Raisons d'être féministe quand on est trans'
Par Butch Cassidyke le jeudi, février 25 2010, 01:35 - Politique - Lien permanent
Tiens, voilà un vieux billet non publié (qui date d'avril 2009), concernant une ébauche de «bonnes raisons d'être féministes». Inspirée des 10000 raisons d'etre féministe et des 500 bonnes raisons d'en finir avec le patriarcat, on en avait aussi reprises/réinventées dans le cadre de prise de paroles des Flamands Roses, et je m'étais prises au jeu en cherchant des raisons spécifiques quand on est trans...
Du coup comme j'ai retrouvé ce brouillon, je me suis dit que ça n'était pas trop tard pour le publier, même si y'a des trucs que j'écrirais plus pareil (genre, maintenant, je suis super allergique au terme MtF/FtM, alors qu'à l'époque non).
- Parce que j'en ai marre d'être considérée comme «en réalité» un homme
- Parce qu'une MtF transitionne forcément «par masochisme», alors qu'un FtM le fait forcément «pour avoir plus de privilèges»
- Parce que ça me soule qu'on me demande si je suis opérée ou pas
- Parce que, non, le fait de porter des vêtements féminins alors que j'ai été un garçon ne veut pas dire que j'ai forcément envie de me taper n'importe quel mec, tout le temps, n'importe où
- Pour ne pas avoir à prétendre que je suis hétérosexuelle devant mon psychiatre ; et pour ne plus avoir à passer obligatoirement devant un psychiatre, d'ailleurs
- Parce que, non, ça ne me plaît pas spécialement que, pour respecter mon identité de genre féminine, on se sente obligé d'être sexiste avec moi
- Parce que les gens «tolérants» se remettent à parler de moi au masculin dès que je ne suis pas assez soumise à leur goût, ou lorsqu'ils ne sont pas d'accord
- Parce que quand on ne m'emmerde pas parce que je suis une fille, on m'emmerde parce que je n'en suis pas une vraie
- Parce qu'une personne trans' a environ 18 fois plus de chance de se faire tuer qu'une personne cis'
- Pour ne plus être considérée comme une malade mentale
- Pour ne plus être obligée d'être stérilisée pour changer d'état-civil
- Pour que les médecins arrêtent de m'expliquer qu'il ne peuvent pas me prendre en charge parce qu'ils ne gèrent pas les trans', même quand je viens pour une gastro
- Parce que, contrairement à une psychiatre d'une équipe officielle, non, je ne considère pas que pouvoir vivre dans le genre féminin ou pas est lié au fait de ne pas être trop «énorme»
- Parce que ça me gave que pour déterminer si j'ai «réussi» ma transition, la question la plus importante soit : «est-elle baisable ?»
- Parce que, non, je ne suis pas «plus femme que femme» ; je suis juste aussi infâme que les infâmes féministes
Commentaires
J'aime beaucoup la 15...
Je voulais juste signaler, au cas ça t'aurait échappé, en fin d'après midi, aujourd'hui 25, à 17 heures, sur Frans-Culture, l'émission "sur les Dock" a pour titre "des psys et des trans : rencontre du 3e genre".
http://sites.radiofrance.fr/chaines...
Encore faudrait-il savoir si être ou se dire féministe (puisque c'est un acte de déclaration d'abord) nous protège ou tend à nous protéger de tout ça. Ce dont mon expérience m'a amenée à douter plus que fortement.
Plume
Non, se déclarer féministes ne nous protège pas, mais ça nous rend plus fortes!
Oui - je n'avais pas précisé : protégées aussi par rapport aux féministes même ? (bio s'entend - mais une vraie féministe est forcément bio).
replume
Plume: je pense pas qu'être féministe me protège vraiment de tout ça, mais plutot qu'à cause de tout ça je suis féministe dans le sens "Tout ce que je sais c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson".
Même s'il y a effectivement aussi un paquet de féministes cisgenres qui confondent les féministes trans avec un paillasson, et que la citation ne marche pas vraiment dans ce cas, mais bon...
J'aime beaucoup la 8 : gouine powa'!