posait :

  1. passer à peu près ;
  2. ne pas trop prendre la parole, et en tout cas pas de manière affirmée (elle m'avait clairement expliqué que le fait d'avoir des bases politiques était un point négatif).

Et le verdict plus ou moins non-officiel, c'était que moi ça allait, parce que, en gros, je suis timide, je parle pas fort, et j'ai en général énormément peur de soulever des points dont j'ai peur qu'ils amènent au conflit.

Pour d'autres personnes, être une bonne trans c'est quand même pas mal lié à l'expression de genre. Et là aussi, autant je vais être surper mal vu par des psys, autant, parce que je ne suis pas trop «féminine mainstream», j'ai l'impression d'être plus acceptée dans des milieux plutôt féministes et lesbiens qu'une fille trans très féminine, ou qui a un certain type de féminité, ou plus vieille, etcaetera.

Bref, voilà, même si j'ai plein de trucs qui font que je suis loin d'être la transgirl parfaitement acceptée ni parfaitement acceptable (j'ai pas un méga passing, je suis pas opérée, etcaetera), j'ai quand même l'impression d'avoir accès à un certain degré de privilège que je n'aurais peut-être pas si j'étais plus vieille, si je parlais plus fort, etcaetera.

Accessoirement, dans la plupart des groupes non-mixtes de meufs où je mets les pieds en ce moment, ben même s'ils sont la plupart du temps super cools, en général je suis la seule fille trans. Et encore, je suis pas complètement sûre de vouloir me définir comme trans, et tout ça.

Et en fait, c'est ça qui me pose problème. Je veux dire, j'ai vraiment du mal à savoir si j'ai des questions d'identité qui me sont personnelles mais qui sont complètement légitimes, ou alors si c'est une façon d'intérioriser des trucs et de ne pas vouloir exprimer de «spécificité» trans ?

Et ce qui me fait vraiment chier, c'est quand, même dans ces espaces, sur des petits trucs pas graves, ben j'ose pas dire que ça me fait un peu chier ou que ça me renvoie des trucs pas cools, ou que j'ose pas demander des précisions sur ce que quelqu'une voulait dire, etc. Je veux dire, dans tous ces cas, c'est pas comme si je côtoyais des fachottes qui allaient me lyncher si j'avais le malheur de l'ouvrir, et y'a même des chances assez fortes pour que je sois écoutée.

Je veux dire, c'est pas des gros trucs non plus qui me plombent le karma. Juste une succession de petits actes, ou plus exactement de petits non-actes, juste des «ne pas» : ne pas oser poser explicitement la question de comment dire que les gouines trans sont inclues dans un espace non-mixte lesbiennes ; ne pas oser demander si ça le fait de prendre telle brochure en diffusion «non-mixte» parce qu'on a l'impression que le groupe qui l'a éditée était pas trop trans-friendly à la base et me convaincre que, de toute façon, j'en voulais pas vraiment ; ne pas oser dire à une copine que je vis mal le fait qu'elle explique le fait qu'une nana trans soit relou et autoritaire par le fait qu'elle soit trans et que donc c'est forcément un comportement masculin, etc.

Je veux dire, dans tous ces cas, c'est pas comme si je côtoyais des fachottes qui allaient me lyncher si j'avais le malheur de l'ouvrir, et parfois c'est elles-mêmes qui l'ouvrent, mais c'est juste que... ben, j'ai vachement de mal. Et parfois y'a juste rien et c'est juste moi qui me fait du mal toute seule à psychoter comme une conne ou à me dire que, même si j'ai beau être acceptée par les copines féministes du coin, ben, fondamentalement, je ne le mérite pas..

Et ça me fait chier autant de transphobie intériorisée, de fantasmer sur le fait que si j'arrive à passer un peu plus et si je change de ville pour trouver un boulot, je pourrais ne pas dire que je suis trans, être complètement stealth[1] et ne plus avoir à gérer ce côté là...

