Rangers & Bas résille

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vendredi, février 12 2010

Les news trans sur lesquelles je me sens obligée de réagir...

... et franchement, ça me gonfle, alors je garantis pas que je sois pas un peu aigrie.

Les trans ne sont plus psychiatrisé·e·s !

C'est ce qu'annonce certains journaux.

Moi, je ne suis pas journaliste, mais j'ai lu le décret, qu'on peut par exemple trouver là, et je vois qu'il instaure notamment, à l'article 2, un bilan annuel concernant «la prise en charge des patients atteints de troubles de l’identité de genre».

Donc, la transsexualité n'est plus une maladie mentale, mais les trans sont toujours des patiens atteints de troubles de l'identité de genre.

La guerre, c'est la paix.

La liberté, c'est l’esclavage.

L'ignorance, c'est la force.

Les trans ne sont plus psychiatrisé·e·s.

Maintenant, plus qu'à sortir les pop-corns et regarder toutes les déclarations de soi-disant «alliés» des trans qui vont lécher les bottes du gouvernement et expliquer que c'est un réel progrès, même si on doit toujours aller voir un psy et que ça change juste la catégorie de remboursements, mais bon, hein, ça montre que nos bons alliés ont fait beaucoup pour les trans, alors maintenant on va la fermer.

Nouveau : ouverture d'un camp prison pour trans

Vous avez peut-être vu la news sortie récemment en français (moins en anglais), concernant l'ouverture d'une prison spécialement pour trans. Alors bon, en soi je peux trouver ça cool que des personnes trans qui le désirent soient placées dans des prisons avec que des trans et avec un personnel un peu moins transphobe plus formé. Sauf que bizarrement, j'ai du mal à croire que ça sera vraiment fait sur la base du libre choix, et que ce qui motive ça ce soit pas l'argument «oui mais quand même, on peut pas mettre les femmes trans avec des vraies fâmes, c'est des mecs en réalité».

Par ailleurs c'est intéressant de noter que l'article en anglais (c'était moins le cas en français, ce qui explique que je vous impose la langue de Shakespeare) dit clairement que cette prison va accueillir des détenues condamnées pour des crimes liées à la prostitution et à l'usage de drogues.

Alors moi je suis un peu idiote, mais je me dis : peut-être que plutôt que construire des prisons pour séparer les vraies fâmes des trans infâmes, on pourrait virer des lois pourries, non ?

Ah, et sinon... purée, camarades trans, vous êtes obligé·e·s de relayer des articles qui sont pas capables de parler des trans dans le bon genre, sans même faire quelques corrections ou au moins une remarque ? Vous croyez pas que nos genres sont déjà assez remis en cause comme ça sans qu'on doive en plus devoir se taper ça quand on lit des sites trans ? Je sais bien que «détransphobiser» un texte ça peut être long, mais ne même pas mettre une phrase en prélude ça me donne vraiment l'impression que finalement le non-respect du genre des trans est normal et pas franchement grave, puisque même les militant·e·s trans s'en foutent.

lundi, mai 18 2009

Communiqué de Chrysalide, OUTrans, Pink Freak'x et la LGP Lyon concernant la déclaration de Bachelot

Comme les médias du Kapital relayent majoritairement les euphoriques de la dernière déclaration de Bachelot concernant la soi-disant déclassification comme maladie mentale de la transsexualité, je relaye un communiqué que j'ai eu et qui est plus critique :

Communiqué de presse Roselyne Bachelot : des associations « troublées » par sa déclaration.

Chrysalide de Lyon , OUTrans de Paris , Pink Freak’X de Montpellier et la Lesbian and Gay Pride de Lyon prennent acte de la volonté du Ministère de la Santé de retirer enfin la transidentité de la liste des maladies mentales. Il s’agit d’une revendication portée par nos associations depuis de nombreuses années, et qui a été relayée à l’occasion de la 5e Journée Mondiale de lutte contre l’Homophobie et la Transphobie.

