Vernis & Sécateur

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vendredi, août 21 2009

Quotin' Dworkin

(Attention: ce billet est susceptible de choquer les personnes notes-de-pages-phobiques)

Dans un billet précédent[1], Transgirls VS féminisme (et dans d'autres), je parlais un peu de Janice Raymond et d'un certain courant transphobe.

Sur les blogs anglo-saxons, ce courant était souvent confondu avec les radfems, c'est à dire les féministes radicales anglo-saxonnes[2][3][4].

Un billet d'une blogueuse féministe américaine revient un peu là-dessus, et explique (j'espère ne pas déformer son propos) qu'en fait, à la base, beaucoup de féministes «seconde-vague» n'étaient pas hostiles aux personnes trans, au contraire, mais qu'en gros c'était la «faction Janice Raymond/Robin Morgan/Mary Daly» qui avaient «gagné» la bataille par la suite.

Dans son billet, DaisyDeadHead cite ainsi des extraits d'un livre d'Andrea Dworkin, Hating Women datant de 1974 parlant des trans. Comme les extraits en anglais sont sur son blog, je me suis dit que ça ne valait pas la peine que j'encombre particulièrement le billet et je me contente de mettre mes traductions en français (sauf pour les noms de chapitres, vous vous débrouillerez), aussi foireuses fussent-elles (mais vous êtes libres de me corriger, chères lectrices).

Chapitre Androgyny: Androgyny, Fucking and Community:

Les recherches sur les hormones et les chromosomes, les essais pour développer de nouveaux moyens de reproduction humains (la vie créée dans, ou considérablement soutenu par, le laboratoire des scientifiques) travaillent avec les transsexuel·le·s, et les études de la formation de l'identité de genre chez les enfants fournissent des informations basiquent qui remettent en cause la notion qu'il y a deux sexes biologiques discrets. Cette information menace de transformer la biologie traditionnelle de la différence des sexes vers la biologie radicale de la similarité de sexe. Cela ne veut pas dire qu'il y a un sexe, mais qu'il y en a beaucoup. La preuve qui est appropriée ici est simple. Les mots «mâle» et «femelle», «homme» et «femme», sont utilisés seulent parce qu'il n'y en a encore pas d'autres.

(...)

Nous pouvons supposer qu'il y a une bonne partie de la sexualité humaine qui est à découvrir, et que notre notion de deux sexes biologiques discrets ne peut rester intact. Nous pouvons alors supposer que nous découvresons des phénomènes en travers des sexes (cross-sexed[5]) en proportion à notre capacité à les voir.

De plus, nous pouvons expliquer (account) la rareté relative des hermaphrodites dans la population générale, la consistence des somatotypes mâle-femelle que nous trouvons, et la rareté relative des caractèristiques cross-sexed dans la population générale (quoiqu'elles apparaissent avec plus de fréquence que nous désirons actuellement imaginer) en reconnaissant qu'il y a un processus de sélection culturelle qui, pour les gens, dépasse l'importance de la sélection naturelle. La sélection culturelle, en opposition à la sélection naturelle, ne sert pas nécessairement à améliorer la capacité d'une espèce ou à assurer la survie. Elle sert nécessaire à maintenir des normes culturelles et à assurer que les somatotypes déviants et les caractéristiques cross-sexed soient automatiquement éliminées de la population.

(...)

Nous sommes, clairement, une espèce multi-sexuée qui a sa sexualité répandue le long d'un vaste continuum fluide où les éléments appelés mâle et femelle ne sont pas discrets.

Section Transsexuality

Cette section commence par une traduction d'un·e ami·e trans :

Comment je peux vraiment me soucier de si nous gagnons «la Révolution» ? De toute façon, il n'y aura pas de place pour moi.

Puis vient ensuite un passage que je trouve assez intéressant, surtout si l'on prend en compte qu'il a quand même été écrit il y a 35 ans :

La transsexualité est actuellement considére comme un trouble d'identité de genre, c'est à dire, qu'une personne apprend un rôle de genre qui contredit son sexe visible. Il s'agit d'une «maladie» avec un remède : une opération de changement de sexe qui changera le sexe visible de la personne et le mettra en accord avec l'identité ressentie de la personne.

