Vernis & Sécateur

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samedi, août 27 2011

La «gauche» qu'en a dans le pantalon

Bon, j'avoue, je ne m'intéresse pas vraiment aux élections de 2012. Et particulièrement pas à qui va bien pouvoir représenter le PS parce que bon, faut bien le dire, pour moi tous les sociaux-traitres se ressemblent un peu.

N'empêche, qu'à défaut d'avoir un programme révolutionnaire, il faut leur reconnaître un truc : ils en ont dans le slibard.

La preuve : Cambadélis, sur son blog, explique que «la période n’est pas aux « chochottes » !».

Ce à quoi Le Guen répond, «Effectivement, ne soyons pas des chochottes. Nous, nous ne sommes pas des chochottes !».

Chochotte, ça veut dire quoi, déjà, exactement ?

chochotte féminin

1. (Familier) Garçon douillet, maniéré, efféminé.

2. (Familier) Homosexuel efféminé.

Bref, au Parti Socialiste, au moins c'est clair, c'est pas des pédales, pas un parti de tafioles, que des mecs, des vrais.

Remarquez, au moins on peut leur reconnaître une certaine cohérence politique : après s'être félicités en choeur de l'arrêt des poursuites contre Strauss-Kahn, autant assumer le machisme hétérosexiste jusqu'au bout.

vendredi, octobre 29 2010

Devinettes...

1

Je suis un blog politique où, pour humilier un adversaire politique (ou plutôt un «allié» trop mou), j'utilise les mots «gros enculé», tout en précisant «je ne suis pas homophobe».

Dans mes commentaires apparaissent des réactions telles que :

où va se nicher le perversité ! il y a des mecs qui se déguisent en femme pour se prendre un grand coup de ****... et il y en a qui se déguisent en syndicaliste par amour pour l'oligarchie... enculé c'est une insulte homophobe ? et si tu dis "chien", c'est zoophobe ? et jaune ? c'est xanthophobe ?

ou encore

'enculé c'est une insulte homophobe ?'

Non. Même pas de dire gros PD de temps en temps, ce qui est juste une façon inconsciente de réaffirmer sa propre hétéro sexualité.

La tolérance à tout crin étant à l'inverse, le comble d'un narcissisme qui pousse ceux qui en sont affectés, à finir par mépriser tout le monde.

Je suis je suis je suis...

  1. un blog de droite dure, style François De Souche ?
  2. un blog de militant anticapitaliste ?

2

Je suis un syndicat troublé par la présence d'un petit cortège transpédégouine devant moi, dont certaines personnes envoient des regards méchants quands certains de mes militants gueulent «Sarko, on t'encule».

Je commence d'abord par signifier aux militantEs transpédégouines qu'ils ne sont pas à leur place dans le cortège, puis j'envoie deux militants faire passer la banderole de tête devant.

Parmi ceux-ci en figure un qui a agressé des nanas féministes à coup d'insultes sexistes et homophobes, en justifiant que c'était parce qu'elles avaient organisé une manif féministe avant et que du coup forcément ça créait des tensions.

Après quoi je fais virilement passer mes troupes et ma camionnette devant histoire que l'ordre soit conservé et constate avec satisfaction que les militantEs transpédégouines ont laissé tomber et sont alléEs se réfugier derrière les partis politiques mous.

Je suis je suis je suis...

  1. la CGT dans les années 70 ?
  2. la CNT en 2010 ?

jeudi, octobre 21 2010

CQFD, euh, non, CFDT...

La CFDT veut se distancier de toute «radicalité»...

Afin de «préserver un élan de sympathie», la CFDT explique, dans un communiqué, qu'il faut se distancier des méchantes gens trop radicales qui font un peu n'importe quoi : «cet élan de sympathie, pour être conservé, exige une prise de distance avec toute forme de radicalité"».

