Vernis & Sécateur

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - extrême-gauche

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, janvier 26 2009

Mon bon monsieur, les extrêmistes sont vraiment extrêmes

Tout à l'heure, entre deux cours, je m'ennuyais un peu, et du coup, en plus de regarder les blogs que je regarde habituellement, j'ai aussi regardé quelques commentaires.

Et bien m'en a pris, car ce fut hautement instructif.

Ceux sur le blog de CSP, notamment, et en particulier les réactions à son compte-rendu de congrès. Sans doute échauffé après sa diatribe contre la mortifère féminisation des textes, le camarade pestait ainsi contre un amendement extrêmiste qui se proposait de parler de binarité de genre et de remettre en question le système hétérosexuel.

Oh Mon Gode, que ne fallait-il pas dire !

Aussitôt, un autre commentateur de répliquer, dénonçant «un courant très radical des féministes». Quelle horreur, de la radicalité, pas de ça chez nous, quand même !

Le même continuait : «je me vois mal expliquer que dans la société socialiste que nous voulons, la norme mec nana doit ête dépassée.»

Alors bien sûr, ça n'a rien de bien étonnant, rien de bien nouveau, finalement, que du désespérément banal. Mais sur un blog d'extrême-gauche, c'est plutôt amusant quand même, parce que bon, c'est assez dur de ne pas voir tous les arguments similaires dénonçant «un courant très radical des gauchistes» ou expliquer qu'on ne ne peut pas parler d'anticapitalisme, car «je me vois mal expliquer que dans la société que nous voulons, les rapports de classe doivent être supprimés».

Mais bien sûr, je suis sans doute purement mesquine et trop radicale. Ça doit juste être que je ne comprends pas, avec mon cerveau atrophié par le manque de testostérone, qu'il y a en réalité une différence fondamentale que je ne vois pas.

Ensuite vient le couplet sur les sales gouines : ainsi, parmi le fameux courant «très radical» des féministes, «il y avait beaucoup de copines lesbiennes là-dedans qui théorisaient leur aversion pour les mecs.».

Et CSP de réagir, face à quelqu'un qui trouvait que ça faisait un peu amalgame : «En l'occurrence, Basile ne parle pas de toutes les gou..lesbiennes, mais d'une frange militante particulièrement remontée. J'ai eu un peu fréquenté un temps un milieu gay militant où elles intervenaient régulièrement, et chaque conversation avec elles devenait vite éprouvante.. .Encore une fois, il y'a le fond, qui est déjà très très discutable, et la forme toujours agressive qui ne procède que par anathème et culpabilisation».

Alors déjà, je vais démontrer que j'ai plus de couilles que la gauche couillue : moi, j'ose même dire «gouine» en entier, je ne me limite pas au truc à deux balles «les gou...lesbiennes», genre «hein on s'est compris mais je ne le dis pas, n'est-ce pas ? *clin d'oeil*».

Et puis alors surtout, on notera : déjà le contenu, bon, très très discutable, mais alors la forme, zéro. Allez hop les gouines, recalées à l'exam' de lutte appliquée.

Après, moi, je compatis quand même un peu pour le pauvre CSP. Les gouines, j'en ai aussi côtoyé un certain nombre, et il faut le reconnaître : ça gueule, ça gesticule, ça ne se laisse même pas couper la parole par les mecs et ça ose, mon dieu ça ose, être agressive, privilège pourtant réservé aux membres agréés de la gente masculine.

Et puis, en plus, bien entendu, les gouines n'aiment pas les mecs. Déjà, bon, elles veulent pas coucher avec, alors à la limite, ça passe, parce qu'on est de gauche, on est tolérants. Mais là, quand même ! Elles les aiment pas, carrément.

