Vernis & Sécateur

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jeudi, avril 30 2009

DSM-V: La transsexualité est-elle une maladie sexuellement transmissible ?

Pendant qu'en France la HAS soumet son rapport sur la situation de la transsexualité en France, aux USA, dans le cadre de la révision du DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, en gros la référence pour savoir ce qui constitue une maladie mentale ou pas et comment la diagnostiquer), le groupe de travail sur les troubles sexuels et de l'identité de genre a fait un rapport provisoire dont un compte-rendu est disponible sur le blog de Kelley Winters concernant le trouble tranvestite.

Si l'ensemble est inquiétant et va toujours dans le sens de la pathologisation des trans' et de tout ce qui sort des normes des genres, et si par ailleurs il faudrait que je fasse un billet plus détaillé sur la notion d'autogynéphilie que des psychiatres comme Blanchard essaient d'inclure[1], c'est un passage spécifique qui a attiré mon attention :

First, Dr. Blanchard broadly expanded the definition of paraphilia to include,

“any intense and persistent sexual interest other than sexual interest in genital stimulation or preparatory fondling with phenotypically normal, consenting adult human partners.”

Donc Blanchard suggère que la paraphilie devienne quand même super large, et inclut tout ce qui n'est pas «stimulation génitales ou préliminaires avec des adultes consentants, adultes et phénotypiquement normaux».

Si bien sûr on sent la morale réactionnaire pointer derrière (le sexe est fait pour se reproduire, donc seules les stimulations génitales comptent), je trouve assez drôle la référence au «phénotypiquement normal», qui revient si j'ai bien compris aux personnes cissexuelles et pas intersexes.

Autrement dit : non seulement dans le DSM-V la transsexualité sera probablement toujours une maladie mentale, mais avec cette proposition coucher avec une personne trans' en serait une aussi.

Bref, avec le DSM-V, la transsexualité va devenir une maladie mentale sexuellement transmissible.

On n'arrête pas le progrès.

(Via Transgender Community)

Notes

[1] En très bref ça distingue grosso-modo, pour les MtF, les trans' «homosexuels» (donc attirées par les hommes) et les trans' «autogynéphiles» : si tu n'es pas sexuellement entièrement consacrée au plaisir du mec, mais aussi au tien, c'est donc que tu es autogynéphile. Parmi les critères retenus par un des psys en faveur de cette théorie pour repérer les «vraies femmes» des autogynéphiles, on notera : «Would some of your male friends find this person sexy?» Soit, si on traduit l'idée plutôt que mot à mot, «est-ce que votre patiente est baisable ?»

vendredi, mai 16 2008

DSM-V

Prélude : ceci est un simple copier/coller d'un post écrit sur le forum de l'association trans' Sans Contrefaçon, ce qui explique le style moins travaillé que les autres billets :p

Pour donner un peu de contexte, le DSM (Diagnostic and Statistics Manual) est un outil de classification américain des maladies mentales. La version actuelle est la quatrième (DSM-IV). Parmi les maladies mentales se trouvent le «trouble de l'identité sexuelle» concernant les transsexuels, et le «transvestisme fétichiste» pour les travestis. On aurait pu espérer qu'une réforme de ce système améliorerait les choses de ce côté ; mais c'est mal barré.)


Bon si j'ai bien compris le DSM-IV devrait être révisé dans pas trop longtemps.

J'ai vu un billet ricain comme quoi l'assoce des psychiatres américains (APA) avait choisi des représentants on ne peut plus réacs poaur discuter là-dessus (j'ai trouvé ça via le blog Questioning Transphobia que je trouve intéressant pour suivre un peu ce qui se passe sur les questions trans' outre-atlantique)

Je copie/colle/traduis qu'une partie du post parce que j'ai la flemme, le reste est en anglais mais je vous encourage à lire.

Dans la "Task Force", nommé en tant que "chair" (responsable?) des Troubles Sexuels et d'Identité de genre, nous trouvons le Dr. Kenneth Zucker, du fameux Centre for Addictions and Mental Health (CAMH, auparavant le Clarke Institute) de Toronto. Dr. Zucker est connu pour utiliser des thérapies réparatives (i.e. "ex-gay") pour "guérir" les enfants gender-variant. Nommés dasn son groupe de travail, nous trouvons le mentor de Zucker, le Dr. Ray Blanchard, Chef des services de sexologie clinique au CAMH et createur de la théorie de autogynephilie, categorisée comme paraphilie et définie comme "la tendance paraphile d'un homme à être sexuellement excité par la pensée ou l'image de lui en femme".

Les Drs. Blanchard, Zucker, J. Michael Bailey (dont les traveaux ont même été jusqu'à toucher à l'eugénisme) et un petit cadre d'autres sont les «proposeurs» de diviser la population transsexuelle par l'orientation sexuelle ("transsexuels homosexuels" vs "autogynophiles") et se sont, de manière répété, opposées à la World Professional Association for Transgender Health (WPATH, auparavant HBIGDA), et ont de manière ouvertes «défiés» les Standards de Soins que maintient WPATH (modelé d'après les Standards de Soins originels développés par le Dr. Harry Benjamin) en faveur de techniques de conversion. Les «supporters» de Blanchard et Bailey incluent aussi le Dr. Alice Dreger, qui a re-stigmatisé le traitement des intersexes, le sexologue controversé Dr. Anne Lawrence, et le Dr. Paul McHugh, qui avait commencé sa carrière en lançant une croisade pour fermer la Clinique de Genre à Johns Hopkins University et en étant un de nos plus fervenst détracteurs.

Un danger additionnel dont les communautés gay et lesbienne doivent être informées est que si Zucker et compagnie fixent la thérapie de conversion dans le DSM-V, alors c'est une aussi étape claire et dangereuse vers une légitimisation des thérapies "ex-gay" et de re-stigmatisation de l'homosexualité.

(en m'excusant pour les anglicismes et les erreurs. Le terme "thérapie ex-gay" telle que je l'ai compris désigne une thérapie qui "guérirait" les homos en les rendant hétéros.)

Si je comprends bien le DSM n'est fait que par les psychiatres ricains, contrairement au CIM (classification internationale des maladies) qui vient de l'OMS. Cependant je pense qu'un changement, positif comme négatif, aurait des repercussions qui se limiteraient pas aux states.

Mise à jour du 15 Mai : il y a maintenant une pétition à signer !

Mise à jour du 16 mai: il y a aussi une page avec plus d'infos en français.