Comme nous en savons très peu sur l'identité de sexe, et comme les psychiatres sont impliqué·e·s dans la propagation de la structure culturelle telle qu'elle est, il serait prématuré et pas très intelligent d'accepter le jugement psychiatrique consistant à dire que la transsexualité est causée par une socialisation défectueuse. Plus probablement, la transsexualité est causée par une société défectueuse. La transsexualité peut être définie comme une formation particulière de notre multisexualité générale qui est incapable d'achever son développement à cause de conditions sociales extrêments adverses.

Il n'y a pas de doute que dans la culture de la discrétivité[6] mâle-femelle. Chaque transexuel·le, blanc·he, noir·e, homme, femme, riche, pauvre, est dans un état d'urgence primaire en tant que transsexuel·le. Il y a trois points cruciaux ici : .

Un, chaque transsexuel·le a le droit de survivre selon ses propres termes. Cela veut dire que chaque transsexuel·le a le droit a une opération de changement de sexe, et qu'elle devrait être fournie par la communauté comme une de ses fonctions. C'est une mesure d'urgence pour une condition d'urgence.

Deux, en changeant nos suppositions sur les hommes et les femmes, le jeu de rôle et la polarité, la situation sociale des transsexuel·le·s sera transformée, et que les transsexuel·le·s seront intégré·e·s dans la communauté, et plus persécuté·e·s et méprisé·e·s.

Trois, une communauté construite sur une identité androgyne signifiera la fin de la transsexualité telle que nous la connaissons. Soit le/la transsexuel·le sera capable d'étandre sa sexualité vers une androgynie fluide, soit, comme les rôles disparaîtront, le phénomène de la transsexualité disparaîtra et cette énergie sera transformée dans de nouveaux modes d'identité sexuelle et de comportement.

Notes

[1] Oui, ça fait très résumé de feuilleton, comme entrée.

[2] Je dis anglo-saxonnes, parce que je trouve le discours quand même assez différent (encore que pas forcément de tout le monde) de celles qui m'ont personnellement plus influencée, comme Christine Delphy ou Monique Wittig. Après, bon, si on me dit, «ahahahahahah, ma pauvre fille, mais tu te fourvoies complètement, Delphy et Wittig ne sont pas du tout des féministes radicales, mais de simples féministes matéralistes, t'es vraiment trop nulle, bon, ben tant pis, je pense que je survivrai. Même si je me serais faite plonker pour rien, du coup.

[3] Ce genre de contractions est assez à la mode, que ce soit pour les radfems, le diamat (dialectical materialism, matérialisme dialectique) et autre. Moi, ça me fait toujours penser à du novlangue.

[4] Ce qui peut être frustrant, par exemple lorsqu'on se fait plonker d'un blog féministe trans-friendly parce qu'on se définit féministe radicale.

[5] J'avoue que je ne sais pas si ce terme se réfère à des aspects intersexes, transsexes, ou les deux. J'aurais tendance à penser à la dernière hypothèse, mais quoi qu'il en soit, ma traduction est très boîteuse, je l'admets.

[6] Oui, je sais, ça fait très «bravitude». Mais je préfère utiliser ça plutôt que «discrétion» parce que j'ai l'impression qu'il y a moins de chance qu'on comprenne «pas très visible» plutôt que «constitué d'éléments discrets» (par opposition à continu)

vendredi, octobre 10 2008

Existrans 2008

Ce samedi aura lieu la 12ème édition de l'Existrans à Paris. Comme l'année dernière, il y aura aussi des manifestations à Madrid et à Barcelone le même jour ; ainsi que, cette année, à Bruxelles, Lisbonne, Saragosse et Bilbao.

En 2009, c'est la domination mondiale.

Le slogan général de cette année est «Ni hommes, ni femmes, le binarisme nous rend malade».

Concernant Paris, je me permets de copier/coller le communiqué de presse des organisateurs :

L'EXISTRANS, marche des trans et des intersexes (1) aura lieu ce samedi 11 octobre à 14h, métro Belleville Parcours : Belleville -> Beaubou...

