- Quelle est la différence entre une féministe et une banque ?
- Une banque, ça épargne.
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mercredi, novembre 16 2011
Par Butch Cassidyke le mercredi, novembre 16 2011, 12:17 - Ludique
mardi, mars 8 2011
Par Butch Cassidyke le mardi, mars 8 2011, 18:24 - Réflexions
Aujourd'hui, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, c'est le 8 mars. «Journée de la femme» (blanche, hétérosexuelle, cisgenre, pas pute et pas voilée, suffisamment riche pour pouvoir se payer la dernière crème de beauté de luxe et suffisamment mince pour rentrer dans la jupe taille 38 en promo) dans le pire des cas, «Journée internationale de lutte pour les droits des femmes» dans le meilleur.
Du coup, ça me donnait envie de revenir sur la façon dont sont intégrées les gouines dans le féminisme «unitaire».
La plupart du temps, on en parle, un peu, et j'ai l'impression pour avoir lu pas mal de tracts ces dernières années (mais pas celle-ci, j'avoue, peut-être que cette année c'est génial), que c'est essentiellement des deux façons suivantes :
Je ne m'étendrai pas trop sur la première, parce que je ne vois pas trop quoi dire à part «en fait, non». Je veux dire, je trouve ça chouette qu'il y ait de la solidarité des hétéras envers les gouines, mais faire comme si chaque oppression touchait la terre entière, il me semble que c'est encore le meilleur moyen de les invisibiliser et de faire comme si il n'y avait pas des rapports de domination, et ça me gonfle qu'on puisse jamais parler des rapports d'oppressions entre hétéras et gouines.
Je suis plus ambivalente sur le deuxième type de phrase («les lesbiennes souffrent d'une double oppression»), parce qu'effectivement ça visibilise quand même une oppression, mais en même temps ça me paraît vraiment simpliste : par exemple en tant que gouine on subit a priori pas la même oppression qu'une hétéra dans les relations intimes avec les mecs. Par ailleurs j'ai l'impression que ça revient à considérer que c'est deux oppressions qui «s'additionent» alors que ça me paraît beaucoup plus complexe et pas évident de séparer les deux. Quand t'es gouine et que tu te fais draguer par un mec relou, y'a une part de sexisme évidemment, mais est-ce que le fait qu'il te réassigne comme une hétéra n'est pas aussi un truc lesbophobe ? Quand un type te sort «ah mais tu veux ressembler à un mec» est-ce que c'est juste parce que tu es «femme» et «homosexuelle» ou parce que t'as une expression de genre qui est pas juste liée à tes préférences sexuelles, mais aussi à une forme de culture communautaire ?
En fait je crois que ce qui m'énerve c'est pas tant que ce soit super résumé dans la phrase d'un tract, mais qu'il y ait jamais de discussion sur le fait qu'être gouine c'est pas tout à fait «être hétéra et subir de l'homophobie en plus», que par ailleurs les trucs qui ne concernent que les gouines vont être vus comme «spécifiques», alors que les trucs qui ne concernent que les hétéras vont être considérés comme concernant toutes les femmes.
Ce qui renvoie à la fameuse phrase : «les lesbiennes ne sont pas des femmes», mais alors s'il faut commencer à expliquer qu'il y a des gouines qui ne se considèrent pas femme... ben alors peut-être qu'on pourrait continuer en parlant des différentes identités gouines, des différences entre subir de la lesbophobie quand t'es Butch ou quand t'es Fem, ou autre chose, de comment gérer quand t'es trans en plus, de la différence entre la lesbophobie claire et peu nuancée du connard de rue et celle plus subtile de certaines féministes hétéras, et en fait je pense que ça serait chouette, (Et, d'ailleurs, quand ça se fait effectivement, c'est chouette, même si ça donne pas forcément des tracts qui peuvent être signés par le Parti Socialiste.)
