Vernis & Sécateur

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samedi, janvier 28 2012

On ne peut pas faire confiance aux démons

Un peu de publicité pour soi-même ne faisant jamais de mal, j'en profite pour signaler qu'une nouvelle nouvelle[1] est disponible à la lecture sur mon site le site de Lizzie Crowdagger, RêveriesOn ne peut pas faire confiance aux démons. On y retrouve les personnages d'Alys et Lev, que vous avez peut-être déjà croisées si vous lisez ce blog régulièrement.

Bon, honnêtement, je ne trouve pas exactement que ce soit la meilleure nouvelle que j'ai jamais écrite, vu que notamment c'était censé être la scène d'ouverture pour un prochain roman, mais d'un autre côté c'est gratuit et vu que Megavideo a été fermé, il faut bien que vous vous occupiez, non ?

Notes

[1] Ouais, je trouve aussi que ça sonne mal comme formulation, «nouvelle nouvelle». Mais «nouveau texte court», ce n'est guère mieux.

dimanche, janvier 2 2011

Auto-promotion 2011

Voilà, on vient d'entrer dans l'année 2011, qui à défaut de s'annoncer comme particulièrement meilleure que les précédentes, est quand même l'année la plus avancée dans laquelle personne ne se soit jamais aventuré, et ça c'est cool. C'est un peu comme si on était toutes des exploratrices temporelles, d'une certaine façon.

Du coup, même si je ne vous en tiendrais pas rigueur si vous ne voyez pas trop le rapport, je me suis dit que c'était l'occasion de faire un peu d'autopromotion et de parler de mes projets «littéraires» en cours.

Révolution avec un vampire

Ce n'est pas nouveau puisque vous avez pu lire cette nouvelle dans les deux billets précédents, mais Révolution avec un vampire est désormais maintenant en ligne sur le site Rêveries, et disponible sous des formats peut-être plus lisibles que sur ce blog.

Si vous ne l'avez pas encore lue, je ne saurais pas trop faire un résumé parce qu'honnêtement, c'est un peu n'importe quoi, mais on y trouve un peu de science-fiction, une interview de vampire, un train, du transsexualisme (c'est peut-être pas comme ça qu'on dit), et de vagues références à la révolution russe de 1917.

Enfants de Mars et de Vénus

Après un petit essai en décembre avec la mise en ligne d'un bloc du chapitre 11, «Les gouines ont la peau dure», j'ai décidé de continuer ce mode de parution et de laisser un peu tomber la mise en ligne par épisode. Le chapitre 12, «L'Étoile du matin» est donc maintenant disponible, et j'essaierai d'en mettre un toutes les deux semaines, ce qui devrait amener la fin de la parution «en ligne» vers milieu février.

Si vous ne connaissez pas Enfants de Mars et de Vénus, il y a pour le coup un résumé plus travaillé, mais histoire d'éviter le copier/coller je me contenterai de dire qu'on y trouve de la gouine butch, de la moto, du fantastique, de l'occulte, de la camionneuse et pas mal de gros flingues.

Rappel

Avant d'embrayer sur la suite, je rappelle accesoirement que vous pouvez toujours acheter mon roman de fantasy Pas tout à fait des hommes. Vous pouvez aussi le lire gratuitement en ligne, mais ce n'est pas comme ça que je pourrai me payer de Harley. Dans l'optique de vous inciter à me donner votre argent, voici pour le coup un vrai résumé :

Kalia, la seule elfe de la ville à travailler dans la garde, se contente d'ordinaire d'essayer de survivre et d'éviter les ennuis...

Du moins, jusqu'au jour où elle rencontre Axelle, une voleuse démoniaque qui va bouleverser sa vie. endr.png

Avant de réaliser ce qui lui arrive, Kalia va se retrouver confrontée à des orcs révolutionnaires, des nains remontés, un général belliqueux, un vampire schizophrène, une prophétie obscure, une épée sacrée, un Élu au coeur pur, ainsi qu'une multitude d'autres choses potentiellement mortelles mais au nom moins impressionnant.

Coming Soon

Et histoire de parler quand même un peu de ce qui va arriver pour l'année 2011, j'espère bien auto-publier une petite novella (à mi-chemin entre nouvelle et roman) que je décrirais en utilisant une citation de Beatriz Preciado, certes pas du tout hors contexte :

Apparaît ainsi un nouveau genre de biographie transsexuelle romanesque, dans la tradition gothique de la mutation monstrueuse histoires de vampires, loup-garous, etc)

Et comme j'aime bien faire des fausses couvertures-trailers, en voici une :

trailer_chroniques.png

Si tout va bien et que je ne laisse pas tomber mes projets entre-temps, ça devrait être le premier tome (ou le tome zéro, parce que j'ai un passif d'informaticienne et que nous autres on aime bien commencer à compter à partir de zéro) de Hell B☠tches, une série d'histoires courtes sur un gang de motarde gouines surnaturelles.

samedi, août 21 2010

Le test de Rorschach

Voilà un texte que j'ai écrit rapidement et un peu pour «délirer» , entre trois et cinq heures du matin, et qui doit quand même être le troisième texte que j'écris où une trans va voir un psy. Il faudrait que je me renouvelle un peu.


