Vernis & Sécateur

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jeudi, janvier 22 2009

Boucler la boucle

Bon ben voilà, j'étais ce soir à une AG pour le congrès de dissolution de la LCR.

Ça fait bizarre, quand même. Surtout que ça vient pratiquement jour pour jour cinq ans après le congrès de dissolution de SPEB. Ça me rappelle des souvenirs, du chemin parcouru, et je me dis que même si j'ai eu quelques frustrations à la ligue ces derniers mois, et même si ça m'a boufé un temps monstrueux (et des cotis', aussi, accessoirement) pour aboutir à des résultats qui semblaient pas souvent très tangibles, ben je me dis que quand même, ça m'a apporté vachement, l'air de rien.

Et comme je ne trouve rien d'autre à dire, je vous fais partager mon petit délire d'une heure du mat :

npa-ftp.png

Et j'ajouterai que ça symbolise vachement ma relation vis à vis de la ligue ces derniers temps : d'un côté si je m'amuse à fantasmer sur une "fraction trans'", c'est aussi parce que j'ai pas mal de difficulté à trouver ma place dans le NPA/la LCR actuellement , et d'un autre côté, peut-être que je pourrais pas être aussi critique sur certaines choses s'il y avait pas eu la ligue dans ma vie à un moment donné. J'imagine que c'est un peu ça, le mot «dialectique» que je n'ai jamais vraiment bien trop compris.

(Je sens que c'est encore le genre de post que je vais trouver tout pourri demain et qui va me faire sentir obligée d'en poster vite plein d'autres pour le faire sortir de la première page, mais c'est pas grave.)

dimanche, juin 29 2008

Réunion nationale NPA 28-29 juin

Ce week-end j'ai participé à la réunion nationale des comités pour un Nouveau Parti Anticapitaliste.

D'abord il y a eu des réunions plénières à 800 le samedi de 10h à 16h (je n'ai assisté que le matin, puisque de 13h à 16h30 j'étais partie à la marche des fiertés), plutôt intéressantes mais qui à mon avis étaient plus faites pour se "donner la pêche" que pour permettre de vraiment discuter.

Ensuite, réunion en commissions de 16h30 à 20h. Personnellement j'ai suivi la commission féministe. C'est triste de constater qu'alors qu'il n'y a que 35% de femmes dans le NPA, dans les réunions féministes pourtant non-mixtes on atteint les 80%... Bien sûr c'est normal que les femmes se sentent plus concernées, mais que les mecs le soient si peu ?

Cela dit, cette commission a été riche en débats, qui ont porté sur des sujets comme permettre aux femmes de militer plus facilement, notamment en abordant des questions pratiques comme les gardes d'enfants, mais aussi des questions de la construction du genre. J'ai d'ailleurs fait une petite intervention qui reprenait les grandes lignes de mon billet précédent sur le lien entre LGBTI et féminisme et la necessité de mettre en avant la question des genres.

Le dimanche matin, nouvelle réunion en commission, cette fois-ci je vais dans la commission LGBTI (pas réunie la veille, notamment vu qu'il y avait la marche des fiertés). Questions sur l'état de mobilisation dans le parti, assez faible, même si on peut quand même se lancer des fleurs : la LCR a, parait-il, été le premier parti à se doter d'une commission homosexualités ; et, plus récemment, c'est à ma connaissance également le premier à avoir une commission LGBTI.

Là encore j'ai poussé pour un lien avec les questions féministes pour un antisexisme large, mais les camarades n'étaient pas très convaincu/e/s, argumentant du fait qu'une commission séparée augmentait la visibilité alors que sinon on se dissolvait. Personnellement, j'estime que c'est vrai pour les gays, mais que les lesbiennes, trans et intersexes sont invisiblisé/e/s dans les deux groupes. Je pense qu'il y aurait plus de chose à dire sur le lien entre mouvements lesbiens et trans' avec mouvements LGBT et féministes, mais ça demanderait un peu plus de recherche vu que je connais assez peu (je commence à un peu mieux comprendre l'histoire du mouvement trans', mais je ne suis pas une historienne non plus).

Après ces débats, nouvelle réunion plénière jusqu'à 13h pour exposer les conclusions des commissions. Notamment un appel a été rédigé et communiqué (je l'ai uniquement en version papier, et j'ai la flemme de le taper, donc désolée vous ne pourrez pas le lire ici).

Donc globalement un week end fatiguant mais intéressant et riche en débats. Et puis j'ai pu croiser des copains très geeks mais très sympas à Paris, ce qui est d'autant plus cool :)

Quelques points négatifs quand même :

  • grrrrr j'en ai marre de devoir expliquer sur les formulaires que si on veut demander le genre on peut mettre autre chose que "sexe: homme/femme", vu que ça revient à dire qu'on ne peut être qu'homme ou femme, d'une part, et d'autre part que c'est la même chose que le sexe biologique. Je pense donc que c'est binaire, essentialiste et transphobe. Du coup ça m'a un peu enervée et comme j'en avais marre de griffoner deux pages d'explications sur le formulaire pour que ça ne change rien, j'ai juste barré et écrit en gros : "Questionnaire transphobe = poubelle". Quitte à ce que les choses avancent pas, autant faire comprendre que je suis en colère, merde.
  • je suis passée en vitesse à la marche des fiertés, et je n'ai pas pu voir les camarades d'act-up bloquer le char de gaylib, ou, mieux, y participer, ce qui est décevant.
  • En 48h de non accès au net, le moins qu'on puisse dire en voyant les journaux est qu'ils se lachent contre le NPA, entre le fait que Besancenot serait "manipulé par la droite" et Jean-Marc Rouillan qui s'intéresse au NPA, ce qui prouve bien qu'on est des sales terroristes. (Moi perso je suis pas fan des méthodes, même si j'en ai déjà eu envie, mais avoir un camarade qui pourrait nous parler de la prison je trouve vraiment ça intéressant et à mon avis là dessus on a de grosses lacunes là-dessus. Ce qui me fait penser, pour passer du sérieux au divertissement, qu'il faut que je m'achète la saison 5 de Oz.)

