Vernis & Sécateur

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samedi, octobre 3 2009

En vrac (spécial le gouverne ment)

Castration chimique

Voilà que l'on reparle de la castration chimique, après le meurtre commis par un ancien criminel sexuel.

Ce qui, je pense, soulève quelques remarques :

  • Certes, le criminel invoque une «pulsion». Ceci étant dit, de manière générale je ne suis vraiment pas persuadée que lorsqu'un mec met ses comportements de trou du cul sur le compte de son niveau de testostérone, on devrait lui accorder beaucoup de crédibilité vu qu'il n'est vraiment pas nécessaire d'en arriver au meurtre pour trouver cette excuse.
  • Que la castration puisse aider dans des cas volontaires à ne pas commettre de nouvelles agressions sexuelles, j'y vois quand même une forme de logique (même si je suis dubitative sur la façon dont c'est présentée comme une sorte de solution miracle...). Mais pour les meurtres ? Hum ?
  • Ça m'intéresserait vraiment de voir une étude sur, ben, si ça marche vraiment. (Et notamment, genre, qui comparerait l'effet d'un castrateur chimique à, disons, celui d'un placebo).
  • Ce qui est génial dans les débats, c'est qu'on ne discute que rarement des effets secondaires. Parce que bon, c'est bien de parler de manière abstraite en imaginant qu'il s'agit de comprimés magiques qui rendent gentil, sauf que d'une part je ne suis pas persuadée que ça rende forcément gentil (dans mon cas personnel, je n'ai pas noté que la baisse de mon de mon niveau de testostérone avait entraîné une baisse de ma méchanceté), et d'autre part entre la féminisation potentielle du corps, les effets liés à un manque complet d'hormones (ni masculines, ni féminines, en tout cas je crois pas qu'on leur file des estrogènes pour compenser) et l'ostéoporose à terme, ça a quand même un certain nombre de conséquences qu'il peut être intéressant de discuter quand même.
  • Enfin, et parce que je suis mesquine, «Le député UMP Yves Nicolin compte déposer une proposition de loi visant à imposer une castration chimique aux violeurs de mineurs de 13 ans» : je me demande si ça s'applique aussi aux réalisateurs de cinéma ?

Proposition d'une loi pour interdire Christian Vanneste

Une nouvelle proposition de loi du député homophobe (quoique finalement non condamné) Christian Vanneste «visant à interdire l’ensemble des vêtements ou accessoires permettant de masquer l’identité d’une personne» propose :

Article 1er

Toute personne allant et venant dans l’espace public doit avoir le visage découvert et porter des vêtements ou accessoires permettant aisément sa reconnaissance ou son identification.

Le principe mentionné à l’alinéa précédent ne s’applique ni aux services publics en mission spéciale, ni aux activités culturelles telles que le carnaval ou le tournage d’un film.

Article 2

Est puni de deux mois d’emprisonnement et 15 000 € d’amende la violation du principe mentionné à l’article 1er. Est puni de la même peine l’incitation à violer ledit principe.

Le but de cette loi liberticide semble être de combiner l'espèce de psychose contre les méchants anarcho-autonomes qui font rien que tout casser dans les manifestations et l'union sacrée contre la Burqa. Les deux semblant remettre en cause notre démocratie civilisée qui fonctionne beaucoup à base de caméras de surveillance.

Un article un peu ironique, intitulé Vanneste veut interdire les travestis, pointe du doigt que la loi est tellement large et liberticide que ça pourrait aussi être utilisé contre les travestis (et les motards qui ont un casque, etc.). Ce à quoi Christian Vanneste répond sur son blog dans un article intitulé De la bêtise obsessionnelle (je trouve que ça aurait été plus adapté comme titre du blog, mais bon) :

Par ailleurs, ma proposition de loi admet bien sûr des exceptions, liées notamment aux exigences de la médecine ou aux activités ludiques comme le carnaval. Je n’ai pas cité la Gay Pride, mais j’aurais pu… Il se trouve que certains, manifestant quelques préjugés obsessionnels à mon égard, ainsi que quelques sujets de préoccupations tout aussi obsessionnels de manière générale, ont pensé que mon texte visait, sous les plis de la Burqa, la liberté du travesti.

Bizarrement, quand on le lit bien, je trouve que ce passage l'enfonce plus qu'autre chose :

  • la Gay Pride aura droit à une exception, comme le carnaval (j'imagine que pour l'auteur de l'article les deux doivent revenir un peu au même, de toute façon)
  • donc ça n'attaque pas la «liberté du travesti».

