(Mis à jour le 9 novembre 2007)

Comme un certain nombre de politiques, Olivier Besancenot avait répondu au questionnaire du Caritig. Le Caritig, c'est le Centre d'Aide, de Recherche et d'Information sur la Transsexualité et l'Identité de Genre. Il s'agit donc de questions trans'.

Bon je sais bien que le premier tour est passé, donc même si vous trouvez les réponses super bien, ce sera trop tard pour voter Besancenot, mais je me suis quand même permise de copier/coller les réponses, parce que je pense que c'est intéressant, surtout que ce coup-ci (contrairement aux réponses à l'Inter-LGBT qui étaient, je trouve, pas terribles) elles sont super. Vous pouvez aussi télécharger les réponses en PDF ici. Le Caritig propose une analyse résumée des positions des différents candidats à avoir répondu (et bien évidemment les réponses des autres candidats, mais ce blog est plutot orienté ligue, si vous l'aviez pas remarqué :p).

Les réponses d'Olivier Besancenot et de la LCR 1 - En matière de changement d'état civil, la France fonctionne toujours sur la jurisprudence, pensez-vous qu'il faudrait légiférer afin d'obtenir des procédures uniformisées et simplifiées sur l'ensemble du territoire ?

Réponse Olivier Besancenot

Oui, il est important de proposer dès maintenant des procédures simplifiées et plus rapides, qui permettent à chacun-e, où qu'il/elle réside, de modifier son état civil. Mais à terme, ne faudrait-il pas réfléchir à retirer tout bonnement la mention du sexe sur les papiers administratifs et d'identité ?

2 - Pour une meilleure intégration sociale, êtes-vous prêt(e) à autoriser le changement d'état civil et de prénoms des personnes qui vivent dans le genre opposé à leur sexe anatomique sans que celles-ci ne soient dans l'obligation de subir des opérations chirurgicales ?

Réponse Olivier Besancenot

Oui, il nous semble essentiel que chacun-e puisse vivre son genre et sa sexualité comme il/elle l'entend. Cela implique de faciliter ce type de procédures, sans les faire dépendre d'une opération ou d'une décision médicale.

3 - La méconnaissance de la thématique transgenre par la majorité des professionnels de la médecine et de la justice engendre nombre de difficultés pour les personnes transsexuelles, envisagez-vous d'instaurer une politique de formation et de sensibilisation de ces professionnels ?

Réponse Olivier Besancenot

Il est essentiel d'imposer les questions trans dans la formation médicale (formation initiale et continue), de même qu'une réelle approche des questions de sexualité, d'orientation sexuelle... Car à défaut de formation, les médecins font toujours primer leurs propres convictions... pour le meilleur et, souvent, pour le pire. Tout cela devra être élaboré, accompagné et validé avec les associations trans, afin de s'assurer de la mise en oeuvre effective. Il faudra aussi y mettre les moyens, car trop souvent, des mesures restent inappliquées faute de financement.

4 - Nombre de personnes transsexuelles se font opérer à l'étranger, ce choix symptomatique exprime une défaillance de qualité des services médicaux actuels français (suivi psychiatrique coercitif, qualité déplorable des opérations, déni du libre choix des intervenants). Devant ce constat, quelles mesures concrètes avez-vous l'intention de prendre ? Êtes-vous favorable à la prise en charge des interventions chirurgicales à l'étranger ?

Réponse Olivier Besancenot

Si, dans un premier temps, la prise en charge des opérations à l'étranger doit être envisagée et mise en oeuvre, il faut le plus vite possible faire évoluer les services médicaux français. Et imposer une autre approche des questions trans dans leur globalité. Là encore, le rapport de forces associatif et politique s'impose.

5 - Actuellement, les équipes médicales françaises utilisent des protocoles arbitraires, différents, voire contradictoires pour certains et peu détaillés. Pour apporter de la cohérence dans la prise en charge, vous engagez-vous à faire que les recommandations de soins internationaux élaborées par la WPATH (World Professional Association for Transgender Health - anciennement HBIGDA) devienne la référence ?