Et en même temps je me sens de moins en moins une identité en tant que «trans», et je vois pas pourquoi je devrais forcément m'imposer d'être hyper parfaite et de ne rien laisser passer.

Bref en ce moment j'ai l'impression que je suis partagée entre une envie de revendications trans et d'aller en profondeur sur des trucs, l'articulation avec le sexisme, la lesbophobie, d'un côté, et une forme de haine de soi et de sentiment d'illégitimité de l'autre,

C'est pas dramatique, mais ça là que je me rends compte que ça me manque vachement de ne pas avoir eu l'occasion de vraiment échanger en profondeur avec des gouines trans féministes impliquées dans les mêmes collectifs que moi et de me sentir un peu... seule, par moment.

Notes

[1] Non, ça ne veut pas dire porter du camouflage en permanence. Même si c'est aussi une tendance de mon côté obscur que je combats.

lundi, mars 29 2010

En vrac : Cinéma / Enfants de Mars et de Vénus

Cinéma

Aujourd'hui, j'ai regardé Transamerica. En Version Française. Et je dois dire que j'ai pas franchement réussi à rentrer dans le film. J'avais beau faire des efforts, je voyais vachement une femme cisgenre qui s'amusait à jouer la trans. Il faut dire que le doublage n'aidait pas franchement, parce que bon, à force de se forcer à avoir une voix masculine pour «faire trans», j'avais juste l'impression d'entendre Marge Simpson.

Du coup voilà, pour l'immersion c'était un peu raté, et la seule chose que j'ai vraiment retenu du film c'est que c'est dommage que le gosse ne se soit pas appelé «Luc», parce que ça aurait revisité un peu le coup du «Luc, je suis ton père».

Et ça m'a un peu questionné sur les figures de filles trans que j'avais pu voir dans les films. Les figures un peu positives, genre pas la méchante dans Ace Ventura ou le tueur dans le Silence des Anneaux.

Et bizarrement je crois que c'est encore Hershe las Palmas, jouée par Pam Grier dans Los Angeles 2013, que je trouve la moins pire. Parce que d'accord, elle est aussi jouée par une femme cisgenre qui se force à prendre une voix grave, sauf qu'au moins elle a la classe. Bon OK, ça rentre dans la catégorie «trans qui meurt avant la fin du film», mais au moins y'a les deux tiers du casting qui meurt aussi, donc c'est moins pire. Et puis, bon, OK, c'est sans doute un traitement un tout petit peu exotisant de la transidentité, où le héros fouille entre ses jambes, sort sa rengaine «plus les choses changent et plus elles restent les mêmes» en sortant le flingue qu'elle cache sous sa jupe, continue à l'appeler par son ancien prénom, tout ça au milieu de célébrités obligées de voler des organes à cause d'excès de chirurgie esthétique, d'un ersatz de Che Guevara qui roule dans une décapotable ornée de têtes de poupées Barbie décapitées et d'une boule à facette, mais au moins c'est quand même une nana trans chef de gang, et ça ça a de la gueule.

Alors que le traitement des trans façon «on se la joue super authentique et proche de la réalité mais on va quand même pas confier le rôle à une trans», bizarrement, ça me botte moins.

(Les mauvaises langues diront que c'est aussi parce que je ne peux pas apprécier un film s'il n'y a pas d'armes à feu et au moins une explosion.)

Enfants de Mars et de Vénus

Juste pour signaler aux personnes qui ne suivraient pas qu'il y a des nouveaux épisodes d'Enfants de Mars et de Vénus, c'est-à-dire le chapitre 1 :

Et là encore, quelques commentaires après la séparation (qu'il vaut évidemment mieux lire après avoir lu les épisodes).

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lundi, mars 8 2010

Enfants de Mars et de Vénus : le premier épisode

Un petit billet pour annoncer la publication du premier épisode (ou plus exactement du zeroième épisode) d'Enfants de Mars et de Vénus, roman policier fantastique lesbien publié sous forme de feuilleton tous les lundis.