Alors que bon, c'est bien connu : le prolétaire est rempli d'amour envers son patron, l'esclave est toujours amoureux de son maître. Jésus l'a bien dit, après tout : si on te frappe sur la joue gauche, tend la joue droite. Eh ben ces sales connasses de gouines, elles veulent même pas. Non, elles «théorisent» leur aversion des mecs. Parce qu'encore, ce serait juste spontané, ça irait encore, mais là, elles ont vaguement réfléchi, en plus. Parce que bon, quand même, il fallait aller chercher bien loin pour aller imaginer que si elles étaient invisibilisées, se voyaient confisquer leur parole, insultées dans la rue, réduites à des boulots précaires et mal payés, agressées, violées et tuées, c'était peut-être, plus ou moins, vaguement lié à la domination masculine. Quelle drôle d'idée !

Là encore, si on était de mauvaise foi, on pourrait dire que tout ça ressemble fort à la critique contre ces salopards de grévistes qui, déjà, ont un message très très discutable à la base, mais qui, en plus, ne sont pas polis et ont théorisé qu'ils n'aimaient pas leur patron alors que celui-ci, bien entendu, se saigne pour eux, le brave monsieur.

Au final, la charge du président de la république contre les méchants grévistes irresponsables de SUD ne sonne pas si différente de la charge contre les vilaines gouines agressives et impolies. On pourrait même voir une similarité dans la façon d'employer les gros mots, mais quand même pas («Descends un peu, si t'as des c... si tu crois...» contre ««pas de toutes les gou..lesbiennes»), histoire de montrer qu'on pourrait être insultant, mais qu'on est bon prince, nous, pas comme l'Autre qui n'est pas très respectable et poli.

Mais bien sûr, dans un cas c'est la droite, la vraie de vraie, alors que dans l'autre c'est la gauche, la vraie de vraie, alors j'imagine que je me trompe et que ça n'a sans doute vraiment rien à voir.

vendredi, décembre 19 2008

Zapping transphobe

Comme c'est un peu les vacances, mais que j'avais envie de maintenir mon rythme de parution des billets de ce blog (bon ça tiendra pas pendant toutes les vacances, soyons claire), j'en profite pour remettre un billet que j'avais en cours depuis un certain temps.

Le principe : noter les différents propos transphobes tenus sur le web. Pas sur tout le web, il faut pas déconner, mais dans deux cadres où a priori, si on était naïve, on pourrait croire qu'il n'y en aurait pas : le cadre «extrême-gauche» d'un côté et le cadre «trans» de l'autre.

Transphobie d'extrême-gauche

Commençons par les forums et sites dits «d'extrême-gauche». J'ai décidé d'anonymiser les citations, vu que le but n'est pas de pointer du doigt des personnes ou des forums, et pour éviter qu'on me tombe trop dessus, mais en gros elles proviennent de forums anticapitalistes, marxistes, trotskystes, anarchistes, ...

Par contre j'ai laissé l'année, à titre indicatif (et l'orthographe).

Un homme c'est comme ça, une femme c'est comme ça

Je pense simple qu'on est né homme ou femme.

(octobre 2005)

il s'agit d'une femme qui a subit des traitements médicaux pour ressembler à un homme. ... ce que j'ai dit est la pure et simple réalité et permet d'expliquer le "miracle" d'un homme "enceint" sans devoir faire appel à un quelconque Dieu. Si cela prouve que je suis transphobe alors c'est la réalité elle même qui est transphobe

(octobre 2008)

Là, c'est ZE postulat transphobe number one : tu nais homme ou femme, et puis voilà. C'est l'exemple le plus classique de la transphobie : on reste comme la Nature ou Dieu nous a créés, basta.

Autrement dit : une femme trans' est un homme, un homme trans' reste une femme.

C*** ******** n’est pas une femme, ce détail très important pour comprendre sa démarche.

(avril 2008)

Là on a un cas plus subtil, qui consiste à nier le genre d'une personne dans le but pour la discréditer. Pour bien comprendre, la personne en question (une femme trans') défendait une certaine prostitution, ce qui en fait forcément un homme.

Je trouve que c'est symptomatique d'une certaine tendance chez des personnes[1], à avoir des comportement corrects avec leurs amis ou les personnes avec lesquelles elles sont d'accord, mais qui ne comprennent pas que la transphobie, le racisme ou le sexisme ne sont pas plus justifiable lorsqu'il s'agit de personnes avec lesquelles elles ne sont pas d'accord.