En attendant, j'ai bien peur que dans les trucs «super unitaires», quels qu'ils soient, on se contente de mettre une petite phrase sur les lesbiennes de temps à autre et de les considérer, finalement, comme des hétéras comme les autres.
samedi, février 12 2011
Par Butch Cassidyke le samedi, février 12 2011, 18:05 - Réflexions
Des fois, et particulièrement sur Internet, je dois bien l'admettre, ça m'arrive de voir des discussions entre différents courants féministes, sur différents sujets. Le genre de discussion oppose deux pôles bien tranchés, que je ne m'amuserais pas à définir parce que je serais bien en mal de trouver quelles étiquettes leur donner qui soit pertinentes (l'un est parfois appelé «anti-sexe», mais je ne trouve pas qu'il le soit particulièrement, tandis que l'autre est parfois appelé «queer», bien qu'il ne le soit pas plus à mon goût). Le genre de discussion qui n'est pas une (de discussion`, vu qu'on a un peu l'impression de voir deux murs se causer et un peu l'envie de se cogner la tête contre l'un (de mur).
Bref, on a des trucs comme :
D'un côté : «Le porno c'est trop cool, faut que tout le monde[1] fasse du porno, c'est génial, powerful, et tout. Non, c'est pas la peine de s'interroger sur ce qu'on véhicule, la façon dont certains se font du fric sur le dos des autres, t'es anti-sexe ou quoi ? Beurk.»
De l'autre : «Le porno, en soi et par essence, y compris l'intégralité de ce qui est produit hors de l'industrie capitaliste et par des meufs ou des transpédégouines, est profondément anti-féministe. Le soi-disant «porno féministe» vient d'un complot masculin. Si on aime bien certains pornos, on est forcément anti-féministe.».
Ou encore :
À gauche : «Les trans c'est trop cool, d'ailleurs on est tous un peu trans. On devrait juste se baser sur l'auto-définition, d'ailleurs je suis un homme lesbien ftm enfermé dans un corps de mec cisgenre hétéro, c'est trop subversif.»
À droite : «Les trans sont une invention qui est issue d'un complot masculin pour envahir les espaces féministes en y envoyant des personnes qui se disent «femme» mais sont en fait des agents dormants prêts à se révéler être des T-800 à la solde de Skynet. Ce qui est vraiment l'élément important de l'unification des femmes, c'est uniquement le fait d'avoir deux chromosomes identiques à la 21è paire».
Ou encore :
À l'ouest : «Le BDSM c'est trop génial, c'est pour tout le monde, c'est hyper subversif, on devrait tous dépasser nos limites. Pas besoin de réfléchir sur les abus que ça peut créer si on met pas le bon cadre ou aux notions que ça peut renvoyer des trucs pas cool quand tu fais ça de façon semi-publique, il n'y a que les mal-baisées et les réacs pour se poser ce genre de question.
À l'est : « Le BDSM est toujours complétement anti-féministe, ça revient tout le temps à créer de vrais rapports de domination. Le BDSM est un terme qui vient du complot patriarcal visant à maintenir les rapports de domination hétérosexistes.
Ou encore :
En bas : «C'est trop bien les Butch et les Fem, c'est hyper sexy et un peu exotique, en plus c'est trop cool de se déguiser en Butch ou en Fem pour une soirée, c'est trop subversif. D'ailleurs j'ai une pote hétéra, ben du coup c'est une Fem, et j'ai un pote maçon hyper viril, il est très Butch.»
En haut : «Les relations Butch/Fem reviennent à copier le modèle hétérosexuel et sont une aberration qui proviennent d'un complot hétérosexiste mondial qui vise à introduire de la masculinité et de la féminité dans le havre lesbien.»
Bref, je pourrais terminer en expliquant pourquoi ces oppositions (qui n'en sont pas toujours) ne me vont pas, ou en développant mes positions sur chacune de ces questions, mais comme j'ai une image de stalinienne nazie à entretenir, je me suis dit qu'il était plus pertinent de conclure avec une chanson de Laibach qui (si je ne me trompe pas) cite Tito :
(Paroles : Both those in the east and those in the west should be clear with the fact that we are not moving away from the road that we beat the path for in 48. That is to say we have our own way, we always brave to say what is right on this side and what is not, and what is right on the other side and what is not. It should be clear to everyone that we cannot be no ones appendage of nobody's politics, that we have our own point of view and that we know the worth of what is right and what is not right.)
