Vernis & Sécateur

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jeudi, juin 10 2010

Le courage des connards de rue (suite)

Un petit billet un peu à chaud que je vais peut-être regretter de poster, mais bon... (MàJ: maintenant en fait un petit billet un peu moins à chaud et écrit avec un style un peu moins pourri.)

Je me suis faite agresser physiquement tout à l'heure par environ huit connards qui se trouvaient sans doute par un pur un hasard être tous des mecs.

Ça a d'abord commencé par des insultes verbales alors que je rentrais chez moi en passant par l'avenue du peuble belge ; j'avais croisé un groupe de jeunes mecs, autour de huit, dont l'un d'eux a cru fort intelligent de me lancer au passage «oh, tu prends combien».

Alors certes, c'est une rue où il y a du tapin mais estimant que :

  • les putes tapinaient rarement en se déplaçant à allure relativement rapide et avec un sac à dos ;
  • quand bien même, on peut parler de manière polie aux prostituées ;
  • le sourire goguenard et le déplacement en bande ne faisait pas croire à une proposition de sexe tarifée mais plus un truc du genre «aha, les nanas on peut les traiter de pute de manière fort subtile, c'est trop drôle et ça prouve qu'on est des mecs virils» ;

je me suis retournée vers lui et lui ai rétorqué que, pour eux il n'y aurait pas moyen et qu'ils n'auraient pas assez, n'ayant pas tellement plus de répartie sur le coup.

Ils se sont alors mis à m'insulter : «connasse», «pute» aussi je crois (visiblement c'est le summum de l'insulte), et j'ai répliqué en les traitant de connards, ce qui n'était toujours pas la preuve d'une grande répartie, mais on fait avec ce qu'on a.

Un des types a alors demandé quelque chose comme «c'est un travelo ?» à ses camarades, tandis qu'un autre s'approchait de moi et jouait au gars viril dans la façon de s'avancer menaçante, tout en demandant «oh tu veux quoi» en prenant une voix grave. Je lui ai répondu que ça me soulait qu'on agresse les nanas et que ça me gonflait les mecs qui faisait chier avec leur testo de merde. Après en vrai je suis pas d'accord pour dire «c'est la faute de la testo», et je trouve ça un peu essentialiste et facile puisque ça donne des excuses aux mecs, mais sur le coup c'est ce qui m'est venu.

Un autre gars s'est alors approché de moi et m'a traité de pédé - peut-être était-ce le même qui demandait à ses potes si j'étais un «travelo», je ne sais pas trop. J'ai répondu en le traitant je crois de «connard», avec peut-être un «va chier», je ne sais pas trop, et c'est là qu'il m'a craché dessus.

Et là, j'ai fait ce qui était absolument intolérable et, vu sa tête, absolument inimiginable. J'ai répliqué en pratiquant le même mode de communication, c'est-à-dire en lui crachant aussi dessus à mon tour, parce qu'il n'y a pas de raison.

Là, étonnamment, j'ai réalisé qu'autant une meuf qui se faisait cracher dessus était censée rester impassible ou au pire s'éloigner d'un pas vif, autant l'inverse était absolument intolérable et méritait sanction. Le type m'a alors foncé dessus et m'a donné un coup de pied un peu au dessus du genou, dans un geste qui était, je dois dire, assez impressionnant - avec un bond et tout - quoique assez peu efficace.

J'ai essayé de me défendre en sortant un objet contondant de mon sac à main (eh oui, même les sacs à mains roses avec des petits dessins rigolos peuvent contenir des objets contondants), ce qui a fait reculer le bonhomme, pendant qu'un de ses copains me cognait dans la tempe sans que je ne pût le voir venir - sans doute un coup de poing.

Le coup sur la tempe m'a assommée un peu et je crois que j'ai titubé, à moins que mon manque d'équilibre n'ait été dû aux coups que les acolytes du bonhomme me donnaient dans le dos (et c'est là que j'étais contente d'avoir mon sac à dos, et surtout de ne pas avoir mis de trucs fragiles dedans).

J'ai, à ce moment là, rangé mes lunettes dans mon sac à main parce que je sentais que ça allait mal se finir et que c'est cher les lunettes et que vu comme je suis myope je suis mal barrée pour vivre en attendant de faire refaire les verres.

Je me suis encore pris quelques coups pendant que les voitures passaient avenue du peuble belge. Aucune ne s'est arrêtée.

Finalement, les types se sont mis à se barrer. Je les ai suivis un peu en sortant un téléphone pour essayer d'appeler le 112 (ou éventuellement leur cogner dessus à mon tour, j'avoue que ça m'a traversé l'esprit), mais ils couraient plus vite que moi et je me voyais mal continuer l'opération sans mes lunettes (oui, je suis vraiment myope).