Réponse Olivier Besancenot

Sur ce point précis, nous nous en remettons à votre expertise militante, car nous considérons que les associations sont les mieux à même de définir ce qui est nécessaire pour les principaux-ales concerné-e-s. Nous approuvons donc cette proposition.

Bon cette réponse est problèmatique dans le sens où les standards WPATH prônent la psychiatrisation des trans' et les conservent sous le contrôle des psy. Cela dit c'est par erreur et manque de formation (à l'époque où j'ai écrit ce billet, j'avais pas remarqué non plus, et je savais pas non plus à quoi correspondait le WPATH) que par volonté politique.

Mais dans le sens où il y a une opposition assez forte entre d'un côté les trans' anti-psychiatrisation et les trans qui sont pour, il n'est pas possible de se contenter de dire «nous nous en remettons à votre expertise militante».

6 - Alors que les études scientifiques de ces vingt dernières années tendent à démontrer que les personnes transsexuelles ne relèvent pas de la psychiatrie, appuierez-vous auprès de l'OMS le retrait du transsexualisme des classifications psychiatriques ?

Réponse Olivier Besancenot

Bien évidemment.

7 - Selon certaines études épidémiologiques étrangères, la population transgenre aurait un accès restreint aux services et programmes de santé publique (lutte contre le suicide, IST, VIH, etc.). Aucune étude française n'a été entreprise à ce jour, par exemple sur la séroprévalence des personnes transsexuelles ou encore sur la compatibilité des traitements antiviraux et hormonaux. Comptez-vous mettre en oeuvre une politique de prévention efficace auprès des personnes transgenres et apporter les moyens nécessaires pour la réalisation de telles études ?

Réponse Olivier Besancenot

Etudes et actions doivent être engagées de concert, le plus rapidement possible. En s'appuyant sur l'expérience des trans eux/elles-mêmes, il faut initier des campagnes de prévention ciblées, proposer des formations pour les soignants et ouvrir si nécessaire des « centres de santé » trans. Des crédits publics doivent être affectés pour la recherche sur ces questions.

8 - Comptez-vous élargir le champ d'application des programmes de lutte contre les discriminations (HALDE, sensibilisation par l'éducation nationale, dans les administrations et services publics, etc.) à celles liées à l'identité de genre ou à l'expression du genre ?

Réponse Olivier Besancenot

Oui, cela paraît essentiel. Selon nous la lutte contre les discriminations doit s'opérer à tous les niveaux de la société : Ecole, entreprise, services publics, ... Là encore, des études sur les discriminations transphobes seraient nécessaires.

9 - Des personnes transgenres sont victimes de persécution dans certains pays (meurtres, viols, agressions physiques), vous engagez-vous à reconnaître ce motif d'asile et prévoyezvous des mesures pour leur accueil ?

Réponse Olivier Besancenot

Les violences liées à l'identité de genre, ou à l'orientation sexuelle doivent évidemment devenir un motif d'asile. L'accueil nécessitera d'offrir un logement, un emploi et/ou un accompagnement social pour ceux/celles qui le souhaitent. Les associations auront toute leur place pour définir les meilleures conditions d'accueil.

10 - Pour les personnes transgenres de nationalité étrangère résidant sur le territoire français, leur accorderez-vous la possibilité de modifier leur état-civil sur leur carte de séjour ou carte de résident ?

Réponse Olivier Besancenot

Bien évidemment.

11 - Les personnes transgenres ayant une double nationalité doivent actuellement effectuer deux procédures de changement d'état civil. La France, moteur de l'Europe, ne devrait-elle pas reconnaître les décisions de justice telles que les changements d'état civil effectuées dans les autres pays de l'Union européenne ?

Réponse Olivier Besancenot

Il serait constructif que l'Europe s'harmonise par le haut, dans l'intérêt des individus et non seulement des profits...et notamment sur ce type de questions. Nous soutenons cette revendication.