Post-scriptum: ah, en fait je viens de recevoir la déclaration par mail, alors je vais vous la mettre.

Appel de la coordination nationale des comités d’initiatives pour un Nouveau Parti Anticapitaliste

Le Nouveau parti anticapitaliste est en marche !

Nous sommes des milliers de travailleur-s-es, des villes et des campagnes, avec ou sans emploi, avec ou sans papiers, des jeunes, des retraité-e-s, des précaires, des militant-e-s politiques, associatifs, syndicaux, nouveaux ou anciens, en train de concrétiser ce projet.

Il regroupe aujourd’hui plus de 300 comités et la dynamique se renforce. Elle est le résultat d’une prise de conscience : on ne peut plus laisser faire un système capitaliste mondialisé qui conduit le monde dans le mur ! Entré dans une crise économique, financière, énergétique, alimentaire dont nul ne peut prédire les conséquences, ce système met plus que jamais la seule recherche du profit au centre de ses décisions au mépris de millions de vies. Les grands équilibres écologiques sont menacés. Parce qu’il est à la source du problème, le capitalisme, comme tous les systèmes productivistes, est incapable d’y apporter une solution. Dans un monde où les inégalités se creusent, les émeutes de la faim se généralisent, conséquence de la politique des grandes puissances impérialistes, des institutions à leur service (FMI, OMC...) et de la spéculation honteuse sur les produits de première nécessité.

La guerre « sans limites » décrétée par Bush et ses alliés dont la France, étend ses horreurs à travers le monde.

Ici, Sarkozy et le Medef multiplient les attaques qui traduisent l’arrogance des puissants. Rarement la politique de la droite a été aussi ouvertement agressive envers l’immense majorité de la population. Rarement les possédants, les actionnaires, le patronat se sont montrés aussi avides de profits au mépris du bien-être élémentaire des populations. Oui, l’exaspération est partout, contre la mise en cause des acquis, des solidarités, des services publics, la difficulté à « joindre les deux bouts », contre la dégradation des conditions de vie et de logement, le racisme et les discriminations, les politiques sécuritaires… Il ne faut pas gaspiller les potentialités de cette exaspération en se prêtant au jeu de dupes du « dialogue social » avec le gouvernement, par la division, les journées de grève saucissonnées, secteur après secteur. Ici et maintenant, nous pouvons réagir ! Un « tous ensemble » déterminé et unitaire, la généralisation des luttes et des grèves, voilà ce qu’il faut pour battre le gouvernement et ses contre-réformes !

Pour peser dans ce sens, il faut regrouper nos forces dans un parti qui ne lâche rien, n’abandonne personne. Il n’est pas possible de rassembler dans un même parti ceux qui veulent en finir avec le capitalisme et ceux qui s’en accommodent. Il n’est pas possible de rassembler dans un même gouvernement ceux qui défendent les droits des travailleurs et ceux qui défendent le pouvoir des actionnaires, ceux qui veulent rompre avec les politiques libérales et ceux qui les mettent en pratique, ceux qui veulent construire une Europe des travailleurs et les plus zélés artisans de l’Europe de la libre concurrence et du profit. C’est pourquoi nous voulons un parti totalement indépendant du Parti socialiste, un parti qui défende jusqu’au bout les intérêts de tous les exploité(e)s.

Nous vous appelons à construire toutes et tous ensemble une gauche qui ne renonce pas, une gauche de combat, anticapitaliste, internationaliste, antiraciste, écologiste, féministe, révoltée par toutes les discriminations. Pour changer le monde, il nous faut un parti qui se bat jusqu’au bout contre le système, pour la transformation révolutionnaire de la société. La gauche que nous voulons doit s’organiser à l’échelle internationale et notamment européenne, être présente aux élections sans jamais oublier que ce sont les mobilisations sociales, culturelles et écologistes qui imposeront le changement.

Avec la mémoire des expériences passées, nous allons élaborer ensemble, en prenant le temps du débat, une nouvelle perspective socialiste démocratique pour le 21ème siècle. Nous n’avons pas de modèle, et surtout pas les régimes prétendument « communistes » du siècle dernier, mais nous avons des objectifs. En finir avec la dictature que le capital impose à l’économie et à la société toute entière, pour construire la démocratie la plus large que l’humanité ait jamais connu, où la « main invisible du marché » sera remplacée par des décisions collectives.

Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir répondre à ce défi. Individus, équipes militantes, courants politiques révolutionnaires, libertaires, communistes, socialistes, écologistes, antilibéraux, continuons à nous rassembler !… Dans son village, son quartier, son entreprise, son lieu d’étude, chacune, chacun peut et doit apporter, à son rythme, sa pierre à la construction de cet outil pluraliste et démocratique. La réussite est à notre portée.

En avant !

St Denis, le dimanche 29 juin 2008.

lundi, mai 26 2008

Adresse de la LCR concernant les luttes LGBTI et le nouveau parti anticapitaliste

Je ne le fais pas trop d'habitude mais, exceptionnelement, je vais profiter de ce blog pour relayer un texte adopté il y a une ou deux semaines par la Direction Nationale de la LCR. Il concerne les luttes des lesbiennes-gays-bis-trans-intersexes et le nouveau parti ; il peut aussi être consulté sur le blog de la commission LGBTI de la LCR.


En 2007, la LCR a initié un projet de nouveau parti anticapitaliste. Cela n'est pas le projet d'une LCR élargie, mais l'ambition de se doter d'un nouvel instrument, utile pour les luttes et pour révolutionner la société. Ce nouveau parti anticapitaliste est porteur d'un projet d'émancipation. La lutte contre les oppressions hétéro-patriarcales fait partie intégrante de ce projet et ce nouveau parti sera ce que nous en ferons ! Ce texte entend être un base de discussion autour des luttes pour l'émancipation des personnes L.G.B.T.I.

Pourquoi des luttes LGBTI?

L'histoire des LGBTI est une histoire politique, celle de leur oppression et celle de leurs luttes. Il n’y a pas de « nature » homosexuelle ou trans, ni de « gène » de l’homosexualité, mais des catégories historiquement construites et socialement définies, tant au travers des représentations hétérosexuelles et patriarcales dominantes, que des oppositions et à ces formes d'oppression pour les personnes s'écartant de la norme. Plutôt qu'une « nature » clairement définie, c'est une multitude d'identités qui existe, elles sont fruits de la contradiction entre poids de l'oppression et possibilités d'émancipation.