... pas de l'homophobie

Et pendant ce temps :

mur-cfdt-ump-lille.jpg

J'imagine que les «PD» ne font pas partie des gens pour lesquels il est important de conserver un «élan de sympathie»...

lundi, octobre 4 2010

Nos artistes ont du talent

Je ne pensais pas au départ relayer l'information sur ce blog, vu qu'il y a des chances pour que, si vous avez une connexion Internet, vous n'ayez pas pu passer à côté, mais bon voilà : il y a un groupe de rap qui s'appelle Sexion d'assaut dont les propos homophobes ont récemment été découverts et (légitimement) dénoncés, et qui du coup a vu quelques-uns de ses concerts annulés à cause de ça.

Ce que je trouve drôle, là-dedans, c'est la complainte ressortie par un certain nombre de personnes, pour en gros expliquer que c'est le rap, dans son ensemble et sans nuance, qui est sexiste et homophobe, avec l'idée du coup que c'est un problème bien spécifique au rap et qu'on ne retrouverait pas ailleurs.

La preuve, pendant ce temps, il y avait «salle comble à Bègles pour le retour sur scène de Bertrand Cantat», ce «grand artiste».

Mais ouais, les connards qui font de la musique, ça doit vraiment être spécifique au rap...

jeudi, juillet 8 2010

La sociologie est un sport de combat (en tout cas y'a des sociologues qu'on verrait bien se prendre des tartes)

Il y a un énième bouquin dont je n'ai pas spécialement envie de parler qui est quelque peu homophobe ce qui, du coup, a suscité quelques réactions de personnes qui dénoncent l'homophobie.

Il s'appelle «700 millions de (gays) geis », et on peut voir ce qui lui est reproché plus spécifiquement sur le site Yagg, mais ce n'est pas vraiment ce dont j'ai envie de parler ici[1].

Non, ce dont je voudrais parler, c'est la réponse de l'éditeur (que l'on retrouve aussi sur le site Yagg) , l'Harmattan, tellement je la trouve puante.

Après cette douloureuse lecture, Yagg a souhaité interroger la maison d’édition. Denis Pryen, directeur des éditions L’Harmattan, nous l’affirme: « La vente du livre a été suspendue parce que dans la puce, c’est-à-dire le petit résumé du livre que l’on pouvait trouver sur le site, il manquait une phrase qui faisait que le propos portait à confusion. On a eu de nombreuses réactions de sociologues très remontés par ce qu’il ont pu lire dans la puce ».

Ce qui est intéressant, c'est que perso j'ai pas mal entendu parler de ce bouquin et d'appel à le dénoncer par Internet et divers réseaux sociaux. Jusqu'à preuve du contraire, malgré mes travaux sur les connards de rues, je ne suis pas sociologue, et je ne suis pas persuadée que c'était plus le cas des personnes qui relayaient cet appel à boycott.

À vrai dire, je pense même que la plupart des gens étaient des personnes concernées par les propos (c'est-à-dire des homos) et pas spécialement des sociologues. Mais non, visiblement, là, il n'y a que l'avis des sociologues qui compte...

« Je comprend que cela puisse choquer. C’est un livre qui est à la frange, ajoute-t-il. Les propos de l’auteur reposent sur sa propre croyance et sa propre perception des choses. Mais ses arguments, si on les lit bien, sont plutôt des appels à la tolérance. Notre position est que l’on a une liberté totale. Tant que l’auteur appelle à la tolérance et ne prononce pas de discours haineux ».

Et c'est là qu'on voit la beauté de cette logique de tolérance de merde : le dominant reste tolérant et gentil, puisqu'il ne prononce pas de propos haineux, alors que ça va être les oppriméEs qui vont se voir accuser d'intolérance, de censure, de discours haineux (accusation de sexisme anti-homme, de misandrie, de racisme anti-blanc, d'hétérophobie[2]). Certes ce n'est pas tout à fait les propos qu'il tient ici, mais c'est cette logique que me renvoie cette notion de «tolérance».