En revanche, nous sommes étonnés que le ministère persiste à définir les trans comme des personnes « qui souffrent de trouble précoce de l’identité de genre », ce qui demeure une présentation pathologisante de la transidentité , à l’instar de l’homosexualité qui était autrefois définie comme « un trouble de l’orientation sexuelle ».

Par ailleurs, le ministère précise également que « Cette déclassification ne veut pas dire renonciation au diagnostic médical des troubles de l’identité de genre ». Ceci signifie que dans la pratique, l’avis d’un psychiatre restera nécessaire dans la plupart des situations pour qu’une personne trans puisse obtenir un traitement hormonal.

Rappelons que les critères utilisés actuellement par de nombreux psychiatres qui se présentent comme « spécialistes » excluent notamment les personnes mariées, ayant des enfants mineurs, n’étant pas hétérosexuelles dans le genre revendiqué, séropositives, refusant d’être stérilisées chirurgicalement, etc. Ces personnes doivent pouvoir choisir des médecins qui ont une vision plus humaine de la transidentité . Ils sont heureusement nombreux, mais pas assez entendus, y compris dans le récent rapport de la Haute Autorité de Santé. En effet, ce dernier ne présente qu’une vision pathologisante et stigmatisante des personnes transgenres et transsexuelles.

Nos associations attendent du ministère qu’il rencontre les associations trans pour parler des perspectives d’évolutions de la prise en charge médicale et qu’il traduise par des mesures concrètes ce souhait de retirer la transidentité des maladies mentales : le recours à la médecine doit être facilité et non conditionné à un avis psychiatrique. Les personnes trans doivent avoir le droit de disposer librement de leur corps.

Plus que jamais, nos associations invitent toutes et tous à rester mobilisé-e-s, pour défendre les droits des personnes trans. Ce sera l’objectif de la 14e marche lyonnaise des fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans du 20 juin prochain, dont le mot d’ordre sera « Respectons la transidentité , Refusons la transphobie ! ».

PS: Et le communiqué d'OUTrans:

Ceci n’est pas une dépsychiatrisation

OUTrans reconnaît le caractère symbolique de l’annonce de Roselyne Bachelot-Narquin du 16 mai 2009.

Cependant cette déclaration ne va pas dans le sens d'une dépsychiatrisation de la transidentité, il s'agit simplement d'une reclassification de l'ALD 23 (affections psychiatriques de longue durée) vers une autre ALD. En effet, la ministre de la Santé a annoncé qu’elle venait de saisir la Haute Autorité de Santé (HAS) «afin de publier un décret déclassifiant la transsexualité des affections psychiatriques de longue durée».

En pratique, rien ne change pour les personnes trans qui restent considérées comme des malades devant être soumises à un suivi psychiatrique, puisque comme le rappelle le Ministère de la Santé, « cette déclassification ne veut pas dire absence de recours à la médecine, ni renonciation au diagnostic médical des troubles de l’identité de genre ou abandon du parcours de prise en charge ».

OUTrans regrette que cette déclaration ne soit pas accompagnée d'autres mesures qui auraient, elles, un impact réel sur la vie des trans, comme :

-la dépsychiatrisation effective de la transidentité,

-la reconnaissance de la transphobie comme discrimination au même titre que le racisme ou l’homophobie, et par conséquent, la prise en compte de la transphobie par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE),

-en partenariat avec le Ministère de la Justice, une facilitation d’accès au changement d’état civil, c’est-à-dire la suppression des obligations de traitement hormonal, de suivi psychiatrique, d’opérations chirurgicales,

-la suppression immédiate de la stérilisation forcée des personnes trans réclamée par les tribunaux,

-la suppression du recours aux expertises médicales, humiliantes et souvent vécues comme des viols, et ce y compris pour les personnes ayant été opérées à l’étranger.

