Vernis & Sécateur

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lundi, août 10 2009

Extrait de roman : la camionneuse

Allez, j'essaie de me remotiver un peu pour avancer ce roman en cours (celui dont j'ai déjà mis des extraits ici, ici et , pas mon dernier embryon de projet).

Résumé pour comprendre l'extrait : Lev, la narratrice, qui est une lesbienne butch, et Alys, sa copine, aussi appelée «Travelotte», sont recherchées pour meurtres et sont donc fugitives.

---

J’ai aperçu une lumière aveuglante et entendu un énorme coup de klaxon. Alys a essayé de freiner, mais la voiture est partie en tête à queue et on a heurté le camion qui arrivait en face.


****

« Lev ? Lev ! »

Quand je me suis réveillée, la voiture était à quatre-vingt dix degrés. J’étais vaguement allongée contre la portière. Alys était à côté de moi. Elle avait déjà dû descendre du siège conducteur.

« Ça va ? a-t-elle demandé.

— Mal au crâne, ai-je répondu en posant une main sur mon front pour vérifier si j’avais une bosse.

— Tu saignes, a dit Travelotte.

— La prochaine fois, je prends le volant, d’accord ? » ai-je lâché en détachant ma ceinture de sécurité.

J’ai ensuite entrepris de m’extraire de la bagnole, en rampant à quatre pattes. L’intérêt d’avoir une décapotable, c’était qu’il y avait à faire moins d’acrobatie pour sortir. D’un autre côté, si on avait atterri à l’envers, ça n’aurait pas été drôle.

« Hé ! a fait la voix de quelqu’un qui s’avançait vers nous. Est-ce que ça va ? »

Je me suis tournée, et j’ai réalisé que le camionneur qui nous avait percuté était en fait une camionneuse.


***

« Il y a une clinique à 10 minutes. Ça va aller ? » a demandé la chauffeuse alors qu’on montait à l’avant de son camion.

J’ai regardé le tissu que je comprimais contre ma plaie. Il était imbibé de sang, et j’aurais sans doute besoin de points de suture, mais il était peu probable que je me vide de mon hémoglobine dans le prochain quart d’heure.

« Ça ira, ai-je dit en claquant la porte. Marrant, on m’a souvent traitée de camionneuse, mais je crois que c’est la première fois que je monte dans un poids lourd.

— Vu votre façon de conduire, il vaut peut-être mieux », a répliqué la routière en démarrant son engin. « Vous faisiez quoi, tous feux éteints ?

— Je ne sais pas, ils ont lâché d’un coup », a répondu Alys, qui se situait entre nous deux. « Je n’ai rien pu faire.

— C’est vous qui conduisiez ? a demandé la camionneuse en allumant la radio.

— Ouais. Pourquoi ?

— Comme ça. C’est toujours mieux que de demander qui fait le mec, non ? »

J’ai souri, et ai fermé les yeux, bercée par la radio qui passait un vieux morçeau de rock pas trop violent. Ça changeait de la musique d’Alys.

Puis la musique s’est arrêtée pour laisser la place au journal. J’ai rouvert les yeux et bâillé.

Éventuellement, il a fallu que le journaliste parle de nous. Fugivitev, toujours recherchées pour une série de meurtres, bla bla bla. Merci, on était au courant. Ça n’était pas la peine de donner des idées à notre conductrice.

« Être fugitives, a dit cette dernière, ça expliquerait pourquoi vous rouliez sans lumière ?

— C’était juste un problème de phares, a répliqué Alys.

— Ouais. Et le pistolet dans la veste de votre amie, vous allez me dire que c’est une grosse barre chocolatée ? »

J’ai regardé Travelotte, qui avait l’air aussi embêtée que moi. Merde, j’avais espéré qu’elle ne ferait pas le rapprochement.

« Vous comptez me tuer, au fait ? » a ajouté notre chauffeuse.

Elle n’avait absolument pas l’air effrayée en disant cela. C’était juste une discussion normale avec des auto-stoppeuses.

« Ne vous en faites pas, ai-je répondu. On est lesbiennes. On ne tue que les mecs. »

jeudi, juillet 9 2009

Extrait de roman : chez le psy (bis)

Voilà, comme ça faisait longtemps que j'avais pas posté d'extrait de ce que j'étais en train d'écrire, voici un passage du roman qui s'appellera peut-être «Hystériques collectives», «Entre Mars et Vénus» ou autre chose, je sais pas trop, si par hasard j'arrive à le finir. J'avais déjà posté deux extraits ici et . À noter que cette scène ressemble sans doute à celle d'un roman abandonné, que j'avais déjà postée ici.

Sinon, histoire de comprendre la scène, la narratrice s'appelle Lev, c'est une butch ; tandis que sa copine est une trans qui s'appelle Alys. Les deux sont légèrement barges.