Pour celles et ceux qui voudraient avoir le résumé de l'intrigue :

Au départ, quand Lev se retrouve avec une jolie blonde dans son lit, elle est plutôt contente.

Manque de pot, ensuite, tout va de travers : non seulement elle apprend que la fille avec qui elle vient de coucher est une transsexuelle non opérée, mais il se trouve qu'en plus elle est suspectée d'être une tueuse en série.

Du jour au lendemain, Lev se retrouve alors recherchée par les forces de Police, une secte occulte, des skinheads nazis et des cauchemars bizarres.

Et, à force de la chercher, ils risquent bien de la trouver.

Comme vous l'aurez sans doute noté, j'ai décidé de publier ce roman sur un autre site plutôt qu'ici ; par contre j'ai aussi estimé que ça pourrait être cool de livrer quelques réflexions sur mes dilemnes d'écrivaine (d'un point de vue féministe, pas «alors, j'ai galéré niveau répétition parce que trouver des synonymes c'est pas mon truc»).

Et du coup, je commence tout de suite, mais comme ça peu gâcher un peu le suspens, je recommande de lire l'épisode avant de regarder la suite.

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mardi, mars 2 2010

«La Femme» n'existe pas, reprenez votre journée, rendez-nous nos vies (manifestion 8 mars à Lille)

Pourquoi le 8 Mars ?

Nous en avions marre de voir le 8 mars célébré comme la journée de "La Femme", cette "Femme" n’existe pas. Nous avons décidé de manifester ce jour-là pour nous réapproprier cette journée, la re-politiser et porter nos revendications en dehors des soupes médiatique, institutionnelle et commerciale habituelles.

Quoi ?

Nos revendications et notre lutte dans le tract accompagnant l’article. Ce tract est le fruit d’une rédaction collective d’individuEs féministes et non le tract unitaire. Vous pouvez le télécharger, l’imprimer, le diffuser...

Qui sommes-nous ?

Des individuEs isoléEs ou organisÉes au sein de collectifs, groupes politiques, associations ou syndicats.

Pour qui ?

Pour toutes les personnes qui luttent contre ce système patriarcal, raciste, capitaliste, classiste, binaire et hétéronormé.

Où et quand ?

La manifestation aura lieu le lundi 8 mars. Rendez-vous est donné à partir de 18h Place de la République à Lille. Nous bougerons ensuite pour une petite ballade revendicative et bruyante dans les rues du centre-ville.

Manifestation à l’appel de (par ordre alphabétique) :

Chez Violette, Flamands Roses, GDALE-CGA, Idées à Coudre, Solidaires 59/62, Sud Education 59/62, Sud Etudiant-e Lille, UL CNT de Lille

Tract de la manifestation :

« LA FEMME » n’existe pas !

Nous sommes diverses, multiples et mouvantes.

Nous sommes femmes, lesbiennes, gouines, trans, féministes…

Nous sommes bisexuelles, hétérosexuelles, autosexuelles, asexuelles, homosexuelles…

Nous sommes précaires, pauvres, salariées, ouvrières, étudiantes, chômeuses, femmes au foyer, mères célibataires, organisées ou isolées…

Nous sommes noires, blanches, métisses, asiatiques, arabes, latinas, berbères…

Nous sommes grosses, maigres, fortes, minces, rondes, poilues, rasées, plates ou à gros seins…

Nous sommes jeunes, vieilles, avec handicap ou pas pour l’instant…

Reprenez votre journée, rendez-nous nos vies !

Aujourd’hui, c’est le 8 mars, la journée dite de « La Femme » ; demain, on sera le 9, et alors ? Rien n’aura changé. Nous ne voulons pas de vos fleurs alors que nous prenons des claques au quotidien. Nous ne sommes pas « La Femme » aimante, souriante et docile qui devrait être heureuse qu’on lui consacre une journée par an. Cette journée se référait au départ à des luttes de femmes pour leurs droits. Elle a été instrumentalisée pour nous enfermer, canaliser nos révoltes et porter nos revendications un seul jour dans l’année.