Bien sûr, ça reste basé sur ZE postulat transphobe : une femme trans' reste un homme.

Oui, mais moi je suis féministe, tu comprends

Nous croyons qu'un genre est simplement une affaire génitale. Et pourtant on a ces types qui courent partout en disant qu'ils se "sentent comme une femme". Qu'est-ce que ça veut bien dire ? Ça veut dire que ces types fétichisent les rapports de genre !

Et c'est simplement réactionnaire !

En tant que communistes, nous voulons nous débarasser des rapports de genre et je pense que c'est des choses négatives comme les rapports de genre qui causent ce type de maladies.

(octobre 2005)

Histoire de continuer dans la transphobie au nom d'un (certain) féminisme : mon dieu, mais quelle horreur, des trans' se «sentent» hommes ou femmes, et c'est anti-féministe.

Parce que bien sûr, aucun individu cisgenre ne se «sent» homme ou femme, il n'y a que les trans' pour faire cela. C'est un peu deux poids deux mesures.

Dans le genre, on admirera aussi :

En quelque sorte, le transexuallisme est il autre chose qu'une manoeuvre machiste pour fabriquer un idéal féminin artificiel à sa convenance, une façon de nier la féminité réelle plutôt que de l’accepter ? une façon de rejeter la Femme réelle avec tous ses défauts, en ne gardant que les "qualités" qui, en l’ocurence sont révélatrices d’une certaine vision de la femme objet ?

(décembre 2008)

ou : le vieux spectre des trans' qui sont des hommes qui ne transitionnent que parce qu'ils ont une vision machiste de la femme. Idée lancée (notamment) par Janice Raymond en 1979 dans son bouquin «The transsexual empire : the making of the she-male». Soit elle est toujours présente 30 ans après, soit il y a des gens qui sont restés coincés dans les années 70.

Oui, mais moi je suis progressiste, tu comprends

On ne peut décemment pas contester les OGM ou le dopage si on s 'affirme transgenre, ou si on les soutient , en ce qui concerne ces différences physiologiques

(octobre 2008)

Parce qu'être progressiste, c'est être contre toute modification de son corps. Avortement ! Contraception ! Et hop tout ça, à la poubelle !

Mais du coup, si je couche avec, je suis gay ?

Comment vous sentiriez-vous si vous découvriez que votre partenaire avait été du genre duquel vous n'êtes pas attiré ?

(octobre 2005)

Je suis peut-être un vieux réac, mais oui. Je connais pas de transformation parfaite d'un sexe à un autre, ne serait ce que physique. Or le sexe, c'est indéniable, a un aspect foncièrement physique... Je ne vois guère que cette distinction d'intéressante, en ce qui me concerne. Et je n'aime pas franchement les relations ambigües. Mais après, c'est vrai que c'est de l'ordre du détail, vu que les trans ne courent pas les rues, je ne suis pas pour l'instant terrorisé à l'idée de draguer une des fausses femmes (sexuellement parlant s'entend)

(mars 2007)

La question anodine : oui mais vous, vous réagiriez comment si vous réalisiez que votre partenaire est trans' ? En soi je ne pense pas que la question soit transphobe (quoique la réponse puisse l'être, comme dans le cas présent en parlant de «fausses femmes»), par contre c'est un peu lourd quand une discussion sur les questions trans' doit forcément tourner là-dessus.

Et encore une fois, on est basé sur ZE postulat transphobe : mon dieu, j'ai couché avec une trans', donc c'est que j'ai couché avec un homme. Et le postulat homophobe : même si ça m'a plu, c'est horrible.

Et les gens qui se prennent pour des animaux, hein ?

Si quelqu'un se prend pour un dinosaure, faut-il s'empresser (même si c'était faisable) de lui retirer sa peau pour lui greffer une peau de reptile avec des écailles sur simple demande, parce que l'envoyer voir un psychiatre serait le stigmatiser ?

