Rangers & Bas résille

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lundi, août 9 2010

Quelques conseils pour les auteurs cisgenres qui font des blagues sur les trans

Il y a une série américaine qui avait été critiquée il y a quelques semaines/mois par la «communauté LGBT» parce que ce qui était pensé par l'auteur comme un portrait «sympathique» d'une personne trans n'était pas vu comme tel par la communauté en question.

Notamment parce qu'il y avait le bon vieux cliché un peu éculé «le mec hétéro qui découvre qu'il a couché avec une trans et qui vomit».

Au passage, c'est marrant, mais autant je peux tout à fait comprendre ça comme une blague transphobe sur le fait que les corps trans soient dégueulasses, LOL !, moi ça me fait surtout l'effet d'une blague qui que les mecs hétéros sont très cons, LOL.

Comme souvent dans ce genre de choses, l'auteur s'est vaguement justifié, et comme souvent dans ce genre de justifications, il aurait mieux fait de se taire, puisqu'il explique :

Brian happens to be a heterosexual character, as I am. If I found out that I had slept with a transsexual, I might throw up in the same way that a gay guy looks at a vagina and goes, “Oh, my God, that’s disgusting.” It’s just the way we’re biologically wired.

Brian se trouve être un personnage hétéro, comme moi. Si je découvrais que j'avais dormie avec une transsexuelle, je pourrais vomir de la même façon qu'un mec gay regarde un vagin et fait «Oh mon Dieu c'est dégoûtant». C'est juste la façon dont nous sommes branchés biologiquement.

Bon, on ne va pas analyser ces propos plus en détail, ça n'en vaut pas la peine, si ce n'est qu'apparemment, ce n'est pas une histoire de blague, les mecs hétéros sont cons, ils sont branchés comme ça.

Ceci étant dit, le but de ce billet n'est pas de discuter de transphobie, ni de féminisme ; je ne me positionne ici pas en tant que militante, mais simplement en tant que moi aussi auteure de certains textes où il y a des blagues, et parfois avec des trans.

Ceci est donc un message qui vise à rehausser un peu le niveau de production d'humour à ce sujet parce que bon, en dehors de l'aspect transphobe, il y a quand même un truc fondamental qui doit être dit :

LE PERSONNAGE DE MEC HÉTÉRO QUI VOMIT PARCE QU'IL A APPRIS QU'IL AVAIT COUCHÉ AVEC/EMBRASSÉ/FANTASMÉ SUR (RAYEZ LES MENTIONS INUTILES) UNE FILLE TRANS, C'EST COMPLÈTEMENT ÉCULÉ.

Alors pitié, si vous vous sentez vraiment obligé de caser une blague avec la révélation de la transidentité et du vomi, essayez au moins de faire vaguement original.

Quelques variantes possibles (bon du coup dans les médias classiques c'est genré avec le mec hétéro cisgenre et la fille hétéra trans, mais comme ça aussi c'est éculé on n'est pas obligé de reproduire ça, du coup j'utilise un féminin neutre) :

  • A est trans et l'annonce en voiture à B. B le prend bien mais est malade en voiture et du coup vomit quand même, et doit donc expliquer à A qu'en fait ce n'est pas ça.
  • A est trans et C vient l'annoncer à B histoire de la discréditer auprès d'elle. B vomit donc sur C.
  • B flashe sur A, parce qu'elle croit qu'elle est trans. A annonce qu'elle est cisgenre à B, qui vomit.
  • A est trans et l'annonce à B. B le prend mal et pour le montrer veut vomir, mais n'y arrive pas, et a donc simplement l'air pathétique (on me fera remarquer qu'on n'a pas vraiment l'air moins pathétique en vomissant vraiment, mais bon)
  • A est trans et l'annonce à B. B lui répond «ah, c'est ouf, moi aussi !». A vomit.
  • A est trans et ne veut pas que B le sache. B sait en fait qu'A est trans mais fait semblant de ne pas savoir pour ne pas gacher le moment de la révélation dans l'histoire. (Bon ça a l'inconvénient que personne ne vomit et qu'il faut donc utiliser le quiproquo comme figure humoristique au lieu de la gerbe, ce qui n'est pas complétement évident pour tout le monde).
  • A est trans et le dit de façon un peu masquée à B. B fait genre qu'elle a compris mais n'a pas compris. (Là encore on utilise plutôt le ressort du quiproquo que du vomi, mais on peut aussi utiliser le vomi à la fin).

