Rangers & Bas résille

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lundi, janvier 26 2009

En vrac, un peu plus militant

29 janvier

La population qui lit ce blog est sans doute déjà au courant, mais, le jeudi 29 janvier, il y a une grève interprofessionnelle nationale et une manifestation pour que ce ne soit pas aux travailleuses de payer la crise du capitalisme et au patronat d'empocher nos milliards.

À Lille, si je ne me trompe pas (mais c'est évidemment au moment où je rédige le billet que je ne retrouve plus de tract...), le départ de la manifestation aura lieu à 14h, Porte de Paris.

Lille

Et comme je pense rarement à relayer des infos «locales» sur ce blog, j'en profite pour signaler aux éventuelles lectrices sur Lille intéressées par les questions LGBTI qu'il y aura, comme chaque semaine, une permanence des Flamands roses de 18h30 à 20h, suivie d'une AG (au J'en suis j'y reste, centre gay et lesbien, 19 rue de Condé). Par ailleurs, le jeudi 29 janvier, le soir après la manifestation, donc, il y aura un papotage avec SOS hépatites pour discuter hépatites, modes de transmission, traitements, etc. Toujours au Centre Gay et Lesbien, 19 rue de Condé.

Radio

Par ailleurs, tant que j'en suis à parler du centre gay et lesbien de Lille et des Flamands roses, j'en profite pour faire un peu de publicité pour l'émission de radio animé par cette association, «Homosapiens», qui passe tous les dimanches de 21h à 22h sur Radio Campus Lille, 106.6 Mhz, et qu'on peut aussi écouter sur Internet en direct ou en téléchargeant les archives. Et comme je participe de temps en temps, vous aurez peut-être même le privilège exquis d'entendre ma voix, c'est pas génial ?

lundi, novembre 26 2007

Manifester, c'est sérieux

Pour moi, manifester, c'est quelque chose d'important parce que c'est bien souvent la seule façon de s'exprimer quand on ne possède pas de journal ou de télévision (certes, j'ai un blog, m'enfin bon).

C'est aussi quelqe chose de ludique. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne m'est pas arrivé de me faire chier dans des manifs ;mais en général, c'est quand meme quelque chose de sympa.

Et personnellement, j'aime bien quand il y a un peu d'humour, qu'on ne se prend pas forcément au sérieux. Parce qu'on peut prendre une cause au sérieux sans s'y prendre soi-même.

Cependant, la question de l'humour dans les manifs' ne provoque pas forcément autant d'unanimité. Il y a quelques années j'avais entendu parler d'une banderole humoristique d'intermittents dans le style «manif de droite» décrochée par le service d'ordre syndical, et je trouvais ça dommage.

Mais il semblerait pourtant que certains n'aient vraiment pas d'humour.

Par exemple ce petit article publié dans l'huma (via vive le feu) qui fait la morale aux militants anarchistes qui, en plus de ne pas être gentils avec les policiers venus manifestés en leur rappelant qu'ils sont en général du mauvais côté de la barricade, ont des slogans «bien peu respectueux des luttes en cours» : « La retraite, on s’en fout. On ne veut pas bosser du tout » ou encore « La retraite à vingt ans, pour baiser il faut du temps ».

Ce n'est pas le seul cas de manque d'humour manifestant. Arrêt sur images parle notamments des «barblés de Rennes II» : un dessin de barbelé destiné à limiter la zone journaliste, qui a «pris vie» dans le journal le monde. En dehors de l'aspect diffamatoire et désinformatif qu'on ne soulèvera pas ici (il y aurait d'autres cas dont il faudrait parler), il en ressort quand même que tracer des barbelés, c'est pas bien.

Mais les étudiants ne s'arrêtent pas là : ils ressortent aussi les goulags cette fois-ci dans une banderole (il me semblait avoir lu un tableau dans un autre article ? mais peu importe).

Alors je vois deux possibliités :

  • soit les étudiants sont des pires que staliniens totalitaires qui ressortent les goulags et les barbelés dès qu'ils peuvent sous une forme d'humour douteux qu'il faut condamner ;
  • soit au contraire les restrictions à la liberté n'en sont pas vraiment (le contrôle des mandats parait la base de la démocratie, et il paraît normal que des gens puissent vouloir débattre à l'abri des caméras) et du coup on peut se permettre d'avoir un peu d'humour ; auquel cas les journalistes ne font finalement que profiter de détails anodins pour avoir un prétexte pour cracher sur des mouvements qu'ils n'aiment pas.

Bizarrement, il y en a une que je trouve plus probable que l'autre...

mardi, novembre 20 2007

Manifestation / Trans day of remembrance

Ou, deux trucs qui ont pas grand-chose à voir pour le prix d'un billet.

Trans day of remembrance

Le 20 novembre, c'est le «Trans day of remembrance». En français, la journée de mémoire transgenre, dédiée aux personnes trans' assassinées dans des crimes de haine. Les meurtres transphobes sont souvent extraordinairement barbares, tandis que les assassins expliquent régulièrement qu'ils sont en fait... les victimes, puisqu'ils ont été «trompés» sur le sexe de la personne, et sont parfois partiellement ou totalement dédouanés.

Pourtant, la transphobie n'est toujours pas reconnue dans la loi française, qui, au contraire, l'organise avec la psychiatrisation des trans' et la non-reconnaissance de leur identité de genre.