Le Docteur Corbal est entré dans la salle d’attente alors que j’étais en train de lire « Elle ». Ce n’est pas comme si c’était mon genre de lectures habituelles, mais je m’étais dit que ça m’aiderait à faire vraie fille.

Il m’a regardée d’un air vaguement dédaigneux, par dessus ses lunettes, alors que je repliais la revue. Je me suis fugitivement demandée si c’était parce qu’il réprouvait ce magazine, qu’il mettait pourtant à disposition dans sa salle d’attente, ou à cause de ma perruque blonde qui me donnait un air de je ne sais trop quoi. De chevelue, déjà, j’imagine, ce qui me faisait toujours bizarre.

« Monsieur Durand ? » a-t-il demandé en tendant la main vers moi.

Je me suis levée et lui ai serré la main sans corriger l’utilisation du genre masculin.

« Suivez-moi dans mon bureau », a-t-il dit sur un ton qui me semblait vaguement réprobateur.

Peut-être que c’était les rangers, me suis-je fugitivement demandée. Alys trouvait que ça allait bien avec une jupe courte et des bas résille, mais le docteur n’avait pas l’air d’être franchement d’accord avec elle.

Je l’ai suivi dans son bureau et me suis assise dans un fauteuil en cuir. Au moins, il était confortable. On payait sans doute le prix fort pour pas grand-chose, mais au moins on avait les fesses bien posées.

« Alors, monsieur Durand, a commencé le docteur. Qu’est-ce qui vous amène ? »


***

Qu’est-ce qui m’amenait devant ce psy à la con ? Il ne devinait pas ?

« Je veux devenir une femme », ai-je dit en prenant mon air le plus convaincu possible.

Je savais que ce n’était pas l’idéal pour être crédible : il fallait dire quelque chose comme « au fond de moi, j’ai toujours su que j’étais une femme », ou encore « je me sens profondément femme ». Seulement, j’avais peur d’éclater de rire en les prononçant, aussi me suis-je contentée du « je veux devenir ». Ça faisait moins vraie trans agréée par les psys, mais je n’espérais de toute façon pas qu’il me prescrive des hormones.

« Et pourquoi voulez-vous devenir femme ? » a-t-il demandé.

Là, par contre, je n’avais pas prévu grand-chose. Pourquoi j’aurais bien pu vouloir devenir une femme ?

J’ai essayé de me rappeler ce que m’avait répondu Alys quand je lui avais posé la question, mais je me suis dit que « pouvoir coucher avec moi » n’allait probablement pas le faire, dans ce contexte.

« Euh, ai-je fait alors que je cherchais le premier truc féminin qui me venait à l’esprit. Le rose ? »

Le docteur Corbal a froncé les sourcils, et j’ai cru un moment avoir sorti une mauvaise réponse, mais il s’est contenté de prendre note et de hocher la tête d’un air vaguement satisfait. Logique, les nanas étaient censées aimer le rose.

Bien joué, Lev.

« Vous pouvez développer ? » a-t-il demandé.

J’ai réféchi quelques instants à la réponse que j’allais bien pouvoir lui donner, avant de trouver ce qui était évident.

« Quand j’étais petite, j’aimais jouer à la poupée. »

Je me suis tout de même abstenue de lui préciser que ce que j’aimais particulièrement, c’était leur tondre le crâne.

Les cheveux, ça n’avait jamais été mon truc.

On a continué le jeu de questions/réponses pendant une dizaines de minutes, et j’ai trouvé ça plutôt amusant. En donnant les réponses parfaites pour jouer à la transsexuelle modèle, je réalisais à quel point je n’aurais jamais pu devenir une fille.

Je me suis fugitivement demandée si Alys était passée devant des médecins comme ça, et, si oui, comment elle avait fait pour les convaincre.

Au bout d’un moment, ça a quand même fini par me fatiguer et je me suis rappelée de l’objectif de ma venue.

« Et donc, vous pouvez faire quelque chose pour moi ? ai-je demandé en espérant éviter d’autres questions pourries.

— Je ne sais pas. Vous avez été envoyée par un médecin ? »


***

« Envoyée ? ai-je demandé.

— Oui, est-ce que c’est un médecin qui vous a conseillé de venir me voir ? Vous savez, je ne suis pas spécialement expert dans le domaine... »

J’ai retenu un sourire. C’était justement pour ça que je venais.

« Oui, c’est un médecin qui m’a envoyée. Deux, en fait.

— Deux ?

— Ouais, ai-je dit en me baissant pour attraper ma « lettre de recommandation ». Docteur Smith...

— Oui ?

— ... et docteur Wesson », ai-je terminé en sortant le .44 magnum d’Alys.

J’ai failli avoir un orgasme quand j’ai vu la gueule qu’il tirait. Entre le fait de pointer un gros flingue et d’avoir recasé une blague de Dirty Harry, c’était vraiment trop bon.

« Maintenant, doc’, ai-je dit en enlevant ma perruque, c’est moi qui pose les questions.»