***

Marre de tout le travail gratuit qu’on fournit ! Marre de notre précarisation ! Pour l’égalité sociale et salariale !

  • Parce que le rôle maternel qui nous est imposé sert d’excuse pour nous éloigner de la vie sociale, politique et culturelle
  • Parce qu’on attend de nous qu’on console, qu’on cajole, qu’on panse les plaies des enfants, des amis, des parents, des partenaires et que ce travail n’est pas reconnu
  • Parce qu’on se fade toujours l’essentiel du travail domestique
  • Parce que même à travail égal, nous n’avons pas un salaire égal et que certains postes nous restent inaccessibles
  • Parce que le travail le plus précaire, c’est souvent pour notre poire surtout quand on n’est pas blanche (travail ingrat, travail invisible, contrats de merde, temps partiel imposé…)

Marre du contrôle de nos corps et de nos vies ! Marre de l’utilisation de nos corps pour vendre des chips ! Nous voulons que nos corps nous appartiennent enfin !

  • Parce que nos corps ne nous appartiennent toujours pas
  • Parce que le droit à l’avortement est constamment remis en cause et de plus en plus limité
  • Parce que ce sont toujours les médecins qui décident de ce qui nous convient le mieux (choix de la contraception, grossesse…)
  • Parce que le psychiatre reste une étape imposée lorsque des personnes trans veulent accéder à des traitements ou à un changement légal d’identité
  • Parce qu’on nous impose le modèle hétérosexuel et que toute autre sexualité est diabolisée
  • Parce que nous préférons vivre plutôt que d’attendre le prince charmant, et parce que des fois, nous préférons les princesses
  • Parce que les canons de beauté qu’on nous impose (pubs, journaux, films, télé…) sont fixés par et pour les hommes

Marre de se prendre des claques dans la gueule (au propre comme au figuré) ! Marre d’être de la chair à viol ! Pour l’autonomie et l’organisation de nos résistances !

  • Parce que les violences conjugales et intrafamiliales sont la première cause de mortalité des femmes en Europe
  • Parce qu’une femme est violée toutes les 10 minutes ! Et parce qu’en face, la réponse des institutions (quand elles la croient !) n’est que demande de preuves et infantilisation.
  • Parce qu’il n’est pas normal que nous ayons peur quand nous marchons seules la nuit
  • Parce que le caractère lesbophobe ou transphobe de certaines agressions est rarement reconnu
  • Parce qu’en condamnant le racolage passif, l’État accroît la répression contre les prostituées et les met encore plus en danger
  • Parce qu’en enfermant les personnes trans dans des prisons correspondant à leur sexe biologique et en leur refusant l’accès à leur traitement, l’État organise la violence contre elles (viols, agressions physiques, verbales…)
  • Parce que dans notre société binaire (masculin/féminin) et patriarcale, la domination masculine continue d’exister même dans les couples les plus sensibilisés à la question
  • Parce qu’on a beau avoir beaucoup d’humour, les remarques, invectives et blagues sexistes ne nous font toujours pas rire !

Ainsi pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, nous sommes dans la rue aujourd’hui et dans la lutte au quotidien. Nous ne souhaitons certainement pas être l’égal de l’homme ; nous voulons pouvoir nous définir par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Tant que nous ne serons pas considérées comme des individues à part entière, tant que nous serons des citoyennes de seconde zone, tant que la seule journée pour nous sera le 8 mars, nous ne lâcherons pas l’affaire ! Nous continuerons à nous mobiliser, à investir l’espace, à exiger notre place et à combattre ce système patriarcal, capitaliste, raciste, classiste, binaire et hétéronormé.

Organisation ! Résistance Féministe ! Solidarité ! Émancipation !

Reprenez votre journée, rendez-nous nos vies !

lundi, novembre 16 2009

Contrefaçons

Il y a quelques jours[1], j'ai reçu le harnais que j'avais commandé (le harnais, c'est pour pouvoir mettre des godes à la ceinture, pas pour faire de l'escalade, ni pour promener un chien, je précise.)