Voilà, amiEs scénariste, j'espère que vous serez maintenant capable d'écrire des scénarios avec des personnages trans un tout petit peu moins déjà-vus. La prochaine fois, nous verrons pour quelles raisons un personnage trans peut bien vouloir économiser de l'argent en dehors de l'Opération (il risque d'y avoir un certain nombre de photos de Harleys).

vendredi, juillet 30 2010

Petit questionnaire à remplir...

Pour me faire pardonner mes aigreurs contre les sociologues, je relaye un questionnaire de mon amie Butch Cassidyke, docteur en zoosociologie et spécialiste de l'exotisme, qui étudie donc assez logiquement les personnes cisgenres.

Vous

Votre âge :

  • Moins de 20 ans
  • Entre 20 et 30 ans
  • Entre 30 et 50 ans
  • Plus de 50 ans

Votre genre :

  • Homme
  • Femme
  • Cisgenre

Révélation

Vous avez pris conscience que vous étiez cisgenre...

  • Durant votre enfance
  • A l'adolescence
  • A l'age adulte

Avez vous pu accepter tout de suite que vous étiez cisgenre ?

  • Oui
  • Non

Si non, pourquoi ?

Coming-out

Etes vous outé(e) en tant que cisgenre...

... à vos amis ?

  • Oui
  • Non
  • Certains uniquement

... à votre famille ?

  • Oui
  • Non
  • Certains uniquement

... à vos collègues de travail ?

  • Oui
  • Non
  • Certains uniquement

... à votre médecin ?

  • Oui
  • Non

Avez-vous eu à subir des situation de rejets à cause de votre coming-out en tant que cisgenre ?

  • Oui
  • Non

Sexualité

Vous avez principalement des relations avec :

  • Des hommes
  • Des femmes
  • Des cisgenres

Vous révélez que vous êtes cisgenre :

  • Avant votre premier rendez-vous
  • Entre votre premier rendez-vous et votre premier rapport sexuel
  • Après votre premier rapport sexuel
  • Vous ne le révélez pas

Pensez-vous que votre cisidentité ait eu une influence plutôt positive, négative, ou neutre sur votre vie sexuelle ?

  • Positive
  • Négative
  • Neutre

Avez-vous déjà dû subir des situations de rejets affectifs ou amoureux à cause de votre cisidentité ?

  • Oui
  • Non

Merci de votre participation !

lundi, juin 7 2010

Un peu de zoologie : le connard de rue

Le connard de rue (homo connardus heterosexualus cisgeneris) est un mammifère de la famille des Connardoïdes.

Habitat

Comme son nom l'indique, le connard de rue se trouve majoritairement dans les rues, places, ruelles et autres lieux publics. On en trouve également une forte concentration dans les bars et autres PMU.

Comportement

Le connard de rue est un animal grégaire, bien que l'on en retrouve parfois des individus isolés. Son activité principale semble consister à traîner en meute, sans autre but précis que d'occuper l'espace. La seule spécificité notable du connard de rue, comparativement à d'autres espèces tel le mouton ou le boeuf, est une relative conscience de la petitesse de son existence.

Cette capacité à se rendre compte de son aspect essentiellement inutile, voire nuisible, et dépourvu de toute grâce, se traduit par une rancoeur jalouse, voire une haine, envers tout ce qui échappe à cette existence minable. C'est pourquoi la deuxième activité principale du connard de rue, en dehors de traîner, est d'agresser de manière verbale ou physique les femmes, pédés, gouines, et/ou trans qui passent dans son périmètre d'action.