Voilà, donc peut-être qu'un jour je finirai ce... truc. Et peut-être pas, parce que l'ensemble du roman est quand même assez foireux, mais bon.

lundi, décembre 8 2008

Extrait de roman : chez le psy

Pour continuer dans les extraits de romans abandonnés, voici un passage que j'aimais bien de la dernière version que j'ai laissé tomber (qui était déjà la deuxième ou troisième version du même roman, je sais, je tourne un peu en rond).

J'aimais bien cette scène, qui est assez stand-alone. Je vais voir si je peux pas la recaser quelque part, tiens.


La psychiatre fit entrer son patient suivant. Il s’agissait d’un nouveau, qu’elle n’avait encore jamais vu. Il s’agissait à l’évidence d’un cas de transsexualisme homme-vers-femme ; manifestement le patient ne devait pas se travestir depuis longtemps, si l’on en jugeait par l’accoutrement hétéroclite.

Il portait une jupe plutôt courte et des bas résilles, ce qui était habituel dans ce genre de cas ; en revanche les rangers aux lacets rouges et le blouson en jean’s usé ne faisaient pas vraiment féminin. Le pire était sans aucun doute le vernis sur les ongles qui semblait crier « pitié, achevez-moi ».

Il n’y avait pas besoin de discuter pendant des heures pour voir que cette personne n’était manifestement pas prête à s’engager dans un parcours de changement de sexe, mais un médecin peu scrupuleux avait manifestement déjà accepté de lui refaire le visage, ce que la psychiatre trouvait lamentable. Elle l’invita tout de même à s’asseoir.

« Je vous écoute.

— Eh bien, je ne sais pas trop comment dire...

— Allez-y directement. Je suis habituée.

— D’accord. Alors, on va dire que j’ai un pistolet sous ma jupe mais que je n’aime pas avoir à m’en servir. Je n’ai encore jamais eu l’occasion de tirer avec et je ne souhaite pas commencer. »

La psychiatre hocha la tête, un petit sourire aux lèvres.

« Ah, fit-elle. Vous commencez par une métaphore ?

— Hum », fit Alys, semblant réfléchir.

Puis elle posa son Beretta sur la table et arbora un Sourire radieux.

« Techniquement, j’ai bien peur que non. »

vendredi, décembre 5 2008

Extrait de roman : sans titre

Bon, comme j'avais parlé de poster des extraits de mes romans abandonnés histoire que ça ne soit pas complètement gâché...

En fait, en l'occurrence, c'est mon roman en cours, donc il n'est pas encore abandonné, mais d'une part ça ne saurait tarder et d'autre part cette scène risque fort de sauter, vu que je l'ai surtout écrite pour m'initier au personnage (et surtout à la narratrice) ; notamment je ne pense pas rester dans les détails sur les considérations «trans». Grosso-modo, j'aimerais bien avoir un truc qui soit un mélange de Bound et de Hellboy, mais bon, entre le résultat prévu au départ et le résultat final....


Je me suis réveillée avec une méchante gueule de bois, mais j’ai vu tout de suite que je n’étais pas seule dans mon lit. J’ai froncé les sourcils et essayé de me remémorer les évènements de la veille.

La grande blonde qui me tournait le dos était a priori Alys — avec un y, ouais, même qu’elle insistait dessus —, une fille que j’avais croisée quelques fois dans des soirées lesbiennes ou queers. Croisée, mais pas draguée. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien foutre là ?

Je me suis assise au bord du lit et me suis rappelée vaguement avec elle hier à propos de quelque chose — je n’avais plus aucune idée de quoi — que j’avais dit à une trans’. Ou peut-être un truc à propos des trans’, en général.

De toutes façons, je m’engueule tout le temps à cause des trans’. C’est pas vraiment de leur faute, je sais bien, j’imagine que c’est un peu de la mienne, mais on a une sorte d’incompatibilité. Par exemple, moi je suis une gouine, tendance butch, camionneuse comme on dit en français, sauf que j’ai plus le look militaire que routier. Les trucs de fille, ça m’a toujours cassé les noix, et je ne me considère pas comme une femme. C’est Wittig qui l’a dit, ça : « les lesbiennes ne sont pas des femmes » ; alors les gouines, on n’en parle même pas. Bref, tout ça pour dire qu’être vu comme une femme, c’est la merde, alors quand quelqu’un qui est considéré comme un mec décide de se faire couper la queue pour devenir une gonzesse, je dis qu’il y a du masochisme là-dessous.

Et quand je dis ça, évidemment, les trans’ s’énervent. Après, moi je n’ai rien contre elles. Ça ne me gène pas, les masochistes. Moi-même, je le suis un peu. Mais bon, il paraît que c’est transphobe de dire ça, et si on ajoute le fait que j’ai un humour un peu pourri et tendance à picoler un peu trop, ça n’aide pas aux relations sereines et ça fait qu’on vient me traiter de nazie, ce qui, certes, colle relativement bien avec mon look tendance uniforme, mais n’est quand même pas spécialement agréable.

