Rangers & Bas résille

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samedi, mars 31 2007

Quelques réactions à propos de la LCR, notamment

Avec l'approche des présidentielles, les débats politiques se font plus fréquents et souvent plus vifs. J'ai eu l'occasion d'entendre ou de lire un certain nombre de choses concernant la LCR ou d'autres partis qui me semblent au mieux inexactes. Ceci est donc mes réactions (ce qui n'est pas forcément «LA» position officielle de la ligue :o)).

5 candidats au lieu d'un à gauche du PS, c'est nul, tout ça pour une question d'égo

Un sujet qui revient souvent c'est bien sûr l'éclatement des candidatures «antilibérales», ou, variantes, des candidatures dites «trotskistes». Le propos étant qu'il y a 5 candidats : Laguiller, Besancenot, Bové, Schivardi et Buffet, alors qu'il n'en faudrait qu'un.

Ce qui n'est, bien entendu, pas faux. En revanche la raison souvent évoquée serait qu'il y a des problèmes d'égos. Ce qui, par contre, me paraît faux.

Déjà, il y a tout de même différentes lignes politiques dans ces cinq candidats :

  • Laguiller et Besancenot sont deux candidats dits «trotskistes» (techniquement Besancenot ne se dit pas vraiment trotskiste, mais bon), avec un programme relativement proche sur les questions économiques, effectivement.
  • Schivardi est aussi un candidat parfois dit trotskiste mais qui, lui, ne se dit même pas d'extrême-gauche, préfère l'appellation (controversée) «candidat des maires» et axe sa campagne sur le retrait de l'UE.
  • Buffet et Bové se réclament de la charte antilibérale.

Les deux questions ne deviennent donc plus «pourquoi n'y a-t-il pas qu'un candidat à gauche de la gauche», mais «pourquoi n'y en a-t-il pas que trois».

La raison pour laquelle Laguiller et Besancenot ne se présentent pas ensemble est relativement simple : Lutte Ouvrière a toujours voulu faire cavalier seul. Donc la seule possibilité de la LCR pour exprimer ses idées (et il y a tout de même des points de désaccords avec LO, notamment la LCR prend beaucoup plus en compte à mon avis tout ce qui ne touche pas directement à l'économie, comme les discriminations, l'écologie, etc.) était d'avoir un candidat...

... sauf à faire une alliance avec d'autres que LO. Et c'est plutôt cette voie là qui a été explorée, même si au final ça n'a rien donné, avec les candidatures antilibérales. La raison de la «sortie» de la LCR de ces collectifs n'était pas directement le programme (pour une élection, la LCR était prête à faire des compromis) mais la question d'un accord avec le Parti Socialiste, qui n'a jamais été clairement tranché. Je ne vais pas revenir longuement là-dessus, mais en tout cas il ne s'agit certainement d'une question «d'égo».

Mais pourquoi n'y a-t-il pas eu une candidature «commune» de ces collectifs, au moins sans la ligue, mais avec Bové à l'intérieur ?Là, la divergence politique est moins claire, plus larvée, et on pourrait croire effectivement qu'il s'agit d'une question d'égo entre Buffet et Bové. Sauf que ce n'est pas le cas. Les «bovétistes» n'ont pas accepté le fait que les collectifs désignent Buffet, dirigeante du PCF, avec éventuellement des doutes sur des collectifs un peu fantômes de certaines sections du PCF, et se sont finalement regroupés autour de Buffet autour d'un thème très anti-parti. Ce qui justifie plus ou moins la candidature Bové.

Voilà, j'espère avoir expliqué un peu, à ma sauce, cette multiplication des candidatures. Il ne s'agit pas de dire que c'est bien ni que personne n'a fait d'erreur. Je pense que la LCR n'a pas fait tous les efforts possibles pour faire gagner cette candidature, notamment en n'appuyant pas assez des amendements d'Aubagne qui 1) clarifiaient la situation vis à vis du PS 2) disaient clairement que le candidat ne pourrait être issu d'un parti. Je pense que le PCF a tenté de pousser absolument pour une candidature Buffet sans prendre en compte le fait que ça allait faire péter les collectifs. Et je pense qu'il y a aussi un problème dans la campagne Bové, qui disait au départ qu'il ne se présenterait pas s'il y avait Buffet et Besancenot («ne pas ajouter de la division à la division»), sans compter le fait de repousser la discussion de leurs collectifs pour savoir si cette candidature se maintenant à APRÈS la date de remise des signatures, donc quand elle ne pouvait plus qu'être maintenue.

C'est sans doute un gâchis, et il faut espérer qu'on arrivera à reconstruire une alliance après les présidentielles, mais ça ne se limite pas juste à une question d'égo entre Besancenot, Buffet, et Bové.

Besancenot (variante: Bové) a eu ses signatures grâce à l'UMP (variante: au PS)

Besancenot, tout comme Bové, ont effectivement eu des parrainages venant d'élus appartenant au PS voire à l'UMP. Cette proportion reste cependant à relativiser, puisque la majorité des parrainages viennent de maires non encartés de petites communes.

Le sous-entendu qu'il y a derrière ça est en général que la candidature de Besancenot (variante: Bové) avantagerait l'UMP grâce à la division (ou parfois le PS, mais là c'est moins clair pourquoi ça les avantagerait, surtout en 2007).