Il y a onze ans que nous marchons, et depuis onze ans rien n'a changé. Certains pays (la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, L'Espagne, la Hollande, le Népal) ont adapté leurs législations à la transidentité. Même si ces aménagements sont loin d'être parfaits, ils témoignent d'une volonté totalement absente en France. Les réponses de la France à la question trans sont l'immobilisme, les psys transphobes, le sensationnalisme des médias, le mépris. Dans notre communauté, la majorité fait face, bénéficie d'une vie professionnelle. Mais pour les autres, pour trop d'autres, c'est la précarité et le non-emploi, un taux de VIH qui double celui des gays, le travail sexuel non choisi, les violences subies rarement prises en compte par la justice... D'un point de vue médical, légal ou éducatif, tout reste à faire.

La médecine Que ce soit le chirurgien qui opère un bébé né intersexué ou le psychiatre qui s'attribue le droit de dire si une personne est trans ou pas, le pouvoir médical nie trop souvent la parole et les droits des trans et intersexes. Seul un rapport de confiance entre le médecin-psy et les personnes concernées, qui allie information médicale donnée et prise en compte des contraintes, peut permettre d'améliorer les choses. Nous demandons le retrait du transsexualisme des manuels de psychiatrie et que le recours à un psychiatre, dans le cadre d'une transition, ne soit plus obligatoire. La personne trans, comme tout autre personne, doit avoir la liberté de consulter ou non un psychiatre . Prochainement la Haute autorité de santé (HAS) doit soumettre un projet au sujet de la prise en charge des trans au ministère de la santé. Sans avoir réalisé d'études épidémiologiques et statistiques sur les traitements hormonaux prescrits aux trans et intersexe, ou sur les interactions des antirétroviraux avec d'autres pathologies, il est difficile d'imaginer un projet sérieux et réfléchi. D'autant que le point central de ce projet prévoit des centres experts dont le fonctionnement ressemble fortement à celui des équipes actuelles. Si expertise il y a, elle n'est certainement pas entre les mains de quelques soi-disant spécialistes mais bien entre les mains des personnes trans et intersexe elles-mêmes, et l'usagerE doit avoir le mot final sur l'hormonothérapie et les opérations.

Les lois Faire correspondre son identité sur les différents papiers administratifs reste une priorité dès lors qu'on souhaite avoir une activité professionnelle. Des évolutions doivent être mises en place : la mention de genre devrait pouvoir être changée, conservée ou supprimée à la demande des personnes. Idem pour le numéro INSEE (Sécu) dont le 1er chiffre devrait pouvoir être modifié ou supprimé. La modification de l'état-civil via une procédure administrative doit être simplifiée, sans recours à des expertises extérieures et sans contraintes de délais ou de modifications corporelles spécifiques. Ces évolutions administratives ne pourront se faire que si les discriminations à l'égard des trans et des intersexes sont reconnues et combattues :

* maintien des droits parentaux pour les trans déjà parents, * arrêt des répressions à l'encontre des travailleuses et travailleurs du sexe par l'octroi de statuts et de droits ; * mise en place de dispositifs d'insertion socio-professionnelle ; * prise en compte de la spécificité trans et intersexe et des risques que ces personnes encourent dans les espaces non-mixtes : milieu carcéral, piscines, logements étudiants, etc. * intégration de la discrimination liée à l'intersexualité et la transidentié dans les critères d'asile politique, tout comme dans les divers textes de lois destinés à prévenir les discriminations (code du travail, HALDE, loi sur la presse, etc.)

L'Éducation Chaque individu construit son genre qui doit lui être personnel, malgré les normes que nous impose la société. Nous demandons la formation, en partenariat avec des associations trans, de tous les personnels médicaux, administratifs et pédagogiques aux problématiques trans et intersexes. Parce que les trans et les intersexes sont confrontés avant tout à l'incompréhension de la société à laquelle ils appartiennent, parce qu'ils sont, dans de trop nombreux cas, en échec scolaire, parce que les violences urbaines naissent de l'ignorance, nous demandons que la transsexualité soit abordée, de la même manière que l'homosexualité, dans le cadre des cours d'éducation sexuelle. Notre colère est à la mesure des discriminations dont nous souffrons.