La jeune femme ouvrit d’un geste timide la porte du psychiatre et s’installa en face sur le siège en face de lui.

« Hum, bonjour », fit-elle pour attirer son attention.

Il était effectivement en train de fouiller de façon agitée dans un tas de papiers et n’avait pas semblé se rendre compte de la présence de sa patiente.

« Un instant, madame...

— Dupond.

— Dupond », répéta le psychiatre en fouillant dans la pile de papiers. « Dupond, Dupond, Dupond, Dupond... Ah ! Dupond ! »

Il se tourna d’un air satisfait vers la jeune femme, lui montrant fièrement qu’il avait retrouvé son dossier.

Elle lui rendit son sourire par politesse. Visiblement, ce psy-là semblait encore plus à côté de ses pompes que les autres qu’elle avait eu l’occasion de croiser. Au moins, il avait l’air souriant et était plutôt sexy, avec ses rouflaquettes et son costume bleu. Un peu maigrichon, peut-être.

« Alys Dupond, lut le médecin.

— C’est moi, fit la jeune femme. Et vous êtes le docteur... ?

— Le docteur... répéta le psychiatre. Voyons, vous venez pour... « Dysphorie de genre ». C’est quoi, ça ? Dysphorie de genre ?

— C’est le nom médical pour la transsexualité.

— Oh !

— En fait, il faudrait que vous me signez un papier pour autoriser mon opération.

— D’accord. »

Alys sourit. Au moins, ce psy-là était cool.

« C’est bon ? demanda-t-elle. Vous êtes d’accord ?

— On va faire un test avant, quand même ? Allons, je suis sûr que je les ai vus par là... Ah ! Voilà ! »

Le psychiatre brandit triomphalement une série de planches et les tendit à sa patiente.

« C’est le test de Rorschach ? constata-t-elle. Vous allez vous baser là-dessus pour autoriser mon opération ou pas ? Tout le monde sait que c’est du flan !

— Il a de jolis images, répondit le docteur avec un air bête. J’aime bien les images. Vous voyez quoi ? »

Alys soupira et examina la première planche.

« On dirait une sorte de créature venue d’une autre dimension.

— Vraiment ? demanda le psychiatre en jouant avec le réglage de son fauteuil.

— Ou d’une autre planète, peut-être. Ensuite... Deux clones qui se tapent dans la main. Ou deux frères jumeaux. Sœurs jumelles. Deux personnages pareils, quoi. Rorschach_inkblots.jpg

— Hum-hum », répondit le docteur, qui avait entre temps abaissé le dossier de son fauteuil au maximum.

« Ensuite... Facile ! Deux sorcières transsexuelles ! »

Le psychiatre se redressa et fronça les sourcils, l'air étonné.

« Comment vous savez que ce sont des sorcières ?

— Le chaudron au milieu, montra Alys.

— Ah ! Oui ! Brillant ! fit-il avec un grand sourire.

— Ensuite, un vaisseau spatial rudimentaire. Et puis, un gros papillon. »

Alys reposait l’une après l’autre les planches qu’elle avait déjà examinées sur le bureau.

« Vous êtes sûre que ce n’est pas aussi une créature extra-terrestre ? suggéra le psychiatre.

— Peut-être, admit la jeune femme. Ça expliquerait pourquoi il tient deux fusils.

— Probablement. Vous voulez quel genre d’opération, exactement ?

— Ça ne vous regarde pas », rétorqua Alys sur un ton sec, avant de réaliser qu’elle parlait au psychiatre qui devait décider si, oui ou non, elle aurait droit à cette opération.

« Oh, fit le docteur. Désolé.

— La suivante, reprit Alys, espérant changer de sujet. Je suppose que c’est une sorte de fissure. Une faille. Avec quelque chose qui en sort.

— Vraiment ? demanda le psychiatre en attrapant la planche à son tour. Moi ce que je vois, c’est plutôt...

— Quoi ? demanda la jeune femme.

— Un... enfin... », fit le psychiatre, l’air embarrassé, avant de secouer la tête en grimaçant. « Non, ce n’est pas important. Continuez.