Manifestation

À Marseille, on était entre 12000 (selon la police) et 60000 (selon les syndicats), soit 42000 (selon moi) à manifester pour la défense des services publics. Il y avait plus de monde que le 18 octobre, ce qui est en partie dû au fait que les étudiants étaient plus nombreux cette fois-ci. Effectivement les facs de la région commencent à se mobiliser : si la fac d'Aix est toujours fermée administrativement, la fac de Saint-Chales est bloquée depuis hier, tandis que Luminy s'est aussi prononcée contre la loi en AG (sans pour l'instant grève ni blocage).

Bref, espérons que ça continue et que ça se renforce encore.

samedi, novembre 10 2007

La démocratie, ce n'est pas le pouvoir au peuple

Avec le début d'agitation sur les facs et le commencement de quelques blocages s'agite déjà le spectre de la démocratie.

Bloquer une fac, dit-on, ce n'est pas démocratique.

C'est quoi, pourtant, la démocratie ?

Démocratie, ça vient du grec. Demos, c'est le peuple, et cratos, la puissance, le pouvoir.

Sauf qu'on ne dit jamais «le pouvoir du peuple», «le peuple au pouvoir» ou «le pouvoir au peuple». Parce que le truc, c'est que si on emploie un mot d'une langue morte, ça se voit moins que c'est du foutage de gueule.

Les AGs sur les facs me semblent, en ce sens, ne sont pas de la démocratie. Elle sont un tout petit, minuscule embryon de pouvoir au peuple dans une langue vivante.

Oh, ça reste ridicule. Le seul pouvoir de l'AG, finalement, est de bloquer ou pas la fac. Ce nest pas encore les soviets. Mais c'est déjà pas mal, parce que c'est prendre des décisions de manière collectives plutôt que d'élire un homme fort pour nous guider.

Alors, bien sûr, les AGs ne sont pas parfaites. Notamment, elles ne sont pas assez représentatives - encore que sur certaines facs, ça commence à s'étendre un peu. Mais elles ne peuvent évidemment pas le devenir d'un coup et c'est quelque chose qui doit se construire.

La critique de cette représentativité peut me paraître fondée, même si je ne vois pas comment on peut y remédier à part en poussant les gens à y participer.

Cette critique est bien évidemment, comme les autres qui peuvent exister, relayée par le gouvernement, et là je pense particulièrement à Valérie Pécresse, ministre de l'éducation supérieur et de la recherche, qui reproche notemment au mouvement d'être politique... et oui, politique, c'est un mot sale, berk, caca, certainement pas quelques choses que les étudiants devraient faire[1]. Un autre truc que le gouvernement reproche au mouvement, à part le simple fait d'exister, c'est de vouloir faire la jonction avec les autres mouvements sociaux. C'est marrant, parce que dans toutes mes études on m'a soûlée sur le fait qu'il fallait un rapprochement entre le monde universitaire et le monde de l'entreprise... manifestement, on ne veut pas que ce rapprochement se fasse dans la rue.

Bref, la critique de la représentativité est reprise par le gouvernement, mais là, je trouve que ça fait carrément l'hôpital qui se fout de la charité. Parce que déjà, la LRU contre laquelle il y a mobilisation, elle a été expédiée pendant l'été. Bizarrement. Évidemment absolument pas pour que les étudiants ne puissent pas en discuter et se mobiliser contre elle. Si le seul problème du mouvement des étudiants c'est le côté démocratique, il y a un moyen simple de trancher : faire un referendum. Là il y aurait peu à y redire a priori. Pourtant, je doute que ce soit ce que le gouvernement fasse...

À propos de referendum, c'est amusant de noter que pendant ce temps, le parlement va bientôt approuver la constitution européenne. Vous savez, celle qui a été refusée par un referendum ? Oh bien sûr elle ne s'appelle plus constitution européenne, les articles ont été séparées pour les mettre dans des amendements aux traités précédents. Ça ne s'appelle plus pareil, mais ça fait la même chose.

Donc récapitulons :

  • décider en AG sur les facs ce n'est pas démocratique, parce que ce n'est pas représentatif
  • par contre, décider à l'assemblée nationale, qui est une assemblée élue avec un nombre important d'abstention et avec un suffrage indirect absolument pas proportionnel, de se torcher le cul avec le vote direct de la population, c'est démocratique.

On peut donc en déduire que la démocratie, ce n'est pas le pouvoir au peuple.

Bientôt, le gouvernement va sans doute aussi nous faire la démonstration que la guerre, c'est la paix, que la liberté, c'est l'esclavage (quoiqu'on a déjà eu droit à «le travail, c'est la liberté»), et que l'ignorance, c'est la force.

Notes

[1] Sur ce sujet, je suggère la lecture du très bon article sur le blog de Vive le Feu

mardi, novembre 6 2007

Salauds de grévistes

Tout le monde le sait, les grévistes sont des salauds qui prennent les honnêtes gens en otage.

Sauf que, bizarrement, quand il y a des tentatives de discussions pour avoir, pendant la grève, des transports gratuits au lieu de pas de transports... ce ne sont pas vraiment les syndicalistes qui freinent des quatres pieds, dirait-on.

Bizarre, non ?