Après avoir félicité chaleureusement Vladimir Poutine, voilà que Sarkozy accueille Khadafi et prie ses troupes indisciplinées de taire leur critique, parece qu'il ne faut pas déconner : certes il ne respecte pas les droits de l'homme, mais il a du blé.
Alors on me rétorquera qu'en fait, quand on dit France, pays des droits de l'homme, ça veut bien dire qu'on est pour les droits de l'homme en France, et que les droits de l'homme dans les autres pays, ben, on s'en carre quand même un peu.
Déjà qu'à l'intérieur, bon, on s'en balance déjà pas mal quand c'est bafoué de manière pas trop visible, comme dans les prisons, où le «Comité européen pour la prévention de la torture» parle rien de moins que de «traitement inhumain et dégradant».
Il n'y a rien de bien nouveau, évidemment. La politique extérieure de la France a pas mal de sang sur les mains (tiens par exemple il y avait eu un truc récemment comme quoi la France avaait été gentille de donner les plans de ses mines posées en Algérie. Ça veut quand même dire que pendant plus de quarante ans il y avait des mines françaises là-bas, que la France savait où elles étaient, mais qu'elle le disait pas) et il y aurait des tas de trucs à dire sur la Françafrique, même si c'est pas le sujet où je suis le plus compétente. Le respect des droits de l'homme à l'intérieur du pays a toujours été, au mieux, en pointillés (genre le 17 octobre 1961).
Mais ces dernières années, quand même, j'avais l'impression que les gouvernements essayaient plus d'esquiver la question, de prétendre que le problème n'existait pas. Là avec la visite de Khadafi ce n'est plus le cas : les biftons sont ouvertement présentés comme plus important que le sang dont ils ont été imbibé.
J'imagine que c'est aussi ça, la droite décomplexée.