« C’est un bouquin écrit de Tunisie et il faut bien avoir ça en tête. Il tente de lutter contre les discriminations qui existent à l’égard des homosexuels dans son pays. Il s’intéresse juste à ce sujet. Notre position est de travailler avec de nombreux écrits de pays arabes et la façon dont ces sujets sont traité peuvent sembler ici rétrogrades mais pas là-bas. Il attire l’attention sur les questions de genre inversé, il provoque une étude de ces questions et ce livre émane d’une zone où il y a une forte répression contre les homosexuels. Lui appelle à la tolérance. Le contexte dans lequel il est écrit est important et ce n’est pas un livre destiné au grand public, il est dans une collection particulièrement destinée aux sociologues, et les sociologues comprennent parfaitement bien le contexte qui entoure ce livre. Pour nous, il est important qu’il y ait de plus en plus de livres dans ces pays-là sur ses sujets. »

Y'a que moi qui trouve ça puant ? L'espèce de logique coloniale «bon ok c'est homophobe, mais bon, c'est un tunisien qui l'a écrit, il faut le comprendre», mêlée à l'argument de merde «on est entre sociologues, pourquoi diable est-ce que nos sujets d'études veulent parler avec nous ?»

Et ce qui m'interpelle c'est : on va vraiment me faire croire qu'il n'y a personne en Tunisie qui a des trucs vachement plus intéressants à dire, et qui peut-être aurait moins accès au monde de l'édition, à la notoriété, à la visibilité de ce qu'il ou elle écrit ? Quelqu'unE qui serait en fait directement concernéE par le sujet ? Ah, mais ouais, pardon, il ou elle serait peut-être pas sociologue...

Plus le temps passe, plus je croise des gens qui viennent nous (LGBT en l'occurrence) étudier en tant que sociologue/psychologue/machinologue, plus je trouve que la notion de scientifique qui parle à la place des autres et prétend tout mettre sur le même niveau sous couvert de soi-disant «neutralité» me fait gerber...

Et du coup, quand je vois ça :

Nous publions également une revue sur les questions de genre. Pour nous cette diversité et la liberté totale des opinions est importante. C’est tout cela qui est intéressant. Et notre position est très claire, nous sommes pour le respect et la tolérance de tous et de toutes les sexualités », conclut-il.

je crois que moi, vraiment, désolée, mais je suis de plus en plus «intolérante».

Notes

[1] Si ce n'est pour dire que du coup, d'après les travaux de l'auteur, en tant que trans gouine je devrais être une âme d'homme enfermé dans un corps de femme enfermée dans un corps d'homme. (<geek>Y'a un moment où j'ai peur d'avoir une erreur STACK OVERFLOW.</geek>)

[2] En tant que cisphobe, je me sens du coup un peu invisibilisée.

jeudi, juin 10 2010

Le courage des connards de rue (suite)

Un petit billet un peu à chaud que je vais peut-être regretter de poster, mais bon... (MàJ: maintenant en fait un petit billet un peu moins à chaud et écrit avec un style un peu moins pourri.)

Je me suis faite agresser physiquement tout à l'heure par environ huit connards qui se trouvaient sans doute par un pur un hasard être tous des mecs.

Ça a d'abord commencé par des insultes verbales alors que je rentrais chez moi en passant par l'avenue du peuble belge ; j'avais croisé un groupe de jeunes mecs, autour de huit, dont l'un d'eux a cru fort intelligent de me lancer au passage «oh, tu prends combien».

