Vernis & Sécateur

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samedi, mai 9 2009

Pas une vraie fâme

Jeudi 7 mai il y avait une super soirée au Centre Culturel Libertaire de Lille, avec un concert vachement cool d'Avorton Congénital, one-man group tafiol-punk dont les chansons sont écoutables en ligne.

Avant le concert proprement dit, les Flamands Roses ont lu un certain nombre de textes, portant sur le féminisme, le genre, l'homosexualité et l'homophobie, la bisexualité, l'assignation, etc.

J'ai quant à moi lu un texte que j'avais écrit sur un bloc-notes dans le train pour la manif du 8 mars, qui est le suivant :


On m'a souvent fait remarquer que je n'étais pas une vraie fâme.

Non pas, voyez-vous, qu'être une vraie fâme soit la revendication majeure de mon existence, mais il était manifestement nécessaire, préventivement, au cas où l'idée viendrait par malheur à me traverser l'esprit, de me faire bien capter que non, vraiment, ça n'allait pas le faire.

Il y a eu les psys, d'abord, qui ont commencé par m'assaillir de questions : «vous jouiez à la poupée, quand vous étiez enfant ?», «vous êtes attirée par les hommes ?», «vous faites pipi debout ou assis ?» et enfin, last but not least, «vous comptez vous faire opérer ?».

Ensuite, le verdict était clair et sans appel : vous n'êtes pas une fâme, mon bon monsieur. Tout ce que vous pourrez devenir, si vous continuez comme ça, c'est une créature de la nuit.

Je me suis demandée ce qu'on voulait dire par là : est-ce que j'allais devenir une sorte de vampire moderne, qui doit se nourrir de sang de vierges la nuit pour avoir sa dose quotidienne d'estrogènes ? Et, si oui, allais-je encore pouvoir me refléter dans les miroirs pour mettre mon rouge à lèvres ?

Heureusement, face à la menace vampirique, les psys faisaient office de Dr. Van Helsing et me chassaient en brandissant, en guise de crucifix, le dégoûtant pénis que je ne voulais pas opérer.

Il est évident, en effet, qu'une vrai fâme n'a pas de bite. Cela ne se limite cependant pas à cela, bien loin s'en faut, comme devaient me l'enseigner un certain nombre d'individus pleins de sagesse populaire. Il y a ainsi les postures qu'une vraie fâme n'emploie pas, les mots qu'une vraie fâme n'utilise pas, les bras d'honneurs qu'une vraie fâme ne fait pas.

Même les gens les plus tolérants y mettaient leur grain de sel et me conseillaient de changer ma tenue, suggérant par exemple de me faire porter des vestes chics et des tailleurs jupes. Mais lorsque mon regard s'éclairait et que je disais qu'effectivement, ça irait bien avec mes rangers, on me regardait alors d'un air affligé.

Non, vraiment, ça n'allait pas le faire.

Il y a eu quelques fâministes aussi, pour participer à mon édification. Je n'étais pas une vraie fâme, puisqu'on avait coché la case «M» à la naissance. On ne nait pas femme, on le devient, mais on ne peut manifestement devenir fâme que si l'on est née de la bonne façon. Tous mes comportements dits «masculins» prouvaient alors que je n'étais pas assez fâme pour être une fâme, et tous ceux dits féminins prouvaient que j'étais vraiment trop fâme pour être une fâme. Allez comprendre.

En tout cas, face à tout ce beau monde chantant d'un si commun accord, j'ai dû me résigner et admettre qu'ils avaient raison.

Je ne suis pas une vraie fâme.

Je ne suis pas une fâme du tout.

Je suis l'inverse.

Je suis infâme.

Je suis d'un côté l'infâme féministe qui veut couper les mecs en tous petits morceaux.

Et je suis, de l'autre, l'infâme anti-fâministe qui veut introduire un symbole de domination masculine fait de chair et de sang dans un espace réservé aux fâmes, parce que ce symbole, c'est comme le crucifix : je n'y crois pas.

Je suis, d'un côté, l'infâme gouine qui n'est pas juste devenue gouine parce qu'elle aimait les fâmes mais surtout, bien sûr, parce qu'elle détestait les hommes.

Et je suis en même temps, de l'autre, l'infâme travelotte qui vient «reproduire l'hétérosexualité» dans le hâvre lesbien pourtant déjà tellement menacé par les vibros, les godes-ceintures, le BDSM et les relations Butch/Fem.

Je suis infâme, comme les garçons manqués, qui ne sont pas non plus, apparemment, des fâmes réussies, comme les putes, qui refusent de reconnaître qu'elles sont plus aliénées que les vraies fâmes mariées, comme les soumises et dominantes, qui ont l'illusion de croire que le consentement peut tout justifier, comme les fems, qui n'ont jamais compris qu'il fallait prononcer «fâme», et comme tout un tas d'autre déviantes et tordues qui ne font rien comme il faut.

Et l'aspect le plus infâme dans tout ça, c'est encore de ne pas baisser la tête d'un air penaud en s'excusant : «désolée, je ne suis pas une vraie fâme, mais je vais faire un effort» ; mais au contraire de rester fière et de pisser - assis, debout, ou dans des positions plus orginales - sur le patriarcat, l'hétérosexisme, le binarisme, les normes de genre mais aussi les normes de pseudo-émancipation, et, de manière plus général, sur tout ce qui nous enferme et tout ce qui nous «en-fâme».

mardi, mars 31 2009

King's Queer à Lille les 3/4 avril + Quinzaine du centre LGBT de Lille

Un petit message pour faire un peu de pub pour un groupe de musique, constitué d'une gouine et d'un transboy, qui s'appelle King's Queer. En gros, c'est de l'électro (electro-clash, même, mais je sais pas trop la différence) sympathique avec des paroles revendicatives d'un point de vue transpédégouine.

