Cours

Ça y est, j'ai commencé à donner des cours.

Globalement, c'est pas la fête.

J'ai suivi les bons conseils de mon chef et j'ai rangé bas résilles, jupes, maquillages, vernis, boucles d'oreilles, bracelets et colliers pour y aller «en garçon», histoire de pas avoir à gérer à la fois la transphobie et mon manque pathologique d'autorité.

Ouais, la bonne idée.

La plupart des copines/copains avec qui j'ai discuté de ça m'ont sorti, en général, quelque chose du genre «mais, euh, t'entends quoi par y aller en garçon ? Parce que bon, euh, tu vas pas être trop crédible, hein».

Ben ouais, mais maintenant que j'ai commencé, faut bien continuer.

Mais du coup, ce que j'avais pas prévu, c'est que je pourrais croiser des élèves en dehors du taf. Et du coup, je psychote, et j'ose plus sortir en jupe de peur qu'un de mes élèves ne me voit comme ça (quoique je me demande si ça n'a pas déjà été le cas, je saurai vendredi prochain, je suppose). (Et j'ose pas me mettre en tee-shirt en cours de peur qu'on voit que j'ai vaguement des seins, et du coup j'ai chaud.)

Jusqu'ici, je n'irai pas jusqu'à dire que tout va bien, mais on survit, on fait aller. Mais j'ai quand même la méchante impression d'aller droit dans le mur, et que ça va se finir à coup de lame de rasoir ou d'anti-dépresseurs.

Bah, on verra bien.

Über-femitude

Du coup, comme j'ose plus porter de jupe, et que j'ai quand même pas envie de mettre un pauvre jean quand je vais voir des potes en week-end, j'ai ressorti mon beau treillis (enfin, modèle de chez Tati) que j'avais encore pas trop porté.

Je trouve que ça me va bien, en fait, plus que je ne l'aurais cru, c'est peut-être le bon côté de l'histoire.

Après, je me définis toujours très binairement comme Fem (MiliFem ?), mais ça m'amuse assez de pouvoir jouer potentiellement à «plus viriliste que moi, tu meurs» avec mes copains de la gauche sévèrement burnée (bon, mes camarades loca-ux-les du NPA sont pas trop sur ce modèle, j'ai l'impression, mais j'ai quand même croisé un redskin qui m'a regardé avec un drôle d'air).

Enfin, au niveau du look seulement, parce que bon, je continue à pousser des petits cris au moindre truc et à faire ma pouffe, faut pas déconner.

Fantasme

Sinon, avec ces discussions sur Butch/fem, d'un côté, et que féminiser avec des e partout, ça fait chier, ben je me disais que quand même, autant ça me faisait chier d'être grammaticalement masculinisée de force par la langue française, autant je fantasmais vachement sur le fait de me faire, au niveau du look, masculiniser de force (enfin genre BDSM, de force mais quand tu peux arrêter quand même, pas de force, de force, quoi, hein ?).

(Par une butch, évidemment, ou un FtM à la limite, d'un côté histoire d'avoir quelqu'un qui puisse être capable de faire, et de l'autre parce que si c'est un mec cis, c'est plus un fantasme, mais un cauchemar. Et pis bon, c'est peut-être binaire, mais dans les fantasmes, on a le droit, non ?)