[1] Enfin, tout le monde de «queerement baisable», faut pas déconner non plus.
vendredi, novembre 26 2010
Par Butch Cassidyke le vendredi, novembre 26 2010, 15:35 - Actualité
Hier, je n'ai pas mis de jupe, puisque c'est visiblement la question qui suscite le plus d'interrogation dans le «féminisme» médiatique.
Par contre, il y a avait la manifestation féministe de nuit de Lille, en non-mixité gouines et meufs (que nous soyons trans ou cisgenres, quelles que soient nos sexualités, nos couleurs, nos cultures, nos classes sociales…)
On était une petite cinquaintaine et c'était plutôt chouette, surtout que cette fois-ci on a pu finir sans se faire arrêter par les policiers au bout de deux rues, ce qui est plutôt appréciable. Ce qui l'était moins, par contre, c'était la présence plutôt nombreuse des policiers qui nous «escortaient» et qui, eux, n'étaient évidemment pas en non-mixité gouines et meufs, loin s'en faut.
J'ai trouvé que c'était un petit cortège mais vachement dynamique, avec très peu de temps morts entre les slogans et une sorte d'«émulation» qui faisait qu'on s'appropriait vachement les slogans, surtout lorsqu'il s'agissait de répondre aux quelques mecs relous qui faisaient chier sur les côtés, ou qui gueulaient «sales gouines» depuis les fenêtres du troisième étage.
Bref, c'était ma première manif de nuit non-mixte que je faisais complètement et j'ai trouvé que c'était plutôt classe.
Quelques slogans (oraux et pancartes), parce que j'aime bien recopier les slogans que j'ai appréciés (vous avez peut-être remarqué) :
Et sinon, j'en profite pour rappeler qu'il y en a aussi une demain samedi 27 novembre à Paris à 17h devant l'hôpital Tenon, métro Gambetta. Plus d'informations sur le site Rage de Nuit.
mercredi, novembre 24 2010
Par Butch Cassidyke le mercredi, novembre 24 2010, 13:37 - Actualité
Samedi 20 novembre dernier, il y avait deux évènements militants, sur Lille comme dans d'ailleurs pas mal d'autres régions de France. La Journée du souvenir trans, ou Transgender day of remembrance, d'un côté, histoire de se rémémorer et de visibiliser les personnes trans assassinées ; de l'autre côté, des rassemblements anti-avortement organisés par «Sos Tout Petits», association d'extrême droite catholique qui aime prier les fétus morts, et du coup des contre-rassemblemens organisés pour défendre le droit à l'avortement.
D'un point de vue chronologique, c'était la journée du souvenir trans qui arrivait en premier, avec un rassemblement organisé par les Flamands Roses à midi, au marché Sébastopol. Déploiement d'une grande banderole «La transphobie tue», ainsi qu'une plus petite des Flamands Roses, diffusion de tracts dont je vous avais fait suivre le contenu il y a quelques jours ; c'est pas énorme, mais on est quand même entre dix et vingt[1], ce qui, sur ce genre de rassemblement, me paraît plutôt pas mal.
Petit détour pour manger un casse-croûte léger[2] avant d'aller au deuxième rassemblement, cette fois-ci pour défendre l'avortement, à 13h30 devant le Parvis Saint-Maurice.
Après environ une demi-heure à poirauter et à entendre la même question revenir dans la bouche de plein de militantEs : «ils sont où, les autres ?» (c'est-à-dire, rappelons-le, les cathos intégristes de SOS Tout Petits), on finit par apprendre qu'ils se sont réunis devant le planning familial. Du coup on finit par aller les «rejoindre», tout de même séparés par une centaine de mètres et pas mal de flics. On peut tout de même apercevoir la petite vierge qu'ils ont mis sur un tabouret, c'est-y-pas mignon.