Effectivement, deux personnes de même genre qui se tiennent la main ou ont l'audace de s'embrasser montrent au connard de rue en quelle mesure il est incapable de concevoir sa sexualité en dehors d'un schéma hétérosexuel strictement limitatif. Cette parodie de sexualité qui ne lui apporte pourtant qu'un plaisir vague est érigée comme But Ultime du connard de rue. C'est pourquoi le connard de rue est également lourd de manière générale avec les meufs, sans distinction d'orientation sexuelle : il se figure qu'un peu de drague pénible ou une proposition sexuelle lui permettra de «tirer un coup». Lorsqu'il se rend compte que cela n'est pas possible, le connard de rue procède alors à des insultes sexualisées.

Par ailleurs la moindre jupe ou surface de peau visible renvoie au connard de rue le fait qu'il est complètement incapable de sortir de la gamme «bermuda/tee-shirt Johnny Hallyday» ; les moindres cheveux au fait que son instinct grégaire lui commande de se faire tondre le crâne de la même manière que ses congénères locaux, c'est-à-dire sans le moindre gramme de fantaisie et toujours avec un mauvais goût affligeant.

Conscient qu'il est incapable de la moindre dose d'audace qui lui permettrait d'échapper à son destin, par exemple en transitionnant ou en devenant pédé, et ne disposant généralement pas non plus du courage pour faire la seule chose d'utile dont il est encore capable, c'est-à-dire mettre fin à ses jours, le connard de rue tente donc vainement de se rassurer en attaquant tout ce qui sort un peu de sa norme, c'est-à-dire qui est capable d'avoir un minimum de classe.

Chasse

Comme on l'a vu, le connard de rue n'est pas un animal courageux, c'est pourquoi il «chasse» habituellement en groupe. Une meute typique de connards de rue est ainsi habituellement formée au minimum d'une demi-douzaine d'individus[1].

Comportement en chasse

Lorsqu'une meute de connards de rue a aperçu une victime (une femme, un pédé, une gouine, un·e trans ou tout autre individu lui rappelant à quel point son existence est minable), les membres de la meute procèdent en général à des agressions verbales ou du même ordre : drague lourd, sifflements, commentaire du type «mate le beau cul», etc, qui visent à convaincre les connards de rue qu'ils sont dominants et «normaux» au lieu de simplement pathétiques.

Le connard de rue essaie aussi de s'imaginer, de manière collective, qu'il a du courage, afin de ne pas voir que s'il en avait réellement un tantinet, il ne serait plus un connard de rue. Pour s'imaginer qu'il est courageux, le connard de rue redéfinit cette notion :

  • insulter une personne seule lorsqu'on est une demi-douzaine, c'est être courageux, viril, etc. ;
  • répondre par l'insulte à une demi-douzaine de connards de rue lorsqu'on est seule, c'est, en revanche, être hystérique.

Les sous-espèces du connards de rue

(On précisera que le terme «sous-espèce» désigne des espèces dérivées du connard de rue, d'un point de vue taxinomique, et non pas des espèces qui leur seraient «inférieures», qui doivent sans aucun doute être difficiles à rencontrer.)

Le connard de rue s'est adapté (quoique cela soit un bien grand mot) de manière différente à ses environnements, donnant lieu à un ensemble varié de sous-espèces. La plus connue est :

Le connard en bagnole

Bien que cette subdivision soit contestée par certains spécialistes, qui considèrent que le connard en bagnole n'est jamais qu'un connard de rue dans une voiture, il me semble que certaines spécificités méritent qu'on le traite de manière à part.

Ainsi, contrairement au connard de rue, le connard en bagnole, se sentant solidement protégé par sa voiture, est capable d'agression même lorsqu'il est seul. Le connard en bagnole dispose également d'un organe supplémentaire appelé klaxon, qui lui sert semble-t-il à «siffler les meufs» de façon plus audible.

Véritable as du volant, le connard en bagnole est même capable de dépasser les limites de son véhicule et :

  • de donner de grands coups de moteur ;
  • de faire crisser les pneus

dans ce qu'il espère être une façon «d'impressionner les meufs».

