Y'a des coups de tronçonneuse qui se perdent
Par Butch Cassidyke le samedi, février 28 2009, 19:18 - Politique - Lien permanent
Je suis tombée via The F Word sur un article en anglais assez édifiant.
Il est sobrement intitulé «Working women almost certainly caused the credit crunch» soit, en français, quelque chose comme «les femmes travailleuses ont de manière pratiquement certaine causé la crise du crédit».
La thèse de l'auteur est la suivante : d'abord, les femmes prennent le travail des hommes, alors qu'elles seraient plus heureuses à la maison.
Mais l'auteur ne propose pas simplement de virer les femmes pour donner les boulots à des hommes. Non, il propose aussi d'abolir leur travail :
It would be ludicrous to suggest that women should be sacked purely to give men their jobs. In many cases, their jobs should be abolished as well.
Women are twice as likely as men to work in the public sector. They account for two-thirds of the Civil Service and three- quarters of all public employees.
Yet they are barely represented in the useful public services of firefighting and arresting people. Encouraging women to leave the workforce would go a long way towards addressing the budget deficit without any downside whatsoever.
Traduit sommairement : les femmes sont plus susceptibles que les hommes de travailler dans le secteur public. Là on sent déjà venir la logique libéralo-patriarcale : faisons d'une pierre deux coups, supprimons le secteur public, et les femmes au foyer.
En plus, les femmes qui bossent dans le public ne bossent même pas dans les «services publics utiles» qui ne sont pas, évidemment, l'éducation ou la santé, mais «arrêter les gens» (et combattre le feu, sans doute déclenché par les gens qu'on a arrêté).
Et donc, encourager les femmes à ne plus bosser permettrait de réduire le déficit du budget.
L'auteur conclut avec la conclusion suivante, que je ne m'abaisserai pas à traduire :
The time has come to build a more sustainable, equitable and progressive society. Why not make a start by telling your other half to quit her job? She can ask you for the housekeeping on Friday.
J'avoue que, ne connaissant ni l'auteur ni le journal (pis en plus c'est de l'anglais), je ne sais pas si c'est sérieux ou une sorte d'humour, haha, lol, mais je pense malheureusement que c'est assez révélateur (que ce soit sérieux ou une forme de dénonciation) d'une tendance à utiliser la crise pour renforcer les vieilles idées réactionnaires, qu'elles soient racistes, sexistes, antisémites, homophobes, etc. Espérons (rêvons) qu'en face, la gauche (et l'extrême-gauche en particulier, je n'attends rien du PS) sera capable de dénoncer et lutter efficacement contre cela, en commençant notamment par éviter de jouer à la gauche sévèrement burnée face à la droite dure mais au contraire en pointant du doigts que toutes nous avons intérêt à lutter contre ce système hétéropatriarcapitaliste pourri.
(Alors on pourra dire que parler de tronçonneuse face à la gauche sévèrement burnée ça fait quand même un peu phallique, ce à quoi je répliquerai que non, pas du tout, la tronçonneuse étant au contraire symbolique de la dialectique de genre, puisque si la lame fait certes «phallique» elle est aussi symbole de castration : c'est donc à la fois le phallus et la négation du phallus, symbole du système qui engendre sa propre annihilation.
Non ?)
Commentaires
Sur l'auteur de l'article
"NEWTON EMERSON • Satiriste sans peur et sans reproche
Malgré des taux de croissance vertigineux, un enrichissement général, une vision optimiste de l'avenir, un problème taraude toujours l'Irlande du Sud : les six comtés de l'Irlande du Nord. Mais, heureusement, Newton Emerson existe. A 35 ans, ce jeune unioniste libéral, c'est-à-dire partisan du maintien de l'Ulster dans la couronne britannique, crâne rasé et petites lunettes cerclées, est un des meilleurs observateurs de la société nord-irlandaise. Entre journalisme et satire, il écrit chaque semaine des chroniques dans The Irish News, le quotidien catholique de Belfast, et apparaît à la télévision et sur les radios nord-irlandaises. Chaque semaine, il publie aussi Portadown News (www.portadownnews.com), une des pages les plus hilarantes sur la vie politique nord-irlandaise. Tellement drôle et irrévérencieuse qu'elle lui a valu, il y a moins de deux ans, de sérieux problèmes. Son hébergeur Internet de l'époque avait refusé de mettre en ligne sa page, car elle était de nature à "froisser et à perturber" la société ! Censuré, Newton Emerson est aussitôt devenu un héros de la libre expression. Un combat qu'il a remporté haut la main. Portadown News est aujourd'hui publié chaque dimanche dans le tabloïd The People. Mieux, avec son mélange de non-sens britannique et d'humour potache irlandais, Newton Emerson a réussi à réconcilier catholiques et protestants. Pour s'échapper du Nord, où il vit toujours, il publie maintenant dans The Irish Times une chronique délirante sur l'actualité mondiale, de la chute de Saddam Hussein aux déboires de la compagnie aérienne à bas coût Ryanair avec la Commission européenne.
The Irish Times"
La tronçonneuse découperait du lard ou du cochon ?
+ traité ici :
http://eco.rue89.com/2009/03/03/la-...