Vu que ça fait longtemps que je n'ai rien mis ici (depuis l'année dernière en fait), je me suis dit que j'allais griller ma dernière nouvelle en réserve.

Il s'agit d'une nouvelle, «Le sang et les larmes» que j'avais envoyée pour le premier numéro de Piments & Muscades et qui a été refusée.

Je dois tout de même préciser deux choses :

  • d'abord, il s'agit d'un texte vaguement sexuel qui reste quand même je pense assez soft pour ne pas trop choquer les mineurs, mais bon, si vous êtes vraiment sensible, vous pouvez encore fuir.
  • ensuite, il s'agit d'un texte purement hétérosexuel, honte à moi, je ne recommencerai plus.

La manifestation était terminée, sauf qu’elle ne l’était pas vraiment. Quand il y a de la casse, c’est toujours à ces moments-là que ça se produit : quand les éléments les plus « raisonnables » sont rentrés dans le métro ou sont partis boire un coup dans le bar du coin et qu’il n’y a par conséquent plus personne pour faire tampon entre les manifestants en colère et les forces de répression.

En l’occurrence, les choses commencèrent à mal tourner lorsqu’Ally frappa Maxime.

Ce dernier se trouvait à ce moment-là un peu à l’écart, appuyé contre un pick-up à la hauteur imposante qui était mal garé sur le trottoir.

Ally traversa la moitié de la place pour aller vers lui, laissant à tout le monde le temps de remarquer le « 90D » imprimé au dos de son uniforme de police qui indiquait de quelle compagnie elle était.

Elle portait un uniforme noir avec des rangers et des jambières qui protégeaient ses tibias et genoux, mais elle n’avait pas de casque, laissant flotter au vent sa chevelure blonde.

Maxime était tourné de l’autre côté, aussi ne la vit-il pas venir. Ally lui tapota d’abord l’épaule puis, lorsqu’il se retournait, lui envoya un coup dans l’estomac avec la pointe de son tonfa.

C’est là que tout a dégénéré.

Parce qu’à cause de sa chevelure blonde, de son allure rapide et de son uniforme noir, quelques regards l’avaient suivie et avaient été le témoin de ce qui fut tout de suite perçu comme une violence policière.

Des manifestants commencèrent par conséquent à se rapprocher en scandant des slogans rôdés : « Police partout, justice nulle part », « Police nationale, milice du capital » et « CRS, SS ». Le dernier était quelque peu injuste puisque, si Ally avait une carrure et une chevelure effectivement très aryenne, elle n’avait pas l’uniforme correspond à ce groupe spécifique.

Les CRS, eux, se trouvaient un peu plus loin et suivaient la scène d’un air méfiant, anticipant la suite.

Pendant ce temps, Ally ne semblait pas remarquer qu’elle était le centre de l’attention générale et avait jeté Maxime à terre, sur le ventre, avant de s’agenouiller sur son dos pour le bloquer avec une clé de bras.

« Alors, on fait moins le malin, maintenant ? » eut-elle le temps de lancer avant que deux manifestants ne la poussent pour dégager le jeune homme.

Elle essaya de se relever mais elle était encerclée et se retrouva au sol, ce qui n’est pas vraiment une bonne chose dans ce genre de cas.

Deux militants essayaient de calmer leurs camarades, mais elle eut le temps de recevoir quelques coups de pied. Ses protections lui furent utiles mais elle regretta de ne pas avoir pris de casque par souci esthétique, car un coup la heurta au nez et elle se mit à saigner. Heureusement, la blessure lui semblait sans gravité.

Puis les manifestants s’immobilisèrent, fascinés par la trajectoire parabolique qu’adoptaient quatre grenades lacrymogènes, laissant chacune derrière elle une esthétique traînée de gaz blanchâtre.

Les grenades touchèrent le sol, les manifestants reculèrent et tout le monde — manifestants, policiers et badauds — se mit à pleurer.

Maxime se faufila sous le pick-up contre lequel il était adossé avant que ne survienne Ally et il traîna cette dernière avec lui. Puis il glissa sa main contre le pantalon de la jeune femme, et sentit sa paire de menottes. Avec un sourire satisfait il s’en empara et entreprit ensuite de s’en servir sur la policière, ce qui ne se révéla pas aussi facile que prévu puisqu’elle se débattait.