Une subdivision du connard en bagnole est le connard tuning.

Autres sous-espèces

Le connard se décline également dans un certain nombre de sous-espèces, parfois plus évoluées en apparence mais rarement sur le fond :

  • le connard en soirée ;
  • le connard de famille ;
  • le connard militant, qui se décline en plusieurs versions, allant du plouc qui porte un bob "51" en manif et reprend en coeur la chanson «Il est vraiment, il est vraiment, il est vraiment phénoménal» passée par la sono de son syndicat, au connard alterno-déconstruit qui n'est un connard relou que lorsqu'il a pris une bière ou deux, en passant par le redskin viriliste qui a intégré les luttes LGBT et «encule ces pédés d'homophobes» ;
  • le connard pro-féministe ;
  • le connard de pride, qui vient assister à une pride pour satisfaire sa dose d'exotisme, sans réaliser que c'est lui qui devrait être au zoo.

Autant d'espèces diverses qui mériteraient sans aucun doute un article à part si elles présentaient le moindre intérêt.

Notes

[1] L'utilisation d'«individu» pour désigner le connard de rue fait cependant débat dans la communauté scientifique.

mardi, septembre 15 2009

15 raisons de changer de sexe

C'est la question à laquelle on a souvent le droit, quand on est trans : mais, pourquoi diable as-tu transitionné ? (Bizarrement, on ne demande jamais l'inverse aux personnes cis : mais, pourquoi diable ne transitionnes-tu pas ?)

Du coup, je me suis dit que je pourrais faire une réponse, une fois pour toute.

Et comme j'étais sur la lancée, je me suis dit, pourquoi me limiter à une ? Donc voilà, choisissez celle qui vous plaît.

  1. J'ai toujours rêvé d'être un vampire (quand j'étais ado, j'étais fan d'Anne Rice et amoureuse de Lestat). Comme ce n'était pas possible, je suis devenue trans. (Version créature de la nuit)
  2. Je crois à la réincarnation et dans une autre vie, j'étais une femme[1]. (Version new age)
  3. Zemmour et les masculinistes disent vrai : il y a un complot féministe pour féminiser les hommes. J'ai été enlevée par des méchantes féministes (la plupart lesbiennes) qui m'ont plongée dans une cuve d'estrogènes. (Version masculiniste)
  4. Je voulais être un robot[2]. Comme ça n'était pas (encore ?) possible, j'ai songé que devenir trans était la deuxième meilleure chose possible. (Version cyborg)
  5. Je suis en fait un agent secret des masculinistes qui a transitionné pour infiltrer les mouvemenst féministes non-mixtes. (Version théorie du complot)
  6. Je suis en fait un agent secret des féministes radicales qui a fait croire qu'elle avait transitionné afin de discréditer ainsi les trans pour faire croire qu'elles transitionnent juste pour infiltrer les mouvements féministes non-mixtes. (Version théorie du complot, élaborée)
  7. Je détestais trop les mecs pour en rester un. (Version misandre)
  8. J'ai transitionné pour draguer les lesbiennes plus facilement. (Version drague-loser)
  9. Je trouvais la vie trop facile en tant que mec blanc hétéro. Transitionner était une façon de rajouter un peu de challenge à tout ça. (Version difficulty: hard)
  10. J'ai transitionné pour faire chier mes parents (Version crise d'ado tardive)
  11. J'aimais le rose. Les filles aiment le rose. Donc, j'en ai déduit que j'étais une fille. (Version syllogisme)
  12. À cause de mes cheveux longs, on me prenait pour une fille de dos. Du coup, pour harmoniser le genre vu de devant et le genre vu de derrière, je n'avais que deux solutions : me couper les cheveux ou changer de sexe. Et je ne voulais pas me couper les cheveux[3]. (Version capillaire)
  13. Je trouvais que je ne payais pas assez cher chez le coiffeur. (Version capitalo-capillaire)
  14. C'était à la mode d'être trans. (Version fashion victim)
  15. J'étais timide. En devenant une femme, je pouvais être protégée par des hommes bien attentionnés. (Version que m'a sortie une psy)
  16. Quand j'étais plus jeune, j'ai rencontré une nana. Après qu'on ait discuté un certain temps, j'ai compris qu'elle était moi, venue du futur ; je devais dont transitionner, sous peine de créer un paradoxe temporel qui aurait détruit notre galaxie. (Version voyageuse du temps)
  17. Les gouines ont tellement la classe, alors je voulais en devenir une (version gouino-suprémaciste)