Sauf que, s'il y a besoin d'une exception pour la Pride, ça veut bien dire que les drag-queens et kings risquent d'avoir des problèmes le reste du temps.

Bien sûr, le fait que cette proposition de loi touche ou pas les travestiEs, drag queens, kings, et autre folles furieuses, ne change pas grand-chose au fait qu'elle est assez méchamment liberticide de toute façon et que j'espère bien qu'elle finira à la poubelle.

Sinon, il y a eu la cafétéria de Compton et le bar de Stonewall. On remet ça quand ?

vendredi, septembre 19 2008

Just say YES to castration

Il y a un reproche qui est couramment fait aux féministes, mais aussi de manière plus large dès qu'on pointe que tel ou tel comportement d'un mec est sexiste, c'est que c'est castrateur.

Autant dire que c'est immoral, parce que quand même, c'est une mutilation, et puis ça se fait pas, quoi.

Un bon exemple des hommes râlant sur la castration induite par le féminisme, c'est Éric Zemmour, qui vient pleurer (sans vraiment pleurer, parce que c'est pour les gonzesses) que les hommes ne sont plus assez hommes, qu'il n'y a plus d'autorité, et que tout se perd, ma bonne dame. Un petit exemple de sa prose, récupéré de Wikipédia :

Le Féminisme porte en lui comme tous les mots en « -isme », un totalitarisme. Les femmes ont revendiqué la liberté sexuelle comme les hommes, mais elles en sont revenues. Elles s’accrochent à leurs rêves romantiques et ne supportent pas la moindre infidélité. Comme elles n’ont pas réussi à se transformer en hommes, il faut donc transformer les hommes en femmes.

Ce qui est intéressant dans cette courte citation, c'est qu'elle regroupe différentes critiques (si on peut appeler ça des critiques) faites au féminisme :

  • le féminisme est un totalitarisme ;
  • le féminisme c'est faire des femmes des hommes (mais ça a raté) ;
  • et le féminisme, c'est donc, castrer les hommes pour en faire des femmes.

À cela on pourrait répondre «mon dieu, mais il n'a rien compris, on n'est pas du tout comme ça». Pourtant, personnellement, en toute sincérité, l'idée d'imaginer Zemmour, ou encore Alain Soral ou un de leurs compères, envoyé au goulag ou se faire couper les noix, je peux pas dire que ça me rebuterait vraiment.

Et de fait, je pense que le féminisme est castrateur. Non pas au sens physique du terme (ça n'aurait un intérêt que limité), mais métaphorique : oui, lutter contre une oppression revient à restreindre la liberté de l'oppresseur.

Et évidemment, quand on leur dit ça, les oppresseurs ne sont pas très contents. Surtout quand c'est formulé comme ça, parce que quand on parle d'oppression, ça les fait se sentir un peu coupables, les pauvres.

Du coup, la stratégie est facile : nier l'oppression, en disant que «les femmes ont atteint l'égalité» (quand bien même, par exemple, le salaire annuel moyen d'une femme est inférieur de près de 40% à celui d'un homme), ou encore que «oui, mais les femmes et les hommes sont complémentaires».

Et en parlant de castration, on fait même mieux que juste nier l'oppression : on inverse les rôles, les oppresseurs deviennent les pauvres petites victimes et les personnes qui pointent du doigt l'oppression les méchants bourreaux.

Pour reprendre la «définition de l'opprimé» de Christiane Rochefort que j'ai déjà citée dans un autre billet :

Il est hors de question que l’oppresseur aille comprendre de lui-même qu’il opprime, puisque ça ne le fait pas souffrir : mettez-vous à sa place.

Alors franchement, les types qui parlent de castration... ben je pense qu'en faisant ça, ils se mettent d'eux-même du côté des oppresseurs qui refusent d'écouter (et, c'est là où je suis en désaccord avec le texte que je cite, je ne pense pas que ce soit le lot de tous les hommes, heureusement). À partir de là, comme elle dit, il faut sortir les couteaux.

Pince Burdizzo à castrer les taureaux

Ou, puisqu'on parle de castration, la pince Burdizzo. Parce que franchement, le mot ne me fait pas peur. Je sais bien qu'il ne faut pas faire aux autres ce qu'on ne voudrait pas que l'on nous fasse mais... il se trouve que moi, je suis castrée (chimiquement), alors j'ai le droit.