Pendant quelques instants il y eut une lutte entre les deux. Ally essayait de bloquer le bras de son adversaire et de lui faire tomber les menottes tandis que Maxime cherchait à lui attraper les poignets pour les attacher.

Comme il avait eu plus de temps qu’elle pour trouver une place relativement confortable sous le véhicule, dont la hauteur était élevée mais tout de même pas tant que ça, c’est lui qui parvint à prendre l’avantage et Ally se retrouva avec les deux poignets attachés devant elle par ses propres menottes.

« Alors », demanda Maxime en passant sa main sur la poitrine de la jeune femme et en lui serrant brutalement le sein gauche, « on dirait que la situation est retournée, pas vrai ?

— Je vous en prie, pleurnicha la policière, ne me faites pas de mal. »

Maxime trouva sa réaction un peu exagérée et sa reddition rapide, mais il comprenait, vu comme la situation n’était pas tout à fait comme ils l’avaient prévus, qu’elle décide de raccourcir un peu les préliminaires.

Il tourna la jeune femme sur le côté, dos à lui, lui baissa le pantalon, puis la culotte, alors qu’elle se débattait assez mollement, et commença à lui administrer une fessée.

Il s’arrêta cependant rapidement, car sa main frappait régulièrement contre le fond de caisse et qu’il devait se faire plus mal qu’elle.

À la place, il entreprit de déboutonner son pantalon tandis qu’Ally toussait :

« Oh non, pitié... »

Maxime chercha une réplique cinglante à lancer, mais comme il ne trouvait rien et qu’il avait la gorge en feu, il se contenta de se mettre sur le côté à son tour et d’être de plus en plus audacieux avec ses doigts.

La jeune femme poussa un long gémissement tandis qu’il ressentait un début d’érection. Il entreprit donc de s’introduire par effraction chez la policière.

Ce qui était plus facile à dire qu’à faire, étant donné la position et l’aspect irritant du gaz lacrymogène.

Le temps étant trop limité pour que Maxime prenne le temps de se protéger, Ally avait inséré préalablement un préservatif féminin. Le jeune homme l’enviait : ça devait protéger les parties intimes du gaz, tandis que lui avait le bout de son engin en feu.

Pendant ce temps, les CRS chargeaient, puis reculaient sous la pression de jets de projectiles divers, même s’il ne s’agissait principalement que de canettes et du contenu de poubelles renversées.

Sous le pick-up, Maxime eut un orgasme un peu décevant ; pourtant, au même moment, il eut l’impression que le monde explosait autour de lui.

Plus réactive, Ally réalisa que le véhicule sous lequel ils forniquaient venait de recevoir un cocktail Molotov.

Ils roulèrent sur eux-même et sortirent chacun d’un côté de l’engin en flammes.

« Bon, constata Maxime en reboutonnant son pantalon. Ça aurait pu se passer mieux.

— L’ambiance était sympa, je trouve », répliqua Ally, un sourire aux lèvres, alors qu’elle cherchait la clé de ses menottes. Elle se trouvait dans une de ses poches, mais laquelle ?

« Quand même », se demanda le manifestant en jetant un coup d’œil distant au chaos dans lequel ils se trouvaient. « Je me demande si on n’aurait pas dû les prévenir que ce n’était qu’un jeu sexuel ?

— Pourquoi ? s’étonna la « policière » en se déliant les poignets. La lacrymo, l’odeur d’essence, l’uniforme... Hmmm... »

Maxime regarda son amie qui commençait à se caresser les seins et fit le tour du pick-up pour la rejoindre. Ensuite, ils s’embrassèrent. La bouche de la jeune femme avait un goût de lacrymogène et de sang, à cause de sa blessure au nez. Il aimait bien ça.

« On cherche une nouvelle voiture ? demanda finalement Maxime.

— Ouais », répondit Ally en souriant. Puis elle montra le tonfa qu’elle portait sur le côté et ajouta : « Il faut que j’essaie mon nouveau sextoy sur quelqu’un. »