Notes

[1] Et avant ça, j'étais un chat, ce qui explique que je n'en branle pas une.

[2] Quand j'ai fait mon coming-out à ma mère, et lui ai dit d'une voix bafouillante en en des termes hésitants que je ne voulais pas être un homme, elle m'a effectivement répondu «ah, tu veux devenir un robot ?».

[3] Maintenant que je l'ai fait, je pense que je vais dé-transitionner.

mardi, juin 9 2009

Pour une vraie défense de la laïcité, ou pourquoi la loi sur le voile ne va pas assez loin

Je ne sais pas si c'est la récente sortie de Barack Obama sur le sujet ou si c'est une sorte de grand cycle naturel de l'ordre des choses, mais toujours est-il que j'ai l'impression qu'on se remet à parler du voile, islamique, le hijab, mot qui ressemble d'ailleurs vaguement à djihad, ce qui n'est quand même pas anodin.

Bref, comme j'ai récemment admis que je n'étais pas féministe, mais il faut bien le dire maintenant, que je blogge uniquement pour avoir des «hits» et augmenter mon classement wikio[1], je me suis dit que j'allais surfer sur la vague du buzz.

Sans aller jusqu'à faire un résumé des épisodes précédents, qui, comme dans pratiquement toute série, tendent à devenir de plus en plus ennuyeux au fil des saisons, il y avait deux arguments pour, globalement, condamner le foulard islamique et, plus précisément, l'interdire à l'école :

  1. l'aspect antisexiste[2] considérant le voile[3] comme symbole de soumission pour la femme ;
  2. l'aspect laïcardl, considérant que la religion n'a rien à faire à l'école, sauf évidemment en Alsace et en Moselle.

Bref, ces arguments, pourquoi pas, mais du coup il me semble que si on est logique, il faut les pousser un peu plus loin.

Parce que niveau symbole d'oppression de la femme, moi j'en vois un par rapport à qui le hijab, ben c'est peanuts (et d'ailleurs l'aspect sexiste dans le port du hijab en fait partie). Un symbole tellement énorme qu'on le voit peut-être pas parce qu'on a le nez dessus, un peu comme le dessin de phénix des incas qu'on peut voir que depuis une certaine distance.

Et ce symbole, ben c'est tout simplement l'hétérosexualité.

Alors on va me dire que là c'est pas pareil, parce que c'est pas religieux. Mes fesses, ouais.

Déjà, dès la génèse, boum, «homme et femme il les créa». Ouais, on sent pas venir le truc, ouh il faut que ces deux là ils s'aiment, gnagnagna. Évidemment c'est pas marqué «gouine et gouine il les créa» ni même «butch et fem il les créa». Et puis bien sûr il y a la suite, dans le Lévitique : «tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme: c'est une pratique abominable.», qui impose quand même de fait une certaine hétérosexualité[4]. Et puis bien sûr il y a Sodome, épisode qui est d'ailleurs aussi repris dans l'islam, me semble-t-il, avec les aventures de Loth[5].

Bref, l'hétérosexualité est dictée par la religion et, si j'ai bien compris[6], de façon vachement plus claire que pour le voile, où là finalement le Coran ne dit pas grand-chose.

Donc, il faut en tirer les conclusions qui s'imposent.

D'abord, les organisations féministes ou les partis politiques qui excluaient (ou excluent sans doute toujours) les filles voilées doivent être cohérentes et donc aussi virer tou-te-s les hétéros.