Finalement je suis rentrée chez moi sans savoir trop quoi faire (porter plainte pour me taper la transphobie des policiers en plus de la transphobie, du sexisme, et de l'homophobie de ces connards ?), envisageant l'achat d'une bombe lacrymo.

Heureusement, je vais bien, mes lunettes aussi, j'ai donc pu faire ma redescente d'adrénaline en bouffant de la junk food et en regardant un épisode d'une série télé quelconque.

(Et sinon, parce que la pub éhontée ce n'est jamais déplacé, même sur un sujet comme ça, dans ce que j'écris, il y a aussi des fois où certes c'est un peu de la fiction mais où on peut voir de la gouine latter du connard de manière autrement plus convaincante que dans mes compte-rendus d'agressions : c'est sur Enfants de Mars et de Vénus.)

mercredi, novembre 25 2009

Vices & râlements déviants - Les mecs du milieu

Voilà un petit morceau du groupe de Hip-Hop lyonnais Vices & Râlements déviants, qui parle de la façon dont, même dans les milieux alternatif, libertaire, pouet-pouet pas mal de mecs ont tendance à fermer les yeux sur des agressions sexistes, voire à se positionner carrément du côté de l'agresseur.

Comme je n'ai pas trouvé leur site web, que c'est marqué «Copyleft» sur le CD que j'ai, et que j'avais bien envie de vous faire partager cette chanson, j'ai uploadé le morceau, que vous pouvez télécharger ici et écouter juste là :

Les mecs du milieu

J’veux parler d’ces mecs du milieu

Hétéronormés à t’en crever les yeux

Qui changent en apparence leurs comportements

Font de belles phrases et acquiescent gentiment

Lèchant les bottes de leurs potes féministes

Voire même se revendiquent anti-sexistes

Mais n’ont rien changé à leur façon de penser

Ils continuent d’écraser les minorités

En prônant l’égalité

Empêchent les mécontentes de parler

De peur de perdre leur position

Qu’ils se cachent bien d’accepter

Mais ne font surtout rien pour la refuser

Courbettes par devant, coup de dents par derrière

J’désespère d’les voir changer

D’ les voir penser qu’il n’y a pas de lutte possible

Si on laisse pas tomber nos privilèges

Alors pour les féministes ya pas d’repos

Faut répondre à tous les coups dans l’dos

Pas l’temps d’respirer

Espoirs ruinés de penser que le message est passé

C’est trop beau pour être vrai

S’rendre compte que tout ça c’est du pipeau

Et que personne n’a pigé

Et que tout le monde sans piper

Feint d’comprendre, sans désapprendre

Et au final s’comporte en bon p’tits soldats du patriarcat

Refrain

On rendra chaque coup avec attention

On laissera pas casser nos revendications

Plus d’garde baissée

Plus d’mots pour excuser

Ya que l’combat

En réponse aux coups bas

On lachera rien, on t’préviens !

Au quotidien difficile d’les reconnaître

Ils agissent en bons pro-fem’ ces traîtres

Mais ils commetent des erreurs de temps en temps

Des lapsus, des phrases, des comportements

Qui te montrent qui ils sont vraiment

Ce genre de mecs totalement déconstruits

Qui font la bouffe, la vaisselle et compagnie

Mais quand il s’agit d’bricoler

Ils t’enlèvent les outils des mains

Car il paraît, ils en sont persuadés

Qu’une bite vaut mieux qu’un vagin

Sans commentaire sur leur vision binaire

Ces personnes pullulent dans notre milieu libertaire

Et ils sont nos potes, nos amants, nos frères

Alors pas facile de les faire taire.

Refrain

J’ai la beuj’ quand j’vois des amis

Après quelques verres enquillés

S’comporter en pourritures finies

Le politiquement correct s’envole

Les masques tombent dilués par l’alcool

Les vieux tics réapparaissent plus vite

Dans les vapeurs éthyliques

Et la kro révèle les ennemis

Mieux qu’le marc de café quand on l’lit

Et le relou ressurgit

Il est toujours vivant

Il ne s’est pas assagi

Il est bien présent

Demain c’est sûr, il reviendra et on l’attend

Refrain

En cas d’agression pas d’doute ils sont là

A soutenir le pote, le frère

Ou juste le mec qu’ils connaissent pas !

Parce qu’il ne fait aucun doute

Qu’les meufs ça exagère

Ça parle de viol pour faire réagir

Alors qu’en réalité c’est juste des histoires futiles pleines de banalité

« C’était pas un viol, ya pas eu d’pénétration ! »

« Ouais elle l’a cherché aussi elle l’a allumé ! »

Ça m’fout trop la haine pour pleurer

Sur ce genre de réflexions à gerber

L’ennemi est en chacun d’eux tapi à l’intérieur

Attendant son heure pour revenir

Attendant une erreur pour ressurgir

Refrain