Vernis & Sécateur

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Réflexions

Réflexions, théorisations, essais, textes politiques, etc.

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dimanche, février 12 2012

Être une butch trans en milieu misogyne

Ce texte est paru dans le numéro deux du zine Un Bruit de Grelot, que vous pouvez alternativement télécharger ou acheter à prix libre dans toutes les bonnes boulangeries. C'est vraiment un zine chouette, alors lisez-le, c'est un ordre..


Y'en a pas une sur cent, et pourtant elles existent

Je suis une butch trans, mais ce n'est pas toujours suffisant pour que cela soit clair, parce qu'en général lorsqu'on dit «butch trans», les gens pensent à des personnes assignées dans le genre féminin à la naissance, qui sont sur une identité butch tout en étant trans (ou vice-versa), et rarement à des meufs trans qui seraient butchs. Voire, parce qu'on est quand même dans un milieu un tantinet transphobe, quand on dit «butch trans», les gens pensent plus facilement à des mecs trans qui ne sont pas du tout sur une identité «butch» qu'à, ben, des meufs butchs trans.

Paye ton milieu.

Bref, tout ça pour dire qu'être une butch trans, ce n'est pas forcément être dans le clan hyper-majoritaire, si vous voyez ce que je veux dire. Ce qui pose différents problèmes pour se construire (il n'y a déjà pas tant de modèles que ça de meufs trans qui ont la classe, ni de butches, d'ailleurs, mais alors des butchs trans, niet, même si ça évolue doucement[1]), pour échanger là-dessus, ou tout simplement pour dire : ohé, j'existe. En dehors de ça, et en plus de ce que se tapent les butchs cis, il y a la façon dont être butch peut interagir avec le parcours de transition, le fait de devoir calculer trois mois à l'avance ses rendez-vous psy ou juridiques pour laisser à ses cheveux le temps de repousser de trois centimètres, les questions débiles du genre «mais pourquoi vouloir devenir une fille si c'est pour ressembler à un mec ?», etcaetera.

Eh ben le truc chouette, à naviguer dans un milieu transpédégouine féministe, c'est que j'arrive quand même à me dire que, malgré tout ça, je suis peut-être mieux lotie que les copines trans plus féminines.

Les trucs de filles, c'est trop pas subversif...

Il faut bien l'admettre : on a beau être dans des milieux qui se proclament féministes, transpédégouines, en dehors des normes de l'hétéropatriarcat, on est quand même dans des milieux bien misogynes. Et notamment, il y a deux aspects qui me paraissent frappants de cette misogynie.

Le premier, c'est la valorisation du masculin par rapport au féminin. Certes, ce n'est pas spécialement révolutionnaire de dire ça, c'est un peu le B.A.-BA du féminisme, mais dans certains milieux où on a tendance à considérer qu'on est bien au-dessus de tout ça tellement on est militantEs et déconstuitEs, ça ne fait pas de mal de le rappeler, surtout que la dévalorisation de la féminité se fait souvent, justement, au nom du féminisme (ce n'est pas si rare d'entendre qu'être féminine et féministe, c'est quand même un peu contradictoire) ou du «subversif» : la féminité, c'est pour les gonzesses, alors que la masculinité, c'est trop révolutionnaire[2].

Le second aspect, c'est l'exotisation et la sexualisation de la féminité. Pour prendre un exemple concret, quand il y a un boulet relou qui va faire de la drague à deux balles sur une copine, en général, ça va être pour la pomme d'une (ou plusieurs) meufs féminines. Même sans parler de drague, les commentaires un peu douteux sur le physique des personnes, c'est souvent les meufs considérées féminines qui se les tapent.

... et les meufs trans, c'est vraiment des caricatures de pas-subversion

En plus de la misogynie, la transphobie est aussi très présente dans ces milieux. C'est un peu le second effet Kiss-Cool de la visibilité trans telle qu'elle est pratiquée actuellement (que ce soit par des trans ou par des cis, d'ailleurs) : on parle plus des personnes trans, on sait qu'elles existent, on sait parfois qu'elles sont trans, ou on le «capte», et comme on fait beaucoup moins de visibilité sur le privilège cis et le fait qu'il s'agit de rapports d'oppression , on oute les gens, on leur pose des questions pourries, bref, on fait de la merde, et comme on a l'impression de tout avoir compris à la question trans, on fait encore plus de la merde que dans d'autres milieux, où au moins les gens se contentent d'estimer que ça a l'air compliqué et qu'ils feraient mieux de la fermer.

Enfin, «on», surtout les cis, quand même, il faut bien le dire.

Bref, on est dans des milieux où on se tape régulièrement des trucs transphobes. Là où je trouve que le croisement avec la misogynie est assez intéressant, c'est qu'autant sur pas mal de choses (entendre des blagues ou des élucubrations transphobes, se faire outer, ce genre de choses sympathiques) je vais subir ma dose de transphobie comme les copines, autant lorsqu'il s'agit d'interactions plus directes du genre questions intrusives, remarques déplacées, etc, j'ai l'impression de relativement échapper à la plupart.

