Après la nouvelle annonce de soi-disant dépsychiatrisation, et au sujet duquel je vous invite à lire les communiqués d'associations directement concernées, (comme Outrans ou Support Transgenre Strasbourg), j'avais envie de continuer sur le sujet vaste de «maladie mentale et transidentité», en embrayant sur le DSM-V.

En effet, un draft de la version V du DSM (manuel diagnostic santé mental, un truc comme ça en tout cas... bref la bible ricaine - et pas mal influente dans le reste du monde, du coup -- concernant les maladies mentales) est disponible sur le site dsm5.org.

Concernant les trans là-dedans, sans vouloir gâcher tout le suspens, il semblerait que la campagne Stop Trans Pathologization 2012 (qui va devoir changer de nom maintenant que la révision définitive du DSM est prévue pour 2013) n'ait pas encore atteint tous ses objectifs, puisqu'on est toujours dedans. Avec une variante tout de même, puisqu'on ne parle plus de «Gender Identity Disorder», mais de «Gender Incongruence». Que le nom médical de la transidentité transitionne, c'était effectivement assez incongru.

Alors, d'après les réactions que j'en ai lu, il y a du bon et du mauvais, ou en tout cas du moins pire et du pire :

  • on parle de contradiction avec le «genre assigné» et non pas avec le «sexe», ce qui devrait permettre notamment de rendre compatible le fait d'être trans avec le fait d'être intersexe (et autrement dit, si je comprends bien, de pouvoir transitionner quand on est intersexe ?)
  • toujours d'après ce que j'ai lu (et en lien toujours je crois avec la notion de «genre assigné»), une personne qui aurait terminé sa transition ne serait plus considérée comme malade mentale, puisqu'il n'y aurait plus d'«incongruence de genre». Du coup, on est toujours malade, mais maintenant on peut guérir. Youpi.
  • la formulation dans les critères pour être «retenu·e» : a strong desire to be of the other gender (or some alternative gender different from one’s assigned gender) qme semble ouvrir la possibilité d'être «diagnostiqué·e trans» (ce qui peut sembler négatif dit comme ça, mais permet concrètement d'accèer aux traitemens hormonaux ou chirurgie) pour des personnes ne se reconnaissant dans aucun des deux genres binaires.
  • la notion d'autogynéphilie, chère au Dr Zucker et qui est misogyne en plus d'être transphobe (j'en ai brièvement parlé ici et ), apparaît dans le passage lié au «travestissement fétichiste». Travestissement fétichiste réservé aux mecs, parce que, bien évidemment, une nana ne peut pas prender de plaisir à se travestir en mec...

Pour le reste, ça n'a pas l'air d'être des changements révolutionnaires, mais honnêtement j'ai pas tout lu, alors j'en sais trop rien. C