Dans le sillage de mai 68 et de la révolte de Stonewall en 1969 au États-Unis, une contestation significative de l'ordre hétéro-patriarcal vue le jour, articulant émancipations personnelles et collectives. Le développement de l’État-providence et des solidarités collectives, l’accès à des emplois correctement rémunérés et l'apparition de mouvements de lutte, ont créé les conditions d'une autonomie affective et sexuelle des individu-e-s, favorisant notamment l’affirmation des gays et des lesbiennes. Dans les années 1980, l’épidémie de Sida oblige à redéfinir les revendications LGBTI. Ainsi l'émergence de la question de l’égalité des droits correspond au refus d'être traité comme des sous-citoyens.

Aujourd’hui, quel bilan ? Des droits ont été gagnés et la situation des LGBTI en France a profondément changé depuis que l'homosexualité n'est plus considérée comme « fléau social ». Affirmer son orientation sexuelle est à présent plus simple pour certain-e-s, même si l’hétérosexualité reste la norme dominante et en tant que telle une source de violence et d'oppression. Cependant, cette nouvelle « tolérance » a des contreparties économiques et politiques. Les personnes LGBTI sont devenues un électorat à conquérir; les partis politiques institutionnels, homophobes aux pouvoirs, les courtisent pendant les campagnes électorales. Elles sont aussi conçu-e-s comme une clientèle, ce qui génère une marchandisation excluante et discriminante et uniformise les désirs, les corps et les sexualités.

Les oppressions vécues par les personnes LGBTI sont multiples et diverses. Elles ont toutes cependant pour point commun d’être politiques, de s’appuyer sur des systèmes de domination dont elles sont tout à la fois les conséquences et les instruments. Ces oppressions n’ont rien d’inéluctables. Elles appellent la construction de résistances et de luttes collectives. Il est urgent et nécessaire de s'atteler à la construction de nouveaux rapports de force pour conquérir de nouveaux droits pour enfin changer ce monde injuste. D'ores et déjà nous proposons cinq pistes d'élaboration et des revendications pour un nouveau parti, parce que la LGBTI-phobie opprime, discrimine et tue.

Un plan d'urgence

1) L'égalité est un principe fondamental.

Le vote du PaCS, en 1999, a constitué une étape dans cette direction, mais demeure largement insuffisant. En voulant créer un contrat spécifique, la gauche plurielle a institué l'inégalité dans la loi. C'est le même type de logique avec le contrat civil que Sarkozy prépare. Ce qui est inacceptable pour les gardiens de l'ordre moral, c'est que le mariage ouvre le droit à la filiation!

  • Égalité des droits entre homos et hétéros: mariage, filiation, Procréation Médicalement Assistée
  • Égalité des droits entre les différents statuts fiscaux: couples mariés, pacsés, concubins ou célibats

Le refus d'autoriser le changement du sexe sur l'état-civil pour les trans, à moins d'avoir subi une chirurgie génitale, est l'instrument d'une vision essentialiste et binaire du genre qui vise à n'accepter les personnes trans que si elles sont stérilisées. Cette même logique, conduit à la négation des personnes intersexes par leur mutilation pour rentrer dans la norme.

  • Facilitation du changement d'état-civil (nom et prénom), suppression de la mention de sexe
  • Arrêt des mutilations des enfants intersexes.
  • Droit à disposer de son corps et autodétermination

2) L'internationalisme est une nécessité dans un monde LGBTI-phobe.

Être internationaliste c'est refuser les rhétoriques racistes du choc des civilisations. Dans le contexte international de guerre impérialiste et d'opposition idéologique entre «Civilisations», les questions LGBTI se retrouvent parfois bien malgré elles être un enjeu politique, dans lequel certains États se réclamant de valeurs libérales instrumentalisent hypocritement l'homosexualité comme symbole des valeurs occidentales. Pourtant, l'homophobie n'a ni frontières ni religion favorite : de la Pologne aux États-Unis, de l'Iran au Zimbabwe, les LGBTI et leurs mouvements ne sont bien souvent que les boucs-émissaires de politiques réactionnaires. Être internationaliste c'est penser le soutien avec ceux et celles qui luttent dans leurs pays, c'est combattre les politiques impérialistes de nos États, qui maintiennent une partie de l'humanité dans la pauvreté et la misère et soutiennent les pires dictatures quand leurs intérêts sont en jeu. Pour nous, lutter contre la LGBTI-phobie et construire une véritable solidarité internationale consiste à prendre en compte les situations locales. Il ne s'agit pas d'imposer un modèle d'émancipation «occidental», mais de soutenir les formes de luttes et d'affirmation dans leur diversité. Être internationaliste c'est exiger la liberté de circulation des personnes et lutter contre les politiques racistes d'immigration et d'asile dont le durcissement démagogique privent les LGBTI d'un repli vital en cas de répression.

  • Application du droit d'asile pour les personnes victimes de LGBTI-phobie
  • Régularisation de tous les sans-papiers, en couple ou célibataires
  • Abrogation des lois racistes sur l'immigration et l'asile

3) Le droit à la santé et l'accès aux soins est non-négociable.

L'épidémie du Sida démontre à nouveau combien la santé est une arme au service d'une projet inégalitaire et hétéro-patriarcale. La santé est une arme géo-politique, elle permet de maintenir des populations entières dans un état de dépendance, et de soumission vis-à-vis des pays dits du « Nord ». La santé est une arme politique qui fait le tri entre les « bons » et les « mauvais » malades en fonction de critères racistes, sexistes, classistes et LGBTI-phobes. Elle ne leur donne pas le même accès aux soins et à la prévention et révèle combien l'universalisme affiché ne bénéficie en réalité qu'à quelques-uns. Ces politiques inspirées et/ou secondées par les religions jettent l'anathème sur des groupes ciblés (trans, toxicomanes, prostitué-e-s, prisonniers) et des populations entières. La santé est une arme économique, car la logique du profit l'emporte toujours sur la vie des personnes. Cette logique est rendue possible par la propriété privée des brevets médicaux, et induit la privatisation toujours plus grande des services publics de santé. La politique de santé est une arme hétéro-patriarcale, qui assigne les identités de sexes et de genres, qui pathologise, psychiatrise, généticise ceux et celles qui se retrouvent hors des normes.