Alors certes, c'est une rue où il y a du tapin mais estimant que :

  • les putes tapinaient rarement en se déplaçant à allure relativement rapide et avec un sac à dos ;
  • quand bien même, on peut parler de manière polie aux prostituées ;
  • le sourire goguenard et le déplacement en bande ne faisait pas croire à une proposition de sexe tarifée mais plus un truc du genre «aha, les nanas on peut les traiter de pute de manière fort subtile, c'est trop drôle et ça prouve qu'on est des mecs virils» ;

je me suis retournée vers lui et lui ai rétorqué que, pour eux il n'y aurait pas moyen et qu'ils n'auraient pas assez, n'ayant pas tellement plus de répartie sur le coup.

Ils se sont alors mis à m'insulter : «connasse», «pute» aussi je crois (visiblement c'est le summum de l'insulte), et j'ai répliqué en les traitant de connards, ce qui n'était toujours pas la preuve d'une grande répartie, mais on fait avec ce qu'on a.

Un des types a alors demandé quelque chose comme «c'est un travelo ?» à ses camarades, tandis qu'un autre s'approchait de moi et jouait au gars viril dans la façon de s'avancer menaçante, tout en demandant «oh tu veux quoi» en prenant une voix grave. Je lui ai répondu que ça me soulait qu'on agresse les nanas et que ça me gonflait les mecs qui faisait chier avec leur testo de merde. Après en vrai je suis pas d'accord pour dire «c'est la faute de la testo», et je trouve ça un peu essentialiste et facile puisque ça donne des excuses aux mecs, mais sur le coup c'est ce qui m'est venu.

Un autre gars s'est alors approché de moi et m'a traité de pédé - peut-être était-ce le même qui demandait à ses potes si j'étais un «travelo», je ne sais pas trop. J'ai répondu en le traitant je crois de «connard», avec peut-être un «va chier», je ne sais pas trop, et c'est là qu'il m'a craché dessus.

Et là, j'ai fait ce qui était absolument intolérable et, vu sa tête, absolument inimiginable. J'ai répliqué en pratiquant le même mode de communication, c'est-à-dire en lui crachant aussi dessus à mon tour, parce qu'il n'y a pas de raison.

Là, étonnamment, j'ai réalisé qu'autant une meuf qui se faisait cracher dessus était censée rester impassible ou au pire s'éloigner d'un pas vif, autant l'inverse était absolument intolérable et méritait sanction. Le type m'a alors foncé dessus et m'a donné un coup de pied un peu au dessus du genou, dans un geste qui était, je dois dire, assez impressionnant - avec un bond et tout - quoique assez peu efficace.

J'ai essayé de me défendre en sortant un objet contondant de mon sac à main (eh oui, même les sacs à mains roses avec des petits dessins rigolos peuvent contenir des objets contondants), ce qui a fait reculer le bonhomme, pendant qu'un de ses copains me cognait dans la tempe sans que je ne pût le voir venir - sans doute un coup de poing.

Le coup sur la tempe m'a assommée un peu et je crois que j'ai titubé, à moins que mon manque d'équilibre n'ait été dû aux coups que les acolytes du bonhomme me donnaient dans le dos (et c'est là que j'étais contente d'avoir mon sac à dos, et surtout de ne pas avoir mis de trucs fragiles dedans).

J'ai, à ce moment là, rangé mes lunettes dans mon sac à main parce que je sentais que ça allait mal se finir et que c'est cher les lunettes et que vu comme je suis myope je suis mal barrée pour vivre en attendant de faire refaire les verres.

Je me suis encore pris quelques coups pendant que les voitures passaient avenue du peuble belge. Aucune ne s'est arrêtée.

Finalement, les types se sont mis à se barrer. Je les ai suivis un peu en sortant un téléphone pour essayer d'appeler le 112 (ou éventuellement leur cogner dessus à mon tour, j'avoue que ça m'a traversé l'esprit), mais ils couraient plus vite que moi et je me voyais mal continuer l'opération sans mes lunettes (oui, je suis vraiment myope).

Finalement je suis rentrée chez moi sans savoir trop quoi faire (porter plainte pour me taper la transphobie des policiers en plus de la transphobie, du sexisme, et de l'homophobie de ces connards ?), envisageant l'achat d'une bombe lacrymo.