Déjà, je ne suis pas persuadée que ce soit vrai. Oui, un ou deux candidats à l'extrême-gauche en plus, ça va diviser un peu les voix. Mais bon, il n'est pas gagné non plus que quelqu'un qui votera Besancenot ou Bové aurait voté pour, disons, Buffet. Je pense qu'une proportion non négligeable s'abstiendrait à la place. Alors oui, ça fera perdre quelques voix à Buffet et Laguiller, et peut-être un petit peu aussi à Royal, mais du coup ça veut dire aussi qu'il y aura un ou deux candidats de plus qu'on verra à la télé pour dire du mal de la droite. Est-ce que cet inconvénient (du point de vue de la droite) est compensé par la division des voix ? Je ne sais pas. Y compris, est-ce que la droite a intérêt à ce que la gauche soit divisée pour se retrouver au second tour face à Bayrou, je ne suis pas persuadée non plus.

Mais bon, tout ça c'est des calculs politiciens, qui peuvent se révéler exacts ou complètement faux. Maintenannt, prenons la chose dans l'autre sens. Au nom de quoi la LCR, qui pensait que présenter Besancenot se justifiait et apportait quelque chose (sinon, on l'aurait pas fait) devrait dire «ah ben non, on refuse vos signatures» (déjà, on peut pas si elles sont envoyées directement au conseil constitutionnel, mais bon, admettons) «parce que vous ne faites pas ça pour les bonnes raisons» ?

On devrait dire «on est contre le système, mais on accepte de se laisser étouffer par lui, parce que si vous nous donnez un peu d'air c'est pour les mauvaises raisons» ? À ce compte là, est-ce qu'on devrait aussi refuser de partir sans se faire arrêter quand, après une manifestation, des policiers nous laissent nous en aller ? Leur demander de nous tabasser sous prétexte que s'ils ne le font pas, ce n'est pas parce qu'ils sont «gentils» mais pour emmerder tel commissaire ou tel préfet ?

S'ils y a plusieurs candidats c'est pour des raisons de fric, pour être plus remboursé

Ça, j'ai vu sur un blog je ne sais plus où, mais bon là c'est moins fréquent déjà :o). Bon est-ce que c'est vraiment la peine de rappeler le remboursement aux présidentielles ? Dans le doute...

  • 800 000 euros remboursés quoiqu'il en soit (enfin, faut les avoir dépensés pour des trucs liés à la campagne quand meme)
  • 10 fois plus, donc 8 000 000 si le candidat fait plus de 5%.

Donc, avec une candidature unitaire relativement assurée de faire plus de 5%, la gauche «antilibérale» aurait encore été remboursée deux fois plus qu'avec 5 candidatures à moins de 5%.

Donc l'argument économique ne tient pas vraiment la route.

La LCR cherche à récupérer tout mouvement

La LCR cherche à s'infiltrer dans des mouvements

Quand on est présent dans un mouvement, il y a en général deux possibilités: soit on sort les drapeaux, les autocollants, et tout, soit on ne les sort pas.

Si on les sort, «on» (enfin, certaines personnes très anti-parti) reprochera de vouloir récupérer le mouvement ; si on les sort pas, «on» nous reprochera de vouloir pas dire qu'on est à la ligue pour «noyauter» le mouvement.

jeudi, février 8 2007

Bové en manif

Aujourd'hui, il y avait la manif «fonction publique» à 10h30, et j'ai presque réussi à arriver avant le départ, ce qui est un exploit vu que j'aime pas me lever tôt. Chose encore plus étonnante, je ne me suis pas gourré d'horaires ou de lieux, vu comme je suis douée.

Autour de 15000 personnes (enfin, à vue de nez) à Marseille, ce qui ne vaut certes pas les manifs' monstres contre le CPE mais qui est plutôt bien vu le peu de mobilisation en cette période pré-electorale.

Je passe la majeure partie du temps de la manif' à diffuser le tract pour la fête rouge qui aura lieu ce samedi (côté pile - côté face, un tract plus classique de la LCR). Et puis d'un coup, au milieu du cortège, tout plein de caméras. Elles sont agglutinées autour de José Bové, qui était dans la région après son meeting de la veille à Aubagne.

Pour Bové, j'ai pas été douée par contre. Je croyais que son meeting était le lendemain, du coup forcément, j'y suis pas allée. Je veux dire, c'est pas forcément que je le soutienne, mais je serais bien allée voir, quoi.

Je ne sais pas trop quoi penser de tout ça, à vrai dire. D'un côté je trouve qu'il se pose pas mal en super sauveur, limite gaullien, et la façon de se dire représentant des collectifs antilibéraux me parait tout de même relativement autoproclamé, de l'autre il y a tout de même un début de dynamique autour de sa candidature qui n'est pas inintéressant. J'aurais vraiment aimé que sur ce coup la direction de la LCR se montre plus ouverte. Un truc du genre Bové-Besancenot, ça aurait eu de la gueule, je pense.

Cela dit ça me soule un peu qu'on parle que de présidentielle et de qui serait candidat ou pas. Olivier Besancenot est super bien, et profiter des élections pour faire passer quelques idées est sans doute une bonne chose (que ce soit dans le cadre d'une candidature "unitaire" ou solitaire, d'ailleurs), mais parfois j'ai l'impression que ça absorbe du temps militant qui aurait pu être passé à faire des choses plus concrètes.