— Des dents. Avec des canines vraiment bizarres. Et la suivante... Hum, je dirais deux mondes qui se chevauchent. Deux mondes parallèles, en quelque sorte. Vous voyez ? »

Le docteur examina la planche et fit une grimace qui voulait sans doute dire non. En tout cas, c’est l’interprétation qu’Alys en fit.

« Vous devez avoir raison.

— Ensuite... Un peu la même chose, sauf que cette fois-ci ils se rentrent dedans. Comme si des bouts d’un monde passaient dans l’autre. Chaque monde étant identique à l’autre, mais en même temps différents.

— Oh, ça, fit le psychiatre sur un ton léger. Ça doit être parce que l’hôpital est bâtie sur une fissure dans le temps et l’espace.

— Vraiment ? demanda Alys.

— Ouais, fit le docteur en faisant tourner son fauteuil. Pas forcément hyper malin de la part des architectes, si vous voulez mon avis. Et cette dernière planche ? »

La jeune femme l’examina un instant, puis fronça les sourcils.

« L’explosion du vortex du temps.

— Quoi ? s’exclama le docteur en lui arrachant la planche des mains. Ce n’est pas possible. Le vortex du temps, c’est quelque chose de solide, de costaud. Il ne peut pas exploser comme ça ! »

Alys haussa les épaules.

« Ce n’est pas de ma faute. C’est ce que je vois.

— C’est mauvais, répondit le psychiatre en chaussant ses lunettes avec un air préoccupé. C’est très, très mauvais.

— Vous êtes vraiment psy ? demanda Alys alors qu’il sortait de la poche intérieur de sa veste un engin bizarre de la taille d’un gros stylo.

— Je suis le Docteur, répondit-il en brandissant devant lui son engin qui faisait maintenant des bruits étranges. Et je crois que nous devrions courir. »


Quelques remarques pour conclure : j'espère que ceux et celles qui connaissent l'auront compris et que ce n'est pas trop obscur pour celles et ceux qui ne connaissent pas, mais le Docteur est supposé être celui de Doctor Who - c'est à dire effectivement pas un psychiatre, mais un Seigneur du Temps.

Je ne pense pas faire de ce texte une vraie nouvelle complète, parce que je ne suis pas très «fanfiction», mais l'idée était évidemment que tout ce qu'Alys voit se produise ensuite.

Bref, je sais pas comment ça rend pour les lecteurs/ices, mais en tout cas moi ça m'a amusée de l'écrire.

mercredi, août 11 2010

Mes personnages ont une mauvaise influence sur moi (partie 1)

J'avais un peu envie de reparler de choses plus lié à l'écriture sur ce blog, vu que j'ai moins pris le temps d'y mettre des (extraits de) nouvelles depuis le lancement d'Enfants de Mars et de Vénus. J'avais notamment envie d'aborder le sujet de mon rapport à mes personnages, à la fois de manière générale, et aussi en particulier en prenant quelques personnages en exemple.

D'abord, je pense qu'il y a un postulat qui me semble partagé par beaucoup de gens, c'est que la plupart des auteur·e·s mettent une part d'eux·elles même dans leurs personnages ; parfois de manière directe et évidente, et parfois de manière plus détournée (par exemple avec un personnage qui peut être l'antithèse de l'auteur·e mais qui de fait reflète aussi ce qu'est l'auteur·e).

Évidemment, c'est un truc que je fais aussi (comme, je suppose, à peu près tou·te·s les personnes qui créent des personnages de fiction), à la fois de façon consciente et inconsciente. Et du coup, le fait de mettre des trucs de manière un peu inconsciente, sans me rendre compte que ça correspond à un truc qui m'est propre, ça fait que des fois des personnages peuvent avancer des choses bien avant que moi je n'ose le formuler.

Et du coup je trouve que dans mon cas (c'est à dire en tant que gouine trans qui écrivait des fictions avant de me rendre compte que j'étais gouine ou trans) c'est intéressant de lier ça à la thématique placard, parce que je me rends compte qu'à la fois pour ce qui est du placard gouine ou du placard trans, mes personnages étaient «out» bien plus tôt que moi.

L'exemple le plus flagrant de ça c'est sans doute Alys, qui est un personnage qui a pas mal évolué mais dont j'ai globalement eu l'idée à l'origine en 2004 et qui a pris à peu près la forme qu'on lui connaît actuellement (c'est-à-dire celle d'une transgirl blonde avec rangers (aux lacets rouges) et bas résille, avec un côté que je qualifierais de «pseudo-sorcière bourrine»), quoique avec une orthographe légèrement différente (à l'époque c'était «Alysse») début 2006.