La première hypothèse pour expliquer cela, c'est que les gens n'imaginent tellement pas que les butchs trans puissent exister qu'ils ne vont jamais griller que je suis une meuf trans. Comme je suis quelqu'un qui préfère globalement que les gens qui ne sont pas mes potes ne sachent pas que je suis trans, j'avoue que cette hypothèse m'arrangerait, mais j'ai quand même du mal à croire que ça explique tout. Ne serait-ce que parce que même si c'était le cas, il se trouve qu'il y a des gens dont je sais qu'ils/elles savent que je suis trans qui vont être moins pénibles avec moi qu'avec des copines.

La seconde hypothèse, évidemment, c'est la misogynie. C'est que je suis plus acceptée que des copines trans plus féminines parce qu'on peut moins facilement me sortir le truc à deux balles «les meufs trans sont des caricatures de féminité» sans avoir l'air bête ; c'est qu'on me fait moins chier à savoir si telle ou telle partie de mon corps est «vraie» ou pas parce qu'on considère que la féminité est plus artificielle, plus «fausse», que la masculinité. C'est aussi, bêtement, que je vais être plus acceptée par des gouines cis parce que je rentre à peu près dans leurs codes$$Je précise que je suis dans des milieux où il y a une présence et une visibilité de butchs et une relative acceptation ; ce ne serait peut-être pas vrai dans des mileux où les butchs sont hyper stigmatisées. $$, et que je peux donc rentrer dans la catégorie «bonne trans acceptable qui n'est pas trop une “caricature de féminité”», ce qui ne passe pas pour des copines plus féminines dans un milieu où cette féminité est décriée.

Cela dit, à bien y réfléchir, la première hypothèse relève également de la misogynie et de la transphobie, et ces aspects entrent en jeu dans le fait de ne pas voir que les meufs trans aussi peuvent être butchs et dans les comportements pénibles que cela induit, comme le fait de voir son identité butch remise en cause dès que la personne a capté qu'on était trans. En physique quantique, le chat de Schrödinger est à la fois mort et vivant jusqu'à ce que quelqu'un l'observe, moment à partir duquel il ne peut plus être que dans un des deux états. Être une butch trans est parfois un peu pareil : être les deux, c'est assez facile tant qu'on est seule, mais souvent, en étant observée, il faut choisir entre être une butch – et que l'observatrice ne capte pas qu'on est une meuf trans, ou décide de ne pas le prendre vraiment en compte (estimant qu'on n'est pas assez caricaturalement féminine pour faire partie de ces idiotes de meufs trans) – ou être une meuf trans – et que l'observatrice n'envisage pas qu'on puisse être butch, souvent en estimant que certains attributs masculins ne sont pas révélateurs d'une masculinité (butchitude) choisie, mais de malheureux résidus révélateurs de l'avant-transition.

Si je ne peux pas être superficielle, ce n'est pas ma révolution

Je n'ai pas été butch toute ma vie, et j'ai notamment eu une expression de genre plus féminine jusqu'à il n'y a pas si longtemps. Un des changements que j'ai pu constater, c'est que je suis maintenant considérée comme moins superficielle, plus sérieuse (à chercher le pratique plus que le décoratif), que je ne pouvais l'être avant (et aussi plus agressive, plus violente, et autres caractéristiques plaisantes qui restent associées aux butchs) ; et lorsque je suis considérée superficielle, c'est à cause des choses qui sont censées être «féminines».

C'est fou comme les gens peuvent se planter, parce que, pour ma part, j'ai l'impression de ne jamais avoir autant assumé mon côté superficiel. Prenons les godasses : je kiffe les grosses bottes coquées, montantes, et si possible à sangles. J'en ai un nombre de paires assez considérable, et, franchement ? Ouais, les docs de base, c'est pratique, mais quand t'as des bottes où il te faut une heure pour mettre les lacets, puis les sangles, qui en plus te font un peu mal aux pieds, et ou t'arrêtes pas de t'égratigner les jambes à cause des boucles des sangles, à un moment, il faut quand même admettre que ce n'est pas le summum du pratique. Et, oui, quand je mets ce genre de chaussures, c'est parce que je veux avoir la classe, quitte à avoir mal aux pieds. Ce qui est quand même carrément superficiel.

Un autre exemple ? J'aime bien les cravates. Dans le genre pas pratique, la cravate, ça se pose là. Ou les pointes, aussi, parce que j'aime bien les bracelets à pointes. C'est mon côté fille du métal. Alors les petites pointes, ça va, mais quand je suis vraiment superficielle, ben je sors les grosses impressionnantes, quitte à me galérer à chaque fois que j'enfile ou retire une veste.

Bizarrement, ce n'est jamais là-dessus que les gens font des remarques comme quoi c'est superficiel, pas «pratique» ; non, ça va plutôt être sur les boucles d'oreilles (même sur celles qui ne me gênent pas), les trucs un peu roses et un peu girlys, les jupes (y compris celles qui me permettent plus de liberté de mouvement que la majorité de mes pantalons), etc.

