Étude sociologique des non-mixités du milieu LGBT
Par Butch Cassidyke le mercredi, janvier 27 2010, 02:13 - Réflexions - Lien permanent
Note d'Ellie : étant quelque peu en panne sèche de billets en ce moment, je me permets de combler ce vide avec une contribution (à laquelle je n'ai pu m'empêcher de rajouter quelques notes personnelles) d'un de mes fidèles lecteurs, Vlad, qui se trouve être un sociologue étudiant la domination féminine à l'intérieur du mouvement LGBT.
La non-mixité, comme cela a été démontré[1][2][3], est communautaire et
ghettoisante[4] et devrait être évitée absolument[5][6]. Pourtant, malgré tous
les efforts de la communauté LGBT pour s'ouvrir et s'intégrer à la société
hétéropatriarcapitaliste normale et respectable[7][8][9], des
personnes que l'on ne peut que difficilement que qualifier d'autre chose que
d'intégristes continuent à prôner non seulement un ghetto[10][11], mais même
des non-mixités, autant-dire des sous-ghettos, à l'intérieur[12].
Cet article a pour objectif de les recenser d'une manière impartiale, ce qui est possible car, à la différence d'un certain nombre d'auteurs publiant sur le sujet, étant moi-même hétérosexuel j'ai l'avantage d'être neutre[13][14].
Non-mixité lesbienne
La non-mixité lesbienne[15] est basée sur une haine, refoulée ou assumée, des hommes[16]. Le succès de cette formule est assez incompréhensible de nos jours, puisque ce sont justement les hommes qui se sont démenés pour ouvrir aux lesbiennes le milieu LGBT[17][18], où elles sont, toujours grâce aux hommes gays, beaucoup plus nombreuses qu'avant[19], voire pour ne pas dire le nouveau groupe dominant (des études[20] avancent le chiffre élevé de jusqu'à 5% dans une soirée).
Peu reconnaissantes, les lesbiennes continuent pourtant à vouloir se retrouver entre elles, parfois pour parler politique[21], ce qui est d'autant plus ridicule. Politique féminazie[22] et totalitaire[23], cela va sans dire.
Par ailleurs, la non-mixité lesbienne est par essence[24] et dans toutes ses
incarnations[25], transphobe[26], quoi que puissent en dire les différentes
lesbiennes trans[27] qui se retrouvent dans ces espaces, à qui les hommes gays
rendent d'ailleurs pourtant service en leur expliquant qu'on va les mettre
dehors même si elles sont les bienvenues[1]. C'est en
opposition complète à la communauté LGBT de manière plus large qui respecte
pourtant toujours parfaitement les identités des homosexuels refoulés qui
choisissent de devenir hétéros par facilité personnes trans[28][29].
Malgré cela, on retrouve tout de même parfois des espaces «femmes/lesbiennes/trans»[30], ce qui tend surtout à prouver que l'objectif de cette non-mixité est plus de dénigrer les véritables hommes biologiques que de se retrouver ensemble[31][32].
Non-mixité gay
À l'inverse, on ne peut pas vraiment parler de non-mixité gay[33][34]. On devrait plutôt, en fait, parler de pas-non-mixité[35] gay, puisque jamais un bar gay ne se revendique non-mixte, ce qui prouve bien qu'il est, lui, ouvert à tout le monde, et en particulier à la communauté LGBT[35].
Ainsi, les saunas, backrooms et certains bars ne sont pas une forme de non-mixité ghettoisante comme peuvent la pratiquer les lesbiennes[36], mais bien une forme d'ouverture à toute la communauté LGBT[37], même si en pratique seuls les hommes sont admis[38], ce qui est assez compréhensible étant donné l'effort qu'ils ont déjà fourni pour ouvrir le reste du mouvement LGBT aux femmes et aux trans (voir ci-dessus).
Non-mixité trans
La non-mixité trans est, elle, plutôt inspirée de la non-mixité lesbienne[39], sauf qu'au lieu de dire du mal des hommes, elle consiste à dire du mal des gens biologiques[40][41]. Cela dit, il est reconnu que la non-mixité trans est tout de même moins ghettoïsante[42], puisqu'en pratique n'importe qui peut y entrer, vu qu'on est finalement tous un peu transgenre[43].
L'intérêt principal d'un espace non-mixte trans est donc de venir débattre des thématiques concernant les gays normaux (enfin, biologiques, pas trans, quoi)[44][45][2], qui sont souvent malheureusement invisibles dans la communauté LGBT[46][47][48]. Certes, certains trans hystériques vont traiter les personnes biologiques de «cissegenre», ce qui relève de l'insulte, car consistant à coller une étiquette, ce qui ne se fait pas (qualifier une personne de trans sans lui demander son avis n'ayant évidemment rien à voir, puisque dans ce cadre il ne s'agit pas de coller une étiquette mais simplement de bon sens[49]).