Heureusement, je vais bien, mes lunettes aussi, j'ai donc pu faire ma redescente d'adrénaline en bouffant de la junk food et en regardant un épisode d'une série télé quelconque.

(Et sinon, parce que la pub éhontée ce n'est jamais déplacé, même sur un sujet comme ça, dans ce que j'écris, il y a aussi des fois où certes c'est un peu de la fiction mais où on peut voir de la gouine latter du connard de manière autrement plus convaincante que dans mes compte-rendus d'agressions : c'est sur Enfants de Mars et de Vénus.)

jeudi, mars 18 2010

APPEL À RASSEMBLEMENT VENDREDI 19 MARS 2010 à 9H30 DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE AVENUE DU PEUPLE BELGE à LILLE EN SOUTIEN À M.S. HOMOSEXUEL SÉNÉGALAIS ARRÊTÉ A LILLE POUR LA SECONDE FOIS ET EN PROCÉDURE D'EXPULSION.

Nouveau copié/collé d'un communiqué des Flamands Roses


Nous, les Flamands Roses, venons d'apprendre la nouvelle arrestation de M.S, de nationalité sénégalaise, membre des Flamands Roses, ce mercredi 17 mars. Il a été arrêté alors qu'il faisait la queue devant un centre médical. Il vient d'être transféré au Centre de Rétention Administrative de Lesquin et est expulsable à tout moment.

M.S avait été précédemment arrêté le vendredi 5 mars 2010 en début d'après-midi dans le quartier de Wazemmes à Lille et avait été placé en garde à vue. Par la suite, il avait été relâché par la Juge des Libertés et de la Détention. Une mobilisation est urgente car M.S. risque à nouveau d'être expulsé.

Le harcèlement policier dont M.S est victime l'empêche de faire régulariser sa situation. Il a été arrêté pour situation irrégulière il y a 11 jours, et sa situation n'ayant pas évolué entre temps, il se retrouve à nouveau au Centre de Rétention Administrative. Nous demandons que la Préfecture clarifie sa position vis-à-vis de M.S : il doit pouvoir effectuer les démarches nécessaires à sa régularisation sans être continuellement inquiété par la police.

Nous, les Flamands Roses, exigeons la libération immmédiate de M.S.

Nous, les Flamands Roses, exigeons que la France accorde le droit d'asile à M.S.

Nous appelons toutes les personnes et toutes les organisations à se mobiliser en faveur de M.S.

RASSEMBLEMENT DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE AVENUE DU PEUPLE BELGE à LILLE VENDREDI 19 MARS à 9H30.

Les Flamands Roses 03 20 52 28 68 lesflamandsroses@yahoo.fr 19 rue de condé 59000 Lille


Ci-dessous un modèle de lettre à envoyer ou à faxer à la Préfecture du Nord et au Minstère de l'Immigrataion et de l'Identité Nationale.

Les Flamands Roses 03 20 52 28 68 lesflamandsroses@yahoo.fr 19 rue de condé 59000 Lille

Modèle de lettre

Monsieur Le Préfet,

Nous venons d'apprendre l'arrestation à Lille de M.S, de nationalité sénégalaise, membre des Flamands Roses. Il a été arrêté ce mercredi 17 mars 2010 alors qu'il faisait la queue devant un centre médical pour recevoir des soins.

M.S. est arrivé en France en octobre 2009 car il a fui le Sénégal où il se trouvait en danger à cause de son homosexualité. Comme cela a été largement médiatisé en France et en Europe, le contexte social est très défavorable aux homosexuels au Sénégal : suite à la publication en février 2008 dans la presse sénégalaise d’un article accompagné de photos au sujet d’une fête lors de laquelle aurait été célébré un “mariage gay”, de nombreux représentants politiques ou religieux avaient exprimé publiquement leur hostilité contre les homosexuels. Ceci avait conduit la population à se livrer à une véritable chasse aux homosexuels dans le pays, laquelle dure encore aujourd’hui.