  • Dépathologisation des trans et accès libre aux traitements médicaux
  • Arrêt des mutilations des enfants intersexes et autodétermination
  • Santé gratuite pour tous et toutes
  • Développement et financement public de la recherche sur la prévention et les traitements
  • Production et distribution de médicaments génériques contre le sida à travers l'abolition de la propriété privée des brevets médicaux

4) Le droit à disposer de son corps et de son existence est un droit imprescriptible.

Le droit à disposer de son existence, c'est avoir la possibilité de s'assumer en dehors du cadre familial, car cela peut être l'un des premiers vecteurs de l'oppression. Lorsque leur entourage n'accepte pas leur identité et/ou leur sexualité, les individu-e-s sont contraint-e-s à l'enfermement dans la sphère familiale, à l'invisibilité, ou à des situations de précarité parfois dramatiques.

  • Droit au logement
  • Allocation d'autonomie
  • Droit à une protection sociale

Le droit à disposer de son existence, c'est le droit à assumer son identité, à changer de genre et/ou de sexe.

  • Dépathologisation des trans.

Le droit à disposer de son existence, c'est lutter contre les oppressions spécifiques des femmes et des lesbiennes. Moins payées, plus précaires, plus touchées par le chômages, elles sont soumises à la violence des normes patriarcales, mais aussi à la violences des normes hétérosexuelles qui assujettissent les corps et les vies des femmes aux désirs des hommes.

  • A travail égal, salaire égal
  • Droit à disposer de son corps et de sa sexualité

Le droit à disposer de son existence suppose de vivre dans une société affranchie des diktats religieux et moralistes.

5) La fin de l'homo-lesbo-trans-bi-intersexo-phobie implique une transformation radicale de la société.

Pour nous, l'homo/lesbo/trans/bi/intersexo-phobie comporte deux facettes indissociables: c'est aussi la haine des sexualités non hétéronormées, tout un ensemble de violences verbales et/ou physiques que subissent les LGBTI et les personnes considérées comme tel-le-s, car pas assez « viriles » ou pas assez « féminines »; c'est enfin un outil de la police des genres, servant à maintenir une prétendue frontière naturelle et hiérarchique entre les sexes. Articuler ces deux dimensions, concrètes et symboliques, est essentiel pour mieux combattre la LGBTI-phobie, à travers un travail d'éducation et de prévention.

  • Mise en œuvre d’une éducation non homo-lesbo-trans-bi-intersexo-phobe. Il faut interroger les représentations et les stéréotypes, informer les jeunes en questionnement leur identité, mener des actions collectives au sein des établissements scolaires, et plus largement sur les lieux de travail et de vie. Il convient aussi de former les personnels et de dégager les moyens pour le faire.
  • Création de structures d'accueil, d'écoute, d'assistance des victimes de l'homo-lesbo-trans-bi-intersexo-phobie avec un financement public, incluant la participation des associations LGBTI.
  • Application des lois contre les discriminations au travail, en soutenant le travail des syndicats et des associations engagées dans ce combat.

S'organiser pour lutter

Cependant, si ces mesures sont urgentes et nécessaires, elles ne régleront pas en profondeur la question des oppressions que subissent les LGBT. Celles ci trouvent leurs racines dans les structures du système hétéropatriarcal et capitaliste qui se fonde sur des principes inégalitaires : normes de genre, sexisme, violences dans la sphère privée, violences au travail, précarité, destruction des solidarités collectives, marchandisation des existences et des corps, mise en concurrence de tous avec tous... Ce système inégalitaire structure et traverse tous les pans de la société. A l’échelle de l’histoire, la division originelle et inégalitaire de la société entre deux sexes, fondée sur la famille, offre une assise idéologique et socio-économique fondamentale pour le capitalisme. « Homme » et « femme » sont présenté-e-s comme des catégories stables, complémentaires, indépassables … et forcément inégales. Derrière ces fausses évidences qui cachent de profonds préjugés, les normes de genre réduisent la complexité des êtres humains à des catégories binaires et assurent la reproduction des dominations. Cette division sexiste a contribué à justifier l’oppression des formes de vie, de sociabilité et d’érotisme non « hétérosexuels ». Ce sexisme structurel a des conséquences très directes pour les personnes intersexes et trans : l’existence des premières est niée, les secondes sont pathologisées.

Remettre en cause l'hétéropatriarcat implique de l'attaquer de manière globale, en articulant les luttes contre les oppressions et les luttes contre l'exploitation. Notre émancipation exige la destruction du patriarcat et du capitalisme !

Un nouveau parti !

Nous ne devons pas être dépossédés du débats sur nos devenirs. Deux logiques incompatibles s'affrontent : la nôtre qui s'appuient sur l'égalité et l'émancipation; la leur, celle inégalitaire et criminelle du capitalisme et de l'hétéropatriarcat. Il faut organiser une réponse collective à l'oppression et construire un rapport de force pour faire valoir nos existences et nos revendications, résister à la logique de l'isolement et de la fatalité, et imposer de nouveaux droits et de nouvelles conquêtes politiques. Créer un rapport de force, c'est considérer que nous n'avons pas à être dépossédé du débat sur nos propres existences, c'est commencer à expérimenter avec d'autres le combat pour l'émancipation. Aujourd'hui, la LCR s'est engagée dans un processus de construction d'un nouveau parti anticapitaliste (NPA).

Pourquoi un nouveau parti ?

