Aujourd'hui j'ai lu deux articles, concernant tous deux le sexisme dans le milieu informatique, il est vrai dominé par les hommes.

Le premier, sur le blog Olympe et le plafond de verre, dénonce le fait que certaines publicités dans des revues informatiques montrent plus des femmes en lingerie que, ben, des choses liées à l'informatique. Il faut reconnaître que ce n'est pas nouveau : depuis un certain temps, dans la publicité, on vend des femmes dénudées pour vendre des voitures, du déodorant, etc.

Le second article, sur The F Word, montre que certains informaticiens semblent trouver cela insuffisant. Ainsi, un conférencier à un congrès portant sur le développement Ruby, a estimé qu'il était de bon goût d'utiliser dans ses slides de présentation une métaphore prolongée avec la pornographie.

Ce qui, en soi, ne me choque à vrai dire pas plus que ça : par exemple utiliser le Dr Manhattan (le géant bleu et nu de Watchmen, qui a effectivement un certain côté pornstar) pour illustrer un slide sur la taille en mémoire, ou encore des pilules viagre pour un slide sur la fiabilité, je trouve que c'est potache mais pas spécialement choquant.

Par contre, le fait est qu'ensuite le conférencier a cru bon de mettre quantité de filles plutôt dénudées dans des positions plutôt soumises afin sans doute de récupérer l'attention de son public à 97% masculin. Ce qui me pose plus problème.

Mais peut-être pas autant que la réaction de certaines personnes aux critiques, comme le créateur de Ruby on rails qui ne voit vraiment pas le problème.

Malheureusement, ça me rappelle certaines expériences que j'avais pu voir à l'époque où j'étais plus ou moins impliquée dans le milieu du logiciel libre, c'est-à-dire que formuler une critique sur ce genre de sujet revient rapidement à s'exposer à se faire traiter de suppôts du «politiquement correct» ou de liberticides. Certes, c'est quelque chose qu'on retrouve un peu partout (les méchantes féministes castratrices), mais dans le milieu geek j'ai l'impression qu'il y avait un aspect «je te montre que j'en sais plus que toi» très relou (par exemple, le gars qui se sent obligé de montrer qu'il connait bien le français ©académie française et te corrige quand tu dis auteure avec un e au bout (oh mon gode) ou, pire, que tu emploies des formes féminisées), sans compter l'aspect «je rentre pas dans les normes de socialité» qui se traduit parfois par «je suis fier d'être un gros con» (particulièrement dans les échanges en ligne, dans la vraie vie en général c'était quand même plus cool).

Cela dit, il y a peut-être quand même une certaine évolution des mentalités depuis, comme le montrent l'apparition de certains groupes concernant les questions de genre et d'inclusivité au sein de certains projets. Ou le fait que suite à ce genre de réactions sus-mentionnées, un des «rails activists» a décidé de démissionner. Alors je ne sais pas exactement ce que ça représente que d'être «rail activist», mais je trouve intéressant qu'un type trouve ce problème suffisamment important pour remettre en cause sa participation dans un projet.

Et peut-être qu'un jour, il y aura moins de 98% de mecs parmi les développeuses de logiciel libre.