Ensuite, les signes ostensibles d'hétérosexualité doivent être interdits au lycée. Si l'on pense évidemment d'emblée aux roulages de pelle, drague hétéros et autres photos du copain/de la copine, il convient aussi d'être vigilant sur les cheveux, souvent signe ostentatoire d'hétérosexualité pour les hommes comme pour les femmes, la présence ou l'absence de boucles d'oreilles et de maquillage, le refus pour les garçons de porter des jupes, ou encore le goût de certaines filles pour l'épilation.

Même chose, évidemment, pour la fonction publique et tout ce qui est représentation de l'état : exit la première dame, les couples hétéros qui font coucou à la caméra, les «ouh telle ministre attend un bébé, mais qui est le papa ?».

Etcaetera, etcaetera.

Bref, pour conclure un peu plus sérieusement (non pas que ma proposition de loi ne soit pas sérieuse, d'ailleurs ça va chier quand je serai dictatrice du prolétariat présidente démocratiquement élue), je me demande si exclure les personnes opprimées et aliénées de la lutte contre cette oppression est vraiment le meilleur moyen pour faire avancer les choses.

Notes

[1] Qui est en fait, soit-dit en passant, assez déplorable. D'ailleurs mon blog est bizarrement référencé deux fois, avec deux noms différents et deux classements différents, ce qui reflète finalement plutôt pas mal mon côté parfois un peu bicéphale.

[2] Enfin, si on oublie qu'on punit avant tout les personnes qu'on considère comme victime, ce qui d'un point de vue antisexiste n'est top, mais passons, surtout que je suis censée jouer la pro-loi dans ce billet.

[3] Je préviens, là-dessus je fais un peu OSS117, mais j'ai jamais compris la différence entre foulard, voile, hijab et tout ça. Déjà qu'entre foulard et bandana je vois pas trop la différence, alors bon, faut pas trop m'en demander.

[4] Du moins avec la vue phallocrate classique qui veut que Dieu, Moïse, et tous les israélites à qui Dieu dit à Moïse de s'adresser sont neutres et donc des mecs. Si, par contre, on considère que Dieu et Moïse sont deux gouines radicales en train de recruter, le sens est un peu différent.

[5] À ne pas confondre avec le roi Loth de Kaamelott qui est, je crois, un autre personnage.

[6] Au cas où vous l'auriez pas deviné, je suis nulle en religion, j'y connais rien à l'Islam, et mon seul bagage religieux me vient d'In Nomine satanis/Magna Veritas, donc j'ai peut-être pas bien compris non plus.

mardi, avril 7 2009

Test de Rorschach amélioré

La Haute Autorité de la Santé a sorti son rapport sur les trans', et propose une consultation publique (en gros une page avec un formulaire où vous pouvez répondre, mais bon comme si vous êtes pas d'accord en général c'est que vous êtes malade mental/e j'ai des doutes sur l'écoute. Enfin bon...)

J'ai pas encore lu le rapport assez volumineux en entier, mais ce que j'ai survolé ne me plait pas : renforcement des équipes dites officielles, avec en gros plus de difficulté pour passer hors du système, necessité d'avoir un «test de vie réelle» pendant au moins 3 mois avant tout «changement irréversible» (les hormones à dose autre qu'homéopathique (à l'exception du castrateur chimique, qu'on peut toujours filer) étant considérés comme des changements irréversibles, même au bout de trois mois. Purée, je dois pas prendre les bonnes).

Le «test de vie réelle», en gros, c'est vivre dans son nouveau genre. À 100%. Sachant que comme vous avez pas le droit de modifier votre corps pace que c'est trop irréversible, il y a que les fringues et le comportement. Donc en gros c'est s'outer à tout le monde et, pour une MtF, porter jupe et talon en permanence, et pour un FtM faire l'uber-macho. Même si en vrai vous vous êtes une trans' butch ou un trans pédé effeminé. Ce qui porte à croire qu'en fait de «test de vie réelle» c'est plutôt un «test de vie fantasmée par les psys», mais bon.