Et puis ce n'est pas à moi qu'on va dire que je suis une «bourgeoise» à cause de mes vêtements ; je pourrais avoir 300€ de fringues sur moi, je me ferais toujours moins emmerder que la fem d'à-côté qui s'habille intégralement en récup' ou chez Tati.

Bref, tout cela ne veut pas dire que je trouve qu'être butch c'est trop facile, qu'on est trop privilégiée, qu'on ne subit aucune oppression ; c'est surtout que la misogynie prend des formes assez différentes quand on est butch (notamment l'accusation d'être violente ou agressive, ou le fait de vouloir faire «comme les mecs»). Par ailleurs, si j'ai l'impression que le fait d'être butch peut, dans un mileu restreint, me permettre d'être parfois mieux considérée que d'autres meufs trans, je ne pense pas que ce soit dû à un statut «supérieur» de la butch, mais plutôt que les oppressions ne s'additionnent pas simplement et qu'en l'occurence les gens ont tendance à trouver incompatibles les statuts «butch» et «meuf trans», ce qui permet parfois d'éviter de subir certaines galères transphobes mais provient d'une invisibilisation et conduit aussi à des choses moins positives, comme devoir choisir quelle identité peut être plus ou moins «reconnue» à un moment donné. Par ailleurs, si j'ai l'impression d'être parfois mieux acceptée que d'autres meufs trans, j'ai bien conscience que je n'ai pas un statut de gouine cis, et que les quelques «privilèges» que je peux avoir sont à la fois très partiels et conditionnels.

Ce bémol précisé, il me semble que l'expérience que je peux retirer de mon parcours de butch trans, et la différence de traitement par rapport à la période où j'étais sur une expression de genre plus féminine, me fait remettre en cause l'idée que les comportements pénibles subis en tant que meuf trans seraient dûs «juste» à de la transphobie, et à prendre en compte le fait que c'est inextricablement lié à la misogynie et à la dévalorisation de la féminité.

Notes

[1] On notera par exemple le blog http://mtfbutches.tumblr.com/

[2] En général, c'est enrobé avec des mots comme «réappropriation», «déconstruction», «queer», pour justifier la masculinité, et «renforcer les normes de genre», «binarisme» pour dévaloriser la féminité. Il faut le reconnaître, le milieu transpédégouine féministe est un peu plus subtil pour faire passer son message «masculinité = révolutionnaire ; féminité = frivolité» que, mettons, le milieu skinhead antifasciste.

jeudi, février 2 2012

Sur le choix

Je ne sais pas si vous suivez Yagg ou d'autres médias LGBT, mais si c'est le cas, vous êtes peut-être au courant de cette information capitale : Cynthia Nixon, qui avait déclaré être lesbienne par choix, est revenue dans la doxe LGBT. Ouf, ce n'est pas un choix, ouf, en fait elle est bi, ouf, j'ai pas tout suivi, mais apparemment ça va mieux.

Ouais, on n'en a rien à caguer, mais ça me questionne toujours cette discussion sur le «choix». Comme si, en disant qu'on fait le choix de quelque chose comne ça (être homo, être trans...), c'était absolument pas bien et dramatique, parce que, quelque part, il fallait l'excuse de «c'est pas ma faute». Et puis, comme si le «choix» c'était quelque chose de complétement tranché entre «je choisis absolument sans aucune pression parmi tout ce qui est possible et en me basant sur rien de mon vécu, de mon environnement, etc.» ou «je ne choisis absolument rien».

Ce qui est drôle, c'est qu'on ne se pose pas ce genre de questions pour d'autres sujets. Par exemple, en ce moment, j'ai fait le choix de passer mon temps à regarder la série télé «The Wire».C'est un choix, non ? Sauf qu'on pourrait tout aussi bien dire que ce n'est jamais que le fruit d'un parcours de vie qui a construit mes goûts de telle ou telle manière, de mon côté feignant qui fait que je passe mon temps à glander, et de concours de circonstances qui font que mon coloc les a en DVD et que l'attaque du FBI sur Megavideo a compliqué mes perspectives de regarder les autres séries que je voulais voir. Du coup, patatra, ce n'est pas du tout un choix, en fait, juste les aléas de la vie.

Ou alors, quand je «choisis» un pantalon à C&A : d'un côté, c'est un choix, mais de l'autre on pourrait dire que ce choix provient directement de mon identité de Butch, que je n'ai évidemment pas pu «choisir», cela va sans dire, vu qu'alors, ce serait «ma faute». Peut-être qu'il faudrait que je fasse gaffe quand je dis que j'ai choisi de prendre un pantalon, du coup, si je ne veux pas subir un procès de Moscou par la communauté LGTeuBé.

Tiens, sur le choix, il y a cette petite phrase que j'aime bien, même si elle vient d'un keuf, le commissaire Adamsberg des romans de Fred Vargas, (L'armée furieuse en l'occurrence) :

On connaît toujours sa décision bien avant de la prendre. Depuis le tout début en fait.