Le 6 mai 2007, l’échec de la gauche gouvernementale a laissé le champ libre à la droite la plus réactionnaire et homophobe incarnée par Sarkozy, ami des patrons et des milliardaires. La guerre sociale qu’ils mènent, c’est la violence quotidienne et la répression, la casse des acquis sociaux. La politique de la gauche gouvernementale est impuissante parce qu’elle accepte la logique du profit, de la concurrence et la remise en cause des services publics. Pour mener son offensive en rafale contre la majorité de la population, Sarkozy a le pouvoir, les patrons ont le MEDEF. Et nous, qu’avons-nous d’efficace pour porter nos aspirations sur le terrain politique ? Qu’avons-nous pour construire les mobilisations capables de remettre en cause la logique du profit ? Comment imposer l’égalité des droits entre homos et hétéros ? Comment refaire du droit à disposer de son existence un droit imprescriptible ? Comment débarrasser la société de l’oppression des LGBTI ?

Nous l’avons vu, ces oppressions sont ancrées en profondeur dans les structures du système hétéropatriarcal et capitaliste. S’attaquer aux racines de ce système inégalitaire nécessite de mener un combat global : seul un parti, une organisation politique regroupant des militants impliqués sur différents terrains de lutte, permet de mener ce combat de manière conséquente.

Aujourd’hui, il manque cruellement un outil qui aide à la convergence des luttes en un mouvement d’ensemble capable de faire reculer le pouvoir et de changer le rapport de force. L’espoir a aussi besoin d’imaginer qu’un autre monde est possible. Nous sommes nombreuses et nombreux à vouloir cet outil : un parti utile aux mobilisations d’aujourd’hui. Un parti pour préparer un changement radical, révolutionnaire de la société c’est-à-dire la fin du capitalisme, de la propriété privée des principaux moyens de production, la fin de l’oppression des femmes et des LGBTI, du pillage de la planète et de la destruction de la nature.

Quelle place pour les LGBTI dans le NPA ?

Un parti anticapitaliste, internationaliste et féministe conséquent doit être porteur des combats contre toutes les oppressions. Mais ce parti ne se substitue évidemment pas aux associations LGBTI : leur mobilisation est essentielle pour construire des revendications, créer des espaces de solidarité, mener les luttes au quotidien ! Ce que nous proposons, c’est un outil collectif et démocratique, qui permette de s’attaquer aux racines des problèmes et des oppressions. Un parti qui n’abandonne aucune lutte, qui soit toujours aux côtés des opprimé-e-s et des exploité-e-s. Car nous voulons une société capable de satisfaire les besoins sociaux, débarrassée de toutes les formes d’exploitation et d’oppression de classe, de genre, d’orientation sexuelle, d’âge ou d’origine. Une société où la démocratie ne s’arrête pas au droit de vote et permette à toutes et tous de décider.

Le congrès national de la LCR s’est adressé à toutes celles et tous ceux, individu-e-s, militant-e-s associatifs, équipes syndicales, courants politiques, qui veulent se regrouper dans un cadre politique organisé, militant, national et démocratique, un parti tissant des liens internationaux avec les forces qui défendent une telle perspective. Ce parti appartiendra à toutes celles et ceux qui s’y engageront. C’est maintenant à celles et ceux qui veulent « prendre parti » de décider ensemble, de construire ensemble !

vendredi, mars 28 2008

La LCR, la démocratie et les médias

C'est Le Monde, via un article de Sylvia Zappi, qui a (à ma connaissance) tiré en premier : la direction de la LCR licencie son principal opposant. L'express a repris en le modifiant un peu : la LCR licencie le principal opposant de Besancenot, histoire de «personnaliser» un peu le débat[1]. Libération suit et relance : Soupçons de purge à la LCR après un licenciement.

La LCR a apporté un communiqué de précision, bon voilà.

En gros, récapitulons les faits, que les fidèles lectrices/eurs de ce blog n'ont peut-être pas suivi, ce qui n'est pas un gros manque :

  1. Picquet était permanent depuis 28 ans.
  2. Il est aussi membre du bureau politique de la LCR. Il y reste.
  3. Il animait parallèlement la «minorité» de la ligue. Depuis 2 ans, cette tendance se comportait en fraction publique ; elle l'a assumé véritablement depuis peu.
  4. La LCR a un nombre faramineux de permanents qui se compte sur les doigts d'une main.
  5. Comme Picquet ne faisait plus le travail pour lequel il était permanent mais à la place uniquement celui de la fraction «UNIR», la décision a effectivement été prise de revenir sur son statut (tout en faisant en sorte qu'il ne se retrouve pas «à la rue»).
  6. Parallèlement, afin de clarifier le rapport entre la LCR et sa fraction publique, il a été proposée à cette fraction un poste de demi-permanent, un budget pour permettre les déplacements et un espace hebdomadaire dans le journal «Rouge».

Je trouve l'argument selon lequel c'est une «purge» politique assez faiblard, aussi je ne reviendrais pas dessus. Cependant il y a une question qui peut être intéressante, c'est la comparaison qui a été faite avec une entreprise.

Autrement dit : le pauvre Picquet se fait licencier, alors qu'on est contre les licenciements. Quid ?

Cependant je pense que ce genre de remarque se base sur un présupposé faux, qui est qu'un parti est comparable à une entreprise.

Et si je pense que c'est faux, c'est parce que la décision de «licencier» un permanent après 28 ans me pose aussi problème.

28 ans.

Vingt-huit ans.

Je pense que c'est un problème, et pas qu'il soit licencié : qu'il soit resté près de trois décennies permanent.

Pour moi, pour être vraiment démocratique, il faudrait faire en sorte que les roles de permanent, mais aussi de direction, soit limités dans le temps à quelques années au maximum. Et quand je dis «quelques», ça veut dire largement moins de 28 ans.

On n'est pas des professionnels de la politique ; ou en tout cas, on ne devrait pas l'être. Je ne suis pas fondamentalement contre l'utilisation de permanents, qui me parait plus ou moins nécessaire dans certains cas, Mais il faut mettre des limites.

(Même si, par ailleurs, j'aimerais beaucoup être permanente à vie.)

Et là on voit bien qu'un parti n'a pas grand-chose à voir avec une entreprise : parce qu'évidemment, dans l'entreprise, je ne suis pas pour qu'il y ait des contrats limités à 4 ans au maximum. Ce n'est pas le seul point qui ne correspond pas : je suis contre travailler bénévolement pour une entreprise, alors que je pense évidemment que le militantisme doit être bénévole.