Et sinon, le rapport rappelle l'intéret des tests psychologiques, et notamment le Rorschach.

Personnellement, je propose la variante suivante :

watchmen_rorschach.jpg

Bon, je pense que je ferai un billet plus approfondi sur ce sujet d'ici quelques temps, mais là ça résume bien mon humeur du moment.

mercredi, avril 1 2009

Changement de ligne

Salut les filles !

J'avais un rendez-vous ce matin avec mon psychiatre à propos de troubles qui durent depuis un certain temps et dont vous avez peut-être vus les effets sur ce blog, et après une discussion assez longue et par moments difficile pour moi, j'ai décidé de voir la réalité en face.

Vous l'aurez sans doute remarqué, je souffre du Syndrome de Benjamin, aussi parfois appelé Dysphorie de Genre ou transsexualisme.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il ne s'agit pas d'un choix : depuis toute petite, j'ai toujours su au fond de moi que j'étais une femme, préférent jouer à la poupée qu'aux jeux vidéos. Autrement dit, je suis une femme enfermée dans un corps d'homme. Il ne faut pas confondre avec les travestis ou les shemales, qui nous décrédibilisent malheureusement alors que la démarche des vraies transsexuelles est, contrairement à la leur, on ne peut plus respectable.

Grâce à la discussion que j'ai pu avoir avec monsieur le docteur, j'ai réalisé que mon refus de me labelliser «femme» et d'exprimer mon attirance pour les hommes en m'habillant de manière convenablement attirante était dûe à un pan du mouvement féministe squatté par des lesbiennes radicales qui se sentent supérieures en haïssant les hommes.

J'ai décidé de rompre avec cette espèce de secte qui avait essayé de m'embrigader, car il me semble que cette idéologie est très néfaste : voulons-nous vraiment, pour nos enfants (même si, malheureusement, je ne pourrais jamais me sentir pleinement femme en étant enceinte) qu'ils soient élevés par un couple d'hommes ou un couple de femmes, et par conséquent, incapables de voir la complémentarité homme/femme, qui est le ciment de notre société ? Voulons-nous vraiment un monde où des femmes portent des chaussures de militaires et se rasent le crâne, refusant de montrer leur féminité dont elles devraient être fières? Voulons-nous vraiment un monde où les hommes portent des jupes et des portes-jarretelles ?

Moi pas, en tout cas.

Entendons-nous bien : je ne renie pas complètement mon lesbianisme, car j'estime que l'homosexualité féminine est un élément qui peut être important pour mettre un homme en appétit, mais je trouve vraiment malsain cette idée de vouloir vivre sans le sexe complémentaire. Un couple, c'est comme un régime : ça doit être équilibré.

C'est pourquoi j'ai décidé de changer la ligne de ce blog, car j'étais malheureusement trop influencée par le courant fémifasciste (même si je pense qu'une partie du mouvement féministe fait du bon travail, notamment lorsqu'il s'agit de valoriser le rôle de la mère). Dorénavant, je me concentrerai essentiellement sur les sujets suivants :

  • mode (notamment comment mettre ses formes en valeur quand on est un peu ronde)
  • diététique
  • conseils pour plaire aux hommes
  • beauté

Par ailleurs il est évident que je vais changer le titre de ce blog. Bien que je ne sois pas encore fixée sur le nom définitif, je pensais à quelque chose du genre «Planète Venus».

Voilà, bisoux les filles et attention au grignotage entre les repas ^ ^

mardi, mars 17 2009

Rangers vs Bas résille

rangersvsresille.png

J'aime pas trop le terme «passing», mais bon, je pense qu'on comprend ce que ça veut dire.

(Cette idée a été inspirée du webcomic XKCD)

lundi, novembre 26 2007

Manifester, c'est sérieux

Pour moi, manifester, c'est quelque chose d'important parce que c'est bien souvent la seule façon de s'exprimer quand on ne possède pas de journal ou de télévision (certes, j'ai un blog, m'enfin bon).

C'est aussi quelqe chose de ludique. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne m'est pas arrivé de me faire chier dans des manifs ;mais en général, c'est quand meme quelque chose de sympa.

