En vrac : Cinéma / Enfants de Mars et de Vénus
Par Ellie le lundi, mars 29 2010, 03:03 - Inclassable - Lien permanent
Cinéma
Aujourd'hui, j'ai regardé Transamerica. En Version Française. Et je dois dire que j'ai pas franchement réussi à rentrer dans le film. J'avais beau faire des efforts, je voyais vachement une femme cisgenre qui s'amusait à jouer la trans. Il faut dire que le doublage n'aidait pas franchement, parce que bon, à force de se forcer à avoir une voix masculine pour «faire trans», j'avais juste l'impression d'entendre Marge Simpson.
Du coup voilà, pour l'immersion c'était un peu raté, et la seule chose que j'ai vraiment retenu du film c'est que c'est dommage que le gosse ne se soit pas appelé «Luc», parce que ça aurait revisité un peu le coup du «Luc, je suis ton père».
Et ça m'a un peu questionné sur les figures de filles trans que j'avais pu voir dans les films. Les figures un peu positives, genre pas la méchante dans Ace Ventura ou le tueur dans le Silence des Anneaux.
Et bizarrement je crois que c'est encore Hershe las Palmas, jouée par Pam Grier dans Los Angeles 2013, que je trouve la moins pire. Parce que d'accord, elle est aussi jouée par une femme cisgenre qui se force à prendre une voix grave, sauf qu'au moins elle a la classe. Bon OK, ça rentre dans la catégorie «trans qui meurt avant la fin du film», mais au moins y'a les deux tiers du casting qui meurt aussi, donc c'est moins pire. Et puis, bon, OK, c'est sans doute un traitement un tout petit peu exotisant de la transidentité, où le héros fouille entre ses jambes, sort sa rengaine «plus les choses changent et plus elles restent les mêmes» en sortant le flingue qu'elle cache sous sa jupe, continue à l'appeler par son ancien prénom, tout ça au milieu de célébrités obligées de voler des organes à cause d'excès de chirurgie esthétique, d'un ersatz de Che Guevara qui roule dans une décapotable ornée de têtes de poupées Barbie décapitées et d'une boule à facette, mais au moins c'est quand même une nana trans chef de gang, et ça ça a de la gueule.
Alors que le traitement des trans façon «on se la joue super authentique et proche de la réalité mais on va quand même pas confier le rôle à une trans», bizarrement, ça me botte moins.
(Les mauvaises langues diront que c'est aussi parce que je ne peux pas apprécier un film s'il n'y a pas d'armes à feu et au moins une explosion.)
Enfants de Mars et de Vénus
Juste pour signaler aux personnes qui ne suivraient pas qu'il y a des nouveaux épisodes d'Enfants de Mars et de Vénus, c'est-à-dire le chapitre 1 :
Et là encore, quelques commentaires après la séparation (qu'il vaut évidemment mieux lire après avoir lu les épisodes).
Épisode 1
Le vrai début du bouquin, que j'ai aussi du réécrire un bon paquet de fois. Je trouve au final qu'il n'est pas trop mal : il est à la fois relativement dynamique et introduit les thématiques du roman : l'histoire entre Lev et Alys, ainsi que des subtiles références au surnaturel via la Valkyrie, le nom «Léviathan», etc.
L'objectif était notamment de corriger un des problèmes que j'avais dans la première version du roman, c'est-à-dire que le fantastique apparaissait vraiment tardivement. Ici, on en a des références dès le début, même si les choses sérieuses arrivent tardivement.
De la même manière, même si j'aimais bien la version initiale de la rencontre Lev-Alys, je pense que celle-ci est plus accessible à un public non-LGBT qui n'a pas besoin d'avoir lu Monique Wittig.
Même si je dois dire que j'ai vraiment dû me faire violence pour virer ce genre de passage, mais bon, au final je pense que ça apporte au rythme du bouquin.
Épisode 2
Pas grand chose à dire, à part que les passages un peu romantiques (ou, pire, de sexe), c'est vraiment ce que je galère le plus à écrire.
Épisode 3
Nouvelle incursion du surnaturel dans cet épisode sous la forme d'un rêve et de discussions pseudo-mythologiques.
Les scènes de rêve étaient quelque chose que je voulais introduire depuis mon tout premier projet de roman impliquant Alys, mais j'ai toujours eu beaucoup de mal à les écrire. Le certain «je m'en foutisme» de Lev m'a permis de le faire sans trop m'embêter. Honnêtement, en tant qu'écrivaine foireuse, je crois que l'idée de prendre une narratrice foireuse était vraiment la meilleure que je puisse avoir.
Cet épisode introduit également le fait qu'Alys est trans - ce qu'on sait depuis le début grâce au flash-back, mais que Lev n'avait pas compris jusque là. C'est une nouvelle occasion d'introduire quelques références à la «panique trans» : je trouvais amusant que Lev panique plus parce qu'elle réalise qu'elle a été un peu transphobe précédemment et sur comment elles vont pouvoir baiser.
J'ai eu des difficultés à choisir quelle réaction donner à Lev lorsqu'elle apprend la transidentité d'Alys, ce qui est aussi lié au fait que le personnage de Lev a pas mal évolué entre les différentes versions et qu'elle fait moins anti-héros (ou pas de la même manière) qu'au départ. En fait j'avais imaginé un scénario où elle serait (au début) hyper transphobe et où elles seraient en conflit pendant toute la première partie du roman, mais en dehors du fait que ça donnait trop d'importance à ça au détriment du reste du scénario, j'avais du mal à voir comment l'écrire. Au final je trouve que là c'est abordé de manière assez légère, même si je me demande si je ne vais pas encore faire des coupes, parce que là encore, c'est quand même censé être un thriller et pas un essai humoristique sur les trans et le féminisme.
Après, je crois que j'aurais vraiment aimé écrire une sorte de comédie romantique située dans le milieu LGBT, façon «tous les oppose, mais elles tombent amoureuses quand même» entre une transgirl et une gouine à la base transphobe. Le problème, c'est que je ne voyais pas trop comment caser le quota de flingues et d'explosions.
Commentaires
Concernant ta rubrique "Cinéma", As tu vu le film "zatoichi" de Kitano? l'une des persos secondaires est trans, (O-sei) et je l'avais trouvée particulièrement attachante, et naturelle. ça m'avait fait plaisir, car comme tu le soulignes, c'est vraiment loin d'être toujours le cas dans tous les films.
Oui, j'ai vu zatoichi, je me rappelle pas super bien mais le personnage me dit quelque chose, j'en avais gardé un bon souvenir mais il faudrait que je revoie le film.
Globalement j'ai l'impression d'avoir plus apprécié des personnages trans qui se trouvaient dans des films dont c'est pas le sujet principal, que quand il y a une volonté de faire un film sur «unE trans» et où du coup le personnage est réduit à ça. (Mais là encore, c'est peut-être juste parce que je suis incapable de suivre un film où y'a pas de coups de feu ni de combats)
eh bien, tu m'as donné envie de revoir Los Angeles 2013. Pas comme si je l'avait pas déjà regardé 3fois au moins.