(septembre 2007)

On notera la comparaison bien choisie, parce que évidemment, dire que la notion d'homme et de femme est avant tout sociale et donc qu'on peut se sentir homme ou femme en ayant respectivement un vagin ou un pénis, c'est la même chose que de dire que la différence entre un dinosaure et un humain est avant tout sociale.

Quoique, en lisant ça datant de 2007, on se dit qu'il y a certains individus appartenant légalement à l'espèce humains qui n'auraient pas de mal à faire une transition vers «dinosaure».

Oui mais l'état-civil c'est important, quand même

Personnellement, je trouverais très étrange de ne plus avoir la mention féminin ou masculin. En ce qui me concerne, si sur ma carte cette notion disparaîtrait, ça me ferait comme un "choc".

(octobre 2007)

Qu'une personne soit reconnue comme ayant le sexe qu'elle veut est une chose.

Mais pour l'Etat Civil, il n'y en a que deux: alors, l'un ou l'autre!

(juillet 2008)

Un peu étonnant à l'extrême-gauche, plus présent ailleurs: oui mais quand même, il faut garder le H/F sur la carte d'identité, hein. Et tant pis si ça nie l'identité des personnes qui ne sont ni l'un ni l'autre (ce qui est certes loin d'être le cas de tous les trans', qui se définissent en général complètement «homme» ou «femme»). On est révolutionnaire, mais quand même, l'état-civil , c'est sacré.

Je vous mets un peu de lesbophobie avec ça ?

Mais tu admettras que quand deux femmes trans qui se mettent en ménage en se prétendant gouines, cela donne une idée assez confuse de leur amour de la féminité.

(décembre 2008)

Bon en fait c'est le reproche que je trouve un peu confus, pour ma part, mais bon.

Transphobie trans'

Passons maintenant à la catégorie de transphobie suivante : la transphobie trans'. Ça peut paraitre bizarre à première, mais les personnes qui se définissent comme «vrai-e-s trans'» aiment manifestement beaucoup dire du mal des «fau-x-sse-s trans'».

Comme précédemment, je ne mets pas la source, et parfois c'est traduit, mais, comme pour les liens précédents, je promets que ça a vraiment été dit. Juré, craché, ptiouh.

Sans ton genre, tu n'es rien

Je trouves terrifiant, cet univers de personnes informes, aux identités flous, ou inexistantes, que la vie doit ètre triste, quand on est à ce point destructurés et en marge de la société!

Une idée qui rejoint un peu le fait de considérer les homos comme narcissiques parce qu'ils-elles veulent coucher avec «eux-elles même» : la seule chose qui compte, c'est son genre. Tu as une identité de genre floue, voire inexistante, mais c'est TRISTE, c'est horrible, tu n'as pas d'identité.

Une trans', ça ne pénètre pas

Pour moi, transsexuelle et "active", comme disent les gays, c'est antinomique, et mème s'il y a des femmes génétiques lesbiennes qui sont "actives", en utilisant des godes-ceintures, ça reste quand mème qu'un instrument en plastique, mais ça n'a aucune comparaison avec un pénis à soi, c'est son propre sexe que l'on utilises, et en l'occurence un sexe masculin, et qu'on pratiques un acte purement masculin, ou alors j'ai rien compris au film!

Oh My Gode, qu'une femme se serve de son pénis plutôt que d'un gode-ceinture pour être «active», c'est forcément masculin, c'est que ça n'est pas une vraie transsexuelle, et donc...

si tu cherche une trans active passive, mais c'est une shemale alors.

... une «shemale». Shemale, pour les lectrices-lecteurs qui ne connaitraient pas, c'est un terme pour désigner les trans' surtout utilisé dans le porno, généralement pas vu de manière super positive. Par ailleurs des trans' peuvent revendiquer ce terme, mais il y a une grande différence entre dire «je suis une shemale» et «beurk, t'es pas une trans toi, t'es une shemale». Autrement dit...

il faut savoir que celui ci diminue la fabrication de spermatozoide,donc plus d'ejaculation mais n'empeche pas une erection,qui je pensse d'en notre cas ne nous sert a rien!!!!sauf pour certaine,mais dans ce cas la il s'agit de cas psychiatrique!!!!