Et du coup, pour couvrir leurs prières et leurs paroles anti-IVG, on [3] gueule des slogans féministes et humoristiques comme (oui, j'aime bien faire les listes de slogans) :
Un groupe plutôt dynamique et avec une visibilité féministe bien présente (notamment grâce aux mégaphones prêtés par Sud, si je ne me trompe pas), ce que j'ai trouvé plutôt classe. J'avais un peu peur que, comme ça se passe quelques fois, les slogans se centrent sur l'antifascisme et «zappent» la thématique féministe (surtout vu les tensions qu'il y a concernant le féminisme dans le milieu libertaire Lillois actuellement, mais ça mériterait un autre billet) mais au final on a pu prendre la parole et se faire entendre et c'était plutôt chouette, même si ça fait chier que les fachos aient pu s'installer devant le planning familial au lieu de devant leur église.
Voilà, et oui, c'est tard pour en parler, et non, j'ai pas de photos.
[1] Avertissement : ne travaillant pas aux Rassemblements Généraux et ayant tendance à estimer que «les mathématiques, c'est pas une science exacte», les estimations du nombre de militantEs peuvent être plus qu'approximatives.
[2] Je sais, s'il y a des personnes qui lisent mon blog et qui ont vu le casse-croûte en question, elles vont se dire qu'on n'a pas la même notion de «léger».
[3] C'est-à-dire, un groupe de féministes, certains slogans étant plus ou moins repris par les autres militantEs.
mardi, novembre 16 2010
Par Butch Cassidyke le mardi, novembre 16 2010, 01:37 - Actualité
Rendez-vous le 25 novembre 2010 à Lille à 20h30 devant l'Opéra
Nous sommes diverses, multiples et mouvantes. Nous sommes féministes tant qu’il le faudra !
En tant que personnes catégorisées femmes, nous sommes en permanence matraquées par des règles de conduites qui restreignent nos libertés : «Ne sors pas toute seule le soir», «Ne mets pas de mini-jupe, c’est de la provocation» ou encore «Fais-toi raccompagner par un homme». Ces injonctions conditionnent nos agissements et ne nous donnent pas d’outils pour nous défendre. Et si on ne suit pas ces règles, on a encore plus peur, on est culpabilisées et rappelées à l’ordre.
La peur entretenue de la nuit fait de l’ombre aux violences de la journée. NON, les violences n’ont pas d’heure et elles sont partout : dans les maisons, dans la rue, au travail… En effet, les femmes sont principalement agressées par des hommes qu’elles connaissent (conjoint, collègue, voisin, patron, oncle, père…) dans un lieu qui leur est familier. Cependant, l’espace public reste majoritairement - voire exclusivement - le territoire des hommes, d’autant plus la nuit.
Pour les personnes catégorisées comme femmes, la rue est un espace où l’on est en permanence considérées comme disponibles sexuellement ; un espace de harcèlements, de reluquages, d’attouchements sexuels, d’injures, de sifflements et de peur des agressions masculines (qu’elles soient physiques, verbales, sexuelles, psychologiques).
Pour exprimer notre force et notre parole en autonomie par rapport aux mecs, cette manifestation est organisée entre féministes, femmes, filles, lesbiennes, gouines ; celles qui en ont marre de se faire mater comme un bout de viande ou d’être considérées comme des poupées gonflables, celles qui vivent dans la rue ou y travaillent, celles qui veulent embrasser leur copine dans le bus, celles à qui on dit qu’elles se sont trompées de chiottes, celles qui sont racisées et exotisées, celles qui en ont marre des mains au cul, celles qui veulent boire un coup sans se faire draguer… Cette manifestation est pour toutes celles qui reconnaissent des petits bouts de leurs vies dans ces violences et cette oppression.
✪ Parce qu’il n’est pas normal que nous ayons peur quand nous marchons seules la nuit.
✪ Parce qu’on en a marre de ne croiser que des mecs dans la rue, les gares, les métros… après 23h.
✪ Parce que nos corps et nos vies ne nous appartiennent toujours pas.
✪ Parce qu’on nous impose le modèle hétérosexuel et que toute autre sexualité est diabolisée ou invisibilisée.
✪ Parce que les normes physiques qu’on nous impose (pubs, journaux, films, télé…) sont fixées par et pour les hommes, et qu’on voudrait nous faire croire que toutes les femmes sont blanches, aux cheveux lisses, « valides », jeunes, minces et épilées, ces modèles dominants excluent et répriment toutes celles qui ne rentrent pas dans le cadre.