Ce qui est intéressant, c'est qu'à cette époque là, même si je commençais à poser le mot «trans» pour parler de moi, j'étais encore complètement dans le placard et je ne pensais pas vraiment que je ferais une transition un jour.

Un an plus tard, j'avais à peu près le même look que mon personnage (en tout cas quand je le pouvais), sauf pour la couleur des cheveux et la taille XXL, et ça m'a amenée des fois à plaisanter en disant qu'elle avait eu une mauvaise influence sur moi.

Évidemment c'est plutôt que j'avais osé mettre dans de la fiction ce que je n'osais pas encore affirmer dans la vie réelle, et écrire des textes avec Alys m'a sans doute aidée à m'affirmer, ou en tout cas à imaginer que ça pouvait être possible. À un moment elle était clairement pour moi un modèle positif de meuf trans que je n'avais pas vraiment réussi à trouver ailleurs dans la fiction.

Mon seul regret, c'est que du coup je n'ai jamais osé[1] prendre pour moi le prénom que je lui avais filé, alors que je l'aimais bien. Mais bon, Ellie c'est pas si mal non plus, finalement.

Notes

[1] J'ai toujours eu peur que commencer à me faire appeler pareil qu'un personnage (important) qui figurait dans ce que j'écrivais, ne m'entraine forcément dans une sorte de confusion entre réel et réalité où je croirais vivre dans mes propres fantasmes. On peut se dire que je n'ai pas une grande confiance dans ma santé mentale, mais le pire c'est que des fois je me demande si ce n'est pas déjà le cas...

lundi, mars 8 2010

Enfants de Mars et de Vénus : le premier épisode

Un petit billet pour annoncer la publication du premier épisode (ou plus exactement du zeroième épisode) d'Enfants de Mars et de Vénus, roman policier fantastique lesbien publié sous forme de feuilleton tous les lundis.

Pour celles et ceux qui voudraient avoir le résumé de l'intrigue :

Au départ, quand Lev se retrouve avec une jolie blonde dans son lit, elle est plutôt contente.

Manque de pot, ensuite, tout va de travers : non seulement elle apprend que la fille avec qui elle vient de coucher est une transsexuelle non opérée, mais il se trouve qu'en plus elle est suspectée d'être une tueuse en série.

Du jour au lendemain, Lev se retrouve alors recherchée par les forces de Police, une secte occulte, des skinheads nazis et des cauchemars bizarres.

Et, à force de la chercher, ils risquent bien de la trouver.

Comme vous l'aurez sans doute noté, j'ai décidé de publier ce roman sur un autre site plutôt qu'ici ; par contre j'ai aussi estimé que ça pourrait être cool de livrer quelques réflexions sur mes dilemnes d'écrivaine (d'un point de vue féministe, pas «alors, j'ai galéré niveau répétition parce que trouver des synonymes c'est pas mon truc»).

Et du coup, je commence tout de suite, mais comme ça peu gâcher un peu le suspens, je recommande de lire l'épisode avant de regarder la suite.

Lire la suite...

samedi, février 20 2010

Teaser

mars_venus.png

Voilà, ce petit teaser à la pertinence douteuse pour dire que, ça y est, je me suis décidée à publier Enfants de Mars et de Vénus sous forme de feuilleton en ligne avec un épisode hebdomadaire, sur le site http://enfants-terribles.net (j'ai hésité à prendre l'adresse www.mars-venus.net, mais je me suis dit que j'aurais tous les fans de John Gray et que ça allait me gaver).

Je vais peut-être regretter (parce que c'est quand même un engagement), mais en attendant ça me motivera sûrement à me booster un peu.

Le premier épisode sera donc publié le 8 mars, et ensuite ce sera tous les lundis. En attendant je devrais mettre un peu de contenu «bonus» si j'ai pas trop la flemme.

Voilà pour l'instant, je remettrai sans doute un peu plus d'infos d'ici quelques jours.

samedi, novembre 21 2009

Teaser : Tendrement dialectique

Comme promis, un teaser débile sur le matérialisme dialectique, après le post-modernisme.


Alys était en train de se maquiller avec concentration devant un gigantesque miroir. Elle avait déjà enfilé une robe de soirée et lissé consciencieusement ses longs cheveux blonds, et était actuellement occupée à se passer du mascara sur les cils.

« Le problème, avec la sorcellerie, a-t-elle commencé alors qu'elle me tournait toujours le dos, c'est que la plupart des gens qui en ont l'usage sont ancrés dans des conceptions complètement idéalistes. »

Elle s'est arrêtée de parler quelques instants alors qu'elle passait à la pose de son rouge à lèvres. Lorsqu'elle a eu fini, elle a repris la parole, tout en se passant du blush sur les joues.