Des fois, je trouve que ça correspond assez à des choix que j'ai eu l'impression de faire à un moment donné, alors que, quelque part, je les avais déjà fait avant, en un certain sens. Ou peut-être que ce n'était pas un choix, évidemment.

D'un point de vue purement physique, de toute façon, le «choix» n'est jamais que le résultat de l'activité de milliards de neurones, activité qui est déterministe puisque dépendant de lois de la physique basiques. Du coup, le «choix» peut-il tout simplement exister ? Question qui relève sans doute de la philosophie de comptoir, ou peut-être de la physique quantique de comptoir, parce que celle-ci introduit justement une dose de non-déterminisme dans les lois de la physique qui pourrait remettre en cause tout cela.

Moralité : être lesbienne peut-il être un choix ? Ça dépend, je suppose, si on estime qu'un neurone est déjà un amas de molécules trop important qui a une décohérence quantique instantanée.

Alors, si vous vous dites que ce billet est tout moisi, eh bien, ma foi, je suis désolée, mais ce n'est pas ma faute, je n'avais pas le choix de l'écrire. Ou alors, peut-être bien que si, mais vous n'aviez qu'à être dans un univers parallèle où je ne l'ai pas fait.

mercredi, décembre 28 2011

Y'a pas que des soutifs que j'ai envie de brûler

Ce que j'aime bien, avec les fêtes de Noël, c'est aller faire les magasins, parce que je suis une sale consumériste aliénée. Ben ouais, j'assume. Et j'aime bien m'acheter des fringues. Sauf qu'en fait, pour ça, faut que je puisse, d'un point de vue technique, m'acheter des fringues. Ce qui ne marche pas quand les vendeurs de fringues sont des gros minces bâtards grossophobes, c'est-à-dire dans 95% des cas (surtout que, comme le deuxième truc que j'aime bien avec les fêtes de Noël, c'est la bouffe, bon, je vous fais pas un dessin).

Prenons les soutifs, par exemple. J'ai un scoop, pour les fabriquants de soutifs : le fait d'être grosse sans avoir de gros einss[1] ne veut pas dire que j'aime le beige ou le blanc. J'ai un certain standing, tout de même.

Par ailleurs, je crois qu'il y a une chose qui m'énerve plus que les saloperies de magasins à brûler qui ne vendent que des fringues qui s'arrêtent au 40, c'est les magasins qui affichent sur leur devanture un joli panneau «rayon grandes tailles», et qui ont effectivement plein de fringues en L, XL et tarpin-de-X-L, et pour qui un truc «XXXL», c'est, genre, du 42-44.

Non, mais sérieux, quoi. Ça fait vraiment «non seulement je ne vais pas m'abaisser à vendre des fringues pour toi, sale grosse, mais en plus je vais bien te faire comprendre que ton tour de taille est absolument inenvisageable y compris dans un rayon grande taille».

(Oui, je sais, vu la période ça aurait peut être été plus pertinent politiquement de faire un billet pour critiquer les fêtes de Noël, aspect capitaliste, valorisation de la famille, tout ça, mais comme le père Noël est gros je l'épargne pour cette année.)

Notes

[1] Voire d'être grosse tout court, mais j'ai l'impression que pour mon tour de poitrine, il y a un tout petit peu de choix un bonnet au-dessus.

vendredi, novembre 11 2011

Le non-binarisme me rend malade

Quand j'ai découvert les questions trans, et les différents mots pour parler de ça, le mot «transgenre» me parlait plus que «transsexuel·le», qui me semblait plus médical, plus «binaire», tout ça. C'était aussi le moment où je découvrais le queer, que je trouvais trop bien, le «non-binarisme», qui me parlait vachement, etc.

Aujourd'hui, j'ai pas spécialement envie de faire mon autocritique, mais en tout cas le moins qu'on puisse dire est que j'ai changé d'avis. Parce que, ouais, le terme «transsexuel·le» a une origine médical. Certes, et c'est bien pour ça que je lui préfère le mot plus simple «trans». Sauf qu'au moins, si le mot «transsexuel·le» a des défauts, il au moins l'avantage d'avoir un sens. Ce qui n'est pas vraiment le cas du mot «transgenre», qui peut être utilisé pour tellement de choses qu'il ne veut plus rien dire. D'ailleurs, c'est un peu ce qui est revendiqué : on veut pas faire de «hiérarchie», il n'y a pas besoin de «différencier», c'est un terme «parapluie» pour regrouper tout le monde.

Si on est queer, on peut voir dans cet usage une volonté de «non-binarisme», de «déconstruction». Sinon, on peut trouver que ça ressemble quand même un peu à notre bon vieil universalisme républicain.

