Au commencement était le verbe. Après il y a eu les noms, et comme le français est une langue où tout est genré (c'est à cause de la théorie du genre, ce lobby qui veut vendre des bescherelles en compliquant artificiellement les accords ou pas accords du participe passé), il a fallu un moment se poser la question : on fait comment si y'a à la fois du féminin du masculin, ou si on sait pas ?

Là, les Immortels de l'académie française ont apporté une réponse, en disant que le masculin l'emportait, c'est le neutre, tout ça.

Ce à quoi Butler a répondu : « Les Immortels... Nous mettrons leur nom à l'épreuve ».

Et donc, des gens ont commencé à « féminiser », ou dégenrer des bouts de texte. Au début, c'etait avec des parenthéses :

Ce sont des militant(e)s

Ensuite, des gens se sont dit que les parenthèses, ça revenait un peu à invisibiliser le féminin et à le faire passer comme facultatif, et les parenthéses sont tombées à la trappe, en général pour des choses toutes moches :

Ce sont des militantEs

Et voilà, on fout des majuscules au milieu de mots, c'est pas propre, et en plus quand on a des formes compliquées, eh ben c'est caca :

Ce sont des travailleurEUSEs ?

Ce sont des travailleurEs ?

Pendant ce temps, d'autres personnes utilisaient d'autres méthodes moins laides, comme le tiret, mais posant un peu problème parce que coupant trop le mot et que le tiret a déjà un sens dans la typographie. Mais au moins, c'était plus propre :

Ce sont des travailleu-r-se-s.

Jusqu'à maintenant, mon approche préférée était la technique du point médian, le · :

Ce sont des travailleu·r·se·s

qui a l'avantage :

  • d'être plus discrète que le tiret ;
  • de te la péter en montrant que toi, t'arrives à trouver comment taper ce caractère.

Et puis, je me suis mise à programmer en (dérivé de) Lisp, et j'ai réalisé que les parenthèses c'était Le Bien© et qu'il fallait donc les réhabiliter. Et grâce à Lisp j'ai compris que les parenthèses n'étaient pas obligées de délimiter une partie facultative, mais qu'elle englobaient le Tout. Et par conséquent, on pouvait aussi dégenrer avec des parenthèses de la façon suivante :

Ce sont des (militant e)s

ou peut-être comme ça :

Ce sont des (militant e s)

J'avoue que je ne suis pas très fixée sur le fait de mettre le pluriel dans la parenthèse ou pas. Dans l'absolu je trouve ça plus joli avec, mais ça pose quelques soucis, puisque lorsqu'on regarde l'utilisation qu'on peut en faire, on peut avoir soit :

(radical féminin)

(radical masculin féminin)

(radical féminin pluriel)

(radical masculin féminin pluriel)

Or, cela pose problème puisqu'il y a deux sens différents pour la forme avec trois éléments, et que même si en vrai c'est une question de bon sens de savoir que « (content e s) » se développe en « contents et contentes » tandis que « (travailleu r se)  » donne «  travailleur et travailleuse » et pas « travailleuse et travailleurse », il me semble que ça complique l'éventuelle implémentation informatique et qu'en plus c'est pas très propre.

Donc je propose qu'on puisse utiliser les parenthèses soit avec deux éléments :

(radical partie-à-ajouter)

(radical element-1 ... element-n)

Comme ça non seulement on peut gérer le cas particulier du « 2 genres », mais on peut aussi utiliser les parenthèses dans d'autres circonstances comme le pluriel éventuel :

(le s) (trava il ux)

ou des mots qui commencent par les mêmes lettres :

les personnes (trans genre sexuelles identitaires)

Et on peut cumuler le tout. Par exemple, admettons que vous vouliez parler de personnes transgenres, mais peut-être transsexuelles, ou transidentitaires, et peut-être qu'il n'y a qu'une personne, mais il peut aussi en avoir plusieurs, et on ne sait pas leur genre. Allez faire ça avec des putains de majuscules de merde, hein ? Alors qu'avec des parenthèses, ça donne :

((trans genre (sexuel le) identitaires) s)

Et ça, je trouve que ça aidera quand même à avoir des textes dégenrés plus faciles à lile, il n'y a pas à dire.

Oh, fuck it. I give up this bloody language and I'm going to blog in english, that'll be simpler.