« Ils croient que le pouvoir de la sorcellerie se situe dans les rêves et les fantasmes, sous le prétexte fallacieux que c'est là qu'elle est le plus spectaculaire. Ils s'imaginent pouvoir tout résoudre comme ça et en viennent à nier complètement la matérialité du monde réel.»

Elle s'est tournée vers moi et m'a regardée d'un air interrogateur.

« Je suis comment ? a-t-elle demandé.

- Pas mal, ai-je répondu. Cela dit, les chaussures, c'est pas encore trop ça. »

Elle a baissé la tête vers ses grosses bottes de paras et s'est assise sur un tabouret pour les enlever.

« Il n'y a qu'une seule possibilité pour une véritable sorcière, a-t-elle repris, si elle veut comprendre vraiment ce qu'elle fait plutôt que de tenter un dangereux aventurisme onirique. »

Elle a laissé tomber négligemment ses grosses godasses et a entrepris d'enfiler à la place des talons aiguille.

« Pour moi, il n'y a pas de doute, une sorcière digne de ce nom, se doit de maîtriser les rouages du matérialisme dialectique. »

Elle s'est levée et m'a à nouveau interrogée du regard. Je me suis approchée d'elle et ai légèrement soulevé sa robe, afin de remonter de quelques centimètres l'étui à pistolet qu'elle avait fixé contre la cuisse, histoire qu'on ne l'aperçoive pas lorsqu'elle marcherait.

« Ça va ? a-t-elle demandé.

- Tu ressembles à un loup déguisé en agneau. »

Elle a eut un petit sourire hautain.

« Bien sûr, a-t-elle dit. C'est dialectique. »


Bon d'accord, ça n'a pas beaucoup de sens, mais comme le passage précédent je l'avais écrit en étant un peu fatiguée après une discussion sur le post-modernisme et le matérialisme dialectique à laquelle, rappelons-le, je n'avais pas tout pané.

Et puis en plus c'est un teaser, et pour le coup les teasers c'est normal qu'on ne comprenne pas, c'est une copine qui me l'a dit.

Bref, ce coup-ci, contrairement avec le post-modernisme, je n'ai pas trouvé de moyen de retomber sur Buffy contre les vampires (j'ai cherché, pourtant), donc je ne vais pas vraiment parler de matérialisme dialectique.

À la place, je voudrais donc faire une sorte d'étude de marché concernant ce roman en cours : en fait, je commence à vraiment envisager de le publier en ligne en feuilleton (avec des petits épisodes posés régulièrement), histoire de donner un peu mieux que des extraits dans le désordre, et puis avec l'idée que ça me motiverait un peu plus à bosser dessus.

Du coup, ce que je me dis, c'est que je vois trois options :

  • le mettre ici, vu que j'ai déjà un blog ça m'évite de créer un autre endroit à mettre à jour. Le problème c'est que ça risque de «polluer» le reste et accessoirement de pas être super lisible (genre, si je lis un roman en ligne j'imagine que je pourrais trouver ça un peu relou d'avoir, au plein milieu d'une scène d'action, un tract des flamands roses ou une discussion sur comment cirer ses rangers) ;
  • créer un autre blog spécialement rien que pour ça, ce qui peut avoir ses avantages pour avoir un thème, une ambiance, un titre plus adapté[1]. D'un autre côté ça demande plus de boulot, et puis du coup y'aura peut-être moins de lect·eur·ice·s, et une fois que l'histoire est finie c'est un peu poubelle.
  • créer un autre blog, mais pour mettre tous les textes de fictions de manière plus large, tant qu'à faire. Du coup c'est un peu la solution bâtarde par rapport aux deux premières, avec certains avantages et inconvénients des deux (je vous laisse trouver lesquels).

Voilà, donc si vous avez un avis, ne vous gênez pas.

Par ailleurs j'hésite aussi sur le nom, genre «Enfants de Mars et de Vénus», y'a en fait une référence tordue que j'aime bien mais ça fait quand même un peu «Les butches viennent de Mars et les fems de Vénus» et du coup c'est pas vraiment ce que je veux renvoyer. Sinon je pensais à un truc du genre «Hystériques collectives», mais bof. Ou «The Good, The Butch, and The Tranny», mais il me manque un personnage, du coup.

En tout cas voilà, ce post est un peu inutile, mais c'est juste pour dire que si j'ai pas mis grand chose en vrais extraits de romans dernièrement, il devrait quand même y avoir du nouveau pour bientôt.