Bon voilà, en soi c'est pas forcément une information hyper intéressante[2], mais quand j'avais évoqué le fait que je trouvais ça trop cool, quelqu'un m'avait fait une remarque du genre : «toi, t'es du genre à te faire couper la jambe pour mettre une prothèse ?».

Et en fait, je me disais que c'était assez révélateur de la façon dont étaient perçus les godes-ceintures et peut-être les godes de manière générale : c'est-à-dire, un pâle substitut de pénis pour les personnes qui n'en ont pas.

Alors qu'en fait, ben je vois pas vraiment les choses comme ça. Aussi bizarre que cela puisse paraître, la façon dont j'appréhende mon gode-ceinture ne va pas être la même que celle dont j'appréhende ce que j'ai entre les jambes.

Ne serait-ce que parce que, déjà, je ne sais pas pour les autres nanas trans, mais moi avec les hormones et tout ça, je suis pas comme les trans dans le porno qui sont capables d'avoir une érection impressionnante[3], et que du coup, ben, euh... disons que si l'envie me prend de faire certaines choses, ça vaudra quand même pas un gode, hein.

À l'inverse, aussi horrible que ça puisse sonner aux oreilles de ma psychiatre, même sans pénétration, je peux prendre du plaisir avec mes organes génitaux. Et du coup, aussi cool que soit n'importe quel gode, ça restera toujours du silicone (ou une autre matière) dépourvu de connexions nerveuses, et qui du coup ne m'apportera pas le même plaisir.

Ce que je veux dire par tout ça, c'est qu'en fait, non le but d'un harnais ou d'un gode n'est pas de copier le phallus et le rapport hétérosexuel classique.

Je veux dire, d'accord, pour l'usage qu'on en fait en général, un gode a intérêt à avoir une forme oblongue, maintenant y'en a quand même pas mal qui cherchent pas à ressembler à des pénis... Genre le truc fluo avec des petites bosses dessus, ben, je suis vraiment pas une spécialiste des bites bio, mais j'imagine que ça doit quand même pas être super courant.

Je peux comprendre que des hétéros (et pas que, parce qu'on vit tou·te·s dans une société hétéro) pensent qu'on ne peut jurer que par le dieu Phallus et que la relation hétérosexuelle est tellement vitale qu'on ne peut rien faire sans, et que du coup tout le reste doit être comparé à ça et vu comme une imitation.

Mais en fait, on peut considérer un gode pour ce que c'est en soi : c'est-à-dire, un gode, et pas forcément en tant que copie de bite bio. On peut donc considérer un harnais comme un moyen de prendre du plaisir et d'en donner, et dont le but n'est pas forcément de «se prendre pour un mec». De même que l'intérêt d'un pisse-debout peut tout simplement être de faire pipi debout et non de vouloir à tout prix... eh bien, là encore, se prendre pour un mec. Ou encore, qu'on peut être butch parce qu'on apprécie être butch, parce que ça correspond à son identité et tout ça, et non pas pour... oh, toujours, se prendre pour un mec.

Bizarrement, à côté de ça, quand je dis que j'aime me prendre des coups de cravache, personne ne vient me dire que je fais ça pour pouvoir «me prendre pour un cheval». Allez comprendr.

Du coup, évidemment, les gens pourront toujours intérprêter et continuer à dire que le but de ci est de se prendre pour un mec, ou que le but de ça est de singer la relation hétérosexuelle ; maintenant je me demande si ça ne reflète pas surtout le fait que ces personnes continuent à placer sur un piédéstal le fait d'être un mec ou la relation hétérosexuelle, et leur incapacité à considérer qu'il puisse y avoir des choses en dehors.

Notes

[1] Au moment où je commençais à écrire ce post ; maintenant, ça fait plus. Et depuis j'ai appris à faire les harnais façon do-it-yourself avec des chambres à air, des rivets, et un anneau de fémidon, du coup c'est con, j'aurais pu faire des économies.