Conclusion
Nous avons couvert de manière détaillée la façon dont la notion de
non-mixité nuisait à l'idéal républicain d'universalisme blanc cisgenre
hétéro masculin et avons prouvé à quel point elle était nuisible, sauf
lorsqu'elle était abordée de manière plus objective par les hommes. Cet article
soulève également la question encore taboue, que nous aborderons de manière
plus approfondie lors d'un prochain papier, de l'oppression, à l'intérieur du
mouvement LGBT, des hommes gays par les lesbiennes et les trans.
Notes
[1] NdEllie : C'est du vécu. Après, vu tous les billets que j'ai écrits sur la non-mixité, je vais pas prétendre que l'inclusion des trans est réglée et résolue, mais ça ne rend ni légitime qu'un mec instrumentalise ça pour son anti-féminisme, ni de créer un problème à des endroits où il n'y en a pas.
[2] NdEllie : C'est aussi du vécu... Cela dit, dans l'histoire, il y avait aussi une lesbienne cisgenre.
Commentaires
Mais d'où sort un truc pareil !
Ouais, moi je sais pas si je dois en rire ou en pleurer
ouch ^^
Euhhh c'est du lard ou du cochon ce billet ?
Sinon personnellement, je n'aime pas user des termes comme personnes bio ou cisgenre, je préfère largement utiliser standard ou ordinaire, c'est tout autant discriminant mais tellement plus vrai :)
Un sociologue ? ça m'étonnerai perso...
Alors je veux bien que les sociologues aiment plus mettre les gens dans des cases que les anthropologues (et encore ça dépend lesquels)
Mais de là utiliser ce genre de langage et à oser se dire objectif, ça n'a rien d'une démarche scientifique, même pour une science "molle" comme peuvent parfois être qualifiées les sciences humaines..
AHAHAHA
"étant moi-même hétérosexuel j'ai l'avantage d'être neutre"
je suis tellement hilare par cette phrase que je n'arrive pas (encore) à m'énerver dessus.
«Euhhh c'est du lard ou du cochon ce billet ?»
Ben c'est tout de même évident que parmi mon lectorat j'ai vraaiment des sociologues masculinistes qui m'envoient leur contribution (au lieu de les soumettre à Nouvelles Questions Masculinistes) et que, comme c'est en phase avec ce dont je parle, je les publie pour de vrai ?
Non ? :o
J'adore ^^
@Ellie
Ce n'est pas une critique de ta ligne rédactionnelle, c'est juste qu'en lisant ce papier, j'ai cru être brutalement plongée dans la 4ème dimension puis après je me suis mise à douter ; peut-être étais-ce un fake, un private joke :)
Heureusement grâce à ce contributeur, je redécouvre les vraies valeurs de tous les jours : les cons existent et sont une donnée invariable de nos sociétés...
Bonsoir Ellie. J’ai découvert ton blog tout récemment, et j’aime beaucoup ce que j’y lis habituellement. L’énergie que tu déploies pour lutter contre l’ « hétéropatriarcapitaliste » (je viens de découvrir cette expression ici même) me plait énormément.
Hum Hum, éclaircissons-nous la voix. J’ai commencé par me demander si cet article était à prendre au premier degré, puis j’ai douté, puis j’ai douté de nouveau mais dans l’autre sens. Je sais, c’est confus, mais c’est justement parce que c’est confus. Comme je ne suis pas sur le blog de Jean-Pierre Martin, je crains que ce ne soit pas de l’humour au quatorzième degré. Je m’interroge. Et je prends le parti de faire comme si c'était pour de vrai. Premier degré.
Ellie, je ne sais pas ce qui t’a amenée à publier ce texte. Tu écris tellement mieux que ça, tu es tellement plus humaine et plus nuancée.
C’est dommage, parce que le sujet mériterait amplement une analyse sérieuse et apaisée. Sans vouloir être méchant, ça m’étonnerait que Vlad, s'il existe vraiment, puisse obtenir une note exprimée en nombres positifs s’il lui venait l’idée saugrenue de présenter une « analyse » dans ce genre à l’un de ses examens de sociologie… Même en imaginant, par bienveillance, que les notes de bas de page (qui ne renvoient à rien ici) renverraient en fait vers des textes plus intéressants.
Ellie, si tu écrivais toi-même un article sur le même sujet, panne d’inspiration ou pas, je mets ma main au feu (elle ne craint rien) qu’il serait infiniment plus intéressant.