... une malade mentale. C'est vrai que vouloir se servir d'une partie de son corps pour prendre du plaisir, il faut vraiment être un cas psychiatrique.

Une trans', ça aime les hommes. Point.

Le vrai transexuel est attiré par les hommes et non par les femmes car c'est une femme dans le corps d'un homme que la chirurgie actuelle peut modifier ; on voit de plus en plus de trans lesbiennes, qu'est-ce-que c'est que çà ? une supercherie ? un nouveau fantasme ? Comment devenir une femme à part entière et être lesbienne ? C'est du n'importe quoi !

Certes, il ne s'agit pas à proprement parler de transphobie mais d'homophobie, mais je pense que les deux se combinent parfois de manière particulière.

Un trans', ça n'est pas enceint

Cette personne, pour moi, n'est en aucun un FTM, et un homme, donc, car tout le monde sait qu'il n'y a pas plus masculin et viril qu'un FTM, tellement ils défendent leur identité sexuelle masculine avec fierté, quelques fois excessivement, comme les MTF, concernant leur identité féminine, mais ce sont des hommes avant tout, et les connaissant, je suis sure que ce sont les premiers à ètre choqué par le fait qu'un homme digne de l'ètre, ne donnera jamais la vie, comme une femme, puisque par définition, ce sont des hommes!

En réaction à Thomas Beatie, trans FtM qui était enceint (et qui l'est à nouveau, d'ailleurs, ce sale récidiviste).

Un peu la même logique qu'avec la pénétration pour les trans' MtF : quelle idée de vouloir se servir de son corps, il faut respecter la norme du genre qu'on revendique.

Et bien sûr, dès qu'un-e trans' fait un «écart» par rapport à la norme, il-elle risque de voir son identité de genre remise en question : s'il est enceint, c'est une femme, point.

Un-e trans', ça se fait opérer

D'accord, soyons clair sur quelque chose, là... quelques soit la terminologie raisonnable, qui puisse être utilisée dans une discussion raisonnable, si une personne ne veut pas de «chirurgie génitale» alors elle n'est en aucun sens, significatif et légitime, transsexuelle.

On retrouve un peu le leitmotiv des phrases précédentes : hey, vous êtes pas des vrai-e-s trans', vous !

C'est amusant de voir comment ZE postulat transphobe, qui est «vous n'êtes pas de vrai-e-s hommes-femmes» est finalement intégré par certain-e-s trans' pour devenir «vous n'êtes même pas de vrai-e-s transsexuel-le-s».

Les trans', ça doit être normal

Cest a cause de prssone comme vous que l'on et considérré pour des dingue et des barges les femme a barbe c'est dans les cirque pas ici

Oh Mon Gode, une femme à barbe, mais quelle horreur. Et en plus, ça décrédibilise les trans'.

C'est drôle, quand j'étais un geek libriste déjà, y'avait des types qui venaient nous souler «hey, vous, les barbus (ben ouais j'étais barbue à l'époque, hé), faut faire un effort, vous décrédiblisez les logiciels libres». Finalement, on retrouve la même chose chez les trans'.

Comme quoi la barbe, quelque soit le contexte c'est quand même méchamment pas crédible.

Conclusion

La conclusion est assez simple : surprise, il y a plein de gens transphobes, en fait ! Alors bon c'est que des petits exemples liés à deux contextes particuliers parce que c'est là que je passais du temps sur Internet, et bien sûr ce n'est pas difficile d'en trouver ailleurs (je me rappelle m'être bien poilée sur un blog d'extrême-droite qui parlait de l'existrans, surtout à propos du côté «mon dieu c'est l'apocalypse, les trans' débarquent pour détruire notre belle Nation»... ah, si seulement). Seulement j'avais trouvé ça un peu frustrant de voir des personnes dont a priori j'attendais plutôt le soutien sortir ce genre de choses,

C'est mon côté naïve, que voulez-vous ?