Lorsqu'il était encore au Sénégal, M.S. a été l’objet de menaces et de persécutions : il a reçu des lettres de menaces, son appartement a été saccagé, et le 3 octobre 2009 il a été violemment agressé par un groupe de personnes en raison de son homosexualité.

Arrivé en France en octobre 2009, il a formulé une demande d’asile qui lui a malheureusement été refusée. M.S. a déposé un recours en décembre dernier et attend la réponse de la CNDA. Suite à une première arrestation par la police, il lui a été notifié un APRF. Il a été libéré du Centre de Rétention Administrative par la Juge des Libertés et des Détentions. Cependant, l'APRF a été maintenu par le tribunal administratif de Lille. Suite à une nouvelle arrestation aujourd'hui mercredi 17 mars, il se trouve actuellement au Centre de Rétention Administrative de Lesquin. Nous sommes extrêmement inquietEs que M.S. puisse être expulsé, alors que sa demande d'asile est actuellement examinée.

Nous exigeons la libération immédiate de M.S. et exigeons que la France accorde le droit d'asile à M.S. : conformément à l’article 6 de la directive 2004/83/CE, le statut de réfugié, au titre de l’asile conventionnel ou de la protection subsidiaire, doit être accordé aux personnes LGBT ayant été ou risquant d’être persécutées par les pouvoirs publics de leur pays d’origine, ou par quelque autre acteur non étatique.

Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de notre considération militante.

à envoyer et à faxer à :

Préfecture du Nord :

Préfet du Nord-Pas-de-Calais : Jean Michel BERARD Fax 03 20 30 52 52 prefecture.nord@nord.pref.gouv.fr

Directeur de cabinet du Préfet du Nord : marc.chappuis@nord.pref.gouv.fr

Directeur de cabinet du Préfet du Nord : marc.chappuis@nord.pref.gouv.fr

Directrice adjointe du Préfet du Nord : anne.gabrelle@nord.pref.gouv.fr Secrétariat du cabinet de la Préfecture du Nord : secretariat.dircab-lille@nord.pref.gouv.fr Secrétaire général de la Préfecture du Nord salvador.perez@nord.pref.gouv.fr

Ministère de l’immigration et de l'Identité Nationale :

Fax ministère : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00

Secrétaire général du Ministère :

secretariat.general@iminidco.gouv.fr stephane.fratacci@iminidco.gouv.fr

fax : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00

Ministre : eric.besson@iminidco.gouv.fr

"Les Flamands Roses" constituent un groupe d'expression gaie et lesbienne. http://www.lesflamandsroses.com Centre Lesbien, Gay, Bi et Trans de Lille "J'En Suis, J'Y Reste", 19 rue de Condé 59000 Lille (métro Porte d'Arras) tél.: 03.20.52.28.68. Ils animent "Homosapiens", l'émission qui pense homo, le dimanche de 21h à 22h sur le 106.6 FM et via Internet : http://www.campuslille.com.

mardi, mars 9 2010

M.S libéré lundi 8 mars

Pour faire suite aux deux billets précédents concernant la situation de notre camarade sénégalais menacé d'expulsion, voici un nouveau copié/collé du site des Flamands Roses, cette fois-ci pour une (relative) bonne nouvelle :

M.S. libéré lundi 8 mars 2010

Mis en ligne le lundi 8 mars 2010.

M.S. a été libéré ce lundi 8 mars 2010 par le Juge des Libertés et de la Détention. Sa situation n’est pas entièrement régularisée pour autant. Merci aux personnes qui ont manifesté leur soutien.

lundi, décembre 14 2009

Dialogues

Ce que j'aime le plus avec le fait d'être une fille, maintenant, c'est que cela permet de rencontrer des gens charmants à des moments complètement inopinés et d'avoir des discussions super enrichissantes.