Il y a aussi une bête différence de classe. La grande majorité des militant/e/s de la LCR sont des travailleur/se/s ; c'est nous qui payons, par nos cotisations, les postes de permanents.

Et là-dessus, je trouve que tout le bruit qui se fait (notamment en parlant de purge) pour ce «licenciement» est plutôt insultant pour tous/tes les militants/es qui ne sont pas payé/e/s pour militer et ne le seront pour la plupart jamais.

Notes

[1] Qui devient du coup un peu absurde, puisque Besancenot, lui n'est pas permanent.

lundi, mars 10 2008

Résultats élections dans le 13

Un billet super electoraliste pour donner les résultats dans le 13 des listes soutenues par la LCR, vu que les médias ne parlent pas des masses de nos scores, pourtant pas dégueus.

(Non je fais pas la différence entre les listes LCR "seules" et là où la LCR n'est que partie prenante, désolée mais j'ai la flemme :o)

Aix

Aix en lutte, 2.91%

Allauch

Enfin la gauche à Allauch, 18.85%, 3 élus

Arles

Arles 100% à gauche, 3.05%

Marseille

globalement, Marseille contre attaque à gauche environne les 5,6%

Marseille 1: MCAG 7.57%

Marseille 2: MCAG 6.09%

Marseille 3: MCAG 5.77 %

Marseille 4: MCAG 5.24%

Marseille 5: MCAG 4.05%

Marseille 6: MCAG 3.65%

Marseille 7: MCAG 3.55%

Marseille 8: MCAG 4.59%

Si j'ai bien compris, vu que le PS a gagné au premier tour dans deux secteurs, et la droite dans un, on a une chance d'avoir un ou deux élus, mais comme c'est un peu le bordel je saurais pas dire exactement, donc à voir.

Saint-Chamas

Solidaires et démocratiques 8.13%

Ventabren

Ouverture à gauche 14.69%

Vitrolles

Vitrolles vraiment à gauche 6.10%


Donc globalement les scores sont plutôt pas mals, même s'il faudrait affiner. En tout cas c'est positif et ça encourage pour la suite, que ce soit pour les luttes ou le parti anticapitaliste en construction ; même si, par ailleurs, il ne faut pas donner trop d'importance aux résultats électoraux.

Pour d'autres infos concernant les résultats de la LCR àces elections, il y a des résultats temporaires complémentaires sur le site de la ligue, Par ailleurs,

mardi, février 12 2008

Marseille contre-attaque à gauche

Ce matin, Olivier Besancenot donnait une conférence de presse à Marseille pour indiquer son soutien des listes «Marseille contre-attaque à gauche», la seule liste de vraie gauche à Marseille, regroupant la LCR, les Alternatifs et des groupes plus petits dont le nom m'échappe pour l'instant.

J'étais invitée en tant que blogueuse.

Bon évidemment, c'est pas vrai, mais ça fait classe. J'ai toujours eu envie de faire comme les blogs de l'élite de la blogosphère à raconter comment j'étais invitée à manger des petits fours. J'étais évidemment là en tant que militante (et candidate) de ces listes, mais dit comme ça, ça pète un peu moins. Encore que candidate, ça fait classe. Si on fait plus de 55% des voix, je suis élue, en plus.

Je n'ai pas entendu grand-chose de la conférence de presse étant donné que la salle était pleine et qu'il fallait gérer un peu les journalistes. Du genre à leur lancer des «chut» quand ils discutaient bruyamment après être sortis. Sales gosses. Bon en fait c'était aussi et surtout pour boire un coup en même temps, mais passons.

Donc je ne m'étalerai pas trop sur ce qu'Olivier ou les portes-paroles des listes ont bien pu dire.

Simplement, comme je n'en ai pas parlé avant, ça me semble un peu intéressant de présenter ce que c'est que Marseille contre-attaque à gauche.

Comme je l'ai dit, c'est une liste de la gauche alternative à Marseille ; et, comme je l'ai dit, c'est la seule liste de vraie gauche. Parce qu'en face, le PS a certes su débaucher à gauche, puisqu'il part accompagné des Verts mais aussi du PC et de... LO, mais il s'est aussi largement ouvert à la droite, puisqu'un certain nombre de candidats sur ces listes sont des anciens UMP, et pas anciens comme «il y a dix ans» mais plutôt comme «il y a dix mois» (et encore, je suis large). Le candidat, Guérini, se vantait (en tant que président du conseil général) d'avoir su virer des RMIstes.

Voilà donc même si personnellement j'ai pas franchement été super active dans la création de ces listes, c'est quand même super que ça ait pu se faire, surtout que ça a pas été évident puisque, pour se présenter dans tous les arrondissements de Marseille, il fallait un peu plus de 300 candidats. C'est quand même pas rien, et ils ont été trouvés. Je ne sais pas si ça se traduira par des scores monstrueux (le dernier sondage que j'ai vu passer indiquait tout de même 5% sur Marseille, ce qui n'est pas mal) ni si on aura des élus, mais je trouve ça déjà vachement bien que ça se soit fait, et on va donner le maximum pour qu'une autre voix à gauche que les capitulards puisse se faire entendre.

vendredi, décembre 14 2007

Sur le nouveau parti anticapitaliste

Je ne me suis pas encore vraiment beaucoup exprimée sur l'idée de nouveau parti anticapitaliste proposé par la LCR. Pourtant je pense que la réussite de cette initiative aura une importance sur les luttes des années à venir.

Ce que je propose ici est ma vision personnelle des choses.

Pourquoi un nouveau parti ?

Depuis une grosse dizaine d'années il y a un renouveau des luttes, qu'elles soient syndicales (on se souvient des grandes manifestations de 1995, mais aussi de 2003 ou du CPE), altermondialistes (même si c'est un peu moins à la mode en ce moment), contre les discriminations (féminisme, LGBTI, antiracisme, lutte contre les expulsions de sans-papiers, etc.)