Un peu de terminologie

Bon, il faut être honnête : dans la galaxie trans-pouet-pouet, il n'y a pas vraiment consensus sur les sens à donner à chaque mot. Personnellement, je suis assez d'accord avec les définitions données sur Un bruit de grelot, que je ne citerai pas (c'est bon, vous êtes capables de cliquer sur un lien) mais où «transsexuel·le» désigne le fait d'être d'un genre différent de celui assigné à la naissance, tandis que «transgenre» désigne le fait d'avoir une expression de genre qui n'est pas conforme aux critères du genre dans lequel on vit. À l'inverse, «cissexuel·le» désigne le fait de ne pas être «transsexuel·le» (donc être du même genre que celui assigné à la naissance) et «cisgenre» désigne le fait de ne pas être «transgenre» (donc d'avoir une expression de genre correspondant à peu près à la norme du genre dans lequel on vit).

On peut donc être à la fois cissexuel·le et transgenre, ou à l'inverse transsexuel·le et cisgenre, voire être très insipide et cumuler cissexuel·le et cisgenre.

Voilà, ça c'est les définitions qui seraient reconnues dans un monde idéal. Cela dit, comme on n'est pas vraiment dans le monde idéal, le sens de ces mots n'est pas toujours aussi bien défini, et s'il y a à peu près consensus pour le mot «transsexuel·le» (à part quelques crétin·e·s qui pensent que la différence transsexuel·le/transgenre est une question d'opération), le moins qu'on puisse dire est que le mot «transgenre» est devenu un terme «parapluie» qui peut désigner à peu près tout et n'importe quoi (et si vraiment on rentre pas dedans, il suffit de mettre un peu de rouge à lèvres ou une moustache postiche pour le devenir).

Comme cet élargissement du terme ne suffisait pas à ce qu'il ne veuille plus rien dire, certaines personnes pensent qu'il faut viser encore plus large, et parler non plus de «trans» (ça veut encore dire quelque chose, c'est chiant) mais de «trans*». Non, n'allez pas cherchez la note de bas de page, l'astérisque est compris dans le nom (et, non, c'est pas des personnes trans qui se prennent pour Asterix), histoire de signifier que ça inclut un peu tous les mots qui commencent par trans[1] : transgenre, transidentitaire[2], transsexuel·le, transformiste, tra(ns)vesti, transfuge, transylvanien·ne, translucide, transport·eur·rice, transistor, etc.

(Néo?)-essentialisme

Les autres sigles à la mode étant Ft* et Mt*, pour Female-to-N'importe-Quoi ou Male-to-N'importe-quoi. Une grande avancée censée être «non-binaire» et «déconstruire le genre», qui, quand on y réfléchit trois secondes, revient surtout à ne définir des personnes que par... leur genre assigné à la naissance. Mais non, c'est pas essentialiste, c'est queer, on t'a dit. Du coup, hop, tou·te·s les Mt* dans la même catégorie, que ce soit les mecs qui vivent à 99,9% du temps en tant que mec mais mettent une jupe de temps en temps, ou les meufs qui, ben, vivent tout le temps en tant que meufs ; hop, tou·te·s les Ft* idem, de la nana qui s'habille parfois de façon vaguement androgyne au gars, qui vit à temps plein en mec.

Moi, je crois que je suis une Matérialiste qui Trouve ça Foireux.

Invisibilisation trans

Par ailleurs, ce qui est bien dans l'élargissement du mot trans*, c'est que du coup, tout le monde peut être «un peu trans», c'est cool, c'est hype, youpi. Du coup, ça permet que les personnes qui sont vraiment trans, et pour qui c'est pas un truc fun qu'on peut enlever quand on rentre de soirées LGBT, sont complétement invisibilisées. Ça permet aussi d'avoir plein de cis qui parlent au nom des trans parce qu'ils sont «un peu trans» ou «trop transgenres, tu vois», ou «bio-trans», etc.

Dissimulation des privilèges

Un autre avantage d'avoir plein de termes qui veulent rien dire, mais aussi de brandir une posture «non-binariste», c'est que ça permet de dissimuler pas mal de ses privilèges, et du coup d'invisibiliser des oppressions :

Privilège masculin

Le privilège masculin, d'abord. Parce que le côté «ouais, tu vois, moi je suis trop non-binaire», ça permet de dire qu'on ne se définit pas comme mec, parce que c'est binaire et réac ; et du coup, de dire qu'on ne bénéficie pas de privilèges de mecs, y compris quand on est identifié par tout le monde comme un gars et qu'on bénéficie de privilèges grâce à ça.

Exemples :

  1. tous les gars trans qui ont un super bon passing en tant que mec, sont toujours «pris» pour des mecs, ne portent jamais le moindre vêtement ou attribut féminin, sont d'ailleurs pour la plupart hétéros (mais sans forcément se définir comme tels), mais ne bénéficient trop pas de privilèges de mec grâce à ça parce qu'ils ne sont pas binaires, tu comprends ?
  2. les gars cissexuels qui se mettent du rouge à lèvres et une jupe dans les soirées LGBT, parlent au féminin quand c'est pour dire qu'ils sont «connes» ou «salopes», et par conséquent ne se définissent pas comme mec et n'ont pas les privilèges associés. Du tout.
Privilège cissexuel

Le deuxième privilège dissimulé par ce «mélange des genres» est le privilège cissexuel, c'est à dire le privilège conféré par fait de vivre dans le même genre que celui qui nous a été assigné à la naissance.