Par exemple, avant, quand j'étais considérée comme un garçon, les dialogues que j'avais dans le métro se résumaient très souvent à :

<--- Ceci est un vide symbolisant de manière très post-moderne[1] l'absence de discussion.

Alors que maintenant, en étant une fille, j'ai l'occasion d'échanger sur ma vie avec des personnes géniales. Par exemple :

— Oh, mademoiselle !

— ...

— Oh, tu suces ?

— ...

— Salope !

Ma vie en tant que garçon me conduisait aussi à marcher à pied une fois qu'il n'y avait plus de métro. Alors que maintenant, je peux profiter de l'aimable galanterie toujours désintéressée des hommes :

— Madame, vous voulez que je vous raccompagne ?

(Sentant venir le truc foireux) — Euh, non merci.

— Allez, on va faire l'amour !

Mais ce qui est vraiment génial, c'est qu'en plus de ces échanges certes intenses mais finalement peu approfondis, c'est parfois l'occasion d'avoir de longues discussions sur l'avancée des luttes LGBT :

— Oh, je t'avais vu, toi. C'était une soirée plutôt de pédés, d'ailleurs.

(Pédagogique) — Euh, pédé, c'est un peu une insulte, quand même.

— Mais toi, t'es un pédé, hein ?

(Là, c'est un peu l'inconvénient de la tenue pantalon/rangers/blouson en cuir, c'est que ça nuit à mon passing. Ce qui est en fait un peu un avantage parce que ça permet parfois d'éviter les «tu suces». Malheureusement, ça n'est pas efficace à 100%...)

— Euh, non, je suis gouine.

— Ça veut dire quoi ?

— Euh, lesbienne. Je suis une nana qui aime les nanas.

(Bon, en fait ça a pris plus de temps que ça, l'explication, parce que c'était entrecoupé de «non, mais faut que j'y aille, là, j'ai un métro à prendre» et de «non, mais je vais te suivre, je suis cool» «euh mais t'es pas obligé, etc. qui ne sont pas vitaux à la compréhension de la discussion)

— Et du coup t'aimes pas les mecs ?

(La question piège, où on a envie de répondre «Carrément, je veux leur extinction». Fort heureusement, ma formation de préparation aux entretiens d'embauche offerte par Pôle emploi (et qui mériterait un billet à part) m'a permis de répondre de manière plus... euh... hypocrite ?)

— Ben, non, c'est pas ça, c'est juste que je n'ai pas de relation sexuelle avec eux.

— Ouais, moi tu vois je couche avec tout le monde, je m'en fous.

— Euh, ben, moi pas.

— Mais tu veux pas que je te raccompagne quand même ?

— Euh, non.

— Tiens, prends mon numéro quand même.

— Euh, d'accord, si t'insistes... (Je compresse encore un peu la discussion, là, parce que c'était plutot genre une demi heure pour m'en débarasser)

— Mais t'es sure que tu veux pas coucher avec moi ? Je te ferai pas de mal...

Voilà, c'est quand même trop cool d'être une nana, on peut avoir l'assurance qu'un mec va pas nous faire de mal (et quand ce mec nous suit depuis un certain temps et a une attitude hyper dominante, il n'y a vraiment aucune raison de mettre sa parole en doute). Bon, le concept de «nana qui couche avec des nanas» a quand même étrangement plus de facilité à passer que celui de «nana qui ne couche pas avec des mecs», mais je suis persuadée que des mecs aussi attentionnés que ça finiront par le comprendre et que c'est juste parce que c'est quand même un peu compliqué.

Et c'est quand même mieux que de s'ennuyer en rentrant toute seule chez soi le soir, il n'y a pas à dire.

Bref, être une fille c'est vraiment trop génial, je le conseille à tout le monde.