RESISTRANS - ASB - Act Up-Paris - MAG

Des manifestations similaires auront lieu à Barcelone, Bruxelles, Madrid, Lisbonne, Corunha, Donosti, Bilbao, Gasteiz, Saragosse. ............... (1) Trans : personne (opérée ou non) vivant socialement dans un genre autre que son genre biologique. Intersexe : personne au genre biologique indéterminé à la naissance.

lundi, octobre 22 2007

Quelques articles intéressants sur les trans' et les intersexes

D'habitude je ne suis pas trop trop fan des billets qui ne sont qu'une collection de liens, mais là il se trouve qu'il y en a quelques-uns d'intéressants, donc...

dimanche, octobre 7 2007

Resistrans à Paris et Marseille

Ce week-end il y avait donc différentes manifestations contre la psychiatrisation des trans' : à Paris le samedi et à Barcelone le dimanche. Il y avait aussi un petit rassemblement à Marseille. Petit compte rendu de ce que j'ai pu voir à Paris et Marseille.

Paris

(Note: j'ai pris quelques photos pendant la manif. Par contre comme j'aime pas montrer des visages non floutés, et que j'ai la flemme de flouter, j'ai appliqué un filtre gimp qui devrait rendre les visages non reconnaissables. L'effet secondaire c'est qu'il est possible que ça donne un peu l'impression que votre écran, vos yeux, ou les deux, sont endommagés. Désolée :o) )

paris01.jpg

Il y avait quelques centaines de personnes à Paris ; une dépêche AFP parle de 400. Si je ne m'attendais pas à deux cent mille personnes, jai quand même été un peu déçue. paris02.jpg

Il y avait quelques associations non-trans' (Act-Up Paris, Amnesty, Les Panthères Roses notamment) et la représentation de personnes de quelques partis politiques (j'ai vu des tracts et autocollants du PC, de «Homosexualités et socialisme» (lié au PS), des verts et de la LCR). Cela dit bon, ce n'est que mon avis mais je pense que ça aurait pu être un peu plus massif, surtout à Paris. paris03.jpg

Fait nouveau (je crois, en fait je n'étais pas là les années précédentes) la question «intersexe» (c'est à dire toutes les personnes dont le sexe biologique n'est ni totalement «mâle» ni totalement «femelle») était présente,que ce soit dans la plate-forme de la manifestation (arrêt des mutilations et des traitements hormonaux imposés) et dans les prises de paroles à la fin. C'est un point plutôt positif je trouve même si ça reste bien évidemment à creuser.paris04.jpg

Au niveau des slogans il y en avait quelques uns plutôt sympas, du genre "<voix grave>un trans, c'est comme ça</voix grave><voix aigue>une trans, c'est comme ça</voix aigue>Ta gueule le psy, tu nous fatigues", ou encore "psychiatres partout, hormones nulle part". Cela dit l'idée de faire des slogans avec «(dé)psychiatrisation» dedans, vu comme c'est chiant à dire, c'est vraiment pas une bonne idée :) paris05.jpg

En conclusion, paris06.jpg malgré le nombre assez réduit c'était plutôt sympa, surtout que c'était l'occasion de recroiser certaines personnes rencontrées aux UEEH :) (Et à l'université d'été de la LCR aussi, d'ailleurs) Mais j'espère quand même qu'il y aura plus de monde les années suivantes...

Marseille

À Marseille c'était évidemment encore plus petit : les Brigades Roses avaient appelé à un rassemblement et on était entre dix et vingt. On a surtout fait une diffusion de tract dans le parc Borély. marseille01.jpg

C'était aussi une après-midi plutôt sympa, surtout qu'il y a pire endroit marseille02.jpg pour donner des tracts, et c'est plutôt bien qu'il y ait eu un truc à Marseille ; cela dit l'année prochaine il faudra qu'on s'organise mieux histoire d'être plus visibles et plus nombreux :)

mardi, août 7 2007

Compte rendu UEEH

Voici un petit compte-rendu un tout petit peu en retard des UEEH (Universités Euromediterranéennes d'Été des Homosexualités), qui ont eu lieu du 16 au 23 juillet.