Enfin bref, c’était sans doute à cause d’un truc dans le genre que je m’étais pris la tête avec Alys la veille, mais on avait manifestement dû se réconcilier par la suite. Ma bite qui traînait par terre — je veux dire, mon gode-ceinture, pas une vraie bite — donnait une indication sur la suite du déroulement de la nuit.

Du coup, je me suis rappelé quelques bribes de souvenirs supplémentaires. Alys qui attache le harnais autour d’elle en me tournant le dos, pendant que je regarde le tatouage qu’elle a sur ses fesses, une étoile rouge et noire symbole de l’anarchisme. Alys qui me fait me mettre à quatre pattes sur le lit. Et je passe sur la suite.

Par contre, je n’avais toujours aucune idée de la façon dont elle avait bien pu atterrir ici. D’habitude, je ne couche pas avec les gens avec qui je m’engueule. Ça m’arrangerait bien, je baiserais plus, mais ça ne se passe pas comme ça.

Finalement, je me suis dit que tout cela importait peu face à une réalité bien plus pressante, c’est-à-dire mon envie de me vider la vessie. Je me suis donc levée et ai titubé vers la salle de bains avant de m’effondrer sur la lunette. Alors que j’étais assise, j’ai réfléchi à la tactique que je devais adopter pour lutter contre ce putain de mal de crâne qui persistait.

L’idée la plus évidente était de prendre un comprimé contre le mal de crâne, et j’avais une pharmacie assez riche dans le domaine. Le problème, c’était que j’avais aussi envie de vomir, et que le comprimé risquait fort de ne pas rester très longtemps dans mon estomac.

La seconde possibilité était donc d’attendre de dégueuler, mais ça pouvait durer un certain temps, temps pendant lequel j’aurais continué à avoir mal au crâne. Mauvais plan.

J’ai donc fait ce qui me semblait le plus efficace : avaler un vomitif pour accélérer les choses, vomir dans quelques minutes, et prendre un autre comprimé après contre la migraine.

Le temps que ça fasse effet, je suis retournée dans la chambre, histoire de mater un peu le corps nu de ma nouvelle copine. Et j’ai réalisé qu’Alys était franchement belle, même si ça n’était pas un modèle idéal de perfection féminine. Par exemple, elle avait des jolis seins, mais elle restait quand même plutôt plate ; et puis, un truc qui m’a sauté aux yeux, c’est qu’il lui manquait deux orteils au pied gauche. Je me suis demandée distraitement comment ça avait pu arriver en faisant remonter mon regard vers ses jambes, son nombril...

Hey, une seconde, je me suis dit en arrivant au nombril. Il y a un truc qui cloche.

Mon regard est reparti dans l’autre sens et j’ai lâché un soupir, parce que d’un coup, j’ai compris pourquoi on s’était engueulées la veille sur des trucs trans’.

J’aurais dû tilter avant, mais moi, même si je comprends vite, il faut souvent m’expliquer longtemps.

« Ben merde, j’ai dit à haute voix.

— Hummm ? » a fait Alys en ouvrant les yeux et en me regardant.

Je lui ai adressé un petit sourire, genre « non, je n’ai absolument pas oublié comment tu as fini chez moi, pas du tout, ce n’est pas mon style » et elle s’est redressée un peu.

« J’avais pas vu », j’ai quand même fini par expliquer en tendant un doigt vers son entrejambe. À distance respectable, le doigt, je ne fais pas ce genre de cochonneries dès le réveil. « T’as un gode-ceinture intégré ?

— Oh, ouais », a-t-elle dit en jetant un regard discret vers ce que je nommerai par égard pour elle son gros clitoris. « Il marche pas terrible, cela dit. Ça vaut pas le silicone. Mais je crois que c’est trop tard pour me faire rembourser. »

Je n’ai rien répondu sur le coup, et je me suis contentée d’aller dégueuler.

Alors que je m’essuyais la bouche, j’ai entendu les pas d’Alys qui me rejoignait dans la salle de bains.

« Hum, a-t-elle hasardé pendant que je tirais la chasse, tu es tellement dégoûtée d’avoir couché avec moi ? »

Je n’ai rien répondu, parce que je préférais me nettoyer un peu la bouche avant, mais j’étais surtout dégoûtée de ne me souvenir de rien. Première fois en six mois que je me tapais quelqu’un et il fallait que j’ai un black-out presque complet.

« Tu as peur que ça fasse de toi une hétéro ? » a-t-elle demandé en se foutant un peu de moi.

Comme j’étais encore en train de me laver la bouche, je me suis contentée de pointer les deux boîtes de médicaments qui traînaient sur le lavabo.

« Tu en veux ? lui ai-je demandé après avoir récupéré une haleine que j’espérais supportable.

— J’ai pas mal de fantasmes bizarres, mais les trucs avec le vomi, tu feras ça sans moi.

