Vernis & Sécateur

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi, janvier 27 2010

Étude sociologique des non-mixités du milieu LGBT

Note d'Ellie : étant quelque peu en panne sèche de billets en ce moment, je me permets de combler ce vide avec une contribution (à laquelle je n'ai pu m'empêcher de rajouter quelques notes personnelles) d'un de mes fidèles lecteurs, Vlad, qui se trouve être un sociologue étudiant la domination féminine à l'intérieur du mouvement LGBT.

La non-mixité, comme cela a été démontré[1][2][3], est communautaire et ghettoisante[4] et devrait être évitée absolument[5][6]. Pourtant, malgré tous les efforts de la communauté LGBT pour s'ouvrir et s'intégrer à la société hétéropatriarcapitaliste normale et respectable[7][8][9], des personnes que l'on ne peut que difficilement que qualifier d'autre chose que d'intégristes continuent à prôner non seulement un ghetto[10][11], mais même des non-mixités, autant-dire des sous-ghettos, à l'intérieur[12].

Cet article a pour objectif de les recenser d'une manière impartiale, ce qui est possible car, à la différence d'un certain nombre d'auteurs publiant sur le sujet, étant moi-même hétérosexuel j'ai l'avantage d'être neutre[13][14].

Non-mixité lesbienne

La non-mixité lesbienne[15] est basée sur une haine, refoulée ou assumée, des hommes[16]. Le succès de cette formule est assez incompréhensible de nos jours, puisque ce sont justement les hommes qui se sont démenés pour ouvrir aux lesbiennes le milieu LGBT[17][18], où elles sont, toujours grâce aux hommes gays, beaucoup plus nombreuses qu'avant[19], voire pour ne pas dire le nouveau groupe dominant (des études[20] avancent le chiffre élevé de jusqu'à 5% dans une soirée).

Peu reconnaissantes, les lesbiennes continuent pourtant à vouloir se retrouver entre elles, parfois pour parler politique[21], ce qui est d'autant plus ridicule. Politique féminazie[22] et totalitaire[23], cela va sans dire.

Par ailleurs, la non-mixité lesbienne est par essence[24] et dans toutes ses incarnations[25], transphobe[26], quoi que puissent en dire les différentes lesbiennes trans[27] qui se retrouvent dans ces espaces, à qui les hommes gays rendent d'ailleurs pourtant service en leur expliquant qu'on va les mettre dehors même si elles sont les bienvenues[1]. C'est en opposition complète à la communauté LGBT de manière plus large qui respecte pourtant toujours parfaitement les identités des homosexuels refoulés qui choisissent de devenir hétéros par facilité personnes trans[28][29].

Malgré cela, on retrouve tout de même parfois des espaces «femmes/lesbiennes/trans»[30], ce qui tend surtout à prouver que l'objectif de cette non-mixité est plus de dénigrer les véritables hommes biologiques que de se retrouver ensemble[31][32].

Non-mixité gay

À l'inverse, on ne peut pas vraiment parler de non-mixité gay[33][34]. On devrait plutôt, en fait, parler de pas-non-mixité[35] gay, puisque jamais un bar gay ne se revendique non-mixte, ce qui prouve bien qu'il est, lui, ouvert à tout le monde, et en particulier à la communauté LGBT[35].

Ainsi, les saunas, backrooms et certains bars ne sont pas une forme de non-mixité ghettoisante comme peuvent la pratiquer les lesbiennes[36], mais bien une forme d'ouverture à toute la communauté LGBT[37], même si en pratique seuls les hommes sont admis[38], ce qui est assez compréhensible étant donné l'effort qu'ils ont déjà fourni pour ouvrir le reste du mouvement LGBT aux femmes et aux trans (voir ci-dessus).

Non-mixité trans

La non-mixité trans est, elle, plutôt inspirée de la non-mixité lesbienne[39], sauf qu'au lieu de dire du mal des hommes, elle consiste à dire du mal des gens biologiques[40][41]. Cela dit, il est reconnu que la non-mixité trans est tout de même moins ghettoïsante[42], puisqu'en pratique n'importe qui peut y entrer, vu qu'on est finalement tous un peu transgenre[43].