Environ 500 personnes y ont participé, avec toutes les composantes de la communauté LGBTI : Lesbiennes, Gays, Bis, Trans et Intersexes.

Ce fut sympathique, une occasion de rencontrer des gens intéressants, mais en fait je vais me contenter de parler brièvement des ateliers qui m'ont intéressée. Bien sûr le compte-rendu est très subjectif, comme 3 semaines ont passé j'ai dû oublier plein de choses, etc., :)

Transparentalité

Projection d'un film de Sans-contrefaçon sur la parentalité trans' (en l'occurrence, surtout des personnes ayant déjà des enfants et faisant une transition).

  • Pas mal d'idées reçues sur le fait que transition et famille sont incompatibles
  • Médecins, psy, etc. très réticents à ce sujet, en gros pour eux l'idéal serait de faire une transition «dans le désert» en coupant tout pont avec enfants etc., alors qu'en général ceux-ci prenaient ça plutôt bien.
  • Le problème principal ne vient pas d'un trouble que les enfants ressentiraient mais de la transphobie extérieure, exemple notamment d'une enfant qui dessinait sa papa mtf comme une femme quand elle faisait le dessin à la maison, mais comme un homme à l'école.
  • La transparentalité pose problème à la société et l'état, la stérilité est imposée pour pouvoir changer d'état-civil (en France de fait parce qu'il faut une chirurgie de réassignation de sexe, en Belgique apparemment c'est directement dans le texte), une trans' mtf qui voulait faire congeler son sperme pour pouvoir avoir des enfants plus tard n'en a pas eu le droit, etc.

Intersexualité

Présenté par Vincent Guillot, de l'[Organisation Internationale des Intersexes|http://www.intersexualite.org/|fr] (OII)

  • Intersexualité = champ "en friche"
  • Intersexualité désigne les "hermaphrodites", au départ plutôt péjoratif qui comme "pédé" et "gouine" est en train d'être reappropriée.
  • La définition médicale de l'intersexualité est très restreinte entre "hermaphrodisme vrai" et "pseudo-hermaphrodisme"
  • Au niveau du nombre : 1 enfant sur 2000 naît "indeterminable", 1 garçon sur 600 a des chromosomes XXY. Au total il y a plus d'une centaine de variations chromosomiques possibles.
  • Un certain nombre de ces variations ne se verront jamais, sauf peut-être d'un accident si on fait des examens particuliers.
  • Les intersexes sont assignés dans un des 2 genres masculin/féminin, le problème survient lorsque la personne ne se reconnaît pas bien dans ce genre (lien avec les trans')
  • C'est à partir des années 50 qu'ont été mis en place les protocoles d'assignation à la naissance
  • Critères de choix : on prend une règle et on mesure, si pénis suffisant pour uriner debout et avoir une pénétration hétérosexuelle on laisse, sinon on crée neo-vagin.
  • Souvent de qualité médiocre, qui nécessitera de dilater régulièrement et une nouvelle opération à l'adolescence...
  • Même les parents ne sont en général pas au courant, même depuis la loi sur le consentement éclairé : les médecins présentent ça comme "un garçon avec un problème" ou "une fille avec un problème" alors que l'enfant pourrait vivre avec son sexe intersexe. En dehors des mutilations chirurgicales à la naissance, traitements hormonaux forcés
  • Les parents sont aussi victimes que les enfants.
  • Quand même des avancées : en suisse romande arrêt des mutilations depuis un an, en autralie, nouvelle zélande et népal a été ajoutée une case «autre» en plus de «m/f».
  • Vision de l'intersexualité dépend des cultures, il y a des cultures où c'est plus acceptée, exemple des amérindiens.
  • En france d'après VG une exception au niveau militant dans le sens où les intersexes ont rejoint les LGBT alors que ce n'est pas le cas dans d'autres pays où ils ne peuvent pas, ou veulent pas.