— Tu sais », j’ai dit en levant un doigt et sur un ton que je voulais assez professoral, histoire qu’elle n’aille pas ruiner mon image vis à vis des trans’ en disant que je ne réagissais pas. « Je crois quand même que la plupart des gens réagiraient mal en découvrant ce genre de choses juste avant de baiser. Alors, quand c’est après... »

Là, je me suis arrêtée, en me disant que si je m’en étais pas rendue compte, c’est que je ne lui avais même pas fait un petit calin avant ou après qu’elle ne s’occupe de moi, ce qui n’était pas très glorieux pour ma pomme non plus.

« Tu sais, a-t-elle répliqué, je ne baise pas avec la plupart des gens. »

Ce à quoi je n’ai rien répondu, vu qu’elle n’avait pas vraiment tort. En un sens, c’était flatteur : ça voulait dire qu’elle me faisait assez confiance pour que je ne réagisse pas comme un trou du cul.

Enfin, pas plus comme un trou du cul que je ne le suis à l’ordinaire, en tout cas.

Comme je n’avais rien à dire, je me suis tournée vers le miroir, et j’ai vu que j’avais une sale gueule. Le bon côté, c’est qu’avec mon crâne rasé, je n’avais pas les cheveux en pétard, contrairement à celle qui avait partagé mon lit pour la nuit.

« Et puis », a dit celle-ci alors que je sortais deux comprimés d’ibuprofène, « techniquement, je te l’ai dit, hier. »

Comme j’avais toujours un peu la tête dans le coltar, je me suis demandée une seconde ou deux ce qu’elle m’avait dit, avant de réaliser qu’on parlait toujours de son gros clito.

« Vraiment ? j’ai demandé en ajoutant un peu de paracétamol aux comprimés que j’avais dans la main.

— Deux fois. »

Je me suis senti un peu conne, mais j’ai gardé un air impassible.

« Je ne crois que ce que je vois, j’ai répliqué. Au fait, tu te souviens pourquoi on s’engueulait, hier ? »

Je me suis retournée vers elle, et elle était appuyée contre le mur, un bras posé sur le porte-serviettes, posture façon « j’ai la classe dès le réveil, même entièrement à poil ».

« C’était sur les trans’, justement, hein ? j’ai demandé, histoire de montrer que j’avais quand même des vagues souvenirs de la soirée.

— Tu disais que la chirurgie ou les hormones, c’était mal si ça n’était pas strictement pour sauver la vie de quelqu’un.

— Ah ouais, voilà ! j’ai fait en me souvenant de ma position là-dessus. Merde, c’est pas des bonbons, c’est des médicaments. Ça ne devrait être pris que quand la vie est menacée. »

Je me suis dit que pour ajouter du punch à ma phrase, c’était le bon moment pour avaler les comprimés que j’avais en main : j’ai renversé la tête en arrière et je les ai gobés.

Après, je me suis rendue compte que niveau « ne pas considérer les médocs comme des bonbons », ça n’était pas vraiment le geste idéal.

jeudi, novembre 27 2008

Nouvelle : rencontre du troisième genre

Encore une nouvelle qui date, et qui est un peu complètement nawak. Elle implique une version d'Alys, qui est un de mes personnages récurrents, même si c'est en contradiction totale avec les autres textes dans lesquels elle apparaît, parce qu'Alys c'est une rebelle, une vraie, elle ne va quand même pas respecter les règles petites-bourgeoises de la cohérence, hein ?


1

Avec sa jupe courte en treillis noir, ses rangers aux lacets rouges et ses bas résilles, la jeune trans’ qui se nommait Alys aurait encore presque pu passer inaperçue si elle n’avait pas brandi à la main un drapeau rouge et noir dont les couleurs allaient fort bien avec son tee-shirt proclamant « Anticapitaliste ».

Il n’est donc pas étonnant que quelqu’un finît par la remarquer. Alys trouva presque immédiatement qu’il s’agissait d’un vieux con, impression qui fut rapidement renforcé lorsqu’il commença par une remarque sur sa tenue vestimentaire avant d’enchaîner sur le fait que dans vingt ans elle comprendrait que les gesticulations gauchistes étaient inutiles et irréalistes.

Alys se contenta de s’écarter en lui faisant un bras d’honneur. Elle était en fait plutôt amusée.

Alors qu’elle rejoignait le rassemblement à laquelle elle se rendait, elle songea que celui qui croyait que dans vingt ans elle aurait viré à droite se mettait le doigt dans l’oeil, et de beaucoup.

Pourtant, il se trouvait qu’il avait raison.

2

Le rassemblement se passa bien jusqu’au moment où les choses dégénérèrent ; cela se déroule souvent de cette manière.

Ce fut d’abord un militant qui lanca une pierre vers les policiers boucliés et casqués. Plus tard des témoignages prétendraient qu’il s’agissait en réalité d’un flic infiltré, mais rien ne pourrait être prouvé et cela n’a pas grande importance pour la suite de ce récit.