Alors je suis très embêtée parce que je ne sais pas comment mettre un extrait musical ici, mais vous pouvez écouter ce que ça donne sur leur page Myspace. Ils ont aussi un blog que vous pouvez consulter.

Et surtout, pour les lilloises et envrionnantes, King's Queer fera deux concerts sur Lille à la fin de cette semaine :

  • le vendredi 3 avril au Centre Culturel Libertaire, 4 rue de Colmar, à partir de 20h30
  • le samedi 4 avril au Centre LGBT de Lille, J'en suis j'y reste 19 rue de Condé, à partir de 21h (le concert devrait démarrer vers 22h mais il y a un cocktail des flamands roses qui commence avant).

Pour les non-lilloises, ils ont aussi des dates prévues le 1er avril à Paris, le 2 à Bruxelles, le 18 et le 25 à Rennes, le 16 mai à Angers, le 17 à Strasbourg et le 21 à Grenade (plus d'infos sur leur page).

Pour les lilloises (et environnantes), j'en profite pour parler de la Quinzaine du J'en suis j'y reste, puisque j'avais oublié de le faire (lorsque cela n'est pas précisé, le lieu est le J'en suis j'y reste, centre LGBT de Lille, 19 rue de Condé)

Dimanche 29 Mars :

  • À Partir de 16h : Le centre sera l'une des étapes du Vélo tour des Ajonc, pour l'inauguration de l'exposition de bannières réalisée collectivement lors de différents ateliers dans le cadre du Collection Régional de Prévention SIDA pour le 1er Décembre 2008. Cette exposition est réalisée dans le cadre des Fenêtres qui parlent organisé par le Réso Asso Métro. (Bon, c'est déjà passé ça, désolée)
  • De 21h à 22H : Homosapiens l'émission des Flamands Roses sur Radio Campus 106,6FM (Ça aussi, oups)

Mercredi 1er Avril :

  • De 18h30 à 20 : Les Flamands Roses vous accueillent au CGL de Lille.
  • À partir de 20h : L'Assemblée Générale publique des Flamands Roses.

Jeudi 2 Avril :

  • À partir de 19h : Rencontre mensuelle du Groupe d'Arras au piano bar l'Ambassade, 18 Grand-Place à Arras

Samedi 4 Avril :

  • À 16h sur la Grand-Place de Lille : Promenade sur les traces des anciens lieux lesbiens, gais, bis, trans' et féministes de Lille
  • À Partir de 21h : soirée cocktail des Flamands Roses au CGL de Lille. Entrée Gratuite.
  • À 22h Concert de King's Queer au CGL de Lille. Prix Libre

Dimanche 5 Avril :

  • De 21h à 22H : Homosapiens l'émission des Flamands Roses sur Radio Campus 106,6FM

Lundi 6 Avril :

  • À partir de 20h : Réunion du Conseil d'Administration du Centre LGBT de Lille Nord Pas-de-Calais

Mercredi 8 Avril :

  • De 18h30 à 20 : Les Flamands Roses vous accueillent au CGL de Lille.
  • À partir de 20h : L'Assemblée Générale publique des Flamands Roses.

Jeudi 9 Avril :

  • À partir de 20h : Repas Solidaire à prix Libre. Inscription souhaitée à lesflamandsroses@yahoo.fr

Vendredi 10 Avril :

  • À partir de 20h : Le J'en Suis, J'y Reste et Aides Nord Pas-de-Calais vous proposent un atelier santé sexualité gay sur le thème des relations affectives et sexuelles entre Pédé bios et trans' FtM. Gay Non Mixte

Samedi 11 Avril :

  • À partir de 15h : Conférence-débat avec Elsa Dorlin, philosophe à l'Université Paris I.

Dimanche 12 Avril :

  • À partir de midi : Venez bruncher au J'en Suis, J'y Reste. Auberge espagnole/Prix Libre
  • À partir de 15h : Lectures : Partagez un texte qui vous a plu pour un moment de lectures
  • À partir de 17h : Le thé sera servi par le collectif Garsenic et vieilles dentelles
  • De 21h à 22H : Homosapiens l'émission des Flamands Roses sur Radio Campus 106,6FM

Lundi 13 Avril :

  • À partir de 20h : Rencontre-débat à l'occasion du lancement du programme d'actions Ma Santé est Politique proposé par le J'en Suis, J'y Reste

Mardi 14 Avril :

  • À partir de 20h : Rencontre-débat sur le sujet de la déportation pour motif d'Homosexualité pendant la seconde guerre mondiale.

Mercredi 15 Avril :

  • De 18h30 à 20 : Les Flamands Roses vous accueillent au CGL de Lille.
  • À partir de 20h : L'Assemblée Générale publique des Flamands Roses.

Jeudi 16 Avril :

  • À 20h : projection-débat du film Harvey Milk de Gus Van Sant au Cinéma le Mélies (centre commercial Tiolo, rue traversière à Vilneuve d'Ascq) proposé par les Flamands Roses et la commission LGBT d'Amnesty International.

Samedi 18 Avril :

  • À partir de 20h30 : Les Amis des Jardins vous proposent une rencontre-débat sur la question des lieux de drague homosexuelle suivi d'un casse-croûte et d'une sortie.