Vernis & Sécateur

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dimanche, janvier 2 2011

Auto-promotion 2011

Voilà, on vient d'entrer dans l'année 2011, qui à défaut de s'annoncer comme particulièrement meilleure que les précédentes, est quand même l'année la plus avancée dans laquelle personne ne se soit jamais aventuré, et ça c'est cool. C'est un peu comme si on était toutes des exploratrices temporelles, d'une certaine façon.

Du coup, même si je ne vous en tiendrais pas rigueur si vous ne voyez pas trop le rapport, je me suis dit que c'était l'occasion de faire un peu d'autopromotion et de parler de mes projets «littéraires» en cours.

Révolution avec un vampire

Ce n'est pas nouveau puisque vous avez pu lire cette nouvelle dans les deux billets précédents, mais Révolution avec un vampire est désormais maintenant en ligne sur le site Rêveries, et disponible sous des formats peut-être plus lisibles que sur ce blog.

Si vous ne l'avez pas encore lue, je ne saurais pas trop faire un résumé parce qu'honnêtement, c'est un peu n'importe quoi, mais on y trouve un peu de science-fiction, une interview de vampire, un train, du transsexualisme (c'est peut-être pas comme ça qu'on dit), et de vagues références à la révolution russe de 1917.

Enfants de Mars et de Vénus

Après un petit essai en décembre avec la mise en ligne d'un bloc du chapitre 11, «Les gouines ont la peau dure», j'ai décidé de continuer ce mode de parution et de laisser un peu tomber la mise en ligne par épisode. Le chapitre 12, «L'Étoile du matin» est donc maintenant disponible, et j'essaierai d'en mettre un toutes les deux semaines, ce qui devrait amener la fin de la parution «en ligne» vers milieu février.

Si vous ne connaissez pas Enfants de Mars et de Vénus, il y a pour le coup un résumé plus travaillé, mais histoire d'éviter le copier/coller je me contenterai de dire qu'on y trouve de la gouine butch, de la moto, du fantastique, de l'occulte, de la camionneuse et pas mal de gros flingues.

Rappel

Avant d'embrayer sur la suite, je rappelle accesoirement que vous pouvez toujours acheter mon roman de fantasy Pas tout à fait des hommes. Vous pouvez aussi le lire gratuitement en ligne, mais ce n'est pas comme ça que je pourrai me payer de Harley. Dans l'optique de vous inciter à me donner votre argent, voici pour le coup un vrai résumé :

Kalia, la seule elfe de la ville à travailler dans la garde, se contente d'ordinaire d'essayer de survivre et d'éviter les ennuis...

Du moins, jusqu'au jour où elle rencontre Axelle, une voleuse démoniaque qui va bouleverser sa vie. endr.png

Avant de réaliser ce qui lui arrive, Kalia va se retrouver confrontée à des orcs révolutionnaires, des nains remontés, un général belliqueux, un vampire schizophrène, une prophétie obscure, une épée sacrée, un Élu au coeur pur, ainsi qu'une multitude d'autres choses potentiellement mortelles mais au nom moins impressionnant.

Coming Soon

Et histoire de parler quand même un peu de ce qui va arriver pour l'année 2011, j'espère bien auto-publier une petite novella (à mi-chemin entre nouvelle et roman) que je décrirais en utilisant une citation de Beatriz Preciado, certes pas du tout hors contexte :

Apparaît ainsi un nouveau genre de biographie transsexuelle romanesque, dans la tradition gothique de la mutation monstrueuse histoires de vampires, loup-garous, etc)

Et comme j'aime bien faire des fausses couvertures-trailers, en voici une :

trailer_chroniques.png

Si tout va bien et que je ne laisse pas tomber mes projets entre-temps, ça devrait être le premier tome (ou le tome zéro, parce que j'ai un passif d'informaticienne et que nous autres on aime bien commencer à compter à partir de zéro) de Hell B☠tches, une série d'histoires courtes sur un gang de motarde gouines surnaturelles.

lundi, janvier 26 2009

Mon bon monsieur, les extrêmistes sont vraiment extrêmes

Tout à l'heure, entre deux cours, je m'ennuyais un peu, et du coup, en plus de regarder les blogs que je regarde habituellement, j'ai aussi regardé quelques commentaires.

Et bien m'en a pris, car ce fut hautement instructif.

Ceux sur le blog de CSP, notamment, et en particulier les réactions à son compte-rendu de congrès. Sans doute échauffé après sa diatribe contre la mortifère féminisation des textes, le camarade pestait ainsi contre un amendement extrêmiste qui se proposait de parler de binarité de genre et de remettre en question le système hétérosexuel.

Oh Mon Gode, que ne fallait-il pas dire !