Toujours est il que les militants se trouvèrent rapidement enveloppés d’un nuage blanc lacrymogène et que les moins aguerris se dispersèrent en courant.

Alys, malgré son jeune âge, était habituée au gaz CS. Elle le supportait plutôt bien, si ce n’est que ça lui piquait les yeux, et en était même venue à apprécier son odeur. Elle était sans doute un peu masochiste sur les bords.

Elle ne l’était cependant pas au point de vouloir passer une soirée en garde à vue et se contenta de jeter une canette qui traînait par terre avant de s’écarter calmement. De toutes façons, le jeter de canettes était toujours décevant à cause de leur faible poids ; à moins qu’elles ne soient remplies, mais c’était gâcher.

Alys réalisa alors que le blanc l’enveloppait maintenant complètement et qu’elle ne voyait plus rien à une distance supérieure à trois mètres. L’odeur aussi avait changé.

Elle aperçut un mur devant elle et décida de le suivre, pour réaliser qu’elle était à nouveau bloquée cinq mètres plus loin. Intriguée, elle examina la paroi quelques instants, ce qui fut rendu difficile par le brouillard de plus en plus épais. C’était un mur en métal, un peu rouillé.

Elle le suivit à son tour, tourna une nouvelle fois et réalisa qu’il n’y avait plus d’issue. Elle était cerclée de murs.

La réaction commune dans ce genre de circonstances est la peur, mais Alys était simplement perplexe. Elle sortit une cigarette de son sac et allait l’allumer lorsqu’elle vit que les parois s’étaient manifestement rapprochés.

« Ça », fit-elle à haute voix, ce qui traduisait sa perplexité sus-mentionnée, « c’est chelou. »

Ensuite, une porte s’ouvrit dans la cloison métallique et la vapeur se dissipa.

Alys réalisa qu’elle était dorénavant dans une pièce mal éclairée de trois mètres sur trois. Il y avait un certain côté glauque ; pas au sens de la couleur, puisque c’était plutôt rouge que verdâtre, mais du point de vue de l’ambiance.

Heureusement, Alys pouvait maintenant sortir et ne s’en priva pas.

La jeune femme tomba nez-à-nez avec un homme en costume-cravate qui avait entre trente et quarante ans et portait des lunettes de vue qui lui donnait un air encore plus sérieux. Il lui rappelait quelqu’un, mais elle ne voyait pas qui.

« Bonjour, Antoine, fit l’homme. Cette rencontre va te changer. Crois-moi. »

Alys fronça les sourcils et se demanda quelques instants comment il savait quel était son prénom de naissance.

« C’est Alys », répliqua-t-elle.

L’homme soupira. Il avait déjà eu cette discussion, des années plus tôt, sauf qu’il n’était pas du même côté.

« Écoute, expliqua-t-il, je sais que cela doit te sembler étrange. J’ai peu de temps, alors il faut que tu me fasses confiance.

— Vu comment t’es sapé, ça m’étonnerait.

— Cela va te sembler fou, reprit le cravaté en ignorant la remarque, et je le sais parce qu’à moi ça m’a semblé fou, mais il faut que tu comprennes bien une chose. Je suis toi.

— T’as fumé quoi ?

— Laisse-moi te le prouver. Ton vrai nom c’est Antoine, pas Alys. Soit-dit en passant, tu orthographies Alys avec un Y qui fait ridicule. Tu ne l’as jamais dit à personne parce que tu n’as encore jamais écrit ce nom.

— Tu bosses aux R.G. ? » demanda la jeune femme en allumant la cigarette qu’elle avait sortie dans la pièce bizarre.

« Je te l’ai dit, je suis toi. Plus exactement, toi dans vingt ans. »

Alys fronça les sourcils.

« J’ai pas vu de DeLorean, râilla-t-elle.

— Les voyages dans le temps sont quelque chose de mal maîtrisés, expliqua l’homme. Je ne peux te parler que quelques minutes. Et je dois le faire parce que je l’ai déjà fait. Sauf que l’autre fois, j’étais à ta place. J’ai dit tout ce que tu as dit. Et tout ce que tu vas dire.

— Alors je vais dire quoi ?

— Rien que je ne puisse te dire, sinon tu ne le dirais plus. Et je ne peux évidemment pas me permettre de causer une faille dans l’espace-temps.

— Ça existe vraiment, les paradoxes temporels ?

— Oui. Tout ce qui m’est arrivé t’arriveras. Dans vingt ans, tu seras à ma place, en train d’essayer d’expliquer à un gosse travesti les subtilités du voyage temporel.

— Et, euh, pourquoi ?

— Parce que ça s’est déjà produit.

— C’est pas un peu con, comme truc ? Je veux dire, au départ, le premier « nous » à remonter le temps, il a dû faire ça pour une raison ?