Notes

[1] Sans vouloir accuser un courant particulier, je trouve ça quand même très présent chez les abolitionnistes. M'enfin, hein.

jeudi, mars 6 2008

Municipales

La campagne pour les municipales (ou en tout cas leur premier tour) touche maintenant à sa fin. Je n'ai pas écrit beaucoup de billets là-dessus, peut-être parce que j'ai eu moins le temps de militer ou de «bloguer» que je ne l'aurais voulu.

Bref.

Donc pour rappel je suis candidat(e) à Marseille sur les listes «Marseille contre-attaque à gauche». À noter que la situation du point de vue du genre est assez fun vu que j'apparais sous le prénom qui est sur ma carte d'identité mais avec ma profession au féminin[1]. Donc dans l'absolu niveau visibilité LGBT on peut difficilement faire mieux ; dommage qu'il est probable que 99,9% des gens verront ça comme une erreur d'impression.

Je vais pas détailler le programme des ces listes unitaires (qui regroupent du point de vue des organisations la LCR, les Alternatifs, des Collectifs antilibéraux, Les motivé-e-s, Ballon rouge, alterekolos) que vous trouverez sur le blog en lien et qui se résume très très sommairement à :

  • défense de l'emploi
  • logements sociaux
  • amélioration des transports publics et gratuité
  • remunicipalisation de l'eau
  • service public de la petite enfance
  • droit à la santé
  • réseau de structures socio-culturelles auto-gérées
  • refus de l'incinérateur, tri selectif

Personnellement je trouve ce genre de campagne (les municipales, mais c'est valable aussi pour les régionales) super frustrante, parce que du coup comme la municipalité n'a pas un énorme pouvoir on est vachement limité. Bien sûr on essaie toujours de parler des enjeux plus généraux mais ce n'est pas évident.

L'autre truc qui me gêne aussi, c'est l'impression d'être «cadencé» uniquement par les campagnes électorales : présidentielles, législatives, municipales, et ensuite (l'année prochaine) il y a aura les européennes et les régionales... Et le pire c'est de voir tous ces militants (moins à l'extrême-gauche, évidemment) qui ne s'activent qu'à ces moments là.

Ajouté au fait que j'ai de plus en plus de mal avec le principe même des élections telles qu'organisées actuellement et qu'il y a en plus la non-reconnaissance de mon identité par l'état... ben disons qu'il a vraiment fallu que je me motive pour finir sur ces listes ^ ^

Cela dit je dois bien reconnaître que les campagnes électorales sont une occasion de toucher des gens qui ne s'interessent pas forcément à la politique à d'autres moments...

Bref, pour moi les élections c'est un peu comme le dentiste : j'ai bien conscience qu'il faut y aller, mais c'est quand même pas franchement un moment de grand plaisir ^ ^

Notes

[1] D'ailleurs je tiens à remercier la tête de liste que j'ai embêtée pour que ça puisse se faire :o)

dimanche, décembre 9 2007

Critique de la critique

Cela fait maintenant un certain temps que je milite à l'extrême-gauche. Et autant dire qu'en général, l'extrême-gauche[1] est plutôt critique, et d'un peu tout. C'est souvent ce qu'on lui reproche.

Ce n'est pas ce que je vais faire ici. Je trouve que le monde est pourri, et je trouve plutôt sain de le critiquer. Personnellement, je n'en ai rien à foutre de ne pas être «constructif», de ne pas m'inscrire «en positif» mais en étant «anti», etc. On vit dans un monde pourri et des tas de choses me le rappellent tous les jours, je ne vois pas pourquoi je serai constructive ou positive.

Maintenant, je trouve que cette critique est quand même parfois sélective et je me dis que moi, perso, je n'aurais pas toujours les mêmes priorités.

Par exemple, récemment, j'étais un peu déprimée, et quand je suis déprimée, j'ai envie de cramer des trucs. En général ça commence par des voitures, puis je me dis que c'est con et qu'il vaut mieux brûler des bâtiments publics.