Et personnellement, j'aime bien quand il y a un peu d'humour, qu'on ne se prend pas forcément au sérieux. Parce qu'on peut prendre une cause au sérieux sans s'y prendre soi-même.

Cependant, la question de l'humour dans les manifs' ne provoque pas forcément autant d'unanimité. Il y a quelques années j'avais entendu parler d'une banderole humoristique d'intermittents dans le style «manif de droite» décrochée par le service d'ordre syndical, et je trouvais ça dommage.

Mais il semblerait pourtant que certains n'aient vraiment pas d'humour.

Par exemple ce petit article publié dans l'huma (via vive le feu) qui fait la morale aux militants anarchistes qui, en plus de ne pas être gentils avec les policiers venus manifestés en leur rappelant qu'ils sont en général du mauvais côté de la barricade, ont des slogans «bien peu respectueux des luttes en cours» : « La retraite, on s’en fout. On ne veut pas bosser du tout » ou encore « La retraite à vingt ans, pour baiser il faut du temps ».

Ce n'est pas le seul cas de manque d'humour manifestant. Arrêt sur images parle notamments des «barblés de Rennes II» : un dessin de barbelé destiné à limiter la zone journaliste, qui a «pris vie» dans le journal le monde. En dehors de l'aspect diffamatoire et désinformatif qu'on ne soulèvera pas ici (il y aurait d'autres cas dont il faudrait parler), il en ressort quand même que tracer des barbelés, c'est pas bien.

Mais les étudiants ne s'arrêtent pas là : ils ressortent aussi les goulags cette fois-ci dans une banderole (il me semblait avoir lu un tableau dans un autre article ? mais peu importe).

Alors je vois deux possibliités :

  • soit les étudiants sont des pires que staliniens totalitaires qui ressortent les goulags et les barbelés dès qu'ils peuvent sous une forme d'humour douteux qu'il faut condamner ;
  • soit au contraire les restrictions à la liberté n'en sont pas vraiment (le contrôle des mandats parait la base de la démocratie, et il paraît normal que des gens puissent vouloir débattre à l'abri des caméras) et du coup on peut se permettre d'avoir un peu d'humour ; auquel cas les journalistes ne font finalement que profiter de détails anodins pour avoir un prétexte pour cracher sur des mouvements qu'ils n'aiment pas.

Bizarrement, il y en a une que je trouve plus probable que l'autre...

vendredi, novembre 9 2007

Billets inachevés

Parfois je me sers du blog pour prendre des notes rapides sur un truc, en créant un billet «non publié».

Et souvent, ce billet ne l'est jamais, publié. Histoire de faire un peu le ménage, je copie/colle ceux qui pouvaient être intéressants en-dehors de moi.

Super Mario Communist

Une vidéo en flash à la con.

Une citation de Troksky sur le terrorisme (en anglais)

The account we have to settle with the capitalist system is too great to be presented to some functionary called a minister. To learn to see all the crimes against humanity, all the indignities to which the human body and spirit are subjected, as the twisted outgrowths and expressions of the existing social system, in order to direct all our energies into a collective struggle against this system – that is the direction in which the burning desire for revenge can find its highest moral satisfaction. Léon Trotsky, Terrorism

Edit: ce qui donne effectivement en français (merci Sylvestre) :

Le compte que nous avons à régler avec le système capitaliste est trop grand pour être présenté à un quelconque fonctionnaire appelé ministre. Apprendre à voir tous les crimes contre l'humanité, toutes les indignités auxquelles sont soumis le corps et l'esprit humain, comme les excroissances et les expressions déformées du système social existant, dans le but de diriger toutes nos énergies en une lutte contre ce système - voilà la direction dans laquelle le désir brûlant de vengeance doit trouver sa plus haute satisfaction morale. Léon Trotsky, Pourquoi les marxistes s'opposent au terrorisme individuel

Bon, en fait ça ne fait que deux. Les autres étaient trop pourris pour être publiés.

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