Dissimulation puisque, en considèrant qu'est trans tout le monde qui est «un peu transgenre», ça permet d'éviter de se questionner sur les privilèges qu'on peut conserver quand, certes, on a une expression de genre qui ne correspond pas à la norme, mais qu'on reste, sortons les gros mots, cissexuels.

Exemples :

  1. les personnes «FtX queer» qui restent relativement à l'aise quand iEls sont assignéEs dans le genre féminin, qui sont beaucoup mieux acceptées chez les lesbiennes que les lesbiennes transsexuelles, mais qui vont expliquer qu'il n'y a pas de transphobie quand ces dernières la dénoncent, parce qu'euxelles ont leur place tu vois
  2. les drag-queens et les travs qui ne vont pas respecter le pronom d'une meuf trans en début de transition, parce que si eux s'en foutent du genre (et ont le privilège de pouvoir le faire), pourquoi est-ce que ça lui importe, hein ?
Privilège cisgenre

Le troisième privilège dissimulé, et qui peut paraître étrange, c'est le privilège cisgenre. Autrement dit, le privilège conféré par le fait d'avoir une expression de genre correspondant (à peu près) aux normes du genre dans lequel on vit.

Ça, ça peut paraître contradictoire avec le mot transgenre, mais ai-je mentionné que c'est devenu un terme «parapluie» qui du coup ne veut plus dire grand-chose, à la fois parce que ça désigne des choses bien différentes et parce que «ne pas correspondre aux normes de genre», ça peut être interprété de façon tellement large que ça peut englober à peu près 99,9% de la planète.

Exemples :

  1. tous les gars trans de tout à l'heure qui ont toujours un super bon passing en tant que mec, sont toujours «pris» pour des mecs, ne portent toujours pas le moindre vêtement ou attribut féminin, sont encore pour la plupart hétéros (mais sans forcément se définir comme tels), mais ne sont trop pas dans les normes de genre parce qu'ils ne sont pas binaires, tu comprends ?
  2. les meufs trans qui ont eu leur changement d'état-civil, ont une apparence dans les normes d'une féminité raisonnable (ni trop ni pas assez), mais qui ont une telle posture «transgenre» et «non-binariste» qu'elles peuvent donner des leçons, y compris à une butch pour le coup pas forcément dans les normes de «féminité», mais bon, hein, le non-binarisme est un sport de combat : ce qui compte c'est d'avoir une bonne posture.

Conclusion

Bref, tout ça pour dire que cette nouvelle politique du «non-binarisme» à tout crin mais qui ne veut strictement rien dire (ou tout, c'est selon) a, à mon sens, les mêmes travers que le queer.

Cela dit, ça veut pas dire que je méprise les personnes qui sont vraiment sur une identité non-binaire, intergenre, ou transgenre (selon la définition que je trouve pertinente donnée plus haut) qui vivent en permanence des trucs sans doute super complexes (et je suis pas sûre que le fait que tout le milieu LGTeuBé devienne «non-binaire», y compris les derniers des cissexuels cisgenres à trois sesterces, aide vraiment) ; ce qui me fait caguer, c'est plus cette mode du «non-binarisme» où ça devient une espèce de posture complétement déconnectée de toute réalité, une espèce de course à la «subversivité» uniquement basée sur l'auto-proclamation.

Notes

[1] En tant que geek, je dois bien dire que le seul interêt que je trouve à ce mot est qu'il popularise les Regexp.

[2] Non, c'est pas la section trans du bloc identitaire.

jeudi, octobre 6 2011

Réflexion post-existrans

Ce week-end, j'étais à l'Existrans. C'était plutôt chouette, et il y avait pas mal de monde, plus que d'habitude, j'ai trouvé. Mais ce n'est pas vraiment le sujet de ce post.

Non, le sujet c'est qu'il y avait aussi pas mal d'appareils photos.

C'est pas un secret, que j'ai du mal à ce que des gens que je connais pas me prennent en photo. Après, voilà, c'est une marche de visibilité, et en général dans les marches de visibilité je suis prête à faire des concessions, comme :

  • accepter que les gens prennent des photos des pancartes et des banderoles que je porte
  • tolérer que les gens me prennent, moi, en photo, quand j'ai une pancarte ou une banderole, tant qu'il y a pas un truc particulièrement relou[1]

Il y en a d'autres que je ne suis pas prête à faire, comme :

  • accepter de poser comme ils en ont envie pour que leur photo soit «mieux» (surtout gratuitement) ;
  • accepter que des gens viennent me photographier avant ou après la manif, alors que je suis posée tranquillement.

Maintenant, tout ceci étant dit, pendant toute l'Existrans, selon un calcul pifométrique mais réalisé sur un nombre néanmoins important de photographes, je suis amenée à constater que :

  • environ 90% étaient des mecs ;
  • dont une très grande majorité de cisgenres.