Notes

[1] Quoique Rangers & Bas résille ça irait aussi pour ça, c'est ça qui est bien avec mon côté monomaniaque.

samedi, novembre 7 2009

Violemment post-moderne

Il y a quelques temps, je faisais chier pas mal de mes potes à leur demander ce que ça voulait dire «post-moderne», parce que quelqu'une m'avait dit que j'étais post-moderne (genre façon insulte, j'étais la lie de l'humanité à cause de ça), et une autre que je l'étais pas (genre façon insulte et lie de l'humanité, aussi, bizarrement).

Résultat, quelqu'un a fini par m'expliquer ; j'ai pas tout compris, et j'ai un peu oublié le peu que j'avais compris, mais j'avais promis que je ferais un billet dessus.

Du coup comme j'étais inspirée, je me suis dit que ça serait peut-être plus facile de le faire de manière fictionnelle, par la voix de Lev, et qu'en même temps ça pourrait servir de teaser (ou pas) pour le roman que j'arrive pas à écrire en ce moment :


« Je dois bien admettre que je n'ai jamais compris grand-chose aux théories compliquées concernant le queer et autres sujets du même acabit. La déconstruction, la performativité et les trucs comme ça : jamais rien pané. La performance et la construction, je vois encore, mais là, c'était too much pour moi. »

J'ai tiré un coup sur le démarreur, et le moteur a rugi brièvement avant de s'arrêter. Il faut croire qu'il était un peu rouillé.

« Pareil, l'autre jour, il y a un type qui essayait de m'expliquer ce qu'était le post-modernisme. Moi, j'étais un peu à l'ouest. Forcément, j'ai déjà du mal avec les vieux téléphones et à aller sur Internet, je ne dois même pas être considérée comme moderne tout court. »

Nouveau coup sur le démarreur. Là encore, ça n'a pas été suffisant pour lancer le moteur.

« Cela dit, j'ai quand même décidé de faire des efforts et de m'y mettre sérieusement. »

J'ai tiré une nouvelle fois. Toujours pas la bonne, mais je sentais que la prochaine allait le faire.

« Sauf que moi, j'ai toujours été plus douée en pratique qu'en théorie. Alors on va faire de la pratique plutôt que de la théorie. Je vais tous vous déconstruire, bande de trous du cul.»

Nouveau coup sur la démarreur. Cette fois-ci, le moteur de la tronçonneuse est bien parti. J'ai souri en levant la lame qui s'agitait devant moi.

« Ça va être un putain de carnage. Il va y avoir du sang sur les murs et de la cervelle à terre. Ça va être violemment post-moderne. »


Voilà, même pas honte. La semaine prochaine, nous aborderons le matérialisme dialectique avec Alys.

Sinon, depuis, j'ai quand même appris (par des recherches google simples) que la plupart des auteurs ou des bouquins que j'avais un peu tendance à plagier quand j'écrivais (genre, Neil Gaiman, Buffy, ou plus récemment Kim Harrison) étaient qualifiés de post-moderne, j'en ai déduit :

  1. que vu que je pompais honteusement sur elles/eux, je devais être post-moderne moi aussi, en tout cas pour ce qui est de mes écrits fictionnels ;
  2. que le post-modernisme devait avoir quelque chose à voir avec le fait de contenir des vampires.

jeudi, septembre 10 2009

Extrait de roman : pas aujourd'hui

Toujours un extrait du roman «Enfants de Mars et de Vénus»[1] dont des extraits ont déjà été postés sur ce blog précédemment ici, ici, ici , et .


Alys et moi, on a fait la tournée de quelques bars ensemble avant de rentrer nous coucher. J’y suis allée mollo sur l’alcool, sachant que je conduirais la moto pour rentrer, mais on était quand même plutôt joyeuses lorsqu’on s’est dirigées vers elle, vers deux heures du matin.

C’était une putain de bonne soirée.

Une voiture chargée de mecs a entrepris de nuire à notre bonne humeur lorsqu’on a atteint la bécane.

« Hé ! a fait un mec par la fenêtre, alors que la voiture ralentissait. Le bois de Boulogne, c’est pas par là ! »

J’ai imaginé que cette remarque était destinée à Alys plutôt qu’à moi.

« C’est un mec ou une fille ? » a alors demandé un des potes au gars concerné. Là, je n’étais plus trop sûre de qui il parlait.

« Qu’est-ce que ça peut te foutre, trou du cul ? » a répliqué ma copine en lui faisant un doigt d’honneur.

Les mecs de la bagnole ont rigolé, alors que je faisais descendre mon sac à dos de mon dos.

« C’est un travelo, a repris le premier mec à avoir parlé. Allez, sucez vous bien, les pédés. »

J’ai grogné. Qu’on me prenne pour un mec, à la rigueur, j’étais habituée, mais qu’on insinue que je pouvais envisager de coucher avec un, ça avait le don de m’énerver.