✪ Parce que les violences masculines sont une importante cause de mortalité et d’invalidité des femmes et des lesbiennes dans le monde.
✪ Parce qu’une femme est violée toutes les 10 minutes ! Et parce qu’en face, la réponse des institutions (quand elles la croient !) n’est que demande de preuves et infantilisation.
✪ Parce que ras-le-bol de l’obligation d’être polies, souriantes, douces et aimables.
✪ Parce qu’être sans-papières, c’est travailler pour peu ou pas de rémunération et sans la protection du droit du travail.
✪ Parce que la situation de semi-clandestinité dans laquelle sont placées les femmes sans-papiers, les empêche de porter plainte en cas d’abus ou d’agressions de peur de l’expulsion et les place à la merci de dominations patriarcale, capitaliste et raciste plus accrues.
✪ Parce que les personnes racialisées sont exotisées, considérées comme objets de fantasmes.
✪ Parce que l’islamophobie régnante catégorise les femmes musulmanes (voilées ou non) comme des victimes, des terroristes ou des prosélytes religieuses et les instrumentalise pour justifier des lois racistes.
✪ Parce que la société raciste n’accorde aux personnes racialisées qu’une place de sous-citoyenNE, et que les personnes blanches refusent souvent de reconnaître et d’abandonner leurs privilèges issus de la colonisation.
✪ Parce que le concept de race est une construction sociale, tout comme celui de genre.
✪ Parce qu’avec peu ou pas de ressources (tunes, réseau social, études, …), c’est encore plus compliqué de se sortir d’une relation violente.
✪ Parce que, fait chier, on n’a pas toutes un 4x4 de luxe pour pouvoir traverser la ville sans se prendre insultes, mains aux fesses et plans dragues.
✪ Parce que parfois les seules sources lumineuses dans la rue sont des pubs sexistes .
✪ Parce que les gouines en ont marre qu’on leur dise qu’elles sont gouines parce qu’elles n’ont pas trouver le bon mec.
✪ Parce que les lesbiennes sont victimes de lesbophobie (agressions physiques, verbales, viols, blagues, invectives, remarques, invisibilisation, injonction à l’intégration…) .
✪ Parce que tous les trois jours une personne trans est assassinée dans le monde, et que celles qui subissent le plus de violences sont souvent des meufs pauvres et de couleur.
✪ Parce que la transphobie n’est même pas reconnue par la loi française.
✪ Parce que les personnes bi vivent avec l’injonction permanente de choisir leur camp et que la biphobie n’est pas reconnue par les institutions.
✪ Parce que le caractère lesbophobe ou transphobe de certaines agressions est rarement reconnu ; et que le caractère sexiste des agressions sur les femmes trans est généralement nié.
✪ Parce que celles qui ont choisi de ne pas avoir d’enfants vivent avec l’injonction d’en avoir, et parce que celles qui en ont vivent avec l’injonction d’être des "bonnes mères" (douces, entièrement vouées à leurs enfants, devant renoncer à la vie nocturne…). Mais aussi parce que certaines qui voudraient en avoir se voient refuser l’accès à l’adoption ou à la procréation médicalement assistée.
✪ Parce qu’en réprimant les prostituées (notamment via la loi sur le racolage passif), l’État les met en danger.
✪ Parce que dans notre société binaire (masculin/féminin) et patriarcale, les dominations masculines et hétérosexistes continuent d’exister même dans les milieux « ouverts d’esprit ».
✪ Parce qu’on est censées être baisables mais pas baiseuses.
✪ Parce que avant 30ans, on est censées être des petites connes immatures et qu’après 30ans, on est censées être des vieilles connes acariâtres, alors qu’en vrai, on a la classe tout le temps.
✪ Parce qu’on en a marre d’entendre « alors, vous êtes seules les filles ? » alors que: « non, on est quatre, connard ! », et qu’on en a marre d’entendre « alors, tu es seule ce soir ? » puisque « oui, je suis seule, et je t’emmerde ! ».
