Quelques extraits du SCUM Manifesto, écrit par Valérie Solanas en 1967. Étant donné que dans mon billet précédent daté du 1er avril j'avais promis de ne plus verser dans la mysandrie, je tiens à préciser que si je trouve ce que je cite intéressant, je ne souscris pas forcément à tout ce qui y est dit. Ainsi, étant donné la crise écologique actuelle, je suis loin d'être certaine des bienfondés de l'automatisation à tous les niveaux.
Sinon, le texte complet est disponible en ligne en français et en anglais.
Vivre dans cette société, c’est au mieux y mourir d’ennui. Rien dans cette société ne concerne les femmes. Alors, à toutes celles qui ont un brin de civisme, le sens des responsabilités et celui de la rigolade, il ne reste qu’à renverser le gouvernement, en finir avec l’argent, instaurer l’automation à tous les niveaux et supprimer le sexe masculin.
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Rongé qu’il est de culpabilité, de honte, de peurs et d’angoisses, et malgré la vague sensation décrochée au bout de ses efforts, son idée fixe est toujours : baiser, baiser. Il n’hésitera ni à nager dans un océan de merde ni à s’enfoncer dans des kilomètres de vomi, s’il a le moindre espoir de trouver sur l’autre rive un con bien chaud. Il baisera n’importe quelle vieille sorcière édentée, n’importe quelle femme même s’il la méprise, et il ira jusqu’à payer pour ça. Et pourquoi toute cette agitation ? Si c’était pour soulager une tension physique, il lui suffirait de se masturber, et puis s’il va jusqu’à violer des cadavres et des bébés, ce n’est sûrement pas pour combler son ego. Alors pourquoi ? Complètement égocentrique, incapable de communiquer et de s’identifier aux autres (voir plus haut), n’existant que par une sexualité endémique et diffuse, le mâle est psychiquement passif. Et parce que sa propre passivité lui fait horreur, il tente de s’en débarrasser en la projetant sur les femmes. Il postule que l’homme est Actif, et s’attache ensuite à démontrer qu’il est actif, donc qu’il est un Homme. Et pour ce faire, il baise ! (Moi je suis un Vrai Mec et j’ai une Grosse Queue et comment que je Tire mon Coup). Mais comme ce qu’il cherche à démontrer est faux, il est obligé de toujours recommencer. Alors baiser devient un besoin irrépressible, une tentative désespérée de prouver qu’il n’est pas passif, qu’il n’est pas une femme.
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Sa recherche frénétique de compensations - parce qu’il n’est pas une femme - combinée avec son incapacité fondamentale à communiquer et à compatir, a permis à l’homme de faire du monde un gigantesque tas de merde. Il porte l’entière responsabilité de :
LA GUERRE
Le système de compensation le plus courant du mâle, savoir dégainer son gros calibre, se révélant notoirement inefficace, puisqu’il ne peut le sortir qu’un nombre très limité de fois, il dégaine sur une échelle franchement massive, donc sublime, prouvant ainsi au monde entier qu’il est un « Homme ». Du fait de son incapacité à éprouver de la compassion pour les autres, à les comprendre ou à s’identifier à eux (voir plus haut), il trouve que l’affirmation de sa virilité vaut bien toutes sortes de mutilations et de souffrances, et il la fait passer avant un nombre incalculable de vies humaines, la sienne comprise. Pour ce que vaut celle-là, il préfère mourir ébloui de gloire que de se traîner lugubrement cinquante ans de plus.
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LA PATERNITÉ ET LA MALADIE MENTALE (peur, lâcheté, timidité, humilité, insécurité, passivité)
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L’effet de la paternité sur les garçons, notamment, est d’en faire des « Hommes », c’est-à-dire de développer en eux un système de défenses farouches contre leur tendances à la passivité, à l’hystérie « grande-folle », et contre leur désir d’être des femmes. Tous les garçons veulent imiter leur mère, être elle, fusionner avec elle, mais Papa interdit de telles choses. C’est lui la mère. Lui, fusionne avec elle. Alors, plus ou moins directement il dit au petit garçon de ne pas faire la « mauviette » et de se conduire en « homme ». Le petit garçon qui chie dans son froc devant son père, autrement dit le « respecte », se soumet et devient un vrai petit Papa, ce modèle de Virilité, ce rêve américain : le lourd crétin qu’est l’hétérosexuel bon teint.
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LE CONFORMISME
Tout en désirant être un individu, l’homme a peur de ce qui pourrait le différencier un tant soit peu des autres. Il craint de n’être pas vraiment un « Homme », d’être passif et déterminé par la sexualité, tous soupçons qui le bouleversent. Si les autres hommes sont « A » et qu’il ne l’est pas, alors il ne doit pas être un homme. Il doit être une pédale, selon ses termes. Alors il essaye d’affirmer sa Virilité en ressemblant aux autres hommes. Mais toute différence constatée chez les autres le menace aussi bien : ce sont eux les « pédales » qu’il doit éviter à tout prix et il fait tout pour les obliger à rentrer dans le rang.
L’ENNUI
La vie, dans une société créée par et pour des créatures à la sensibilité plus que limitée, donc profondément ennuyeuses, lorsqu’elles ne sont pas sinistres et déprimantes, ne peut être que profondément ennuyeuse, lorsqu’elle n’est pas sinistre et déprimante.
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SCUM exterminera tous les hommes qui ne feront pas partie de l’Auxiliaire Masculin de SCUM. Font partie de l’Auxiliaire Masculin les hommes qui s’emploient méthodiquement à leur propre élimination, les hommes qui pratiquent le bien, quels que soient leurs motifs, et entrent dans le jeu de SCUM. Exemples de ce qu’on peut trouver dans l’Auxiliaire Masculin de SCUM :
- les hommes qui en tuent d’autres ;
- les chercheurs en biologie qui travaillent à des recherches constructives (au lieu de préparer la guerre biologique) ;
- les écrivains, les rédacteurs en chef les éditeurs et les producteurs qui répandent et favorisent les idées susceptibles de servir les buts de SCUM ;
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- les pédés qui par leur exemple magnifique encouragent les autres hommes à se démasculiniser et à se rendre ainsi relativement inoffensifs ;
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- les hommes qui disent ce qui est (jusqu’à présent il n’y en a pas eu un seul) et ont une attitude juste avec les femmes, qui révèlent la vérité sur eux-mêmes, donnent aux écervelées des phrases correctes à répéter et leur disent que le but premier d’une femme devrait être d’écraser le sexe masculin