Cela dit, je n’ai rien eu le temps de répondre, vu que la voiture a redémarré. J’étais toujours occupée à fouiller dans mon sac.

« Pfff, a soupiré Alys. Il y a des jours, on regrette de ne pas avoir un flingue sur soi.

— Ouais, mais pas aujourd’hui », ai-je répliqué en sortant le pistolet à gaz de mon sac.

Travelotte a ouvert de grands yeux alors que je visais la voiture qui s’était arrêtée à un feu rouge, une vingtaine de mètres plus loin.

« Tu ne vas quand même pas... », a-t-elle commencé, mais elle n’a pas ressenti le besoin de terminer sa phrase lorsqu’elle a vu un des pneus exploser.

J’ai eu le temps d’en faire deux autres avant que les mecs descendent de leur bagnole, à moitié effrayés, à moitié en colère. Du coup, j’en ai profité pour tirer quelques plombs sur leur plage arrière.

« Tu es complètement tarée », a commenté Alys alors que je rangeais l’arme et entreprenais de faire démarrer la moto.

Elle est ensuite montée derrière moi et a placé ses mains d’une façon sensuelle autour de mon corps.

« Je t’aime », a-t-elle ajouté à mon oreille.

C’était vraiment une putain de bonne soirée.


Voilà, et en fait pour être honnête ce qui m'a motivée à écrire ce passage c'est parce qu'aujourd'hui, c'est un de ces jours, et que moi, j'ai pas de flingue (et ça explique le manque de relecture /o\)

Notes

[1] Même si en fait je pense que je vais changer le titre, vu que je trouve que ça risque d'être lu comme assez binaire, Mars l'hôm et Vénus la fâme.

jeudi, août 27 2009

Extrait de roman : rencontre

Voilà un nouveau début du roman «Enfants de Mars et de Vénus» sur lesquel j'essaie vaguement de travailler en ce moment, et dont vous avez peut-être déjà pu voir des extraits ici, ici et , et . Le but de cette scène est en fait d'introduire l'aspect gouino-trans du roman de manière plus soft, afin d'être plus mainstream et donc d'accrocher les lectrices et lecteurs hétéros plus facilement lorsqu'il sera vendu à la FNAC. Donc ce sera censé être le début du roman si un jour j'arrive à le terminer.


La première fois que j’ai rencontré Alys, c’était dans une manifestation contre des anti-avortement. Je l’avais un peu regardée lorsqu’elle gueulait « fachos, cathos, machos, vous nous cassez l’clito », avec sa tenue hyper-féminine, exception faite de ses bottes de combat aux lacets rouges. Je n’avais pas fait plus attention que ça, à ce moment là. J’aimais bien ses pompes mais, à part ça, ce n’était pas vraiment mon style : j’avais du mal avec les filles plus grandes que moi. Une sorte de jalousie, je suppose.

C’est quand les choses ont dégénéré que je l’ai revue. Les flics avaient balancé des lacrymos parce qu’on refusait de se disperser et que deux anars avaient commencé à jeter quelques pierres sur les fachos, par-dessus les policiers qui faisaient barrage.

Classique.

J’étais restée un peu comme une conne, alors que tout le monde se barrait en courant, pas si affectée que ça par le gaz des grenades. Et puis, mon regard s’est fixée sur une silhouette, debout sur un camion de police.

J’ai observé ses longs cheveux blonds, sa mini-jupe et ses jambes interminables à travers le brouillard lacrymogène. L’espace d’un instant, j’ai cru que j’étais morte et qu’une Valkyrie était venue me chercher pour m’emmener au Walhalla.

Et puis, trois types de la brigade anti-criminalité ont violemment interrompu ma rêverie en me plaquant au sol.


***

Quelques heures plus tard, après un moment pénible passé dans une fourgonnette, puis dans une cellule de garde-à-vue, l’officier de police judiciaire qui m’interrogeait me dévisageait d’un air sévère.

J’ai baissé les yeux, embarrassée, vers les menottes qui m’entravaient les poignets.

« Mademoiselle Lætitia Saffi, a-t-il lu. Vingt-neuf ans, journaliste.

— Lev, ai-je corrigé.

— Pardon ?

— C’est mon prénom. Lev. Y’a que les cons qui m’appelle Lætitia. »

L’homme est resté silencieux quelques instants, l’air de ne pas savoir quoi faire de l’information, aussi ai-je décidé d’en rajouter une couche.

« Et je ne suis pas une « mademoiselle ». Je ne suis pas libre pour les mecs.

— Très bien, madame Saffi, a répondu l’officier avec un petit sourire. Est-ce qu’on peut en venir aux faits, s’il vous plaît ?