✪ Parce que, oui, on a de l’humour, mais les remarques, invectives et blagues sexistes ne sont pas drôles.
✪ Parce que : oui, on existe, non, on n’a pas besoin qu’on nous tienne par la main et si vous refusez de l’entendre, ça va chier et on vous emmerde!
Ainsi pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, nous sommes dans la rue aujourd’hui et dans la lutte au quotidien. Nous ne souhaitons pas accéder aux privilèges des hommes mais abolir tous les privilèges et les systèmes de dominations qui les entretiennent ; nous voulons pouvoir nous définir par nous-mêmes et pour nous-mêmes.
Tant que nous ne serons pas considérées comme des individues à part entière, tant que nous serons des citoyennes de seconde zone, tant que nous n’aurons pas notre place dans la rue, tant que notre accès à l’espace public sera soumis à des conditions hétérosexistes, nous ne lâcherons pas l’affaire !
Nous continuerons à nous mobiliser, à investir l’espace, à exiger notre place et à combattre ce système patriarcal, capitaliste, raciste, classiste, binaire et hétéronormé.
Organisons-nous…
Résistance Féministe ! Solidarité! Autonomie !
Qui sommes nous ?
Un groupe informel féministe de gouines, hétéras, bies, meufs (trans et cisgenres). Notre féminisme s’inscrit dans une lutte plus globale contre tous les systèmes d’oppression. Nous avons conscience d’être une écrasante majorité de blanches cisgenres issues des classes moyennes instruites. C’est pourquoi nous essayons de travailler entre nous sur nos rapports de domination liés à notre genre, notre classe socio-économique, notre origine géographique, notre racialisation… Nous invitons toutes celles qui se reconnaissent dans ce tract, toutes celles qui ont une réflexion sur le croisement des oppressions, et toutes celles qui veulent critiquer les oppressions (y compris celles que nous produisons) à venir nous rejoindre pour un réel féminisme antiraciste !
mercredi, novembre 10 2010
Par Butch Cassidyke le mercredi, novembre 10 2010, 18:00 - Réflexions
(Note préliminaire : ce texte a été écrit il y a un certain temps et je n'avais pas trop assumé de le publier. Du coup j'avais un peu hésité à le mettre sur le blog de Lev, pour faire genre «c'est pas moi», et puis finalement je me suis dit qu'il fallait que j'assume d'être anti-queer et anti-sexe, finalement.)
Et de temps en temps des personnes viennent m'expliquer à quel point il faut absolument assister à telle représentation queer, ou que telle ou telle chose est queer et donc géniale, voire me mettent dans le lot des queers'.
Bon, des fois, je comprends, on a parfois des vocabulaires différents, et même quand ce n'est pas le cas je respecte vachement l'origine du mot queer, qu'il s'agisse de la réappropriation d'une insulte proférée par des homophobes et transphobes (ou d'ailleurs de «bizarrephobes» de manière générale) ou de la référence à une théorie qui, à la base, analyse les rapports d'oppressions. Et j'aime bien le slogan «not gay as in happy, queer as in fuck you».
Le problème, c'est que ces derniers temps, et en tout cas dans certains espaces, c'est plutôt «queer as let's fuck now» et l'aspect «analyse des rapports d'oppressions» semble se transformer en «gommage des rapports d'oppressions».
Qu'est-ce qui est «queer» dernièrement ? Bizarrement, pas les personnes qui viennent pointer du doigt que ça, c'est une oppression, que là-dessus on invisibilise une catégorie de personnes, etc. Ça, c'est les chieuses. Ce n'est pas non plus les personnes qui essaient de pondre des analyses politiques des rapports d'oppression. Ça, c'est les frustrées. Et puis, quel besoin d'analyse politique ? La bible du «queer as in let's fuck now», c'est Butler, et comme personne ne comprend Butler parce que Butler est incompréhensible, on remarque qu'elle répète vachement le mot «performance» ou «performativité» et on se dit, du coup, que pour être vraiment «queer» il faut être «performeur» ou «performeuse», voire «performantE».