Aussitôt, un autre commentateur de répliquer, dénonçant «un courant très radical des féministes». Quelle horreur, de la radicalité, pas de ça chez nous, quand même !

Le même continuait : «je me vois mal expliquer que dans la société socialiste que nous voulons, la norme mec nana doit ête dépassée.»

Alors bien sûr, ça n'a rien de bien étonnant, rien de bien nouveau, finalement, que du désespérément banal. Mais sur un blog d'extrême-gauche, c'est plutôt amusant quand même, parce que bon, c'est assez dur de ne pas voir tous les arguments similaires dénonçant «un courant très radical des gauchistes» ou expliquer qu'on ne ne peut pas parler d'anticapitalisme, car «je me vois mal expliquer que dans la société que nous voulons, les rapports de classe doivent être supprimés».

Mais bien sûr, je suis sans doute purement mesquine et trop radicale. Ça doit juste être que je ne comprends pas, avec mon cerveau atrophié par le manque de testostérone, qu'il y a en réalité une différence fondamentale que je ne vois pas.

Ensuite vient le couplet sur les sales gouines : ainsi, parmi le fameux courant «très radical» des féministes, «il y avait beaucoup de copines lesbiennes là-dedans qui théorisaient leur aversion pour les mecs.».

Et CSP de réagir, face à quelqu'un qui trouvait que ça faisait un peu amalgame : «En l'occurrence, Basile ne parle pas de toutes les gou..lesbiennes, mais d'une frange militante particulièrement remontée. J'ai eu un peu fréquenté un temps un milieu gay militant où elles intervenaient régulièrement, et chaque conversation avec elles devenait vite éprouvante.. .Encore une fois, il y'a le fond, qui est déjà très très discutable, et la forme toujours agressive qui ne procède que par anathème et culpabilisation».

Alors déjà, je vais démontrer que j'ai plus de couilles que la gauche couillue : moi, j'ose même dire «gouine» en entier, je ne me limite pas au truc à deux balles «les gou...lesbiennes», genre «hein on s'est compris mais je ne le dis pas, n'est-ce pas ? *clin d'oeil*».

Et puis alors surtout, on notera : déjà le contenu, bon, très très discutable, mais alors la forme, zéro. Allez hop les gouines, recalées à l'exam' de lutte appliquée.

Après, moi, je compatis quand même un peu pour le pauvre CSP. Les gouines, j'en ai aussi côtoyé un certain nombre, et il faut le reconnaître : ça gueule, ça gesticule, ça ne se laisse même pas couper la parole par les mecs et ça ose, mon dieu ça ose, être agressive, privilège pourtant réservé aux membres agréés de la gente masculine.

Et puis, en plus, bien entendu, les gouines n'aiment pas les mecs. Déjà, bon, elles veulent pas coucher avec, alors à la limite, ça passe, parce qu'on est de gauche, on est tolérants. Mais là, quand même ! Elles les aiment pas, carrément.

Alors que bon, c'est bien connu : le prolétaire est rempli d'amour envers son patron, l'esclave est toujours amoureux de son maître. Jésus l'a bien dit, après tout : si on te frappe sur la joue gauche, tend la joue droite. Eh ben ces sales connasses de gouines, elles veulent même pas. Non, elles «théorisent» leur aversion des mecs. Parce qu'encore, ce serait juste spontané, ça irait encore, mais là, elles ont vaguement réfléchi, en plus. Parce que bon, quand même, il fallait aller chercher bien loin pour aller imaginer que si elles étaient invisibilisées, se voyaient confisquer leur parole, insultées dans la rue, réduites à des boulots précaires et mal payés, agressées, violées et tuées, c'était peut-être, plus ou moins, vaguement lié à la domination masculine. Quelle drôle d'idée !

Là encore, si on était de mauvaise foi, on pourrait dire que tout ça ressemble fort à la critique contre ces salopards de grévistes qui, déjà, ont un message très très discutable à la base, mais qui, en plus, ne sont pas polis et ont théorisé qu'ils n'aimaient pas leur patron alors que celui-ci, bien entendu, se saigne pour eux, le brave monsieur.

Au final, la charge du président de la république contre les méchants grévistes irresponsables de SUD ne sonne pas si différente de la charge contre les vilaines gouines agressives et impolies. On pourrait même voir une similarité dans la façon d'employer les gros mots, mais quand même pas («Descends un peu, si t'as des c... si tu crois...» contre ««pas de toutes les gou..lesbiennes»), histoire de montrer qu'on pourrait être insultant, mais qu'on est bon prince, nous, pas comme l'Autre qui n'est pas très respectable et poli.

Mais bien sûr, dans un cas c'est la droite, la vraie de vraie, alors que dans l'autre c'est la gauche, la vraie de vraie, alors j'imagine que je me trompe et que ça n'a sans doute vraiment rien à voir.