Accessoirement la situation a un peu changé pour ce qui concerne les «travailleurs» : la situation est assez différente maintenant de ce qu'elle pouvait être dans les années 70 par exemple. La situation politique aussi est différente : si la droite assume pleinement d'être à droite, la gauche, en revanche, est de moins en moins de gauche, entre le PS qui ne propose finalement que du «réformisme sans réformes» et le PC et les Verts qui n'ont comme seule réel débouché une alliance avec ce même parti socialiste.

Cela se traduit, électoralement, par des scores assez démentiels pour l'«extrême-gauche» : c'était vrai en 2002 et c'est toujours vrai en 2007, même si le «vote utile» a réduit l'impact cumulé de l'extrême-gauche. Il y a un gouffre entre le nombre d'électeurs de la LCR ou LO, qui se chiffre en million, et l'effectif militant de ces partis qui se chiffre en... petits milliers.

Cela se voit aussi dans les luttes : un nombre important de militants ne sont pas membres d'un parti. Et la LCR à elle seule ne peut pas rassembler tous ces gens.

Il y a un «trou» entre la gauche de gestion et, en gros, les trotskystes. C'est ce trou que se propose de combler ce nouveau parti.

Pourquoi maintenant ?

L'analyse de la majorité de la LCR, en gros, c'est que l'élection de Nicolas Sarkozy change un peu la donne, et que le score de Besancenot à la présidentielle permet ce nouveau parti.

Honnêtement, personnellement, je regrette qu'une telle décision arrive si tard, et mon avis à moi c'est qu'on aurait dû annoncer ça au lendemain du 29 mai 2005 (même si à l'époque on pouvait encore penser que les collectifs antilibéraux avaient un rôle différents).

Cela dit, maintenant que la décision est prise, il faut faire en sorte que ce soit un succès.

Sur quelles bases ?

La première base, qui a été l'axe de la LCR concernant les alliances avec les collectifs antilibéraux, c'est le refus de gouverner avec le Parti Socialiste. Ce n'est pas pour être gauchiste : on estime juste qu'il n'est pas possible de continuer à défendre les luttes en participant à un gouvernement qui applique des réformes libérales.

La seconde base, c'est un côté anticapitaliste, donc la remise en cause de cette société et pas juste son aménagement pour que ce soit «un peu moins pire».

La troisième base, c'est les aspects féministes, écologistes, LGBTI, anti-discriminations, etc. Le but ce n'est pas d'avoir une rallonge de revendications «secondaires» mais bien de lier tout cela avec notre lutte contre le capitalisme et de ne pas en faire quelque chose de secondaire qu'on règlerait après une hypothétique révolution.

Comment ça va se passer ?

Le congrès de la LCR, qui aura lieu en janvier, décidera plus en détail, mais en gros l'idée c'est d'abord de travailler pour qu'il y ait le maximum de listes unitaires aux municipales. Ça ne veut pas dire que tous les gens avec qui on travaille aux municipales voudront participer au nouveau parti, ni que ceux qui n'y participent pas seront «interdits» d'entrée au nouveau parti ; mais l'objectif est de mesurer quel potentiel il y a pour une force unie à la gauche du parti socialiste.

Ensuite, pour ne pas que ça se limite à un changement de nom de la LCR, il faudra lancer un véritable processus constituant pour créer le nouveau parti. Ça veut dire se donner le temps de le faire, permettre de véritable débats, à la fois sur les objectifs concrets du parti, le fonctionnement interne, l'élaboration d'un programme précis plus détaillé, etc.

Je ne pense pas que le «NPA» (nouveau parti anticapitaliste) naîtra dans les trois mois à venir. Cela va être long et cela va demander beaucoup de travail.

Mais je pense vraiment que ça en vaut la peine.

mardi, décembre 4 2007

Il y a comme un bug

Les élections municipales auront lieu en mars 2008 et ce sera le premier vrai test de la politique gouvernemental.

Je ne vais pas faire un billet politique sur les forces en présence détaillant l'extrême-droite, la droite dure, la droite molle, la gauche tellement molle qu'elle est presque de droite, la gauche un peu moins molle qui veut faire des alliances avec la gauche tellement molle qu'elle est presque de droite, l'extrême gauche qu'on croyait pas trop molle mais qui veut aussi faire des allances avec la gauche de droite, et enfin la LCR, qui défend fidèlement les intérêts des travailleurs et de tous les opprimés.

Non, je vais juste parler du système de vote.

Accrochez-vous, parce qu'il a un peu été écrit par Perceval.

Nombre de conseillers

Déjà, il y a le nombre de conseillers municipaux. En gros, c'est proportionnel à la taille de la ville, mais pas vraiment, et dans les grandes villes comme Paris, Marseille et Lyon c'est par arrondissements. Voir la page wikipedia pour un peu plus d'infos.

Villes de moins de 3500 habitants

Ensuite, meme le système dépend de la taille de la ville. Avec moins de 3500 habitants on peut faire plein de trucs fun comme le panachage, le rayage de gens qu'on même pas où même, si vous voulez faire une blague à quelqu'un, voter pour des gens qui se sont pas présentés.

Ensuite, les gens qui ont le plus de voix sont élus, ce qui est assez logiques.

Villes de plus de 3500 habitants

Avec plus de 3500 habitants, ça devient vraiment rigolo. Enfin, non, on ne peut plus voter pour les gens qui ne se sont pas présentés, donc ce n'est pas très rigolo ; par contre le système est... je vous laisse juger.

Une liste a la majorité au premier tour

Le truc, c'est que tout dépend si la liste la mieux placée au premier tour a eu plus de 50% des voix ou pas.

Si c'est le cas, la répartition des sièges se fait à la proportionnelle, ce qui est logique.

Enfin, attention.

La proportionnelle à la française.

Parce qu'en France, on n'aime pas la proportionnelle. Il faut des majorités fortes. Un homme fort. C'est le côté Napoléonien du pays, je suppose, à moins que ça ne soit Pétainiste ou Sarkozyste. Bref, je m'égare, et soyons honnête, c'est pas forcément mieux ailleurs.

Donc la proportionnelle, oui, mais en ayant quand même attribué une forte prime au parti en tête, parce que la majorité absolue ça suffit pas, il faut que ce soit absolutissime.