Et voilà l'essor du «queer» ces derniers temps : les «performances», comme les spectacles vachement subversifs parce qu'on joue sur le genre et que c'est trop révolutionnaire et qu'on n'a pas vraiment à s'emmerder avec des concepts chiants comme le féminisme, les rapports d'oppressions, la politique, etc. Ça, c'est chiant. Le queer, c'est fun.
Ça et la pornographie. Parce que le sexe, c'est tellement dévalorisé dans notre société qu'il faut pouvoir en parler. D'ailleurs, on ne parle jamais de sexe dans la vie courante, on n'a jamais personne qui se vante de son nombre effarant de partenaires, on valorise tellement l'absence de sexe que «puceau/pucelle» n'est jamais utilisé comme une insulte, on ne considère pas du tout qu'on est quelque part un peu défini par le nombre de personnes qu'on est capable de «pécho».
Et donc, de temps en temps, je me retrouve à devoir regarder un type qui n'a aucune analyse des rapports d'oppressions dans ce qu'il fait (par exemple du rapport à la misogynie quand t'es une meuf et du coup que tu dois te taper de l'«humour» ou des clichés sur certains trucs) et où c'est forcément hyper subversif parce qu'il est hyper maquillé et qu'il se fait appeler par un prénom féminin le temps du spectacle.
Alors oui, je suis trop queer, je le confesse : ça m'arrive d'écouter Marilyn Manson. Pour le reste, la soi-disant «subversion» à deux balle, les post-performances, la «visibilité» (des beaux/belles, en tout cas) par le porno, merci, mais non merci.
mardi, novembre 9 2010
Par Butch Cassidyke le mardi, novembre 9 2010, 12:04 - Actualité
Je suis une militante connue dans les années 1970 et 1980 notamment pour mes écrits transphobes : j'ai écrit un livre entier pour dénoncer l'infamie des personnes «transsexuelles», en me centrant sur les meufs trans et en invisibilisant les mecs trans. J'ai également pratique l'outing non-consentant de personnes trans et le lobbying contre l'accès des personnes trans à des traitements hormonaux ou chirurgicaux.
Sur une autre thématique, mais qui rejoint le droit à disposer de son corps, j'ai également attaqué au début des années 90 la pilule RU-486 qui permet l'avortement médicamenteux.
Je suis, je suis, je suis...
dimanche, octobre 17 2010
Par Butch Cassidyke le dimanche, octobre 17 2010, 21:51 - Liens en vrac
Un article sur le blog collectif Feministe.us parle en gros des violences (abuse) dans le milieu BDSM et comment lutter contre, en anglais. J'avoue que j'ai un peu survolé mais je trouve ça intéressant comme discussion et qu'elle permet de sortir du débat «le BDSM c'est forcément de la violence en soi» versus «chez les BDSM on est que des bisounours avec respect du consentement».
Samedi 23 octobre, à 14h, à Paris, au métro Barbès aura lieu l'Existrans, la marche des trans et des interesexuéEs. Communiqués et revendications sont disponibles sur le site.
Et sinon toujours le 23 octobre, mais aussi le 24, et toujours à Paris, il y aura aussi le colloque «Mouvement des lesbiennes, lesbiennes en mouvement» organisé par la Coordination Lesbienne de France.
Enfin, parce que des fois je me dis que sur Internet, il ne faut jamais lire les commentaires sur les journaux en ligne, mais que des fois il y en a du lourd qui devient finalement drôle, je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager la prose d'un connard du web à propos des lesbiennes :
Ce que je vois c'est les lesbiennes sont souvent des chieuses revendicatives de n'importe quoi là où les homos hommes se posent moins de question existentielles sans intérêts... Dans un bar gay, t'es accueilli comme quelqu'un qui veut boire un coup, dans un bar lesbien, tu te sens un peu efféminé face aux clones de membres de la waffen SS en goguette qui te matent comme si t'étais bon pour la casserole...
Je concluerai donc sur une citation d'Etna, un personnage du jeu vidéo Disgaea (on a les références qu'on peut) :
Ahhh... The whining of a sore loser. It's music to my ears.
samedi, septembre 25 2010
Par Butch Cassidyke le samedi, septembre 25 2010, 14:06 - Liens en vrac
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