— Il y a une raison à cela, admit l’encravaté. Cette rencontre va te faire changer d’avis sur un certain nombre de choses. Pas tout de suite, à terme. Pour commencer, tu réaliseras que quoiqu’il arrive, tu seras toujours un homme et que prétendre le contraire te rend juste ridicule. Ouvre les yeux, tu ne seras jamais une femme. Tu n’auras jamais d’utérus, tu n’aurais jamais de règles, tu...

— Je vais quand même pas devenir si con ? » demanda Alys, qui n’aimait pas vraiment son autre soi et espérait qu’il s’agissait d’une sorte de cauchemar.

« Honnêtement, fit Antoine, cela va être un peu dur pour toi à admettre au début. Je le sais parce que j’ai eu du mal. Mais tu finiras par accepter que tu es trop intelligent pour gâcher ton talent pour t’agiter dans la rue et faire le travesti.

— Mais...

— On n’a plus beaucoup de temps. Je suis désolé, Antoine. Je sais que ce n’est pas facile. Mais tu verras... »

L’homme hésita quelques secondes, puis arbora un petit sourire et posa son bras sur l’épaule de son autre Lui, ou son autre Elle, d’un geste paternel.

« Dans vingt ans, tu seras fier de ce que tu es devenu, d’avoir un rôle important et constructif dans cette société qui est loin d’être aussi mauvaise que tu ne te complais à l’imaginer. Crois-moi.

— Mais... essaya de répliquer Alys, de plus en plus chamboulée.

— Il faut y retourner, fit Antoine en la poussant doucement dans la pièce. Tu vas retourner à ton rassemblement et tu verras que j’ai raison. Au revoir. »

La porte se referma en coulissant devant elle. Elle pouvait voir son autre Soi à travers un hublot, qu’elle n’avait pas aperçu lors de son premier passage dans la pièce à cause de la fumée.

La jeune femme avait les larmes aux yeux. Enfin, elle avait les larmes aux yeux depuis longtemps à cause du gaz lacrymogène, mais là, cela reflétait plus ou moins son sentiment. Elle n’avait pas envie de finir comme ce qu’elle dénonçait. Mais d’un autre côté, une partie d’elle-même sentait bien que c’était inexorable. Le plus tôt elle l’accepterait, le mieux cela vaudrait pour elle.

Après tout, songea-t-elle tandis que de la fumée blanche commençait à se déverser dans la pièce via un tuyau qui arrivait du plafond, ce n’était finalement pas si mal d’être un homme important, si ? Et puis, elle ne pouvait pas lutter contre la causalité temporelle, si ? Après tout, la règle de la causalité était la plus fondamentale des règles, non ?

Hum, contre-balança-t-elle en regardant le tuyau d’arrivée de la vapeur. D’un autre côté, on venait de lui dire qu’elle n’aurait jamais de règles.

Elle enleva les lacets de sa chaussure droite avec un geste rageur, les arrachant pratiquement, retira sa godasse et la planta dans le tuyau d’arrivée dans un bond impressionnant.

Alors qu’elle obturait le tuyau, une douleur aigüe surgit dans son cerveau. Elle entendit un cri de douleur provenant de l’autre-côté de la pièce et qui devait être prononcée par son autre elle-même.

Ensuite, la douleur augmenta encore, jusqu’à un point où cela devint totalement insupportable.

Puis le monde explosa. La réalité parut se disloquer, des gros morceaux de mur s’écroulant en plaques de rouille. Le soleil illumina violemment la pièce alors qu’il y avait un toit quelques secondes plus tôt. La jeune femme se retrouva ensuite sous l’eau, emportée par un fort courant. Si elle n’avait pas fermée les yeux, elle aurait pu voir une espèce rare de reptile, à mi-chemin entre un dinosaure et un poisson.

Ensuite, elle perdit connaissance.

3

Alys se réveilla trempée, allongée face contre terre dans la boue. Il pleuvait et elle grelottait. Elle avait toujours affreusement mal à la tête même si, par rapport à ce qu’elle avait subi avant de perdre conscience, c’était tout à fait supportable.

Elle tenta de se relever mais ne parvint qu’à se mettre à genoux. Elle était lessivée.

Au loin, malgré les nuages, elle pouvait voir un château-fort. Elle fronça les sourcils et se demanda si l’espace-temps n’avait trouvé que de l’envoyer en plein moyen-âge pour résoudre la crise qu’il traversait.

Un sentiment de désespoir l’envahit. Elle était seule, dans un monde dont elle ne connaissait rien, et qui ne connaissait absolument pas tout le confort auquel elle était tout de même plus ou moins habituée.

Puis elle se sentit au contraire étrangement bien. Son autre soi avait dit qu’elle se retrouverait au rassemblement et ça n’était manifestement pas le cas. Ce qui voulait dire qu’il s’était planté. Le futur n’était pas écrit.