Par ailleurs, puisque Roselyne Bachelot-Narquin semble si soucieuse du bien-être des trans, OUTrans espère qu’elle travaillera à la dépathologisation de la transidentité et à son retrait des listes internationales de maladies mentales (DSM IV et CIM 10) ; et qu’elle encouragera un réel échange entre les pouvoirs publics et les trans, et notamment en ce qui concerne le rapport de la HAS sur la prise en charge de la transidentité en France.

dimanche, mai 17 2009

Déclassification de la transsexualité comme maladie mentale

À la veille de la journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, Bachelot a annoncé qu'elle allait demander à la HAS de déclassifier la transsexualité comme maladie mentale. Première mondiale ?

Ou arnaque ?

J'avoue que je n'ai pas encore fait mon choix définitif. Déjà, pour être honnête, la crédibilité de Bachelot est sévèrement entamée vu qu'elle a annoncé en grande pompe qu'elle allait permettre le don du sang aux gays, avant de justifier leur exclusion quelques mois plus tard. On peut donc légitiment se demander si l'annonce concernant la déclassification sera vraiment autre chose qu'une annonce.

Mais admettons. Qu'est-ce que cette déclassification changerait concrètement ?

«Cette déclassification ne veut pas dire absence de recours à la médecine, ni renonciation au diagnostic médical des troubles de l’identité de genre ou abandon du parcours de prise en charge, explique-t-on avenue de Ségur, mais c’est un signal très fort adressé à l’ensemble de la communauté LGBT. Cette mesure emblématique va permettre de lutter contre la transphobie.»

En gros, on pourra lutter contre la transphobie en disant qu'on est plus malades, mais... on sera toujours inféodé/e/s aux psys, puisqu'on garde toujours un «diagnostic médical».

Ce n'est donc plus une maladie, mais il faut la diagnostiquer quand même. En gros, la seule chose qui changera vraiment, c'est qu'on pourra avoir droit à une ALD (affection longue durée) dans la catégorie «non spécifiée» plutôt que dans «trouble psychiatrique».

Cela étant dit, je n'ai pas plus de détail sur la façon dont cette déclassification aurait lieu, mais il est sûr que, si on veut être cohérent, il faut donc immédiatement balancer le rapport de la Haute Autorité de Santé à la poubelle, puisqu'il base justement son diagnostic sur le DSM-IV et la CIM-10 qui considèrent la transsexualité comme maladie mentale.

Ou alors, on arriverait au summum d'hypocrisie où la France serait «gentille» avec ses trans en ne les considérant pas comme malade, mais en se basant sur les bibles psychiatriques qui les considèrent comme tel.

Seulement, moi, je ne veux pas que mon oppresseur soit plus gentil avec moi, que mon psychiatre veuille bien ne pas me considérer comme «malade» mais uniquement «souffrant d'un trouble non spécifié». Je veux que mon oppresseur ne le soit plus, oppresseur. Et donc notamment que les psychiatres et les équipes officiels n'aient plus le pouvoir de décider à ma place si je vais avoir droit d'être officiellement trans.

Et, même si ce n'est que ma première impression et que c'est sans doute parce que je suis parano, chiante, et jamais contente, j'ai l'impression qu'on s'achemine vers la validation d'un rapport dangereux (et pas «insuffisant» comme le relayent les médias ou je ne sais quelle association dont je n'ai jamais entendu parler avant) avec en contrepartie pour faire passer la pilule le fait de ne plus être labelé «malade mental», ce qui n'aura en fait aucun effet concret sur la vie des trans, mais permettra sans doute de donner bonne conscience à nos alliés d'un jour qui pourront se vanter d'avoir fait beaucoup pour les trans et continuer comme avant à nous invisibiliser.

Et la France, un des pires pays d'Europe en matière de contrôle psy, de changement d'état-civil, etc., pourra se vanter d'être à l'avant-garde des droits de l'homme.

Ouais, je suis cynique et pessimiste, mais cela dit, j'espère vraiment me tromper.