Et en général j'arrive sur quatre types de bâtiments. Les deux premiers sont des classiques à l'extrême-gauche : un commissariat ou un siège local du medef. Les deux seconds, en général, c'est très mal vu de s'y attaquer, parce que ça symbolise des trucs bien, des services publics, des trucs qu'on défend.

Ces deux trucs là, c'est l'école et l'hôpital.

Je veux dire, je ne vais pas le faire. Je n'appelle évidemment pas à le faire. Simplement ça traduit un vécu que je vais expliquer en deux lignes avant d'aller plus loin.

L'hôpital, c'est parce que les médecins me retirent la liberté de décider qui je suis. Pas tous les médecins, seulement certains psys, et je n'ai pas envie de brûler tout l'hopital, juste le service qui abrite l'équipe officielle autoproclamée es transsexualisme qui s'arroge le droit de décider qui est transitionne ou pas. C'est la police de genre. Bon je dis ça parce que je suis trans', mais il n'y a pas que ça quand même. J'ai un vrai problème avec le manque de contrôle qu'a de fait l'individu sur certains choix, qui sont en réalité faits par le médecin, que ce soit parce qu'on ne lui présente pas d'alternative ou parce qu'il n'y a pas de réelle information. Et ça c'est sans parler des internement d'office de grevistes de la faim, des difficultés à avorter, etc.

L'école... ben, c'est un peu une forme de police aussi, en fait. Bizarrement, je n'ai jamais eu d'emmerde avec les flics. Je veux dire, je me suis fait bousculer, lacrymogenisér, poivrér, mais c'est tout. Un flic n'a jamais réussi à faire en sorte que je décide de me couper les cheveux, parce qu'un garçon doit avoir les cheveux courts. Un flic n'a jamais essayé de m'orienter dans telle ou telle voie qui ne m'intéressait pas. Un flic ne m'a jamais autant humiliée qu'ont pu le faire mes profs de sport. Et encore, j'étais bonne élève (sauf en sport), je m'en suis sans doute pas si mal sortie.

Là où je veux en venir, c'est que, autant on critique le rôle coercitif direct du flic et du patron, et là on a raison, évidemment, autant on est bien silencieux pour le rôle coercitif un peu moins direct de structure dont ce n'est pas le rôle principal.

Ça ne se manifeste pas que de cette manière, mais aussi dans le soutien parfois conditionnel à certaines luttes.

Par exemple, les prostituées. Les prostituées, c'est pas bien qu'elles défendent leur fierté de leur métier, parce que c'est l'oppression de la femme et que donc il faut pas en être fier. Et puis on rappelle qu'on est à terme pour la fin de la prostitution. Donc on soutient les mouvement de prostituées, mais quand même généralement sous certaines conditions.

Comparons avec un mouvement ouvrier. Est-ce que, avant le moindre soutien à des ouvriers, on se sent obligé de rappeler qu'on est, à terme, pour la fin du salariat ? En général, on le fait pas, parce que c'est «gauchiste». Est-ce qu'on demande aux ouvriers qui sont fiers de faire des voitures de dire que, quand même, les bagnoles ça pollue et que faudra bien les virer un de ces quatre, donc que ce serait mieux s'ils faisaient un autre métier ? En général, je crois pas.

Bref, je pense que c'est bien de critiquer, y compris les choses qu'on soutient, mais d'une part à condition qu'on les soutienne avant tout, et d'autre part à condition que cette critique s'applique aussi au reste, y compris aux corps de métiers bien représentés dans l'extrême-gauche.

Parce que des fois quand même, ça fait un peu deux poids, deux mesures.

Notes

[1] Et là, c'est un peu foireux, parce que ça englobe des tas de trucs très différents. Mais pour les sujets dont je vais parler, il me semble que c'est l'approche majoritaire à l'extrême-gauche, ce qui ne veut évidemment pas dire qu'elle soit unanime nonplus.