Se sentant délicieusement libre, Alys parvint à se relever et se dirigea lentement mais sûrement à l’opposé du château. Elle ne connaissait rien, ou pas grand-chose, à ce monde ou à cette époque, mais elle n’avait pas envie de se retrouver face aux gens qui vivaient dans un tel endroit.

Alors qu’elle marchait, en clopinant un peu parce qu’il lui manquait une chaussure, elle réalisa cependant que son alter-ego du futur avait tout de même raison sur un point : cette rencontre avait changé ses convictions.

Elle retira son tee-shirt et l’étala sur un rocher. Puis elle sortit un marqueur rouge d’une de ses poches, parce qu’une bonne militante se devait selon elle d’avoir toujours au moins un marqueur sur elle, raya une partie de l’inscription « anticapitaliste » et écrivit quelques lettres au-dessous, avant de remettre le tee-shirt qui proclamait maintenant « antiféodaliste ».

Parce que quand-même, souhaiter la destruction d’un système qui n’existait pas encore, cela aurait paru bizarre.


Voilà voilà, j'espère que vous n'avez pas trouvé ça trop naze, je me rappelle que l'idée de cette nouvelle m'était venue à moitié d'une manif où on m'avait sorti «tu verras, dans vingt ans, tu comprendras» et à moitié de considérations un peu loufoques sur le voyage temporel dont je n'ai pas envie de chercher à me rappeler vu que je n'ai pas d'aspirine sous la main.

dimanche, juillet 6 2008

Mes écrits : On passe mieux en étant à l'aise

Voilà une petite nouvelle (qui est très inspirée de la scène d'intro de Pulp Fiction et d'une citation d'Al Capone) sur le «passing» chez les trans' (oui, dernièrement, ce blog ne parle plus que de trans'. Désolée.)


Assis l’un en face de l’autre à la petite table d’un café, l’homme et la femme discutaient. Ils parlaient de la notion que les personnes transgenres appellent passing, c’est-à-dire le fait d’être perçu dans le genre désiré.

George, le garçon, y arrivait sans problème, mais Mathilde était fréquemment appelée « monsieur ».

La serveuse ne fit pas exception à la règle lorsqu’elle leur apporta leur café. Cela fit soupirer la jeune trans’.

« Pour passer, il faut être à l’aise, expliqua George. Les gens le sentent.

— Que dalle. Je suis à l’aise. »

Ils se disputèrent sur le sujet pendant quelques minutes, tout en avalant leur boisson.

« Je pense que c’est la voix, hasarda Mathilde. J’ai une voix de mec.

— C’est parce que t’es pas à l’aise.

— T’arrêtes de me casser les couilles avec ça ?

— Ça t’arrangerait bien, qu’on te casse les couilles, répliqua George en souriant.

— Je sais pas. Je crois que j’ai fini par m’y attacher. »

George termina son café, posa la tasse vide et tourna la tête à droite et à gauche.

« Bon, on y va ? demanda-t-il.

— D’acc », répondit simplement Mathilde.

Le couple se baissa de concert vers les sacs qu’ils avaient laissés à leurs pieds, sous la table. Puis ils se levèrent, chacun avec un pistolet à la main.

« Ceci est un putain de braquage ! gueula Mathilde. Le premier qui bouge se fait exploser la cervelle, pigé ? »

La peur se répandit comme une traînée de poudre sur le visage des clients et des serveurs. Une dame se mit à implorer :

« Je vous en prie, madame. Ne nous faites pas de mal. »

Le fait qu’elle l’ait appelée « madame » plut à Mathilde, qui arbora un sourire triomphant à destination de George.

« On passe mieux en étant à l’aise et armée qu’en étant juste à l’aise. »

mardi, juin 17 2008

Mes écrits : créatures de rêve

Le texte que je voudrais présenter aujourd'hui s'appelle Créatures de rêve. Il reprend le personnage d'Alys que vous avez déjà pu croiser dans une nouvelle précédente. Elle est aussi disponible en PDF.

Je dois dire que, pour l'instant, c'est ma nouvelle que je préfère personnellement, à la fois parce qu'elle parle de sujets que j'aime bien, avec un personnage avec lequel j'étais à l'aise pour l'écrire (contrairement à Dehors où je n'étais pas encore très rôdée) et avec une structure scénaristique que je trouve pas trop mauvaise, alors qu'a posteriori en général je trouve la structure de mes textes longs un peu faibles.

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mardi, mai 20 2008

Mes écrits : Dehors

Un «nouveau» de mes textes, aujourd'hui : Dehors. Vous pouvez aussi la télécharger en PDF, vu qu'elle est un peu longue.

C'est, en gros, du fantastique, ou de l'«Urban Fantasy» comme on dit dans le jargon. Je l'avais écrite pour l'appel à texte «Ouvre-toi» des éditions Cézame, devenues depuis Griffe d'Encre. Malheureusement (mais sans trop de surprise), elle a été refusée. Je vous encourage quand même à aller voir le site de cette jeune et petite maison d'édition.

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