J’ai monté les marches qui menaient vers l’amphithéâtre où devait avoir lieu le débat auquel je voulais assister. Il était censé commencer à treize heures et il était déjà et quart, alors je montais d’un pas rapide.

J’étais un peu angoissée, et pas uniquement à cause de mon retard : il s’agissait d’un débat féministe en non-mixité, et j’espérais que les organisatrices ne me jetteraient pas dehors parce que j’étais trans’, étant donné que les informations que j’avais eu n’étaient pas très claires sur ce sujet.

Devant la porte, adossée à une barrière, une butch en treillis-rangers buvait une bière en me regardant approcher. Elle me dévisageait d’un air inquisiteur, pas franchement accueillant.

Je lui ai fait un petit signe de tête par politesse et me suis dirigée vers la porte, comptant entrer dans l’amphi.

« Une seconde », a-t-elle dit sur un ton sec alors que je m’apprêtais à le faire.


*****

Je me suis tournée vers elle et lui ai jeté un regard blasé. Je savais déjà comment ça allait se terminer.

« Quoi ? » ai-je demandé.

Elle m’a dévisagée de haut en bas et, vu son expression, rien n’avait l’air de trouver grâce à ses yeux : entre mes cheveux blonds et longs, mon petit haut moulant, ma mini-jupe et mes bas résille, rien n’allait, tout avait l’air de lui semblait suspect.

Elle a arrêté son regard sur mes chaussures, des Docs noires à 20 trous aux lacets rouges, et elle a fait un petit sourire.

« Jolies godasses. »

J’ai souri, à mon tour, pensant que c’était une façon de me dire qu’elle m’acceptait plus ou moins, finalement.

Grossière erreur d’interprétation, car elle a ajouté, après avoir avalé une gorgée de bière :

« Pour une trav’, je veux dire. »

Elle n’avait pas du tout pris un ton sympathique en disant ça.

J’ai soupiré, énervée à l’idée que j’allais me faire jeter juste parce que j’avais le malheur d’avoir un chromosome Y. Peut-être. Je n’ai jamais fait de caryotype, alors on ne peut pas être sûr.

« Quoi ? ai-je demandé en faisant un pas vers elle. Tu veux regarder ce que j’ai sous la culotte pour savoir si tu vas me jeter ? »

Elle a fait une espèce de sourire, ou alors elle s’est contentée de montrer les dents, c’est dur à dire.

« Ouais. Ça se pourrait. »


*****

Elle m’a plaquée avec force contre un grillage qui délimitait le perimètre d’un laboratoire quelconque. J’avais le visage contre le fil de fer, ce qui n’était pas spécialement agréable, et elle me faisait une clé de bras qui m’immobilisait complètement, ce qui ne l’était pas plus.

J’ai senti sa main libre passer sous ma gorge, ses doigts cherchant ma pomme d’Adam.

« C’est suspect, ça » a-t-elle dit avant de commencer à resserrer sa prise, m’empêchant de respirer.

Elle a continué à m’étrangler pendant une vingtaine de secondes, qui m’ont paru une éternité. J’étais complètement à sa merci et j’en étais consciente, ce qui était une sensation bizarre, à la fois effrayante et enivrante.

Lorsqu’elle m’a finalement relâchée, j’ai repris mon souffle avant d’essayer de protester :

« Vous n’avez pas le droit...

— Tais-toi, chienne ! » a-t-elle intimé, me coupant la parole. « Je fais un examen approfondi pour savoir si tu as le droit de rentrer dans la salle. »

Son argument m’a semblé un peu spécieux, étant donné, d’une part, que le débat devait maintenant avoir commencé depuis un certain temps et, d’autre part, qu’il me semblait que les femmes comme les hommes, trans’ ou pas, suffoquaient lorsqu’on les étranglaient.

Je n’ai cependant rien dit et elle a continué son examen, faisant descendre sa main vers ma poitrine. Elle a saisi mon sein gauche et l’a serré.

« Ça n’a pas l’air d’être du rembourrage », a-t-elle admis, manifestement à contrecœur, alors qu’elle me pelotait et repérait mon têton à travers mon tee-shirt.

J’ai lâché un soupir.

« Non. Ce n’est pas du « rembourrage ». Je peux y aller, maintenant ?.

— Je vais quand même vérifier, pour être sûre. »

Elle s’est alors mise à me serrer le têton aussi fort qu’elle le pouvait, déclenchant une explosion de douleur mêlée à du plaisir, et m’arrachant un petit gémissement.