L'intérêt principal d'un espace non-mixte trans est donc de venir débattre des thématiques concernant les gays normaux (enfin, biologiques, pas trans, quoi)[44][45][2], qui sont souvent malheureusement invisibles dans la communauté LGBT[46][47][48]. Certes, certains trans hystériques vont traiter les personnes biologiques de «cissegenre», ce qui relève de l'insulte, car consistant à coller une étiquette, ce qui ne se fait pas (qualifier une personne de trans sans lui demander son avis n'ayant évidemment rien à voir, puisque dans ce cadre il ne s'agit pas de coller une étiquette mais simplement de bon sens[49]).

Conclusion

Nous avons couvert de manière détaillée la façon dont la notion de non-mixité nuisait à l'idéal républicain d'universalisme blanc cisgenre hétéro masculin et avons prouvé à quel point elle était nuisible, sauf lorsqu'elle était abordée de manière plus objective par les hommes. Cet article soulève également la question encore taboue, que nous aborderons de manière plus approfondie lors d'un prochain papier, de l'oppression, à l'intérieur du mouvement LGBT, des hommes gays par les lesbiennes et les trans.

Notes

[1] NdEllie : C'est du vécu. Après, vu tous les billets que j'ai écrits sur la non-mixité, je vais pas prétendre que l'inclusion des trans est réglée et résolue, mais ça ne rend ni légitime qu'un mec instrumentalise ça pour son anti-féminisme, ni de créer un problème à des endroits où il n'y en a pas.

[2] NdEllie : C'est aussi du vécu... Cela dit, dans l'histoire, il y avait aussi une lesbienne cisgenre.

mercredi, novembre 26 2008

Pensée diverses (ou d'hiver)

Froid (1)

Il paraît qu'avec les oestrogènes, on ressent plus le froid qu'avec la testostérone.

Eh bien, je confirme. Carrément. Cette année, j'ai beaucoup plus froid que l'année dernière à la même date, avant que je ne commence mon traitement hormonal.

À moins que ça n'ait plutôt à voir avec la transition Marseille-to-Lille, en fin de compte.

Froid (2)

Cela dit, je suis contente d'avoir enfin résolue mon problème de binarité : jupe ou pantalon ? Cet hiver, une solution dialectique s'impose, conjugant les deux camps : ce sera jupe ET pantalon.

Transphobie, mais pas de moi, hein, tu comprends ?

Même avec le pantalon en dessous, cela dit, on m'a quand même fait remarquer au boulot que ma tenue c'était «un peu trop». Ce qui est drôle, c'est que les gens qui me font des remarques ne le font jamais pour elles, mais parce que pour d'autres personnes, ça ne passerait pas. Là, c'est les élèves à qui je vais donner des cours, pour mon père c'est les voisins... bref, c'est toujours à cause des autres.

Les autres, les autres, des fois, ils ont bon dos, quand même.

Je veux bien que l'un ait un problème avec la façon dont je me fringue mais il faudrait admettre que

  1. c'est son problème à lui, et pas celui des «autres» de manière dépersonnalisée ;
  2. c'est son problème à lui, et pas le mien.

Transphobie gay

La transphobie, dans la vie, ça me casse les pieds. Quand des médias utilisent quasi-systématiquement le mauvais genre pour parler des trans', ça me gonfle.

Mais alors quand ça vient d'un média «gay», en l'occurrence e-llico...

Entendons-nous bien: je comprends parfaitement qu'on puisse être ignorant-e sur les questions trans'. Maintenant, j'avais personnellement envoyé du feedback lors de leur article sur le meurtre de Kellie Telesford, et au moins une autre personne a fait de même ; j'en ai renvoyé en voyant que l'habitude persistait d'utiliser le masculin pour parler des trans' MtF (il y avait un article sur un rôle de Nicole Kidman et un autre article que je ne retrouve pas). Mais voilà qu'ils recommencent pour parler du fait que Vladimir Luxuria a gagné une émission de télé-réalité, en parlant d'elle au masculin (mais pas dans tout l'article, reconnaissons qu'ils sont incohérents).

Alors on va me dire que c'est toujours de l'ignorance, ou peut-être même des dépeches d'agence qu'ils reprendraient... à vrai dire, je n'en sais rien et je m'en cogne. Ce que je sais, c'est que véhiculer la transphobie alors qu'on dénonce à côté l'homophobie de Vanneste ou de Gérard Longuet, ça démontre bien qu'on n'a pas de figure.