[2] Mis à part que si on compare ma vie sexuelle avec ma collection de sex-toys, on se dit que c'est quand même du fric qui sert à rien, mais voilà, voilà.

[3] Bon, il faut dire que je suis assez impressionnable sur le sujet. À chaque fois que je feuillette une brochure gay explicite je me retrouve à faire O_O' et à demander à des copains gays si ça existe vraiment dans la vraie vie ou si c'est juste grâce à Photoshop, alors qu'en général leur réation c'est «Bof, un peu petit».

mercredi, septembre 16 2009

En vrac (spécial lesbiennes)

Quelques liens dont je m'étais dit qu'il faudrait que je parle un de ces quatre, mais pour lesquels j'avais pas assez pour faire un billet séparé :

Mouvements lesbiens : ruptures et alliances

L'ILGA (International Lesbian & Gay Association) a publié une volumineuse brochure intitulée Mouvements lesbiens : ruptures et alliances. Elle est disponible en téléchargement sur le site et peut également être commandée mais, malheureusement, n'est (pour le moment ?) pas traduite et donc uniquement en anglais.

J'ai un peu du mal à lire des textes longs à l'écran, surtout s'ils sont en anglais, mais je l'ai survolée rapidement et elle aborde des choses intéressantes, comme le rapport au féminisme et au mouvement LGBT, la nécessité de visibilité lesbiennes, les questions sur l'intégrationnisme, le rapport au racisme, à l'internationalisme, aux trans, presente les portraits de quelques féministes lesbiennes, etc.

Genre, sexualité et société

Genre, sexualité et société est une revue créée récemment, consacrée à la sexualité et aux questions de genre, et dont les articles peuvent être lus en ligne, ce qui est, je trouve, plutôt cool. Le premier numéro (sorti au printemps 2009 était consacré aux lesbiennes, avec notamment deux articles parlant de Monique Wittig.

Lezspace

Ça fait un bout de temps que je voulais en dire deux mots, mais comme j'oublie tout le temps... enfin mieux vaut tard que jamais : Lezspace est un site qui regroupe les blogs de gouines, et propose notamment de voir les derniers articles publiés sur les différents blogs référencés. Parce que la visibilité lesbienne passe aussi par la blogosphère[1].

Bekhsoos

Bekhsoos est un hebdomadaire en ligne publié par l'association libanaise Meem, un groupe de lesbiennes, femmes bisexuelles ou en questionnement et personnes trans. Avec des articles en anglais et en arabe.

Notes

[1] Même si on n'est pas obligée d'utiliser le terme blogosphère, mais moi j'aime bien, ça fait hype 2.0.

dimanche, juillet 26 2009

Post rapide depuis les UEEH

Quelques notes très rapides et très en vrac, vu que je suis actuellement pas trop dispo pour internet :

  • du coup, je dois avoir un bon millier de mail en attente, donc 99% de spam. Si vous avez envoyé un mail faisant partie du pourcent restant, désolée, mais n'espérez pas de réponse immédiate ;)
  • je suis très déçue de la non-mixité gouine et du rapport aux trans. J'avais entendu parler de rumeurs de "vérification de contenu de culotte" pour les trans, et c'est un peu ce qui m'interessait, mais en fait pas du tout. C'est quand meme vachement frustrant.
  • c'est d'ailleurs drole comment je peux dire "il faut etre explicite pour dire qu'on inclut les trans sinon ça exclut de fait" et faire exactement l'inverse quand c'est à moi de rédiger le truc. Je ferai peut-etre un billet plus détaillé la-dessus, tiens.
  • je suis assez contente d'avoir réussi à oser faire un atelier, finalement intitulé "transgirls vs féminisme", et je ferai sans doute un billet plus détaillé la-dessus aussi.
  • et il y aurait plein d'autres trucs à dire, mais là, pas le temps.

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