Ne sachant toujours pas si cet article est sérieux ou si c’est un nouveau concept de caméra cachée sans caméra pour piéger les internautes qui écrivent plus vite que leur pensée, je relève quelques points particulièrement perplexifiants :
- « étant moi-même hétérosexuel j'ai l'avantage d'être neutre » (No comment. Cette phrase est tellement débile qu’elle s’autodétruit avant que qu’on ait eu le temps de la lire en entier)
- « la domination féminine à l'intérieur du mouvement LGBT » (Quesako ? Il veut sans doute dire que c’est le seul milieu où les hommes n’ont pas systématiquement le dessus sur les femmes.)
- « ce sont justement les hommes qui se sont démenés pour ouvrir aux lesbiennes le milieu LGBT » (Dans le même ordre d’idées, ce sont les anglo-saxons qui ont inventé le « world music ». La culture dominante, dans sa grande magnanimité, a daigné créer une petite case pour ce qu’elle refuse de comprendre et qu’elle a vocation a écraser, mais dont elle veut néanmoins tirer des bénéfices.)
- « féminazie » (Si Vlad prononçait ce terme en face de moi, il y a fort à parier que l'agneau sous tranquillisants que je suis la plupart du temps se transformerait instantanément en ours des cavernes en manque de speed. Féminazie… C’est extrêmement violent. Même si c’est de l’humour et que je me suis fait piéger, ce terme est complètement hors de propos, déplacé, choquant.)
- « les saunas, backrooms et certains bars ne sont pas une forme de non-mixité ghettoisante comme peuvent la pratiquer les lesbiennes, mais bien une forme d'ouverture à toute la communauté LGBT » (Ben tiens. Les bordels ne sont pas non-mixtes non plus, d’ailleurs. Après tout, il n’est pas marqué sur la vitrine que les femmes n’ont pas le droit d’entrer.)
Je m’arrête là. C’est lamentable. Je précise pourtant que je suis entièrement d’accord sur certains points. Je n’aime pas la non-mixité, je la trouve très hétéronormative et intolérante. Elle m’évoque les collèges de nos grands-parents, le scoutisme et tant d’autres institutions étouffantes.
Vlad, si tu n'es pas un gag, je pense que tu as écrit ça sur le coup de la colère, que tu as laissé rancoeurs et préjugés prendre le pas sur ton intelligence, et que tu te trompes d’ennemis.
(Ellie, j’espère que le fait que ma première intervention sur ton blog, par son aspect colérique, ne me rendra pas antipathique à tes yeux. Ce serait triste.)
Zut, je me suis mal relu. Il y a un "que le fait" intempestif dans ma dernière phrase.
@ Candy - euh... je pense vraiment pas que c'était à prendre au premier degré...
@ Loum360
C'est juste que j'ai déjà entendu des gens parler comme ça. Tant mieux si je me suis planté, d'ailleurs. Le ridicule ne m'a pas encore tué jusqu'à présent, mais l'intolérance a déjà failli le faire deux ou trois fois...
Et puis, ça m'apprendra à m'exprimer sur un forum avec deux bouteilles de rouge dans le nez :-)
Vlad, épouse-moi !
(dès que j'aurais détransitionné)
Pédé Distingué aka Mariah
Premier ou second degré, dans tous les cas les bis sont invisibles :)
(En tout cas, j'ai bien ris, ce qui était à mon avis le but principal du billet)
Coucou,
désolée de pas répondre plus (ou plus rapidement, en tout cas) aux commentaires, mais bon, je suis pas très très sociable :p
Candy: oui c'étai bien de l'ironie, je l'avais mis dans la bouche de Vlad et avec une forme un peu différente des posts habituels parce que j'espérais que ça serait plus clair que c'était pas à prendre au premier degré, mais peut-être que ça a plus compliqué qu'autre chose, je sais pas.
Léna: oui effectivement. Après je pense qu'il y a des bis qui vont participer dans les trois groupes, mais de manière plus ou moins invisible.
Pédé Distingué: je transmettrai :)
Bon ben voilà, j'ai l'air con... Popom popom... Ce n'est pas très grave, et j'espère que ça m'apprendra à modérer mon impulsivité.
Je l'écrivais plus haut : "Ne sachant toujours pas si cet article est sérieux ou si c’est un nouveau concept de caméra cachée sans caméra pour piéger les internautes qui écrivent plus vite que leur pensée,...''
Maintenant je sais.
Coucou la caméra, huhuhu. Comment ça, j'ai un sourire couillon et inexpressif ?
enfin un peu de neutralité sur ce blog d'extrémiste ! je dois dire que j'en suis ravie.