« Ouais, ça a l’air vaguement vrai », a-t-elle concédé.

J’ai préféré ne rien dire à propos du vaguement, mais je n’en pensais pas moins.

Sa main a continué à descendre le long de mon corps, s’attardant un peu sur le nombril avant de continuer son exploration.

« On arrive au passage critique », a-t-elle expliqué alors qu’elle faisait passer sa main sous ma jupe.

Ses doigts ont caressé ma culotte et, même si elle était dans mon dos, je pouvais deviner qu’elle souriait en sentant ce qu’elle touchait.

« Ah ha ! a-t-elle jubilé. Je le savais ! Tu n’es qu’une travelotte ! »

Elle a passé ses doigts dans ma culotte et a commencé à me caresser le gland. J’étais déjà excitée par son passage sur ma poitrine, ainsi que par la sensation d’étranglement qui m’avait donné une érection telle que je n’en avais plus eu depuis que j’avais commencé mon traitement hormonal.

Tout ça pour dire qu’il ne lui a pas fallu bien longtemps pour que j’atteigne l’orgasme, envoyant au passage une dose considérable d’un liquide — que je n’aurais plus dû, logiquement, être en capacité de produire — inonder ma petite culotte en dentelles ainsi que la main de mon interrogatrice.

Ce qui n’a pas eu l’air de vraiment plaire à cette dernière.

« Tsss, a-t-elle soufflé dans mon cou. C’est très très mâle, ce que tu viens de faire là. »

Elle a alors placé sa main sur mes testicules et a serré de toutes ses forces, et j’ai hurlé de douleur avant de m’effondrer au sol tandis qu’elle riait.


*****

Je suis restée à peu près une minute agenouillée au sol tandis que la garce s’esclaffait et essuyait sa main souillée dans mes cheveux. Puis elle a appuyé sur ma tête pour me forcer à la baisser, jusqu’à ce que je me retrouve à quatre pattes à ses pieds.

« Lèche, chienne », a-t-elle ordonné en me montrant une de ses rangers.

J’ai obéi, passant ma langue sur le bout un peu usé de sa chaussure.

« Et que ça brille », a-t-elle ajouté.

J’ai fait le tour de sa pompe avec ma langue, ce qui a pris un peu de temps, parce qu’elle me forçait à repasser sur certains endroits que j’avais mal nettoyés. La godasse avait un goût âpre, et n’avait par ailleurs pas l’air d’être franchement très propre. J’essayais de ne pas penser aux aphtes que j’allais me taper à cause de ses fantaisies idiotes, encore que me questionner à ce sujet avait l’avantage de me distraire de mes coucougnettes qui me lançaient toujours.

J’ai fini en léchant les deux boucles de ses sangles, qui étaient froides et avaient un goût métallique.

Je me suis demandée si elle allait m’ordonner de faire aussi l’autre pied, mais elle m’a épargnée ça et s’est contentée de m’attraper par les cheveux pour me faire redresser à genoux.

Elle a alors déboutonné son pantalon et l’a baissé, ainsi que son...


*****

« Hé ho ? » a fait la butch alors que j’étais toujours face à la porte de l’amphithéâtre, me sortant brutalement de ma rêverie.

Je me suis retournée, un peu penaude.

« Quoi ? ai-je demandé.

— Tu viens pour le débat ? a-t-elle demandé avec un ton trop peu menaçant à mon goût.

— Oui.

— C’est l’autre salle », a-t-elle alors expliqué en me montrant une deuxième porte.

J’ai tourné la tête et ai réalisé qu’il y avait effectivement une autre porte dans le même style que je n’avais pas encore remarqué.

« Oh. Merci », ai-je répondu en baissant la tête d’un air penaud. Mon regard est alors tombé sur ses belles rangers.

« Jolies godasses », ai-je fait remarquer sans pouvoir m’empêcher d’arborer un large sourire.

Je ne suis pas sûre qu’elle ait compris pourquoi.


Voilà, il est une heure du matin et j'espère que j'assumerai encore vaguement ce texte après avoir dormi. Je tiens néanmoins à préciser, si ce n'était pas évident, qu'il s'agit d'une oeuvre de fiction et que par conséquent les fantasmes de la narratrice ne sont pas nécessairement les miens. Toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existés ne saurait donc être que purement fortuite.