Sinon pour présenter l'intersexualité je trouve qu'il avait fait un "schéma" intéressant avec en gros :

Homme.........|.........Femme
--------------|--------------
Sexe male.....|..Sexe femelle
Genre masculin|.Genre féminin
Attirance vers|Attirance vers
les femmes....|....les hommes

Avec ce schéma, homo, trans et intersexes ont en commun de ne pas être considérés comme de «vrais» hommes et de «vraies» femmes, soit parce qu'ils ont un sexe biologique entre les deux (intersexes), soit parce qu'ils ont pas le bon genre (trans') ou pas la bonne orientation sexuelle (homo).

Solidarité internationale

Perdu les notes pour ce forum, oups.

De mémoire, en dehors des présentations de la situation dans quelques pays (côte d'ivoire, roumanie, liban notamment), la question de comment intervenir a été posée : nécessiter d'aider tout en respectant l'autonomie, questionnement sur une certaine instrumentalisation des droits de l'homme (féminisme et lgbti) par des pays impéralistes pour justifier une «guerre juste», comment faire pour éviter ça etc.

Lien aussi avec les questions des droits d'asile : en pratique pour qu'un homo expulsable dans un pays qui réprime l'homosexualité ait le droit d'asile en france il faut qu'il soit "outé" et limite militant, sinon très compliqué

Guerilla Travolaka/Convergences LGBTI

  • Guerilla Travolaka (en français, "Guerilla Travelotte"), association barcelonaise, s'est formée après le passage de la loi "identité de genre" en Espagne, souvent vue comme un modèle dans les autres pays. (En gros, la loi permet de changer d'état-civil sans opération à condition d'avoir été hormoné 2 ans et surtout d'avoir un psychiatre qui a fait un diagnostic de "dysphorie de genre". Il faut aussi avoir la nationalité espagnole). La plupart des associations trans' et LGBT d'espagne étaient satisfaites par cette loi.
  • Guerilla Travolaka considère que cette loi est une avancée mais n'est pas satisfaisante car les trans' sont toujours considérés comme des malades mentaux.
  • Guerilla Travolaka a le soutien d'autres associations à Barcelone (puisque la marche des fiertés barcelonaise avait mis en revendication de tête la dépsychiatrisation), et aussi dans d'autres pays (Portugal, France notamment). En revanche, pas du tout de soutien des autres assoces trans' d'Espagne.
  • Le 29 juin ils ont fait une assemblée internationale, création de la mailing list "Inter-trans".
  • Souhaitent faire une manif' du genre existrans' à Barcelone, et idée de décentraliser ça pour qu'il y en ait le plus possible dans toutes les villes.

Voilà c'est tout pour les ateliers, je m'excuse pour le style pas très rédigé, j'espère que ça reste un peu lisible. Pour le colloque comme c'était à la fin et que j'avais de plus en plus la flemme de prendre des notes y'a pas grand-chose, simplement il y a 3 intervenants que j'ai trouvé particulièrement intéressants :

  • Jacques Fortin qui a fait un historique des UEEH intéressant, replaçant la situation dans le contexte très politisé de l'époque.
  • Maud Yeuse sur une critique du modèle binaire de genres
  • Elsa Dorlin sur le lien entre colonisation et oppression sexiste, ou comment on est passé d'une utilisation des préjugés homophobes pour justifier la colonisation (homosexualité naturelle des arabes conduisant à une bestialisation et décrédibilisation des hommes colonisés), à, avec la récupération et l'instrumentalisation du discours féministe, une "racialisation", une "exotisation" du sexisme qui a pour effet de justifier le racisme et de faire croire que le sexisme est l'apanage des garçons arabes, permettant de ne pas voir qu'homophobie et sexisme sont toujours bien présents par ailleurs. Renouveau du discours nationaliste pour le rendre plus fréquentable, instrumentalisation pour justifier des termes comme identité nationale en faisant la confusion entre une identité fermée et naturalisée et des identités ouvertes LGBTQI.

Voilà, ce fut donc une semaine intense et intéressante :)