Pour moi, manifester, c'est quelque chose d'important parce que c'est bien souvent la seule façon de s'exprimer quand on ne possède pas de journal ou de télévision (certes, j'ai un blog, m'enfin bon).
C'est aussi quelqe chose de ludique. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne m'est pas arrivé de me faire chier dans des manifs ;mais en général, c'est quand meme quelque chose de sympa.
Et personnellement, j'aime bien quand il y a un peu d'humour, qu'on ne se prend pas forcément au sérieux. Parce qu'on peut prendre une cause au sérieux sans s'y prendre soi-même.
Cependant, la question de l'humour dans les manifs' ne provoque pas forcément autant d'unanimité. Il y a quelques années j'avais entendu parler d'une banderole humoristique d'intermittents dans le style «manif de droite» décrochée par le service d'ordre syndical, et je trouvais ça dommage.
Mais il semblerait pourtant que certains n'aient vraiment pas d'humour.
Par exemple ce petit article publié dans l'huma (via vive le feu) qui fait la morale aux militants anarchistes qui, en plus de ne pas être gentils avec les policiers venus manifestés en leur rappelant qu'ils sont en général du mauvais côté de la barricade, ont des slogans «bien peu respectueux des luttes en cours» : « La retraite, on s’en fout. On ne veut pas bosser du tout » ou encore « La retraite à vingt ans, pour baiser il faut du temps ».
Ce n'est pas le seul cas de manque d'humour manifestant. Arrêt sur images parle notamments des «barblés de Rennes II» : un dessin de barbelé destiné à limiter la zone journaliste, qui a «pris vie» dans le journal le monde. En dehors de l'aspect diffamatoire et désinformatif qu'on ne soulèvera pas ici (il y aurait d'autres cas dont il faudrait parler), il en ressort quand même que tracer des barbelés, c'est pas bien.
Mais les étudiants ne s'arrêtent pas là : ils ressortent aussi les goulags cette fois-ci dans une banderole (il me semblait avoir lu un tableau dans un autre article ? mais peu importe).
Alors je vois deux possibliités :
- soit les étudiants sont des pires que staliniens totalitaires qui ressortent les goulags et les barbelés dès qu'ils peuvent sous une forme d'humour douteux qu'il faut condamner ;
- soit au contraire les restrictions à la liberté n'en sont pas vraiment (le contrôle des mandats parait la base de la démocratie, et il paraît normal que des gens puissent vouloir débattre à l'abri des caméras) et du coup on peut se permettre d'avoir un peu d'humour ; auquel cas les journalistes ne font finalement que profiter de détails anodins pour avoir un prétexte pour cracher sur des mouvements qu'ils n'aiment pas.
Bizarrement, il y en a une que je trouve plus probable que l'autre...