À noter une petite règle qui fait rentrer le tout dans le jeu à la Perceval: «En cas d'égalité de suffrages entre les listes arrivées en tête, ces sièges sont attribués à la liste dont les candidats ont la moyenne d'âge la plus élevée.». La taille moyenne, ça aurait été plus fun, ou alors les visages présentant en moyenne le plus de prospérité.

Aucune liste n'a de majorité au premier tour

Si aucune liste n'a de majorité au premier tour, on organise un second tour. Seules les listes qui ont obtenu plus de 10% au premier peuvent se maintenir ; cela dit, les listes ayant obtenu plus de 5% peuvent fusionner.

Ensuite, la répartition se faite encore de façon absolutiste : la liste la mieux placée a d'office la moitié des places. Ensuite, le reste est fait à la proprtionnelle.

Le bug

Et c'est avec les 10% qu'il y a un bug.

Parce que supposons qu'il y ait une ville avec, mettons, 100 conseillers.

La LCR, mettons, fait 4% (ouais, c'est large). Comme c'est une ville où le PS est très à droite, on veut pas faire d'alliance, même techniques, avec eux. L'ump, au premier tour, fait 52.5%.

4%, ça devrait faire 4 postes.

Avec ce système, ça en fera... 2. Et 76 pour l'UMP (si j'ai bien compris, ce qui est pas mal pour une majorité de 52.5%).

Mais là où ça devient rigolo, c'est si la LCR fait une super campagne et convainc carrément 4% de gens de voter pour elle. En plus des gens qui auraient voté UMP (c'est un cas de figure, hein?)

La LCR fait 8%.

Elle devrait avoir 8 postes.

Elle en aura... 0.

Ben oui, du coup l'UMP n'ayant plus la majorité absolue, on passe au système à deux tours, duquel le petit parti est exclu.

Moralité : à réussir à convaincre les gens de voter pour soi, on peut avoir moins d'élus.

Mais à part ça, ce système démocratique est parfait.

samedi, novembre 10 2007

Manif' contre ITER

Encore une manifestation où j'avais oubliée mon appareil photo. Oups.

Ça avait lieu à Marseille, 850 personnes selon la police, Un côté «baba cool écolo» un peu présent mais dans les limites du raisonnable. Du point de vue des forces politiques, seules les anars (FA et CNT), la LCR et un peu les Verts étaient présents.

Personnellement j'avoue que j'étais pas très convaincue par le rejet d'ITER. Je veux dire, j'aimais pas le côté peu démocratique du truc (je me rappelle qu'il y avait un débat organisé... après la décision), mais point de vue scientifique et écolo je me disais que quand même, si y'avait un moyen d'avoir du nucléaire propre ce serait cool.

Du coup histoire de me document un peu parce que j'y connaissais pas grand-chose, j'ai pris le petit argumentaire (fin, 12 pages A4, quand même) de Sortir du Nucléaire.

En gros les arguments que j'en retiens :

  • ITER n'est qu'un prototype et pas un réacteur. La fusion nucléaire si par miracle elle est possible, ce sera à long terme.
  • Le coût est faramineux : 10 milliards d'euros.
  • ITER est dangereux : il y aura besoin de tritium, un gaz à risque, très toxique et dur à stocker. Qui plus est c'est utilisé par les bombes H, d'où risque de prolifération.
  • En lien avec ces histoires de bombes H, ITER servirait aussi les intérêts militaires puisque à l'heure actuelle et dans un futur proche le processus de fusion nucléarire n'est utile que dans les bombes H.
  • ITER n'est pas propre et produirait 30 000 tonnes de déchets radioactifs.
  • La Fusion n'est absolument pas une réponse à l'effet de serre : dans le meilleur des cas, ce serait fonctionnel d'ici un demi-siècle. Autant dire que le climat a le temps de se réchauffer. Même là, ça resterait une solution insuffisante car vu comme c'est compliqué ça serait reservé à quelques pays riches.

Personnellement j'avoue que c'est le dernier argument que je trouve le plus pertinent, et je suis finalement assez convaincue que le fric qui part à ITER pourrait être utilisé d'une meilleur manière.D'un autre côté on pourrait se dire qu'il il y a encore des pires façons d'investir le fric : porte-avion nucléaire par exemple. Mais on le fait aussi, donc...


Sinon, anecdote qui n'a absolument rien à voir avec l'écologie ou le nucléaire : alors que, pendant la manif', la plupart des militants, y compris ceux qui sont aussi des militants actifs LGBT, persistaient à parler de moi au masculin malgré ma jupe, mon maquillage à la truelle et mes boucles d'oreilles roses, au retour, en m'arrêtant dans une boulangerie, des djeuns au look «caillera» indécis sur ce qu'ils allaient prendre ont laissé passer «la dame». Comme quoi parfois les petits mots anodins mais qui font plaisir ne viennent pas de ceux auxquels on s'attendait....

lundi, novembre 5 2007

Sondage premier tour des présidentielles

Non, ce billet ne sort pas d'un gouffre temporel. Il se trouve effectivement des sondeurs pour avoir l'idée un peu bizarre de faire un sondage sur le premier tour des présidentielles quelques mois après les élections.

Et on constate que Sarkozy serait toujours élu. Avec encore plus de voix (enfin, avec les intervalles d'incertitude c'est pas forcément gagné) : 35% au premier tour et 55% au second.

Ce qui peut paraître paradoxal, c'est que dans le même sondage, on apprend 59% des sondés estiment que son action n'a pas permis d'améliorer la situation.

Mais en fait, ce que je trouve vraiment cool dans ce sondage, ce n'est pas ça. C'est plutôt que «le candidat de la LCR, Olivier Besancenot, fait un bond de près de 3 points à 7% (contre 4,08%)». 7%, putain.

Je veux dire, ça veut pas dire grand-chose et y'a pas de quoi se branler la nouille (d'un autre côté, c'est pas comme s'il fallait forcément une raison pour se branler la nouille), mais peut-être que c'est un signe que cette idée de faire un «nouveau parti anticapitaliste» (nom de code NPA pour les intimes) a une petite chance de donner quelque chose, finalement.

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