Les amis dont on pourrait se passer
Par Butch Cassidyke le mardi, janvier 29 2008, 12:10 - Politique - Lien permanent
L'autre jour, j'étais à un débat militant qui interrogeait la distinction hommes/femmes et le sexisme. Très bien.
Un des types présents (ou plusieurs, mais je me souviens d'un en particulier) a fait toute une diatribre sur les trans', disant que c'était bien, que c'était révolutionnaire, subversif, tout ça.
C'était plutôt long pour finalement dire relativement peu, mais ça c'est un autre problème, même si ça vaudrait le coup de faire un billet sur la façon dont certains militants s'écoutent parler et monopolisent la discussion.
Bref donc, les trans' c'est génial.
Sauf que.
Sauf que balancer que les trans' c'est bien et qu'il faut les soutenir en continuant à dire que «c'est une femme qui se prend pour un homme» (en parlant d'un ftm), ça le fait moyen.
Attention, hein, je suis pour le droit à l'erreur.
Moi-même, ça m'arrive de dire des conneries, de sortir des termes qui peuvent être xxxphobes ou je ne sais quoi.
Seulement, quand on ignore les remarques que font les gens sur le fait qu'utiliser ce genre de termes est pour le moins contradictoire avec son propos, là ça devient autre chose. Soit c'est qu'on est bouché, soit c'est qu'on est un faux-cul hypocrite.
Quoiqu'en fait je ne dirais pas que ce genre de militants n'est pas sincère (parce que ce n'est pas spécialement un cas isolé, j'ai eu l'occasion d'en croiser quelques autres). Je pense plutôt qu'ils pensent vraiment que c'est bien, mais un peu de loin. Quand c'est exotique.
Quand, en revanche, il faut sortir du petit cercle de discussion et cotoyer de vrais gens (et je ne suis pas persuadée que pour certains cela arrive très souvent), c'est différent. Parce qu'on ne peut pas se contenter de dire «moi, je suis pour» ou «moi, je n'ai rien contre». Ça demande un effort. Concernant les trans, l'effort c'est de considérer la personne comme un homme ou une femme, quelque soit son apparence physique ou ses organes génitaux.
Si on ne fait pas ça, tous les beaux discours, aussi radicaux soient-ils ne servent à rien. Ce qui compte au final, ce sont les actes. Et si les discours sont parfois très complexes, les actes sont infiniment simples.
Et là il n'y a pas à tergiverser : je trouve que les personnes qui me cotoient et qui, même si elles ne sont pas militantes, ni spécialement «anti-sexiste», «deconstuction de genre» ou quoi que ce soit, font l'effort de me parler dans le bon genre valent mille fois mieux que ceux qui parlent sans agir.