Je crois qu'il y a un truc qui me soule un peu avec certains invididus dans
le milieu trans (pas que, d'accord, mais pour le coup j'ai moins l'impression
de retrouver ça chez les gouines[1] par exemple, à part
chez les hippies vegan[2] qui bouffent que
bio et qui sont en phase avec la nature, mais qui ne s'approchent en général
pas trop de moi parce que l'odeur de ma clope les fait fuire), c'est le côté
«straight-edge prosélyte».
Bon, OK, peut-être que «straight-edge prosélyte» ce n'est pas très clair, alors disons autrement : paternaliste de la santé.
Du genre :
- «Ah, mais tu prends de l'androcur ? Mais il faut pas tu sais, c'est vraiment pas bon, en plus ça peut causer des dépressions.»
- Ou encore «quoi t'es pas allée faire un bilan sanguin depuis 2 ans ? Mais il faut en faire tous les six mois, tu es une dangereuse suicidaire ou quoi ?» (ça doit être à cause de la dépression liée à l'androcur, tiens)
- Et pour finir, celle à laquelle j'ai l'impression que j'ai le plus souvent droit depuis un an et quelques : «oh mon Dieu, mais tu fumes tout en prenant des hormones ?» (C'est juste parce que j'ai pas trouvé un moyen simple de fumer directement les hormones, cela dit)
Je veux dire, je veux bien que les gens prennent soin de leur santé, ça me va, mais ce n'est pas la peine de vous soucier de la mienne. Vraiment. Surtout quand on se connaît à peine et que peut-être que la seule chose qu'on a en commun dans la vie, c'est notre traitement hormonal.
Du coup, dans cet océan de reproches et de «manger bouger/fumer tue/buvez avec modération» ça m'a quand même fait super plaisir, aux dernières vacances de Noël, alors que j'étais en train de fumer une clope en compagnie de ma maman, et tandis que je sombrais moi-même dans la culpabilité «pauvre de moi, je n'ai pas un esprit sain dans un corps sain» en lui disant «il faudra que j'essaie d'arrêter de fumer, il paraît qu'avec les hormones c'est pas terrible», qu'elle me réponde spontanément : «bah, moi, tu sais, j'ai pris la pilule pendant vingt ans en fumant à côté, et je suis toujours en vie».
Post-Scriptum: bon, en fait je me rends compte que ce que je dis dans ma parenthèse, ce n'est pas vrai. Autant je suis dans des milieux où (à part quelques boulets), les gens ne me font généralement pas trop de commentaires sur ma santé par rapport à ce que je fais/bois/fume/mange, autant il y a plein de gens avec qui je ne parle jamais de trucs de santé qui, dès qu'ils me voient prendre un Coca Light, se sentent obligés de venir me dire que c'est pas bien le light et tout ça, comme si le fait de boire un truc Light était un message à la face du monde : «je veux prendre soin de ma santé et entendre votre avis dessus, vite, dites moi ce que vous pensez/avez lu de l'aspartame».
Notes
[1] Je parle des gouines, hein, pas des femmes qui aiment les femmes, où pour le coup j'ai pas l'impression que ce soit pareil.
[2] (Post-)Post-scriptum: ok, j'admets, ça n'a pas grand-chose à voir avec le fait d'être vegan, et d'ailleurs les gens qui vont me gonfler parce que eux/elles ont une alimentation saine et que je suis pas assez grande pour comprendre que dans «junk-food» il y a «junk» peuvent aussi être sur un mode «tu devrais tuer ton poulet toi-même et faire du fromage de chèvre plutôt que manger des toastinettes» (même si ce genre de remarque est plus rare en milieu urbain).