Bon, alors voilà, assumer de faire de la visibilité, je veux bien, être prête à être photographiée à cause de ça, pourquoi pas, mais, juste, je suis féministe et je suis gouine, et je crois que ça me le fait pas, mais alors vraiment pas, qu'il y ait ce putain de regard masculin magnifié par la lentille et le mitraillage. Et à un moment, quand le cinquantième gars que je ne connais pas me prend une fois de plus en photo, j'en ai plus rien à foutre de savoir s'il me cadre moi ou s'il cible la banderole, de savoir si c'est quelqu'un de chouette ou pas, j'ai juste envie de lui prendre son appareil photo et de lui faire bouffer.

Et j'ai pas de solution miracle (à part peut-être n'autoriser un port d'appareil photo qu'en non-mixité à définir, ou venir à ce genre de manif avec une bombe EMP), mais je crois que là, je me dis que la «nécessité de visibilité» ne justifie pas que non seulement je me tape une saleté de regard lubrique masculin encore amplifié par rapport à d'habitude, mais surtout que je l'accepte sans rien dire et avec le sourire.

Y'a juste plus moyen.

Notes

[1] Tolérer, et pas accepter, ça veut dire que les rares fois où on me demande, ben je dis non. Ce qui permet de réaliser que les rares photographes qui demandent ne sont pas prêts à ce qu'on leur dise non...

vendredi, septembre 16 2011

Question idiote : transidentité, ça veut dire quoi ?

Bon, je pense que j'arrive vaguement à saisir les enjeux qu'il peut y avoir sur le vocabulaire entre transgenre et transsexuel·le, et d'ailleurs je ferai peut-être un autre billet là-dessus un de ces quatre.

Et je pense que c'est plutôt cool de parler plutôt de personnes «trans» tout court sans se prendre le chou.

Mais ce que j'ai du mal à comprendre, c'est le mot «transidentité» qui semble dernièrement s'être imposé comme terme «juste», «politiquement correct», tout ce qu'on veut, pour parler du fait d'être trans.

Je veux dire, on peut reprocher tout ce qu'on veut aux mots «transgenre» et «transsexuel·le», ils ont quand même l'intérêt qu'ils veulent dire quelque chose : changer de genre, changer de sexe, voilà, bon, hein, c'est pas sorcier. Mais «transidentité», ça veut dire quoi ? Tu changes... d'identité ? Y'a que moi pour trouver ça super vague, à vouloir tout dire et rien dire ? Et est-ce que du coup ça réduit pas ton identité à ton genre, comme si c'était le seul truc auquel tu pouvais t'identifier ? Fin, je sais pas, si tu passes de meuf hétéra à gouine butch, ça peut faire un sacré changement d'identité, quand même, par exemple, non ? Ou de jeune cadre dynamique à chomeuse au RSA ? Ou alors, si t'as une vision vachement plus stricte de ce qu'est l'identité d'une personne, est-ce qu'une personne change vraiment d'identité parce qu'elle transitionne ?

Je veux dire, j'ai rien contre ce terme, ça m'est arrivé plein de fois de l'utiliser en mode «ah ben c'est comme ça qu'il faut dire c'est très bien», mais... euh... pourquoi, en fait ?

dimanche, septembre 11 2011

Souffrir pour être belle

Ce soir, pour la première fois de ma vie, j'ai porté des bottes à talon[1] à une soirée. Comme j'aime pas trop la logique de «commencer petit», c'est des talon aiguilles qui font à peu près 15 centimètres. Ce qui est vraiment génial, parce que du coup j'étais la plus grande à cette soirée, et ça c'est trop bien. Quand je les ai enlevées, je me suis sentie petit.

Parce que je les ai enlevées avant de rentrer, parce qu'elles étaient pas hyper pratiques pour marcher. (En plus, j'ai beau kiffer mes nouvelles bottes à talon aiguille, elles ont quand même le défaut de pas être coquées, et quand j'ai pas des godasses coquées, je me sens un peu toute nue.)

Et du coup, maintenant, j'ai les pieds qui me font mal. Pas à cause des bottes à talon aiguille que je mettais pour la première fois, mais à cause des rangers que j'ai depuis trois ans et que je pensais avoir enfin fini par «faire» (apparemment, ces saloperies peuvent se défaire aussi) et pour lesquelles j'avait bien fait attention à mettre des chaussettes épaisses (pas assez épaisses, apparemment).

Alors comprenons nous bien : je ne veux pas dire du mal des rangers de base, j'adore ces pompes, et je continuerai à les mettre même si j'ai l'arrière des pieds qui saigne à chaque fois.

Mais juste, la prochaine personne qui me ressort une tirade comme quoi les trucs dits féminins sont tous frivoles et absolument pas pratiques tandis que les trucs dits masculins sont avant tout faits pour être pratiques (comme si je mettais mes rangers pour une autre raison que ma superficialité, n'importe quoi), euh, ben.... je lui jette un pansement usagé, voilà.