— Allez-y. Vous me reprochez quoi ? »

Le type a levé un sourcil en regardant mon dossier, puis m’a dévisagée d’un air interrogateur.

« Avant de commencer, il est dit ici que vous avez été dans la police ?

— Ouais, ai-je répondu.

— C’est drôle. Je ne suis pas habitué à voir des anciennes policières dans les manifestations d’anarchistes.

— Ce n’était pas une manifestation anarchiste, ai-je répliqué. Simplement pour la défense du droit à l’avortement. Pour lequel je ne me sens pas forcément directement concernée, mais qui me semble important pour les nanas qui commettent l’erreur de coucher avec des mecs. Manifester était juste un comportement citoyen.

— J’ai un témoignage d’un de mes hommes qui dit vous avoir vu participer aux jets de pierres, a froidement répliqué l’officier. Ce n’est pas exactement ce que je qualifierais d’un geste citoyen. »

Je me suis reculée dans ma chaise et ai souri. Techniquement, sur les fachos qui se mettaient à genoux pour faire des prières aux fœtus assassinés par les méchantes féministes, je pensais que le pire que pouvait faire une pierre était encore de reconnecter par miracle leur deux neurones.

« Ben, ai-je finalement répondu, quand j’étais flic, j’étais payée pour aller dans les manifs et jeter des pierres au bon moment. C’est pas de ma faute si j’y ai pris goût, hein ? »


***

Je suis finalement ressortie du commissariat vers onze heures du soir, avec la promesse d’être convoquée au tribunal d’ici quelques mois. Ça faisait longtemps que je n’étais pas allée faire un tour dans ce genre d’endroit, tiens.

J’ai allumé une clope lorsque je suis arrivée sur le trottoir et ai commencé à marcher vers l’endroit où j’avais laissé ma moto quand j’étais venue à la manif. J’avais de la chance : ça ne devait pas être à plus de dix minutes à pied.

Alors que j’avançais, j’ai reconnu la blonde qui se dirigeait vers moi. Elle venait d’un kebab et avait un sandwich à la main.

« Hé ! m’a-t-elle lancé. T’es sortie aussi ?

— Ouais. »

J’ai regardé son visage souriant, malgré l’hématome qu’elle avait à la lèvre. Elle était vraiment canon, en fait.

« Tu veux une frite ? » m’a-t-elle demandé en me tendant une barquette.

J’ai tendu la main vers un morceau de patate plein de graisse et ai souri à mon tour en me demandant furtivement s’il y avait une chance qu’elle soit gouine.

« Je m’appelle Alys, au fait, a-t-elle dit entre deux frites.

— Lev.

— Ils t’ont pas trop emmerdée ? Les flics, je veux dire ?

— Non. Je vais juste être convoquée au tribunal. Et toi ?

— Ça va. À part quelques coups pendant l’arrestation et le fait qu’ils insistaient pour m’appeler monsieur. »

J’ai froncé les sourcils, ne comprenant pas trop la raison d’un tel traitement vu son apparence que je n’aurais que difficilement pu qualifie de masculine ou même d’androgyne — moi, à la limite, j’aurais compris. D’un autre côté, je me suis dit qu’il ne fallait parfois pas chercher la logique des raisonnements de certains flics.

« Dis, ai-je fait, je vais rentrer en moto. Je peux te déposer quelque part ? »

Elle m’a regardé avec un petit sourire et un regard qui m’ont fait penser qu’elle n’était sans doute pas hétérosexuelle.

« Je suis déçue, j’aurais cru que t’aurais un camion. »


Bon, en fait en relisant, ça me plaît moyen, mais d'un autre côté ça me fait toujours un peu cet effet là.

Sinon, tant que j'y suis, j'ai envie de vous annoncer deux idées projets en cours concernant l'écriture, que j'abandonnerai sans doute dans les semaines à venir, mais peut-être pas les deux, si ? :

  • la première, ce serait de faire un blog spécifique pour publier ce roman par épisodes, comme j'avais fait pour le dernier roman que j'avais réussi à finir, avec l'idée que ça me boosterait peut-être pour le finir (mais que du coup les éditeurs ils aiment pas, et au revoir le rêve de me faire lire par des hétéros à la FNAC)
  • le second, ce serait de faire quelques mini-(auto)-éditions papier de nouvelles concernant ce que j'ai pu écrire sur les trans, avec l'idée de plutôt faire genre une diffusion prix libre que de cibler la FNAC sur ce coup-là. Bon, pour l'instant j'ai pas grand-chose pour le contenu ni d'idée comment faire pour que ça me coûte pas la peau des couilles (j'en ai besoin si je veux me faire opérer), mais jai déjà une super idée de couverture (provisoire, je précise quand même).

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