Merci maman
Par Butch Cassidyke le mardi, janvier 24 2012, 01:15 - Inclassable - Lien permanent
Je crois qu'il y a un truc qui me soule un peu avec certains invididus dans
le milieu trans (pas que, d'accord, mais pour le coup j'ai moins l'impression
de retrouver ça chez les gouines[1] par exemple, à part
chez les hippies vegan[2] qui bouffent que
bio et qui sont en phase avec la nature, mais qui ne s'approchent en général
pas trop de moi parce que l'odeur de ma clope les fait fuire), c'est le côté
«straight-edge prosélyte».
Bon, OK, peut-être que «straight-edge prosélyte» ce n'est pas très clair, alors disons autrement : paternaliste de la santé.
Du genre :
- «Ah, mais tu prends de l'androcur ? Mais il faut pas tu sais, c'est vraiment pas bon, en plus ça peut causer des dépressions.»
- Ou encore «quoi t'es pas allée faire un bilan sanguin depuis 2 ans ? Mais il faut en faire tous les six mois, tu es une dangereuse suicidaire ou quoi ?» (ça doit être à cause de la dépression liée à l'androcur, tiens)
- Et pour finir, celle à laquelle j'ai l'impression que j'ai le plus souvent droit depuis un an et quelques : «oh mon Dieu, mais tu fumes tout en prenant des hormones ?» (C'est juste parce que j'ai pas trouvé un moyen simple de fumer directement les hormones, cela dit)
Je veux dire, je veux bien que les gens prennent soin de leur santé, ça me va, mais ce n'est pas la peine de vous soucier de la mienne. Vraiment. Surtout quand on se connaît à peine et que peut-être que la seule chose qu'on a en commun dans la vie, c'est notre traitement hormonal.
Du coup, dans cet océan de reproches et de «manger bouger/fumer tue/buvez avec modération» ça m'a quand même fait super plaisir, aux dernières vacances de Noël, alors que j'étais en train de fumer une clope en compagnie de ma maman, et tandis que je sombrais moi-même dans la culpabilité «pauvre de moi, je n'ai pas un esprit sain dans un corps sain» en lui disant «il faudra que j'essaie d'arrêter de fumer, il paraît qu'avec les hormones c'est pas terrible», qu'elle me réponde spontanément : «bah, moi, tu sais, j'ai pris la pilule pendant vingt ans en fumant à côté, et je suis toujours en vie».
Post-Scriptum: bon, en fait je me rends compte que ce que je dis dans ma parenthèse, ce n'est pas vrai. Autant je suis dans des milieux où (à part quelques boulets), les gens ne me font généralement pas trop de commentaires sur ma santé par rapport à ce que je fais/bois/fume/mange, autant il y a plein de gens avec qui je ne parle jamais de trucs de santé qui, dès qu'ils me voient prendre un Coca Light, se sentent obligés de venir me dire que c'est pas bien le light et tout ça, comme si le fait de boire un truc Light était un message à la face du monde : «je veux prendre soin de ma santé et entendre votre avis dessus, vite, dites moi ce que vous pensez/avez lu de l'aspartame».
Notes
[1] Je parle des gouines, hein, pas des femmes qui aiment les femmes, où pour le coup j'ai pas l'impression que ce soit pareil.
[2] (Post-)Post-scriptum: ok, j'admets, ça n'a pas grand-chose à voir avec le fait d'être vegan, et d'ailleurs les gens qui vont me gonfler parce que eux/elles ont une alimentation saine et que je suis pas assez grande pour comprendre que dans «junk-food» il y a «junk» peuvent aussi être sur un mode «tu devrais tuer ton poulet toi-même et faire du fromage de chèvre plutôt que manger des toastinettes» (même si ce genre de remarque est plus rare en milieu urbain).
Commentaires
J'imagine que ce doit être saoulant de te prendre des remarques sur ta santé et je sais que dans le milieu végane, on est notamment pas les dernières sur la grossophobie, mais je trouve dommage que ton blog soit moyennement un safe space pour moi.
"les hippies vegan qui bouffent que bio et qui sont en phase avec la nature, mais qui ne s'approchent en général pas trop de moi parce que l'odeur de ma clope les fait fuire"
-> belle généralisation teintée de mépris, ça fait toujours plaisir. On dirait presque les gens qui parlent des "féministes extrémistes qui vivent seules avec leurs poils de chatte dégueulasses, et qui castrent le moindre mec qui s'approche d'elles"...
Comme si c'était juste une lubie sortie de nulle part, un truc débile qui n'a pas de raison d'être mais qu'on fait pour faire son rebelle de la société, et qui casse bien les couilles de tout le monde pour rien.
En général si on prend la peine de devenir végan et de manger bio, ça n'a tout simplement rien à voir avec un souci de santé, mais c'est une question d'éthique. Ca devrait pourtant parler à une personne qui se bat pour les droits des opprimé-e-s !
Mess, il y a une très, très grande différence entre le véganisme et tous les autres mouvements de justice sociale (féminisme, anti-racisme, défense des personnes trans, travailleuSEs du sexe) : le véganisme est le seul mouvement d'abolition d'une exploitation qui n'est pas fait par les exploités.
Accessoirement, quand on se bat pour les droits des opprimé-e-s, on le fait parce que cette cause est juste, pas parce qu'on espère que ces personnes opprimées seront "sympas", "gentilles" et "nous soutiendrons" en retour. Sinon, on tombe dans le syndrôme Onfrey : http://lmsi.net/Sur-la-bouche
(Désolée de pourrir tes commentaires avec un point qui est en fait relativement anecdotique dans ton billet :( )
Bon, je sais pas si c'est mieux avec la note de bas de page que j'ai ajouté ?
(Je sais, ça reste pas cool pour les hippies, mais ça c'est mon côté skin, ça fait partie de mon identité de genre, donc j'ai le droit, d'abord :p)
Beaucoup mieux \o/ Sur ce, je m'enfile deux boîtes de pringles, il y en a des véganes !
En passant, il me semble qu'en effet que les vegan donnent beaucoup plus de leçons d'ordre alimentaire aux pas vegan que le contraire, simple constat pas une généralité, et en ce qui me concerne c'est pas la bonne pédagogie pour me faire arrêter les toastinettes : )
Ha bon ? C'est singulier, je me prends volontiers la tête avec les vegan, après en avoir été autrefois moi même une féroce et proto-antispé, mais je n'ai jamais eu l'impression que ça tournait autour du contenu de la bouffe et encore moins de son équilibre ou de sa qualité.
Il faut dire qu'il y a près d'un quart de siècle, on devait être quinze vegan politiques en france à se faire insulter de partout, on était farouchement antinaturalistes, et on bouffait des pâtes à l'huile et autres trucs du genre en essayant de grossir pour faire mentir la légende végos égale maigre. Et aussi pour nous faire plaisir et nous bourrer le bide. Il y a du y avoir du changement.
Plume
Nan en plus cè même pas vrai que je me prends la tête tant que ça avec les vegan. Juste j'en suis plus et je n'approuve plus guère les puritanismes en général. Mais quand le cas, rare il est vrai depuis ma désocialisation, se présente, je cuisine vegan aussi bien qu'une autre - et avec plein de graisse. Les gentes disent alors oh c'est bon ! alors que ce sont les mêmes légumes pourris de la récup', les mêmes chunks de mauvaise qualité et les mêmes épices éventées ; juste il y a du gras et le gras rend tout bon !
RePlume