Notes

[1] Je suis fan de ça en ce moment, au cas où vous n'auriez pas remarqué.

jeudi, mars 26 2009

Retour sur «l'affaire» Orelsan

Bon étant donné que j'en ai parlé et que, comme dirait le Web 2.0, ça «buzze» beaucoup sur le sujet, je voudrais revenir deux secondes sur le «cas» Orelsan, parce qu'évidemment ,quand les médias s'emparent d'un truc féministe, il faut qu'ils s'empressent de l'instrumentaliser à des visées plus ou moins racistes.

Ainsi de l'article «Des bloggeuses révoltées contre un rappeur», qui explique gentiment que c'est symptomatique du rap en faisant le lien avec les cités, mais explique aussi que sexisme, haine de la police et de Zemmour, meme combat :

Entre les appels à la haine de la police, les contrats mis sur la tête d’Eric Zemmour et OrelSan qui menace d’avorter sa copine à l’Opinel, on est ici dans une culture de la provocation très djeunes, peut-être même un canular. Les plus offensifs, diront même qu’on s’attaque à la culture des cités et que la jeunesse est décidément incomprise.

Valérie, sur son blog, a déjà dénoncé cet amalgame douteux, mais je tiens à y mettre aussi mon petit grain de sel, parce que c'est le genre de chose qui me gonfle.

Le problème n'est pas qu'un morceau de musique comme «Sale pute» d'Orelsan (qui est une liste des horreurs qu'il voudrait faire à la nana qui l'a trompé) serait une exception limitée aux «técis» dont sortiraient forcément tous les rappeurs. Bien au contraire. Le problème est, justement, qu'il ne s'agit en rien d'une exception, d'un accident, mais au final de ce qui relève de l'idéologie dominante, à savoir que n'importe qu'elle femme peut se faire traiter de «pute», que «pute» est censé être un qualificatif particulièrement infâmant, et surtout, surtout, qu'il est parfaitement légitime de se sentir le propriétaire de sa compagne, et donc que, si elle a le malheur de coucher ou d'échanger avec quelqu'un d'autre, il est parfaitement naturel de réagir et de vouloir la violer, la mutiler, la torturer.

Après tout, c'est normal, c'est la faute de la femme, elle avait qu'à rester fidèle, la chienne.

Et ce n'est pas propre au rap: quand Johnny Hallyday dit

Je l’aimais tant que pour la garder je l’ai tuée

c'est moins vulgaire, mais ça revient de fait au même : aimer une femme, c'est en faire sa propriété, et donc avoir le droit de la tuer pour la «garder».

De la même manière quand Orelsan est homophobe et dit :

Les mecs fashion sont plus pédés qu'la moyenne des phoques

ou encore

  Les mecs s'habillent comme des meufs

C'est exactement la même chose que justement défend Eric Zemmour, que l'article de France-Infos place en opposition : halte à la féminisation de la société ! Vive l'homme fort, pas, en gros, la tapette qui laisse sa femme le tromper. Et le morceau «Sale pute», qui glorifie le désir de violence masculine, n'est finalement pas si différent de phrases comme

Le poil est une trace, un marqueur, un symbole. De notre passé d'homme des cavernes, de notre bestialité, de notre virilité. De la différence des sexes. Il nous rappelle que la virilité va de pair avec la violence, que l'homme est un prédateur sexuel, un conquérant.

Là encore, c'est moins vulgaire, mais finalement, c'est exactement la même idéologie.

Il ne s'agit donc pas, contrairement à ce que voudraient faire croire certains, de stigmatiser le rap parce qu'on n'y comprendrait rien, ou de considérer que le rap est particulièrement sexiste.

Il s'agit juste de dénoncer et de lutter contre le sexisme, l'homophobie et la transphobie, qu'ils viennent de rappeurs, mais aussi de chanteurs «classiques», de «philosophes», de députés, de sénateurs, du pape ou de n'importe qui d'autre.

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