Notes

[1] C'est-à-dire, à vrai talon. Mes docs habituelles ont un talon de 3cm, et j'en ai une autre paire qui fait un poil cow-girl qui doivent monter à 5cm, mais c'est pas des vrais talons. Ce qui d'ailleurs est super pratique, parce que quand tu gagnes quelques centimètres avec des chaussures qui ne sont pas «à talons», t'es grande, alors qu'en gagnant la même taille avec des chaussures «à talons», t'as juste des talons.

mardi, septembre 6 2011

Autre question existentielle...

Si les personnes trans sont, comme on peut souvent le lire dans les trucs pseudo-féministes ou LGTeuBés, tellement plus obnubilées par leurs organes génitaux que les cis, qui eux et elles sont tellement au-dessus de tout ça[1], alors je voudrais juste savoir...

Du coup, pourquoi est-ce que je reçois autant de spam «Buy Viagra At Half Price!» ou «Best Penis Enlargement Method!» et jamais aucun «Cheap Sex Change Surgery!» ?

Notes

[1] Même si bon, juste par curiosité, j'aimerais bien voir les gens qui se disent tellement au-dessus de tout ça se réveiller un jour avec des organes génitaux différents, voir si ça les indiffère tellement. C'est un peu comme les gens qui gagnent 2000 balles par moi qui t'expliquent que «non, mais l'argent c'est pas important pour moi, je suis au-dessus de ça, moi». Ouais, bébé, on en recause quand tu seras au RSA?

lundi, septembre 5 2011

I want you to hit me as hard as you can

C'est juste des réflexions et des interrogations en vrac, mais comme j'avais rien posté depuis longtemps, zou.


En ce moment, après avoir trop fréquenté de personnes pseudo-queer machin truc où c'est 100% autodéfinition, on peut être ce qu'on veut (homme lesbien, trans dans un corps de bio, tout est possible), j'ai tendance à être vachement critique de tout ça et à considérer que, ben, si tu vis pas quelque chose, c'est quand même abusé de te revendiquer de cette identité, même si peut-être tu le vivras un jour.

Et en même temps, des fois je me dis que si, quelques années plus tôt, au lieu de rencontrer des personnes peut-être un peu plus bisounours là-dessus, mon moi d'il y a cinq ans avait rencontré mon moi de maintenant et les copines qui tiennent à peu près le même discours, je suis pas sûre que j'aurais transitionné ni même que je serais encore de ce monde.

Et je ne suis vraiment pas sûre que ce serait un mal.


C'est drôle, je suis vachement critique des translovers et autre acabits du même genre (quand je vois des trucs de fat admirer sur Internet, par exemple, l'envie de vomir me fait plutôt maigrir). Et d'un autre côté, je me demande si je préférerais pas cotoyer un peu plus de gouines qui fantasment sur les meufs trans plutôt que d'avoir tant de copines gouines cis qui n'ont jamais eu de relations visibles qu'avec des gouines cis.


This is your life, doesn't get any better than this.

This is your life, and it's ending one minute at a time

Where you are now you can't even imagine what the bottom will be like

Stop trying to control everything and just let go! LET GO!

Pourquoi est-ce qu'il faut tout perdre pour être libre de faire quoi que ce soit ?


Je ne suis vraiment pas sûre que Fight Club soit vraiment le film que j'aurais dû revoir en période de légère déprime/angoisse. Surtout au moment de la livraison des catalogues Ikea.


D'ailleurs, on voit bien que Fight Club a été écrit par un mec. Parce que franchement, le truc que ce soit dur de déclencher un combat avec quelqu'un ? Quand t'es une meuf, j'ai l'impression qu'il suffit de répondre à un mec relou de la même manière que lui pour avoir de bonnes chances de se faire taper dessus.


Si une louve-garou transsexuelle fait du laser pour s'épiler définitivement le visage sous sa forme humaine, est-ce que ça s'applique aussi à sa forme de louve, et que du coup ça donne, genre, des poils partout, sauf à côté du museau ?

lundi, août 22 2011

Story of my life

Quand j'avais quatre ans, mon père me faisait jouer sur un ordinateur conçu par une meuf trans. Et puis mes parents m'ont offert des casques de chantier et des tractopelles Caterpillar modèle réduit (j'ai encore un pincement au coeur, le modèle tout métallique, articulé, c'était tellement beau). Ils m'ont traumatisée en effaçant ma VHS de «La belle et le clochard» pour y mettre un documentaire «Bêton et armatures». Plus tard, j'avais droit à une figurine articulée Ellen Ripley (avec lance-flammes), et ma mère me prêtait son blouson en jean qui faisait butch (je crois qu'elle ne m'a toujours pas pardonnée de lui avoir perdu).

Et maintenant, mes parents ne comprennent toujours pas que je sois devenue une gouine et se demandent parfois s'ils y sont pour quelque chose. Je ne vois vraiment pas pourquoi.

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